Placentaires et marsupiaux.

Placentaires et marsupiaux.

10 avril 2012 · Rueil-Malmaison · 


Il y a 200 millions d’années apparaissaient les mammifères. L’ordre était divisé en deux groupes distincts : les placentaires et les marsupiaux. Les placentaires occupaient l’hémisphère nord, tandis que les marsupiaux occupaient l’hémisphère sud. Selon les scientifiques, chaque espèce placentaire possédait un équivalent marsupial. A présent, il ne subsiste que très peu d’espèces communes. Le chat marsupial en fait partie, il est appelé dasyure tigre.
Ce qui distingue nettement les deux groupes est leur mode de reproduction. Tandis que d’un côté le fœtus suit son développement entier au même endroit et reste relié à la mère par le cordon ombilical jusqu’à la naissance, de l’autre, le fœtus se déplace à l’extérieur du corps de la mère vers une poche dans laquelle il va agripper une mamelle. La phase de déplacement à l’extérieur est critique et le fœtus doit être suffisamment développé pour supporter ce travail. Or, l’évolution de toute espèce est conditionnée par l’amélioration des fonctions cérébrales qui passent par une augmentation du volume crânien. Cette augmentation de volume est bridée par le mode de reproduction marsupial car la boite crânienne doit être solide au moment du transfert. Le mammifère placentaire quant à lui, bien protégé pendant toute la gestation, voit sa boite crânienne se consolider au dernier moment, voire après la naissance dans le cas de l’humain. C’est ainsi que lors des migrations des différentes espèces sur la surface du globe les placentaires ont systématiquement pris le dessus sur leurs cousins marsupiaux grâce à un degré d’évolution plus avancé. Certaines régions du globe inaccessibles ont cependant été préservées. C’était sans compter sur l’action de l’homme, qui a introduit très récemment des placentaires dans des régions non conquises et qui a contribué à faire disparaitre bon nombre de marsupiaux. La chasse également. C’est donc la sélection naturelle qui a joué le rôle d’arbitre, l’homme à venir ne pouvait donc qu’être l’évolution ultime de l’ordre des placentaires. Entre temps, il fallait faire place nette aux mammifères et supprimer les dinosaures qui étaient parti dans une mauvaise direction. Un « petit coup de pouce » du « hasard »…
Lorsque le bébé nait, on est frappé par son incapacité à survivre seul, ce n’est pas le cas des animaux de manière générale. La station debout que l’humain a adoptée dans son évolution a provoqué chez la femme le rétrécissement de son bassin. Le bébé en naissant, n’est donc pas fini, la gestation se finit en dehors du corps, au sein. Ce n’est que lorsque le bébé commence à parler que ses capacités surpassent celles du bébé chimpanzé.
Si la sélection a déterminé qui étaient les plus aptes à évoluer, au passage les mammifères ont perdus une capacité propre aux marsupiaux : La femelle marsupiale jugeant que les conditions d’élevage de ses petits ne sont pas remplies a le pouvoir de ne pas les laisser vivre et d’empêcher qu’ils atteignent la poche maternelle.
Si pour les animaux, il s’agit principalement de causes météorologiques, pour les humains, l’avortement est la conséquence d’une condition sociale ou psychologique inadaptée.
Lors de l’établissement des règles initiales des sociétés humaines au travers de la religion, le taux de mortalité infantile était très élevé. Aussi, il était tout à fait naturel de condamner l’avortement. L’avancée de l’humanité a été synonyme de progrès médicaux et de l’évolution de la conscience. A présent les femmes ont retrouvé la capacité initiale et naturelle de juger si oui ou non elles peuvent donner suite à leur grossesse. Le problème qui se pose alors est purement celui de la conscience et de rendre compte à Dieu de refuser sa volonté. Débat, oh combien, chargé de passion. Il m’apparait qu’il est impossible de trancher et de donner raison à l’un ou l’autre camp. Nous pouvons tout au plus nous poser comme à notre habitude les questions justes.
Il convient tout d’abord, puisque l’on parle d’un sujet, de se placer du point de vue de la femme confronté au douloureux choix de donner la vie ou non. Cela m’est d’autant plus difficile que je n’ai jamais été confronté à ce choix et que je ne le serais jamais. Considérant cela, il m’apparait qu’il s’agit là d’un débat appartenant aux femmes en priorité. Dans le cadre d’une grossesse désirée par un couple, aucun problème ne se pose et les décisions concernant l’enfant sont prises à part égales de responsabilités.
La décision d’interrompre la grossesse n’est pas anodine. Tout d’abord, comme tout acte médical, il existe un traumatisme physique important. Des séquelles sont possibles, la stérilité en fait partie. N’est-il pas déchirant de voir une jeune fille débutant à peine dans la vie d’adulte confrontée à ce choc psychologique atroce de se vider sur une table d’opération? Et ce, pour quelques minutes d’un plaisir malhabile.
Derrière les chiffres de la sécurité sociale se cachent des drames, des familles déchirées ou bien des secrets enfouis à tout jamais.
La douleur morale de l’avortement est proportionnelle au bonheur de donner la vie.
Comment peut-on souhaiter vouloir qu’un tel évènement se produise alors qu’il est facilement évitable de nos jours?
Aucunement.
L’avortement lorsqu’il est pratiqué, n’est donc pas un réel choix.
Le débat consistant à opposer le choix (pro choice) avec la vie (pro life) est biaisé.
Les raisons qui poussent une femme à ne pas donner la vie ne sont en aucun cas guidées par la volonté de faire du mal ou bien de se substituer à la volonté de Dieu.
Si l’on considère que c’est Dieu qui a fait naitre la vie dans le corps d’une femme, alors doit-on considérer que c’est aussi lui qui a fait naitre l’idée d’y mettre un terme?
Est-ce par amour qu’une femme ne se sent pas en mesure de donner une vie heureuse à l’être qui s’éveille en elle?
Par amour pour l’être qui virtuellement pourrait nous être le plus cher et qui est déjà une part de soi?
Pro life choice?
Nous choisissons la vie, la vie par amour.

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