Résurrection

Résurrection

La résurrection des morts, la résurrection du messie après trois jours, la vie des martyrs auprès de Dieu dans le Coran

Depuis un bon moment, je cherche à comprendre d’où vient le récit de la résurrection du messie. Il est impossible de balayer d’un revers de main le sujet en se contentant de prétendre que les textes sont faux. Le sujet a été rarement abordé du point de vue islamique puisque ce qui fait débat est la crucifixion. Quant aux chrétiens, ils ont fait de la résurrection, la base de leur foi. A en croire leur théologie, pas de résurrection, pas de christianisme. C’est aussi simple que cela. D’autre part, dans le Coran, Allah nous dit que les martyrs ne sont pas morts. Il est fort possible qu’il y ait un lien entre cette affirmation et la résurrection dans les Évangiles. Enfin, là où la Bible et le Coran se retrouve, c’est sur le dogme de la résurrection au moment du jugement dernier. Certains situent celle-ci sur terre, d’autres dans l’au-delà, avant l’affectation finale des âmes.

Pour tenter de fournir une explication à tout cela, je vais m’attacher à un moment précis de la prédication messianique. Il s’agit de la toute fin du ministère public. Deux paraboles majeures viennent d’être prononcées dans une ultime condamnation des événements passés de ceux qui tiennent la religion sous leur coupe. Celle des vignerons qui annoncent que l’Alliance va être passé avec un autre peuple (sans préciser quand et lequel). Celle des noces qui met en garde contre ceux qui prétendront être ses disciples mais refuseront de conserver l’Alliance ancienne (d’où le concept de nouvelle Alliance). Après cela toutes les paroles rapportées s’adressent uniquement aux disciples et annoncent le futur. Les paraboles étaient adressées aux pharisiens. Ce sont les sadducéens qui posent leur ultime question au sujet de la résurrection des morts. La voici:

22.23 Le même jour, les sadducéens, qui disent qu’il n’y a point de résurrection, vinrent auprès de Jésus, et lui firent cette question: 22.24 Maître, Moïse a dit: Si quelqu’un meurt sans enfants, son frère épousera sa veuve, et suscitera une postérité à son frère. 22.25 Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier se maria, et mourut; et, comme il n’avait pas d’enfants, il laissa sa femme à son frère. 22.26 Il en fut de même du second, puis du troisième, jusqu’au septième. 22.27 Après eux tous, la femme mourut aussi. 22.28 A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme? Car tous l’ont eue.

22.29 Jésus leur répondit: Vous êtes dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu. 22.30 Car, à la résurrection, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. 22.31 Pour ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit: 22.32 Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob?

Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants.

La Torah et le Coran annoncent tous deux une résurrection. Chacune vient mettre un terme à un cycle de la Révélation. Un cycle s’achève, un autre commence. Il y a donc deux résurrections. C’est une sorte de remise à zéro. Il y a un dévoilement, c’est à dire l’Apocalypse (retirer le voile). Lors de ce dévoilement, la vérité est rétablie sur chacun. Ainsi, ceux qui passaient pour des justes aux yeux du monde sont confondus, tandis que les saints sont réhabilités.

27.51 Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, 27.52 les sépulcres s’ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent. 27.53 Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes.

Ceux qui ont fait l’histoire, qui ont participé activement au déroulement de la Révélation, voient leurs noms et le récits de leurs actes briller en ce bas monde. Leur esprit est donc bien vivant, et ce, pour l’éternité. Aussi, pour sceller cet instant, il faut qu’il soit lié à un évènement de la vie de celui qui est missionné pour le dévoilement. Il s’agit également de légitimer le messager lui-même.

Ensuite, il convient de mettre ceci en parallèle avec la résurrection du messie en lui-même, telle qu’elle est traitée dans les évangiles synoptiques, c’est à dire au travers de chapitres courts, rapportant peu d’événements. Le déroulé est sensiblement le même: une ou plusieurs femmes vont au tombeau, elles ont une apparition, constatent l’absence du corps, vont voir les disciples, puis tout le monde attestent de la résurrection. Je retiens deux passages en particulier:

Luc 24.25 Alors Jésus leur dit: O hommes sans intelligence, et dont le coeur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes! 24.26 Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire?

