L’un de vous me trahira

L’un de vous me trahira

25 novembre 2013, 23:09

Pour aborder cet article  et avoir une vue globale de la période concernée, je conseille la lecture de deux anciens articles:

Apocalypse +30 de notre ère, le changement de paradigme

https://www.facebook.com/notes/stephan-pain/apocalypse-30-de-notre-%C3%A8re-le-changement-de-paradigme/10151610106922645

A la croisée des doctrines

https://www.facebook.com/notes/stephan-pain/a-la-crois%C3%A9e-des-doctrines/10151523811507645

Marc 14:18

Et comme ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : Je vous dis en vérité, que l’un de vous, qui mange avec moi, me trahira.

Bien souvent, la traduction de ce verset, présent dans les 4 évangiles, utilise le mot « livrera ». Pour la bonne et simple raison que le sens des mots exacts originels ne sont rien en comparaison du poids des événements ancrés dans l’Histoire. Les traducteurs n’ont pas la volonté de laisser l’ambiguïté sur une interprétation. Celui qui a trahi, c’est Judas.

Trahir ce n’est pas forcément livrer. Il y a plusieurs moyens de trahir.

Si en préambule je conseillais la lecture de deux articles traitant du basculement du monde du polythéisme au monothéisme, c’est pour revenir sur les différents concepts d’apocalypse qui s’affrontaient à cette époque. Nous avions donc deux courants principaux extrêmes et propices à l’égarement en dehors de la voie droite.

Les uns attendaient que la main de Dieu s’abatte sur l’humanité, punisse les pécheurs en les faisant disparaitre, et que les justes accéderaient à un nouveau monde parfait. Seule la prière pouvait donc sauver jusqu’aux derniers instants, qu’il fallait préparer. Les conditions matérielles, la reproduction, l’avenir sur terre n’avaient aucune espèce d’importance. Tout devait être prêt pour le grand jour où les meilleurs élèves ont la récompense attendue au détriment de la majorité du monde. Dans cette perspective, il est tout à fait possible que certains croient en la venue de « Dieu » sur terre juste avant d’exécuter son œuvre.

Un autre courant apocalyptique consistait en  l’établissement de la royauté de Dieu sur terre au travers d’un de ses représentants. Pour établir cette royauté, le peuple de Dieu, au moment convenu, devait prendre les armes et engager une guerre sans merci contre tous ceux qui s’opposent à Dieu. Il est possible d’envisager ce processus comme une sorte de sélection naturelle. Ainsi « Dieu » aurait préalablement choisit qui Il voulait garder et les aurait guidé vers sa religion, vers son peuple.

Pour le premier groupe, nous avions donc des communautés refusant la société et vivant en marge. Une description qui pourrait ressembler à celle des Esséniens.

Pour le deuxième groupe, prêt pour la lutte armée, nous reconnaissons les Zélotes.

Pour caricaturer le propos, nous pourrions dire que de part et d’autre de la voie droite, il y a ceux qui sont violents contre eux-mêmes  et ceux qui sont violents contre autrui.

Les 12 disciples symbolisent les 12 tribus d’Israël. Leur choix n’est pas le fruit du hasard, en réalité ils sont représentatifs du peuple. Si bien que si nous pouvons considérer que la plupart sont modérés, il y a parmi eux les deux extrêmes. Nous savons que Judas était un zélote. Il est tout à fait envisageable d’imaginer que si au départ du ministère Pierre n’était qu’un simple pécheur, il ait pu découvrir la pensée  essénienne par la suite et y adhérer. Le portrait qui est fait de cet homme dans les évangiles est en général  peu reluisant. Jésus doit souvent le remettre en place. Notamment, il va jusqu’à lui dire: « Arrière Satan! ».

Le propre des extrêmes, lorsqu’un groupe est plongé dans une situation de crise, est de prendre le pouvoir sur la majorité. En vérité, au moment où Jésus prononce la phrase:  » Je vous dis en vérité, que l’un de vous, qui mange avec moi, me trahira. », il ne sait pas lequel, de Pierre ou de Judas va prendre le commandement du groupe. Jésus, qui prône l’égalité des hommes, n’envisage pas une seule seconde que ses disciples puissent constituer une hiérarchie. Mais, il sait  qu’il est trop tôt et que ses enseignements mettront beaucoup d’années à être assimilé par des érudits  puis par le peuple. Il faut faire face à la réalité: dans le temps qui suivra sa mort, l’un des deux extrêmes s’emparera du groupe. C’est inéluctable. Il est conscient qu’Israël a peu de chance de se remettre du changement de paradigme et qu’un schisme va se créer. La religion qui va être le résultat de la renaissance d’Israël aura sa base doctrinale altérée par l’empreinte de celui qui va trahir.

Que s’est-il passé cette nuit là? Pierre et Judas se sont-ils parlé? Se sont-ils battus? Toujours est-il que c’est bien Judas qui a compris son erreur et qui a livré Jésus, tandis que Pierre s’enfonçait dans la sienne. La suite vous la connaissez, Judas a disparu et Pierre a pris le contrôle du groupe. La fin des Évangiles a donc été écrite en fonction. Les premières communautés chrétiennes se sont donc constitués dans l’attente de la destruction du monde comme cela est relaté dans les écrits du nouveau Testament hors Évangiles.

Le christianisme a ensuite évolué lentement pour devenir ce que nous connaissons.

L’Islam est ensuite « apparu ». La composante de violence extériorisée s’étant infiltré à la base de sa doctrine. Ainsi l’Islam, en tant que religion se centrant uniquement autour du personnage du  prophète Muhammad, devient complémentaire avec le christianisme.

Si Judas avait pris le contrôle du groupe, le christianisme ressemblerait fortement à l’Islam tel que nous le connaissons actuellement.Ce n’est que par la complémentarité des deux communautés que Dieu peut régner sur le monde.

Ce règne ne peut s’établir qu’à la condition que les deux extrêmes disparaissent. Cette disparition est le fruit  de la compréhension entière du message divin.Voilà pourquoi le messie revient une seconde fois: Pierre et Judas doivent se réconcilier.

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