Les trois reniements et le chant du coq

Les trois reniements et le chant du coq

Nous avons vu dans un précédent article qu’il existait un lien indissociable entre Jean et Jésus. Esprits de Élie et Élisée. Esprits de Mahdi et Messie.

Voir https://www.facebook.com/notes/stephan-pain/elie-est-/10151589044262645

 

Dans la sourate Maryam 19, se trouvent deux versets à mettre en parallèle:

verset 15, parlant de Yahya (Jean le Baptiste)

« Que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il meurt, et le jour où il est ressuscité vivant. »

verset 33, parlant d’Issa (Jésus)

« Que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant. »

 

La phrase est exactement la même. En dehors du changement de personne, il y a surtout un changement de temps: passé présent et futur se côtoient. Il est aussi question de trois jours. Le jour de la naissance, le jour de la première mort, et enfin, le jour de leur résurrection. Le verbe employé ici est baʿatha (بَعَثَ) (élévation à la vie).

Elie était prophète juste après Salomon, donc juste après la naissance du royaume d’Israël. Après Jean, la destruction du Temple, puis de l’expulsion des juifs de Jérusalem, marque la mort du royaume de Juda qui subsistait encore à Samarie. A ce jour, ce royaume n’a pas été rétabli: l’état dit d’Israël n’est qu’une démocratie ayant un lointain rapport avec cette période ancienne. A présent, nous pourrions être dans les temps de la résurrection.

De plus Yahya s’écrit يَحْيَىٰ , c’est à dire de la même manière que « il vivra ». Voir 20.74 et 87.13.

Rappelons-nous également cette phrase où Allah parle de Yahya comme étant le premier à être nommé de la sorte. 19.7,  « Son nom sera Yahya [Jean]. Nous ne lui avons pas donné auparavant d’homonyme ». Jean n’a pas la même signification qu’Elie, mais Jean est la traduction de Yohanan, qui signifie Dieu fait grâce. L’homonymie ou tout du moins la proximité étymologie se situe donc dans le futur de la révélation coranique.

 

Dans les Évangiles, nous pouvons lire le dogme de la résurrection après les trois jours au tombeau. Or, comme chacun peut le compter, il n’y a pas trois jours entre le Vendredi et le Dimanche. Le messianisme est basé avant tout sur l’interprétation des écritures ou bien des paroles prononcées. La phrase prononcée est rapportée dans le Coran comme nous venons de le voir. C’est donc par la volonté de faire correspondre les faits et les prophéties que le dogme de la résurrection après trois jours a été légitimé.Nous voyons bien ici, qu’il ne s’agit pas de journées mais de périodes. Tout comme les sept jours de la création.

 

Pourtant il fallait à tout prix légitimer la résurrection en l’inscrivant parmi la réalisation des écritures, afin, d’une part d’établir des preuves face aux érudits juifs et de l’autre de légitimer la religion naissante au sein de l’empire romain. C’est à dire de jouer le double rôle de se construire en opposition par rapport aux premiers tout en s’inscrivant dans la continuité aux yeux des païens.

 

Il existe cependant une autre interprétation à ces trois périodes et cette résurrection. Mettons en parallèle une autre phrase:

« Avant que le coq ne chante, tu me renieras par trois fois. »

Les trois reniements de Pierre dans la nuit suivant la cène pourrait être en réalité une prophétie dans une toute autre échelle de temps.  Pierre, dans la théologie courante, symbolise l’église en tant qu’entité spirituelle, et non le pouvoir temporel et politique. (Voir annexe)

 

Le premier reniement de la proto-église est le rejet de la limitation de la prédication aux seuls enfants d’Israël. Ce qui jette les bases d’un universalisme absent du  discours prophétique.

Mt 15:24 Ce à quoi il répondit : Ma mission se limite aux brebis perdues du peuple d’Israël.

 

Le deuxième reniement est celui de la Loi. Cela dispense ses futurs disciples de se soumettre totalement au Dieu unique et d’introduire les germes d’une pensée de libertarisme.

Mt 5:18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé.

 

Enfin, le troisième reniement, beaucoup plus récent, a consisté à enclencher un processus de reconnaissance pleine et entière  de l’état d’israel qui s’est achevé très récemment par l’hommage rendu par le pape François à Théodore Herzl, le fondateur de l’entité sioniste. Le Vatican, en légitimant israel, renie l’essence de la mission de celui qu’il représente, puisque celle-ci consistait en la déclaration d’un royaume spirituel, mettant fin à l’idée de Terre promise. Cela marque l’aboutissement d’un processus de trahison amorcé par le concile Vatican II où la théorie de la substitution est abandonnée (l’ancienne Alliance toujours d’actualité), suivi par l’accord fondamental du 30 décembre 1993 qui marque la reconnaissance de l’état. On pourra argumenter que cette reconnaissance est motivée par la volonté politique et fiscale de protection des lieux saints. Est-ce bien le rôle du « Saint siège » que de renverser la hiérarchie entre spirituel et temporel?    

21:43 C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits.

 

L’affranchissement de la limitation à Israël, l’abandon de la Loi et la reconnaissance de la Terre Promise dans la chair.  

L’église a renié par trois fois: le coq (la France) peut donc chanter de joie (Voir Psaumes 132.16 ci-dessous).

Et certains d’avoir la chair de poule de prendre conscience des temps dans lesquels nous sommes.

 

2001 – 2002: « Pardon Judas ». Avant de commencer, hommage et réhabilitation d’un homme clef.

