Envole-moi

Envole-moi

11 août 2013, 00:52

Croyez-moi, ce n’est pas de gaité de coeur que j’ai rédigé l’article sur les catastrophes qui ont eu lieu au mois de Juillet. Pour certaines les signes étaient évidents et ces évènements font suite à tous ceux de l’année 2013 qui convergent dans une direction claire et sans équivoque. Gardez toujours en tête que le hasard n’existe pas et que chaque victime a  été choisie. Ce qui nous parait injuste, incroyable, doit être admis. Parfois la compréhension nous échappe, mais il ne faut pas perdre de vue que personne n’a jamais toutes les données du problème.

Nul ne peut échapper à la main de Dieu, en tout lieu et à tout moment.

Il est difficile de vivre avec une épée de Damoclès au dessus de la tête, surtout lorsque nous ne faisons plus parti des ignorants. Plus le temps passe en effet, et moins nous ne pouvons trouver d’excuses à obéir aux ordres divins. Je n’échappe pas à la règle. Toutefois, pour rester serein, il nous faut agir sans penser à tout cela en permanence.

Ceci étant dit,  l’article que voici est, je crois, le pire qui m’ait été donné de rédiger. A tel point, une fois n’est pas coutume, que sa lecture est réduite à une poignée de gens, qu’il est fermé au public. Pour la bonne  et simple raison que je ne vais pas vous parler d’une institution ou d’un groupe de personne, mais d’une personnalité public en particulier. Et ce que j’ai à dire ne peut pas être lu par tout le monde. Hélas.

Je ne suis pas de nature homophobe. J’ai toujours côtoyé des homosexuels, apprécié leur compagnie, leur qualités. Je n’ai pas pour habitude de classifier les gens et d’avoir des à priori sur eux. Lorsque j’ai abordé la religion, une des premières choses que j’ai ressentie,  une constante dans tout ce que je lisais, était l’hostilité envers les homos. Il m’apparaissait qu’il s’agissait là d’un problème majeur et qu’il convenait d’aborder la spiritualité sous un angle plus tolérant. Ouvrir les œillères des croyants me paraissaient un combat essentiel. C’est dans cet esprit que j’ai donc rédigé certains textes sociétales à la fin de l’année 2011.

Devenir croyant ne m’a pas fait changer en quelques instants. Au fond de moi j’étais toujours un progressiste de gauche. La liberté de penser et d’agir était la clef du futur. Si j’en suis venu à l’Islam, ce n’est que par pure logique, car je reconnaissais l’unicité de Dieu et tous ses prophètes. Au moment de prononcer la Shahada, au fond je n’étais pas vraiment soumis à Dieu. Tout simplement parce que je n’avais pas vraiment compris ce que signifiait cette philosophie de vie. Les mois ont passé et j’ai travaillé sur moi tandis que je travaillais sur la théologie et l’histoire. Au bout d’un an, je suis devenu un vrai musulman.

Je me suis mis réellement à écrire et à travailler en Octobre 2012. Au bout de quelques temps, j’ai entendu parler de Ludovic-Mohamed Zahed et de son mouvement musulman gay. C’est donc tout naturellement que j’ai été très enthousiaste de le découvrir et d’apprendre qu’il allait ouvrir une mosquée inclusive. Je trouvais là un courage incroyable et un signe prometteur du futur qui se construit. Ensuite les médias ont commencé à parler de lui. Il donnait beaucoup d’interviews et apparaissait dans des émissions télés et radios. A ce moment là, je ne voyais là que la promotion de l’Islam et c’était pour moi très positif.

Je lui ai donc envoyé un mail enthousiaste. Aucune réponse.

L’ouverture de la mosquée inclusive s’est donc faite sans moi.

En l’espace de quelques mois, il est devenu un phénomène médiatique.

Parce que mes rencontres sont un peu facilitées il faut l’admettre, j’ai fait connaissance d’une jeune fille fréquentant sa mosquée et ayant suffisamment confiance en moi pour m’y inviter.

Me voilà donc un vendredi soir à cette fameuse Jumu’a inclusive. J’étais impatient et curieux.

En fait de mosquée, je rentre dans une salle de cours dont les tables ont été écartées pour laisser un espace au sol. Des tapis sont posés, les participants forment un cercle autour de bougies. La pièce est plongée dans le noir. Ayant l’habitude de la jumu’a de la mosquée de Paris en plein milieu de la journée avec ses grands espaces aérés et sa lumière, je ne me sentais pas vraiment à mon aise. J’aime bien voir les visages des personnes autour de moi.