Mat 28.16 Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. 28.17 Quand ils le virent, ils se prosternèrent devant lui. Mais quelques-uns eurent des doutes.

Il est essentiel de comprendre une chose: les disciples du messie étaient dans le déni face à la mort de celui qu’ils suivaient. Ils étaient bien conscients d’être au cœur et les acteurs majeurs d’un basculement d’Israël. Comme je l’avais expliqué dans un ancien texte, plusieurs conceptions eschatologiques s’affrontaient alors. Il y avait ceux qui voyaient une fin de l’histoire, et ceux qui voyaient un triomphe définitif du bien sur le mal, qu’il soit l’œuvre de Dieu seul ou accompli par la mains de libérateurs missionnés. Les disciples étaient des optimistes, et désiraient un triomphe de Dieu. La mort du messie fut brutale. Il faut reconnaitre aussi qu’ils peinaient grandement à comprendre ses paraboles. La crucifixion fut donc vécue comme un échec de prédication. En vérité, les disciples n’ont compris l’importance théologique de la crucifixion qu’après celle-ci. Elle signifiait la légitimation du messager dans son rôle de serviteur de tous les autres prophètes. Il convient de faire une petite parenthèse ici. Voici les tous derniers mots prononcés en public:

Mat 22.41 Comme les pharisiens étaient assemblés, Jésus les interrogea, 22.42 en disant: Que pensez-vous du Christ? De qui est-il fils? Ils lui répondirent: De David. 22.43 Et Jésus leur dit: Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, lorsqu’il dit: 22.44 (Psaumes 110.1) Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied? 22.45 Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils?

Il serait plus juste de traduire le Psaume ainsi: “L’Éternel a dit à mon maître:” La traduction usuelle est juste stupide. Les deux mots sont traduits par Seigneur. Or, le premier est le tétragramme tandis que le deuxième est adoni, il devrait être traduit par seigneur avec une minuscule. Le mot est utilisé tout au long de la Bible entre humains comme marque de respect. C’est en ces termes, par exemple, que Sarah s’adresse à son mari. Encore une fois, nulle trace de divinité. Cela signifie encore moins que Dieu se parle à lui-même, à son fils, à une partie de lui-même ou que sais-je encore. Le Psaume indique que le messie est le seigneur de David, paix sur lui. En langage biblique cela signifie que le messie a pour mission de servir ce prophète jusqu’à la mort. Le messie n’apporte rien de nouveau par rapport aux autres prophètes. Tout a été révélé (dans le contexte de l’Alliance en la Torah). Nous l’avons vu dans un article précédent, l’amour n’est pas un concept nouveau ni propre au christianisme, ni aucun des enseignements spirituels des évangiles. La question finale: ”Si donc David l’appelle seigneur, comment est-il son fils? “ ne suggère pas à l’auditoire que celui qui prononce cette phrase est le fils de Dieu. En réalité, elle ne suggère absolument rien. Elle souhaite juste les faire réfléchir sur la notion de royauté messianique, celle d’un roi véritablement serviteur de ses sujets au sein d’un royaume immatériel, allant à l’encontre de la conception usuelle du mashia’h des bani Israïl. Je referme la parenthèse.

Une entrée en gloire qui donnait également la gloire à tous ceux qui ont porté la Révélation. Cette entrée en gloire correspond au moment où les disciples ont réalisé que ce qu’ils considéraient comme un échec, était un accomplissement.

Ce qui a déclenché cette prise de conscience est la constatation de la disparition du corps. C’est là où il nous faut réfléchir. Bien sur, Dieu n’a pas fait disparaître le corps dans un miracle. Et les disciples n’auraient certes pas imaginé ce scénario pour des questions théologiques. Ils n’avaient pas le recul. Ce ne sont pas non plus les grands-prêtres, car ils n’avaient aucun intérêt à cela. Ni les pharisiens. Il n’y a qu’une seule possibilité. Ce sont les romains qui ont fait disparaître le corps. D’abord parce que matériellement, c’est eux qui en étaient capables, ensuite parce que la crucifixion était un supplice romain. Enfin, le tombeau était gardé par des soldats. Seuls des officiers pouvaient donc agir. Mais pourquoi faire cela?