2002 – 2003: Cocorico! Troisième spectacle de Dieudonné. Le chant de joie vient de retentir.

2003, décembre: l’incident du sketch du colon israélien, qui nous paraitrait anodin aujourd’hui, enclenche un processus exponentiel. Un vaste éveil des consciences et une longue guerre spirituelle. C’est l’ère de la dissidence.

2011 – 2012, « Rendez-nous Jésus » annonçait la seconde Bien Venue.

2012 voyait l’avènement du Parti Socialiste, qui par sa gestuelle du « changement », affirmait sa soumission à l’entité sioniste.

France sous influence.

Mais 2012, c’est aussi le début de l’ère du dévoilement, au même endroit. Bien et mal sont entremêlés.

 

Annexe: Pierre et Jacques.

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église (Mt 16, 18) » Cette phrase signifie simplement que Pierre est le premier homme à croire en la messianité de Jésus. Il faut comprendre que ce passage se situe vers la fin du ministère. Les Apôtres n’ont donc pas suivi « par magie » un messie. Ils suivaient un homme qui défendait les mêmes valeurs qu’eux. D’ailleurs il est tout à fait probable qu’ils ne le suivaient pas vraiment mais que chacun œuvrait selon ses aspirations. Le messie aurait eu donc plus une fonction de coordination, d’analyse des écritures dans la perspective de son temps et de synthèse des enjeux que de chef. L’église de Rome pour justifier sa légitimité va donner une toute autre exégèse à cette phrase pour faire du pape élu par les cardinaux le successeur de Pierre. Ceci aussi a été divinement anticipé. Le pouvoir temporel réel, quant à lui, a été assumé par Jacques (dit le Juste), un des  frères (parmi les 4) de Jésus, qui avait été nommé par ce dernier pour lui succéder. Pierre était trop fragile psychologiquement pour supporter le poids de la communauté. Il l’a démontré à de nombreuses reprises.

Selon les théologiens modernes, l’accent mis sur Pierre et la minoration du rôle de Jacques, qui est d’ailleurs souvent surnommé le « mineur », est justifié par la volonté de préserver le dogme de la virginité perpétuelle de Marie. C’est d’ailleurs ce statut particulier de « mère de Dieu » (sic) qui distingue l’église catholique des autres courants chrétiens.

En réalité, la raison première est que Jacques était un cohen (prêtre). Il était fidèle à la Loi. Sa prédication se tournait quasi exclusivement vers les enfants d’Israël. Sa tolérance à l’égard de la présence de païens dans la communauté était toute relative. Dans les Actes des Apôtres, nous pouvons lire qu’il y a eu une violente opposition entre son groupe et celui mené par Paul de Tarse. Ce dernier s’étant attribué le rôle de conversion des païens, a développé une politique puis une doctrine visant à renier la Loi. Jacques et les hébreux d’un coté, Paul et les hellénistes de l’autre. C’est Pierre, initialement du clan hébreux, qui va céder. C’est donc Pierre le traître et non Judas. Pendant la Cène, le Messie ne désigne pas Judas qui, au contraire va avoir le courage d’aller jusqu’au bout de sa mission et va sceller son destin. Il ne s’agit que d’une construction postérieure. En effet, dans l’esprit d’un chrétien, il n’y a aucune ambiguïté sur l’identité du traitre. Et pourtant…

Faire du pape le successeur d’un rabbin fidèle à la Loi est une position impossible à tenir pour le Vatican. Pour couper tout lien avec le judaïsme, l’opportunité de se servir de Pierre est essentielle.

Il est à noter que dans les écrits de Flavius Josèphe, Jacques a une dimension politique publique et un impact beaucoup plus grand sur la société de l’époque que Jésus. Ce qui confirme que Jésus n’était absolument pas un chef de communauté et qu’il a mené son ministère dans l’anonymat. Il y a fort à parier que son statut de messie n’a clairement été établi qu’après sa mort, principalement par reconstruction théologique.

 

Notes

Point de vue chrétien: http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/israelmai2009/isrldossier07.html

Point de vue juif: http://www.israelvalley.com/news/2007/04/09/9727/israel-vatican-juifs-et-chretiens-la-reconnaissance-par-le-vatican-dun-etat-juif-en-terre-sainte

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_le_Juste

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ologie_de_la_substitution

 

Psaumes 132:

11 L’Eternel a juré la vérité à David, Il n’en reviendra pas; Je mettrai sur ton trône un fruit de tes entrailles.

12 Si tes fils observent mon alliance Et mes préceptes que je leur enseigne, Leurs fils aussi pour toujours Seront assis sur ton trône.

13 Oui, l’Eternel a choisi Sion, Il l’a désirée pour sa demeure:

14 «C’est le lieu de mon repos pour toujours; j’y habiterai, car je l’ai désirée.

15 Je répandrai de riches bénédictions sur sa subsistance, je rassasierai ses pauvres de pain (PAIN: lehem לָחֶם).

16 Je revêtirai de salut ses prêtres, et ses fidèles pousseront des cris de joie              (CHANT DE JOIE: yeranenou  יְרַנֵּנוּ).

17 Là je ferai grandir la puissance de David, je préparerai un flambeau à mon Oint        (MESSIE: machiah לִמְשִׁיחִי).

18 Je revêtirai de honte ses ennemis, et sur lui brillera sa couronne.                             (COURONNE: nizro נִזְרוֹ en grec: Stephanos).»

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