Après quelques minutes de dhikr, le ton est lancé: la soirée est « exceptionnelle » car en présence d’un fameux imam hollandais.

En fait de prêche, j’ai assisté à une mini-conférence philosophique sur un sujet donné. Intéressant, mais pas vraiment de lien avec l’Islam. Chacun prend ensuite la  parole. Certes. Je m’efforce de rester discret. Je sens vite qu’il ne faut pas être trop contradictoire.

Nous finissons avec la prière en prosternation, fille et garçon mélangés. Cela ne me dérange pas outre-mesure, il faut dire que nous sommes entre jeunes étudiants bien-pensants.

Le fameux imam se trompe dans la Fatiha. Aïe. Est-ce à dire qu’il ne la récite pas souvent? Dire que je m’en veux de la réciter de façon si mécanique parfois.

La soirée se poursuit dans un bar à chicha. Ambiance sympathique. Les gens sont souriants. Bien évidemment je me fais remarquer avec mes sujets eschatologiques, mais Ludovic-Mohammed m’écoute. Non par politesse, car nous allons débattre pendant un bon moment. L’imam, quant à lui, ne se sent pas bien. Tandis que nous marchons dans la rue, je me rends compte qu’en réalité il se tient loin de moi. Ma présence le dérange. Est-ce ma présence qui l’a mis dans cet état de fatigue prononcée?

Nous nous quittons avec des sourires et je le demande comme ami sur facebook.

La vendredi d’après, je suis à pied dans Paris. Je suis allé à la mosquée de Paris pour la jumu’a. En fin d’après-midi, je m’arrête dans une église et je m’endors sur une chaise. Lorsque je me réveille, il est environ 18h30 et il est temps de me diriger vers la mosquée inclusive. A peine ai-je fait quelques mètres dehors qu’une forte pluie se met à tomber. Très vite, la pluie se change en grêle et je dois trouver un abri.

Je comprends alors qu’il ne faut pas y aller. La grêle s’arrête rapidement. Je décide de rentrer chez moi.

Le vendredi suivant, 18h, je suis quasiment au même endroit, sur le point d’arriver sur la place Beaubourg lorsque la grêle se remet à tomber avec grand fracas.

Cette fois pas de doute. Si l’idée a pu me traverser l’esprit de retourner là-bas, je comprends qu’il en est hors de question.

Bien sur, nous étions en hiver et il m’était impossible de parler de cet incident à qui que ce soit. J’avais bien trop peur de me tromper et de passer pour un intolérant.

J’ai donc choisi le silence.

Les mois ont passés. Nous voici il y a peu de temps. Il vient de sortir son nouveau livre: Queer muslim marriage dont voici la couverture:

Vous ne remarquez rien? Moi, ça m’a sauté aux yeux.

Maintenant un peu d’étymologie, si vous voulez bien. Ludovic signifie la gloire au combat. Il s’agit vraiment d’un guerrier. Cela colle plutôt bien au personnage. Le combat est bien d’ordre spirituel et en cela, ses armes sont redoutables.

Venons-en à son nom, Zahed. Celui qui est en dehors du monde. Voilà qui est intéressant.

Maintenant je vais vous montrer deux images.

un faucon:

et un aigle:

Maintenant regardez de nouveau la couverture et ces deux derviches qui se tiennent l’un l’autre en miroir. Il s’agit bien d’un faucon, grâce au bec, auquel on a collé les yeux de l’aigle car celui-ci est plus inquiétant.

Dans la mythologie égyptienne, Horus est le dieu faucon.

« Horus est le nom latin d’une des plus anciennes divinités égyptiennes, le dieu faucon Ḥr, dont le nom signifie probablement « celui qui est au-dessus » ou « celui qui est lointain ». »

Autrement dit: celui qui est en dehors du monde.

L’œil des illuminatis au centre de la pyramide, celui qui voit tout et qui trône au dessus du monde, est l’œil d’Horus.

Penchez-vous sur Immortel, le film d’Enki Bilal. Son personnage principal, Horus, fait un vol plané depuis la pyramide des dieux planant au dessus de la ville avant de prendre possession d’un corps pour se reproduire avec une humaine. Le culte du Dieu Enki, aussi appelé EA, existe, il s’agit bel et bien d’un culte satanique, de dieu porteur de lumière, prétendument réel créateur du monde, injustement puni par un faux dieu à l’origine du monothéisme. Vénérer Enki c’est donc combattre les religions abrahamiques.

Faites donc un tour chez Mutien: http://mutien.com/site_officiel/?cat=247

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