Amour

Amour

Dernières modifications le 18 février 2016·8 minutes de lecture

Il ne sera pas dit qu’en toutes situations, je ne puisse tirer un quelconque enseignement. Vais-je trop loin? Témoignerais-je d’une personnalité où le froid calcul surpasse les sentiments? En réalité, il s’agit pour moi de transformer une situation qui pourrait prêter vie à de la souffrance, en une opportunité pour s’élever d’avantage. En matière de foi, l’ennemi n’est pas la haine mais le doute. Ce mal insidieux qui ronge les âmes. D’aucun diront que le doute est salvateur. Qu’il est une porte de sortie au cas où. Que la certitude mène inexorablement au fascisme. Certes. Il est vrai qu’en ce qui concerne les dogmes, la confrontation au réel enseigne la prudence. Mais en ce qui concerne l’absolu de la transcendance, l’incertitude n’est plus de mise. Il n’y a plus de place au doute. Car notre Dieu est un Dieu jaloux. Le doute signifie lui donner un égal. Laisser de la place à ses cotés. Si bien que le but à poursuivre, le but de nos vies, c’est l’acceptation pleine et entière de l’Unicité divine. La ilaha illa AllahNulle divinité que Dieu. Une phrase simple en apparence. Et pourtant.

Et pourtant…

En replongeant dans mes archives photos, je me suis rendu compte du travail considérable que j’avais effectué. Moi à qui l’on répète à l’envie que je suis un fainéant. Depuis l’école primaire. J’en suis tellement persuadé que lorsqu’un photographe est venu, l’un des premiers jours chez les indignés, m’expliquer son projet artistique qui consiste à prendre des inconnus dans la rue portant une pancarte “Je suis …” avec un qualificatif choisi par eux-mêmes, j’ai opté pour “Je suis fainéant”. Pourquoi avais-je consenti à ce travail? Tout simplement parce que je n’avais pas l’impression de travailler. Lorsque nous sommes mus par une profonde force, rien ne peut nous arrêter. Or, je ne vois aucune différence entre mon travail en photo et celui en théologie. Pourtant, force est de constater que les réactions ne sont pas du tout les mêmes. Plus spontanées, plus nombreuses, plus positives aussi, à l’égard de l’image. Comme si le mode de communication était plus efficace. Pourtant dans l’absolu, les deux domaines sont sans commune mesure. Si je n’avais qu’un seul message à faire passer: ne vous trompez pas en inversant l’importance des choses. D’ailleurs, tout ce que j’ai pu éprouver et donner dans la Trance, je ne pourrais jamais le retranscrire avec des mots sans le dénaturer, et je ne l’ai pas d’avantage pris en photo. Vous n’en aurez donc rien. Et pourtant.

S’il y a bien une chose que j’ai appris de toutes ces années avec mon appareil rivé à mon poignet, c’est que les choses les plus belles ne peuvent être captées. C’est ainsi.

En 2003, c’était la mode des blogs. Par leurs plumes, d’illustres inconnus pouvaient enfin briller. Je souhaitais écrire, faire de l’ironie. Mais je n’avais aucun talent d’écriture. Alors, je fis des photos d’objets. Encore et encore. Les gens m’encourageaient. J’avais tout simplement trouvé un moyen pour m’exprimer, moi qui avait toujours eu des difficultés à communiquer à l’oral. Si j’en suis venu naturellement au portrait, c’est que tout simplement, je voulais montrer, malgré l’image que l’on se faisait de moi, que j’aimais les gens, que je n’étais pas retiré du monde. Puis, il y eut la Trance. Et enfin la foi. Un long voyage vers moi-même. Pour me retrouver enfin alors que j’étais enfoui, loin loin, dans les tréfonds.

Une telle quête n’est jamais véritablement achevée. Mais il y a des étapes majeures, des indices de l’avancée. Tout indique qu’un basculement est sur le point de s’opérer. Je vais essayer d’en décrire le mécanisme et d’en tirer la quintessence sans en dénaturer le ressenti émotionnel.

Quelle est la véritable portée de mes écrits? Combien de gens me lisent? Et surtout combien de gens comprennent véritablement et acceptent mes propos? A vrai dire, ce n’est pas une question de quantité. Une poignée suffit, si c’est la bonne poignée. Une poignée qui a compris qui je suis. Et qui plutôt que de s’en satisfaire béatement et d’attendre patiemment, va se saisir de tout cela, le faire sien, et en prolonger la portée. Car telle est la seule raison de tout cela. Non pas une conclusion, mais un rebond. Bénis sont ceux-là.