En réalité, le messie ne s’adressait pas aux masses. Il visait les élites religieuses. Les paraboles possédait un sens simple entendu par le peuple et un message caché compréhensible par les érudits. (comme ici) Il y a fort à parier que la parabole des vignerons a été très bien compris par les grands-prêtre pharisiens au moment où ils l’ont entendue. Ils ont très bien perçu la menace qui pesait alors sur la légitimité du Temple de Jérusalem. Mais il était trop tard, l’information avait été transmise et n’avait aucune limitation de diffusion. Ils se sont donc retrouvé dans une position délicate face à un homme qui se présente comme missionné par Dieu, accompagné de signes ostentatoires. Ils réalisent qu’ils ne peuvent pas attenter à sa vie. Contrairement aux disciples, les docteurs de la Loi ont bien compris que si le pouvoir religieux condamne à mort un tel homme, ils le légitiment en tant que prophète. Le concept du martyr n’est pas nouveau. Depuis le début de la Révélation, des hommes sont morts en attestant de la vérité. Ils sont tous morts de la main des ennemis de Dieu. Une seule solution s’offre à eux: une mort profane, une mort d’ennemi du pouvoir romain. C’est le seul moyen de délégitimer et de déshonorer le porteur de la parole. Il faut donc pousser le pouvoir romain à être l’exécuteur. Mais ce serait sous-estimer les romains que de penser qu’ils puissent servir les intérêts de ceux qu’ils dominent. Les romains eux-aussi comptent des érudits dans leurs rangs. Ils sont tout aussi compétents pour analyser les textes fondateurs du judaïsme. Il ne faut pas perdre de vue que dans le monde antique, toute société était basée sur des fondements religieux. L’athéisme n’existait pas. La grande force de Rome était de soumettre les dieux vaincus et non de les combattre. Les romains connaissaient les espérances messianiques des juifs. Les prétendants étant généralement des chefs de guerre, ils finissaient tous crucifiés. Mais cette fois, ils ont vite réalisé que le candidat avait un discours différent des autres et que le pouvoir religieux juif était clairement mis en danger. C’est alors qu’un scénario s’est imposé à eux: dans un premier temps ils semblent accepter la requête des prêtres, mais dans un deuxième temps, ils élaborent une ruse pour s’assurer de la confusion entre juifs, les diviser, et donc les soumettre plus facilement. Cette ruse est fort simple: faire disparaître le corps. Ainsi les disciples croiront à un miracle, se sentiront légitimés dans leurs actes et mèneront une réforme spirituelle. Incapables de faire réapparaître le corps et d’expliquer le phénomène, les prêtres seront totalement impuissants et comprendront leur erreur à vouloir exiger de Rome quoi que ce soit. Bien sur, les romains qui ont imaginé ce plan, n’avait aucune foi dans la Torah et les prophéties, ils n’avaient donc aucune crainte à les accomplir.

Ce qui s’est passé ensuite est fort simple. Passé l’instant du choc de la mort et de la disparition du corps, les disciples ont compris que Dieu avait utilisé les comploteurs contre eux-mêmes. Et que c’était les païens qui avaient accompli la totalité des prophéties. C’est ce déclic dans la tête de chacun qui est la résurrection. Une résurrection de l’esprit. Ce qui définissait les premiers chrétiens, c’était ce déclic. Cela pouvait réellement être vécu comme l’arrivée dans sa tête de l’Esprit saint. Dieu qui ouvre à la compréhension. Ceci s’inscrit totalement dans les dogmes fondateurs du christianisme.

