Jean Michel Basquiat et Ben Vautier

Jean Michel Basquiat et Ben Vautier

11 février 2014, 04:01

L’Islam étant pour moi une nouveauté, ma façon d’appréhender le monde est toujours celle d’un artiste. Être artiste ne s’apprend pas dans une école. Les élèves les plus studieux dans les écoles d’arts sont d’ailleurs les artistes les moins novateurs. L’art n’est pas la maitrise d’une technique artistique. Celle-ci est bien sur nécessaire pour permettre à un esprit de s’exprimer en toute liberté mais elle n’est pas suffisante. Être artiste, c’est avant tout une philosophie de vie, une manière d’aborder le monde et ses problématiques selon un certain prisme. C’est une faculté de remise en question permanente sur tout et surtout sur soi-même.

Voilà que je mets côte-à-côte, deux artistes emblématiques de l’époque moderne. Tout les oppose. D’un coté, le golden child et de l’autre, le marchand de tapis. Vous allez me dire que je suis bien dur avec celui qui signe ses œuvres avec le nom de Ben. Mais que voulez-vous? Depuis le début de sa carrière, à quel moment cet homme a su se mettre en danger, se remettre en question? Jamais. Cela fait maintenant plusieurs dizaines d’années qu’il nous ressert son concept de phrases pseudo contestataires écrites à la main sur tous supports. Il n’a pas échappé à pas mal de monde que son art n’est devenu qu’un produit marketing. Il l’a toujours été en réalité. Cela n’empêche pas une foule de gens de s’extasier devant un tel génie. Un jour, j’allumais la télé et je tombais sur l’émission de Taddeï. Un artiste parlait avec mépris de certains de ses admirateurs et les traitait de cons. Bien que ne l’ayant jamais vu, ni lu ou entendu, j’ai su immédiatement qu’il s’agissait de Ben Vautier. Le vide abyssal de son art n’a d’égal que son égo surdimensionné.

Pour qui sait ouvrir les portes de la perception, une oeuvre d’art, avant d’inspirer l’émotion et la réflexion, c’est avant tout une porte ouverte vers l’esprit du créateur. Il est essentiel de ne pas s’attarder dans les détails, mais d’inscrire l’oeuvre dans son contexte, de prendre du recul sur ce qu’elle représente dans le cheminement global de l’auteur.

Lorsque j’ai découvert Basquiat lors de l’exposition à Paris il y a quelques années, j’ai subi un choc émotionnel très violent. Son univers est quasiment inaccessible pour la plupart d’entre nous. S’il existe des éléments redondants au travers de son oeuvre, ce ne sont en réalité que le fil conducteur qui permet de lier tout cela ensemble. Ensuite, j’ai écouté les commentaires des guides. Je me suis vite rendu compte que ce que j’entendais n’avait rien à voir avec ce que je ressentais. Je serais bien tenté de faire une analogie avec l’exégèse chrétienne sur la période messianique: incapable de comprendre le message, ils fantasment.

Basquiat était un génie. Tout le petit monde de l’art contemporain de l’époque l’avait bien compris, dans toute sa médiocrité. En réalité, ceux qui gravitaient autour de lui n’avaient pour seul aspiration que de le rabaisser vers eux. Ils le jalousaient. Sa beauté, son intelligence, sa liberté d’esprit, fascinaient et en rendaient beaucoup fous. Parce qu’il avait l’argent qui coulait à profusion et qu’il n’avait pas bénéficié d’une éducation qui le cadrait fermement, Basquiat n’avait aucune limite dans la quête du plaisir et du désir. Il faisait ce qu’il voulait. Il était totalement libre. Mais de cette fausse liberté, celle du Shaytan. Celle qui fait que l’on devient esclave.

Paradoxalement, Basquiat était un esprit qui aspirait à libérer les chaines de l’esprit des esclaves que nous sommes. Allah lui avait donné tous les outils pour se faire. Mais le Shaytan lui a donné tous les outils pour se détruire. Et c’est ce qu’il fit: il mourut d’overdose en pleine gloire et en pleine jeunesse. La société moderne décadente et ses suppôts avaient eu raison de lui. Parce qu’ils n’avaient pas les capacités de s’élever vers lui, ils se sont appliqués à l’annihiler.

Ben, quant à lui, est toujours bel et bien vivant…

Pour qui veut espérer comprendre l’esprit d’Allah, ouvrez les portes de la perception à sa création. Comment peut-on avoir la prétention d’égaler une telle perfection? Ceux qui travaillent à modifier la structure du vivant en s’attaquant à la génétique, à la chirurgie esthétique, à la structure familiale, aux rythmes biologiques, à la succession des saisons dans l’agriculture etc etc… ne sont que des esprits malades dont la société doit se débarrasser pour sa propre survie. Ils sont les cellules cancéreuses dans le corps de l’humanité.

Ce progressisme n’est en réalité que la négation du vivant.

Oui, ce sont bien eux les vrais négationnistes.

Que justice soit faite!

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