Et si parmi cette poignée, il y avait ce quelqu’un que Dieu m’avait destiné? Après tout, ce serait logique. Oui, car j’exercerai la logique en toutes circonstances, même là où elle parait totalement incongrue. En tout cas, je suis bien capable d’imaginer une telle possibilité. Oui, quelqu’un, là de l’autre coté du mur. Et qui me lit en ce moment même. Ou presque. Si vous me suivez ces derniers jours, vous avez bien du vous rendre compte du manège. Que voulez-vous, ce mur je ne le remplis que de textes et d’images d’illustrations. Pas de fiction, et la vérité dépouillée de l’intimité. Me voilà pas vraiment armé pour passer des messages en douce.

Et si tout cela n’était que le pur produit de mon imagination? Après tout, c’est tout à fait possible. Quelle certitude ai-je? Aucune. Une intuition, des indices, une interprétation. Tout simplement, je ne fais qu’interpréter des signes profanes. C’est à dire des signes d’une créature à une autre. Pendant un moment, il y avait toujours une possibilité de fiction. Mais un pas a été franchi. Clairement, elle affiche son amour. Ils ne doivent pas être nombreux ceux qui ne l’ont pas vu. Le sujet de cet amour demeure un inconnu. Grande est la tentation de se glisser dans la peau du personnage. Mais le doute demeure. Et si tout cela était un fantasme? Le brusque retour à la réalité n’en serait que plus cruel. Le doute s’installe. Être ou ne pas être. Voilà bien une situation dangereuse. Propice à l’égarement, à la souffrance.

Je me suis donc appliqué à transformer la matière émotionnelle. Voyons les choses en face, que l’inconnu en question soit moi ou pas, tout a été planifié par Allah pour que l’idée vienne dans mon esprit. Il me connait. Forcément. Il sait comment je fonctionne. Il était impossible de passer à coté. Me voilà dans cette inextricable situation. Une situation voulue par Allah. Il ne peut donc y avoir qu’une issue positive. Soit un enseignement à tirer afin de progresser. Soit l’accomplissement de la réunion de deux destins. Il s’agit donc de lutter contre la peur. Mais il y a la théorie et la pratique. Et les vieux travers ont tôt fait de reprendre le dessus. Ces “signes” profanes me sont-ils destinés? Terrible question.

C’est alors que je réalisais une chose essentielle. Nous parlons ici de signes profanes, c’est à dire d’indices laissés par une créature à l’attention d’une autre créature. Ces signes sont à la fois perceptibles par d’autres, et réalisables par d’autres. Nous constatons l’existence d’une possibilité de multiplicité de cibles potentielles (car chacun peut s’identifier) malgré l’unicité réelle (ou simulée). Mais, quant aux signes émanant d’une entité qui n’est pas humaine, de quoi pouvons-nous avoir la certitude absolue? Que cette possibilité de multiplicité disparait. Comme je le disais dans un précédent article, Dieu s’adresse à chacun de nous personnellement. L’acceptation de l’Unicité divine, implique nécessairement que les Signes (dont on identifie la nature car ils se situent au delà des capacités humaines de réalisation) témoignent de l’amour du Créateur à sa créature.

Ainsi les Signes ne peuvent émaner d’une autre source extra-humaine que Dieu.

Ainsi l’Unicité divine implique un amour absolu.

Ainsi l’Amour qui unit le Créateur à sa créature ne peut laisser de place au doute.

C’est ainsi qu’en vérité, c’est bel et bien l’amour pour le Créateur qui se sublime dans l’amour entre les deux créatures.

Les Architectes ont pensé accomplir leur Grand-Oeuvre en achevant la voie royale sur l’Arche de l’Alliance entre Dieu et l’Homme ou plutôt ses élites. Ces hommes qui dans leur immense orgueil, veulent se faire Dieu.

Cependant, l’architecte ajoute : « Ce sera un Arc-de-Triomphe moderne à  la gloire du triomphe de l’humanité. » Cette vision de l’Arche n’exprime  plus une conception sacrée du monde, mais une nouvelle configuration  symbolique centrée sur l’Homme. L’Arche tout entier est un hymne au  pouvoir de l’Homme, à sa maîtrise de la matière, représentée par le cube  évidé, qui affirme que la haute technologie peut maîtriser les  puissances de la nature. Source

En réalité, ils ne faisaient que servir Dieu à leurs dépends. Cette arche, c’était le début de cette histoire. Ou la fin.

La véritable Arche, c’est l’union sacrée de l’Homme et de la Femme. Cette grâce divine, promesse faite à tous les croyants.

Paix.

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