Une fin qui ne vient pas Le contrecoup de cette compréhension et l’acceptation du fait que “tout est accompli” a amené les premiers chrétiens a penser que le monde était arrivé à son terme puisque le royaume promis n’était pas sur terre. Ils s’attendaient donc, à tout moment, à être enlevé au ciel pour y vivre éternellement. Cette fin n’arrivant pas, le besoin s’est fait sentir de coucher sur le papier les Évangiles et de poser des bases théologiques solides. Ce principe fondateur du déclic de compréhension s’était estompé et lorsque il a fallu placer des mots sur la résurrection, les rédacteurs l’ont dénaturée. (il faut savoir que les premières versions ne comprenaient pas le récit de la résurrection) Jusqu’à ce fameux évangile de Jean qui achève de transformer le miracle de compréhension en un vulgaire miracle physique par un excès d’écriture. La communauté johannique est totalement passé à coté. Tout simplement parce que sa théologie était teintée de mensonges et surtout de gnose. Il est répété “Bariona” trois fois. Traduit par fils de Jonas, ce terme est en réalité un jeu de mot, car il désigne des zélotes dans le Talmud. Ceux qui ont mené la nation juive à sa perte. La secte johannique est bel et bien une secte zélote, une secte s’articulant autour de la famille de Judas de Gamala, prônant la lutte armée. Il y a aussi la présence du nombre 153. 153 est la somme des nombres de 1 à 17 et également la somme des factoriels de 1 à 5. 153 est donc un nombre lié au 17 et au 5, deux nombres liés au zoroastrisme (nombre de gathas et nombre des prières), religions à mystères, à l’occulte (666, fameux nombre lié à la théologie johannique, est la somme des carrés des nombres premiers jusqu’à 17). Cela montre bien que la secte était contrôlée par un ordre occulte insoumis à Dieu. Nous retrouvons le 17 et le 5 dans les prières de l’Islam moderne, dont la secte Daesh est elle aussi contrôlée par une société occulte. (17 articles de la déclaration des droits de l’homme de 1789, etc…)Ne croyez pas que ce contrôle soit récent. L’emprise des sociétés occultes, férues de symbolisme et de mystères, laisse des traces destinées aux initiés. Toutefois, tout initié qu’était celui qui avait pour pseudonyme Jean, il n’était pas éternel. Il mourut donc avant que la prophétie de la destruction du Temple ne “s’accomplisse” (prédit à posteriori). Il fallut donc se justifier de cela auprès de ses disciples à la toute fin de l’évangile gnostique:

21.23 Là-dessus, le bruit courut parmi les frères que ce disciple (le bien-aimé) ne mourrait point. Cependant Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait point; mais: Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe?

Là où on se rend compte que Dieu n’a laissé aucune place au hasard et que l’on peut mesurer toute sa puissance. Cette phrase peut être compris de deux façons. Le “prophète bien-aimé”, qui s’annonce lui-même ainsi au travers de ses écrits, enseigne qu’il doit toujours être suivi par ses disciples comme successeurs du messie malgré qu’il soit mort, et mener la révolution en Judée (révolution qui mènera à la destruction du Temple lorsque l’un des membres de la famille devient chef de Jérusalem). On peut tout aussi bien la comprendre dans le sens où “l’évangéliste Jean” figure parmi les pseudos saints, donc vivant éternellement, jusqu’à que le messie, en le dénonçant comme un imposteur, ne le tue pour l’éternité.

Pour conclure avec les Évangiles, revenons sur:

Mat 28.16 Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. 28.17 Quand ils le virent, ils se prosternèrent devant lui. Mais quelques-uns eurent des doutes.

Lorsque les disciples montent sur la montagne, ils “voient” l’esprit du messie. Ils ont confirmation de ses dires par l’observation visuelle. Il n’y avait pas Google Earth à l’époque.

Dans le Coran Dans la sourate Maryam, deux versets équivalents, 15 et 33, mettent en parallèle les vies et missions de Jean et Jésus.

