Fa’l

Fa’l

27 janvier 2014, 20:26

Depuis maintenant plus de deux ans que je suis attentif aux signes, j’ai compris des messages de diverses manières. Cependant il y a toujours eu une constante et ce, depuis le début: l’analyse du sens des noms des personnes et des lieux ainsi que les synchronicités. Il m’a été reproché dans les premiers temps de surinterpréter. Quoi de plus normal, puisque tout cela était nouveau pour moi, il m’a fallu apprendre à démêler le vrai du faux. Après plusieurs mois de pratique, je parvenais à saisir sereinement les messages qui m’étaient adressés. Hélas, dans le domaine du spirituel, où tout appartient au monde de l’invisible, de l’impalpable, du non-prouvable, il subsiste toujours un doute sur la légitimité de sa propre réflexion. Le doute est un garde-fou dans une quête spirituelle, il permet de se préserver de tomber dans l’égarement en étant persuadé de détenir la Vérité.

Et puis le doute s’est dissipé il y a quelques jours lorsque je suis tombé sur des articles traitant du fa’l. Mot qui a surement donné naissance au nom de famille Fall en Afrique de l’ouest.

En voici un condensé:

Les anciens Arabes, comme les Berbères du Maghreb, croyaient également au fa’l onomastique et donnaient des noms déplaisants. Al-Djah’id écrit, à ce propos : «Les Arabes donnaient à leurs enfants les noms de Kalb (chien), H’imâr (âne), H’adjar (pierre), Dju‘ul (scarabée), H’and’ala (coloquinte), Qird (singe), en raison de l’heureux présage (‘ala al-tafâ’ul) qu’ils contiennent.» Quand un enfant mâle naissait, le père sortait dans le but d’observer le vol des oiseaux et de noter les signes observés.

Ainsi, s’il entendait quelqu’un dire h’adjar (pierre), ou s’il en voyait une, il donnait ce nom à son fils, augurant ainsi pour lui la force, la robustesse, la permanence, la patience et la capacité de briser tout ce qu’il rencontrerait. De même, s’il entendait quelqu’un dire dhi’b (loup) ou s’il en voyait un, il augurait pour lui la sagacité, la tromperie, la ruse, le profit ; si c’était un âne, il lui prédisait une longue vie, l’effronterie, la force et la patience ; si c’était un chien, il augurait pour lui la vigilance, la longue portée de sa voix, le gain et autres qualités. C’est pourquoi, ‘Ubayd-Allah ben Ziyâd peignit, dans son vestibule, un chien, un bélier et un lion et dit : «Un chien aboyeur, un bélier batailleur et un lion maussade.» Il considérait cela comme un mauvais présage pour les autres et cela fut répété après lui.

On sait que le Prophète s’est élevé contre les noms déplaisants, mais il croyait au fa’l onomastique, car la plupart des noms déplaisants, il les a remplacés par des noms opposés, symbolisant la piété, la beauté ou les hautes valeurs morales. C’est ainsi qu’il a attribué à Qalîl ben al-S’alt, dont le nom, Qalîl signifie «peu» celui de Kathîr «beaucoup», à ‘As’î «désobéissant» ben al-Aswad, celui de Mut’î, «obéissant, soumis», à ‘As’iya «désobéissante», sœur de Omar, celui de Djamila «gracieuse», à H’azn «triste» ben Abî Wahb, celui de Sahl «aisé», etc. Il a aussi fait subir des modifications phonétiques à certains noms pour les rendre plus bénéfiques.

C’est le cas de Zayd al-Khayl «le cheval» qu’il transforme en Zayd al-Khayr «les biens, la fortune». Il a changé aussi le nom de Yathrib, la future Médine, en T’ayba «la bonne», mais on sait que ce nom n’est pas restée puisque c’est Madinat al-Nabî, la Ville du Prophète, en abrégé, Madina, qui a été choisi. On rapporte encore que lorsque le Prophète est arrivé à Médine, les premiers noms qu’il a entendus sont Salim (Pur, intact, en sécurité) et Yasâr (le facile, l’aisé), il a dit : «Nous serons à l’abri du danger et nous vivrons dans l’abondance.» La ville devait, en effet, porter chance aux musulmans qui avaient fui la persécution des Mecquois.

Après le Coran qui condamne la t’ira (l’ornithomancie), c‘est le Prophète qui la stigmatise. Mais il l’oppose au fa’l qui est le bon augure. On attribue au Prophète quelques hadiths sur le sujet : al-fa’l vient de Dieu et la t’ira vient de Satan. Il n’y a pas de t’ira ; al-fa’l est mieux qu’elle. Qu’est-ce le fa’l ? lui demande-t-on. C’est, répondit-il, le bon mot que chacun d’entre vous entend. (cité par Damiri). Si la t’ira, l’ornithomancie, est condamnée, c’est parce qu’elle avait de forts liens avec l’idolâtrie. C’est le cas également du zadjr, procédé qui consistait à lancer une pierre à un oiseau et à observer son envol : s’il vole à droite, c’est un bon présage, s’il vole à gauche, c’est un mauvais présage.

Une racine, à elle seule, peut fournir jusqu’à dix noms et parfois plus. C’est le cas de racine SAD, qui comporte l’idée de bonheur. Ainsi, on a, Saad, au propre, heureux, fortué, Sa ‘ d, de saad, bonheur, fortune et son diminutif, Saadawi, Saadi, qui a de la chance et, comme prénoms féminins Saaida Saadiya, Tasaadit, etc. Un prénom oriental, d’introduction récente, Suwad, est la forme pluriel de saad, bonheur, bon augure.

Par M. A. Haddadou – Infosoir.com

Ainsi, l’interprétation de l’étymologie des mots et des noms, fait  parti de l’Islam. Il n’est donc pas question d’égarement. Lorsque le sens des mots se conjugue avec la synchronicité,  le pouvoir des Signes est renforcé. La multiplicité des Signes et le temps qui passe assoit une certaine légitimité. Cela ne veut pas dire qu’il faut cesser d’être vigilant quant à l’interprétation. L’intuition peut s’avérer fort utile parfois.

Si vous avez des personnes répondant au nom de Fall autour de vous, cela est donc doublement de bon augure!

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