Verset 19:33, Sourate Maryam (Marie) « Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant ! »

Le verbe ba’atha prend ici le sens de ressusciter, mais il peut aussi signifier élever. Le double sens est essentiel puisque dans la compréhension de cet article, les prophètes et messagers sont élevés à leur juste rang au moment du jugement. Il est suivi de hayya (vivant) uniquement dans ces deux versets de tout le Coran. Ce qui indique que contrairement à tous les autres prophètes qui sont morts physiquement au moment de leur élévation, ces deux-là, Jean et Jésus, sont physiquement vivants au moment du jugement.

Fort de tout ce qui a précédé, vous pouvez donc comprendre que ces versets ne signifient pas une vie physique dans la tombe ou au ciel:

2.154 Et ne dites pas de ceux qui sont tués dans le sentier d’Allah qu’ils sont morts. Au contraire, ils sont vivants, mais vous en êtes inconscients.

Sourate al baqara – 2, verset 154

3.169 Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah, soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus. Sourate 3 : al Imran

Tant que l’Heure n’est pas arrivée, ils ne sont vivants qu’auprès de leur Seigneur car on ne peut présumer de qui a été de son vivant dans le chemin d’Allah ou pas. Puis au moment du jugement, ils sont élevés aux yeux de ceux d’ici-bas.

Paix sur vous.

Complément:

Par l’épée Je vais analyser le passage de l’épée au jardin de Gethsémané au travers des 4 évangiles.

Chez Jean:

18.10 Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l’oreille droite. Ce serviteur s’appelait Malchus. 18.11 Jésus dit à Pierre: Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je pas la coupe que le Père m’a donnée à boire?

Comme nous pouvons le constater, ce passage de l’épée est réduit à sa plus simple expression. Nous ne savons pas pourquoi Simon possède une épée. Les propos tenus peuvent suggérer que le temps de l’épée n’est tout simplement pas encore venu, tout comme le pacifisme. Il n’est donc pas possible de conclure sur la nature de la suite des événements. La théologie johannique offre donc au successeur du messie dans la Révélation toute latitude.

Chez Marc

14.47 Un de ceux qui étaient là, tirant l’épée, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l’oreille. 14.48 Jésus, prenant la parole, leur dit: Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. 14.49 J’étais tous les jours parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas saisi. Mais c’est afin que les Écritures soient accomplies.

Plus de précision ici, puisque la troupe vient chercher un brigand. Bariona, c’est à dire brigand, est le mot utilisé par le Talmud pour désigner les zélotes. Nous voyons bien que Jean se garde bien de montrer que Jésus se désavoue d’être un brigand.

Chez Mathieu

26.51 Et voici, un de ceux qui étaient avec Jésus étendit la main, et tira son épée; il frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l’oreille. 26.52 Alors Jésus lui dit: Remets ton épée à sa place; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. 26.53 Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges? 26.54 Comment donc s’accompliraient les Écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi? 26.55 En ce moment, Jésus dit à la foule: Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. J’étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas saisi. 26.56 Mais tout cela est arrivé afin que les écrits des prophètes fussent accomplis.

Nous ne savons toujours pas pourquoi l’un des disciples a une épée. Mais ici, il n’y a pas d’ambiguïté: la violence est condamnée. Ce n’est pas qu’une question de moment. Être condamné en tant que brigand (zélote), donc par les romains, sert l’accomplissement des écritures.

Chez Luc

22.35 Il leur dit encore: Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose? Ils répondirent: De rien. 22.36 Et il leur dit: Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n’a point d’épée vende son vêtement et achète une épée. 22.37 Car, je vous le dis, il faut que cette parole qui est écrite s’accomplisse en moi: Il a été mis au nombre des malfaiteurs. Et ce qui me concerne est sur le point d’arriver. 22.38 Ils dirent: Seigneur, voici deux épées. Et il leur dit: Cela suffit.

L’ordre de ne rien avoir et de parcourir le pays était spécifique aux disciples dans leur mission de bonne nouvelle. Il ne s’agit pas d’un nouveau commandement pour les croyants. On ne peut pas fonder une société viable sur un tel commandement. En demandant à présent à ses disciples de revenir à une situation matérielle normale et de s’armer d’épée, c’est afin de s’assurer que les romains n’aient aucune peine à le juger coupable de brigandage. Deux épées suffiront comme preuve de condamnation. C’est le verset 22.36, extrait de son contexte, dont se sert Abu Soleiman al Kaabi pour échafauder une théorie d’un retour belliciste du messie dans le cadre de l’eschatologie islamique traditionnelle suivie à la lettre par les cadres dirigeants de Daesh. Nous voyons bien que malgré l’analyse rigoureuse des textes et la pertinence de la compréhension de l’analogie entre les deux Apocalypse, cela n’a pas empêché de passer totalement à coté du cœur du message évangélique. L’intelligence, la compréhension, la connaissance, n’ont donc rien à voir avec la foi. Seul le coeur compte.

22.50 Et l’un d’eux frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l’oreille droite. 22.51 Mais Jésus, prenant la parole, dit: Laissez, arrêtez! Et, ayant touché l’oreille de cet homme, il le guérit. 22.52 Jésus dit ensuite aux principaux sacrificateurs, aux chefs des gardes du temple, et aux anciens, qui étaient venus contre lui: Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons. 22.53 J’étais tous les jours avec vous dans le temple, et vous n’avez pas mis la main sur moi. Mais c’est ici votre heure, et la puissance des ténèbres.

Comme nous l’avons vu, Dieu laisse libre cours à la puissance des ténèbres de s’exprimer à ce moment précis parce que le messie se trouve au jardin de Gethsémané. Il s’agit de confondre la tribu de Juda et d’indiquer le lieu du mensonge: le centre de la ville de Sodome.

Notes:

La quatrième philosophie:

La Quatrième philosophie est le nom que Flavius Josèphe donne au mouvement créé par Judas de Gamala lors du mouvement de révolte juif contre le recensement de Quirinius en 6 de notre ère, lorsque l’ancienne ethnarchie d’Hérode Archélaos est devenue la province de Judée directement administrée par des gouverneurs romains. Il distingue ce mouvement d’idée des trois autres « sectes » qui selon lui composent alors la société juive : les Sadducéens, les Pharisiens et les Esséniens.

Ce qui caractérise la doctrine du groupe de Judas c’est essentiellement la notion de liberté et celle de la royauté absolue et exclusive du Dieu d’Israël, ainsi qu’un sentiment patriotique doublé d’une attente de libération eschatologique par Dieu.

Le mouvement survit à la mort de Judas et se prolonge dans l’action de ses fils et petit-fils, chefs du groupe des Sicaires au moins à partir du déclenchement de la Grande révolte juive (66). Toutefois certains critiques estiment qu’il donne naissance au mouvement Zélotes, ce qui ne fait pas consensus. Le dernier épisode de la révolte juive est la résistance des défenseurs de la forteresse de Massada, dirigés par Éléazar fils de Jaïr, un petit-fils de Judas le Galiléen. Des Sicaires, probablement sans lien avec le groupe créé par Judas, semblent resurgir lors de la révolte de Bar Kokhba (132-135).

L’édifice:
site bibliothèque pour la F.M. nous apprend que les 17 premiers degrés sont ceux de l’initiation. Puis vient la résurrection et le passage au 18ème degré où le maçon passe maître et devient un véritable maçon. Lire le paragraphe 2. Quelques extraits:

La F\M. garde le secret de la « résurrection mystique »(…) Ces 17 degrés préparent l’individu pour le quatrième ou fondamental degré pris par le M\ M qui ne peut le prendre que lorsqu’Il est en possession du véritable mot perdu.

Bien sur l’édifice est un site accessible à tous. Si la connaissance liée au passage des degrés était en libre-accès, la FM perdrait de son aura. Ce que l’on peut retenir, c’est que le 17 pourrait symboliser les formes de spiritualité assujetties à la pensée maçonnique, qui elle, aspire à s’élever plus haut en connaissance. Le principe de laïcité tel qu’il est appliqué dans nos républiques traduit cette hiérarchisation des cultes officiels soumis à la religion démocratique.

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