Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le…

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le…

Dernières modifications le 3 mars 2016·19 minutes de lecture

On avait insisté pour que j’y aille. Un concert inratable avec parmi les meilleurs musiciens de jazz de Paris. L’hommage à Horace Silver à l’Archipel. J’étais malade, j’avais de la fièvre et il pleuvait des cordes. Je n’avais aucune envie d’y aller. Et pourtant, je me suis forcé et j’ai traversé Paris en moto. Je suis arrivé trempé de la tête aux pieds. Bien évidement, je n’avais pas de billet et aucunement l’intention d’en acheter un. L’homme à l’entrée appelle le maitre des lieux pour lui demander son avis et juger si je peux entrer ou non. Le patron arrive et tente de jauger mon professionnalisme. Je réagis très mal en expliquant que je n’avais pas envie de venir et que j’étais malade, et que, et que… L’homme fut tellement surpris par mon attitude qu’il me laissa entrer sans plus de question. Une fois à l’intérieur, je découvrais un très bon concert et surtout je prenais des photos parmi les meilleures que j’ai pu prendre de ma carrière. Je compris alors, ce jour là, que l’on ne réussit jamais mieux que lorsque l’on a pas l’envie du tout.

Pour être franc, les gens parfaits m’insupportent. Les “Monsieur Propre”. Je n’aime pas les modèles à suivre. En religion, les modèles à suivre sont en premier lieu les prophètes. Dans le Coran, tous les prophètes sont parfaits, des modèles de droiture, des exemples à suivre absolus. Le Livre ne tarit pas d’éloges à leur sujet. Ils semblent n’avoir aucun défaut. Tout croyant doit alors se sentir humble vis-à-vis d’eux et comprendre pourquoi ceux-là étaient les hommes les plus proches de Dieu. Je les admire. Je les respecte. Parfois j’essaie d’imaginer leurs vies et ce qu’ils ont enduré.

Mais comme je viens de le dire, je n’ai pas du tout envie de leur ressembler. Oui, c’est ainsi. Certains vont hurler à la mécréance ou à que sais-je encore. Hurlez-donc. Moi, je vous dis que devenir parfait, cela ne m’intéresse pas. La perfection me fait peur. Et il me semble que tous ceux qui ont jalonné l’histoire en aspirant à devenir les meilleurs et à oeuvrer pour le bien de l’humanité, n’ont engendré que des catastrophes. Il n’y a rien de pire que quelqu’un qui pense oeuvrer pour le bien des autres, car il n’y a absolument rien qui puisse le faire douter du bien fondé de son action.

J’ai rencontré tout un tas de monde dans ma vie. Et un sacré paquet était tout cabossé. Peu affirmait vouloir changer le monde. Et heureusement. Pourtant, Dieu sait si il y avait de la vie dans ces gens-là. Et comme la beauté vient se nicher dans les cicatrices. La piété? Ils laissent cela à d’autres. Quand je voyais les assemblés de chrétiens avec le visage lisse et de grands yeux écarquillés toujours avec un mot gentil, au mieux je m’enfuyais, au pire, je prononçais une phrase assommante pour les réduire au silence. Je n’ai jamais douté du groupe auquel j’appartenais vraiment. Au fond. Celui des déglingués.

Voilà maintenant presque 4 ans que je chemine dans l’Islam. Comme un étranger, comme un voyageur. Je suis là sans être là. J’ai bien souvent l’impression de faire de la présence et de simuler les actes d’adoration pour mieux me faire accepter par la communauté musulmane. Je croise des gens doux et gentils qui ne veulent que mon bien. Je leur répond avec rudesse et sans courtoisie. Ils ne comprennent pas bien. Normal, ils n’ont pas l’habitude. Il parait même que j’ai une certaine lumière dans le visage. C’est dire si je suis bon comédien. A ceux qui me prêtent une oreille, j’explique que je suis rentré dans l’Islam afin de le détruire de l’intérieur. C’est tellement gros qu’on ne peut qu’imaginer que je plaisante. Pourtant non, je ne plaisante pas. Et cette page Facebook peut en attester. Dites-moi si il en reste à détruire un bout que je m’en occupe!

Mais trêve de bavardage. Alors si bien sûr je peux me glisser avec aisance dans la peau du musulman aux yeux des gens, il n’en va évidemment pas de même pour moi. Et encore moins pour Dieu. Si je n’ai pas une grande opinion de moi-même, Lui me connait encore mieux. C’est dire si la partie semble serrée. Gagner le Paradis par mes actes? Oubliez tout de suite. La recherche continuelle des jeunes surérogatoires, des prières nocturnes, de tous les actes préconisés par la Sunnah, je laisse cela à d’autres. Qu’est-ce donc que tout cela en comparaison de ce que j’écris ici? Pas grand chose. Le moindre de mes articles, s’il m’était inspiré par le Shaytan, me vaudrait 100 fois l’enfer au bas mot. Ce n’est pas avec des pratiques simples au quotidien que je pourrais contrebalancer cela. Évidemment, ces articles ne m’appartiennent pas. Vous imaginez bien que dans ma position, je ne risque pas de me dire que je suis inspiré par le Shaytan mais bien par Allah. Personne ne se dit qu’il est égaré. Cela n’a aucun sens. En clair, c’est tout ou rien. Je suis parti dans une direction et je ne m’arrête pas. Du doute? Mon Dieu, mais tous ceux qui me jettent à la figure que mon égo m’entraine et que j’avance des choses abracadabrantes sans aucun fondement, se rendent-ils vraiment compte de ce qu’ils disent? Bien sur que je doute. Tout le temps. Faudrait-il que je sois devenu complètement fou pour avancer ainsi et étant persuadé de détenir la Vérité? De mon vivant ici-bas, jamais je n’aurais la certitude absolue que ce que je fais est bien. Tout est une question de foi. Et pour mon plus grand malheur, si je réussis à faire abstraction du regard des autres, je me retrouve face à moi-même. Et ce que je vois n’est pas reluisant. Je me connais bien. Je sais que je suis capable du pire. De faire des choses que jamais au grand jamais je ne raconterai à qui que ce soit. Mon Dieu, qu’est-ce que j’ai pu faire comme mal. Si bien que de tous ceux qui ont croisé ma route, celui dont j’ai le plus peur, c’est de moi-même.

Si j’en suis arrivé à la conclusion que mon rapport à la femme était ma plus grande épreuve, c’est bien parce que je connais le bonhomme. Capable du pire comme du meilleur. Celles qui ont traversé ma vie ont gardé des traces indélébiles. J’ai horreur de la demi-mesure. L’habitude, la routine, ce n’est pas pour moi. Ça monte et ça descend en permanence. C’est ainsi et ça a toujours été. Ça fait parti du contrat.

Si vous me suivez, vous savez quelle est l’origine de tout cela. Je ne vais pas remuer le fond encore une fois. Et puis, on pourrait penser que je sombre dans le misérabilisme. Alors toi, comme mot, je t’aime pas du tout. Pourtant, je dois passer mon temps à ça, faire du misérabilisme. Même plus besoin de parler, tout se lit dans mes yeux. Il faut se rappeler, au passage, que le dialogue n’est pas quelque chose de naturel chez moi. Parfois, ça bloque, ça bug. Si bien qu’écrire tout seul sur un ordi me va très bien. Je me sers de vous comme d’un psy? Peut-être bien. Peut-être pas. Peut-être qu’en réalité, le psy, c’est moi. Parce que quand on est assigné à guérir l’âme humaine, rien ne vaut d’en avoir visité les tréfonds.

Dieu dans tout ça? Il avait un plan pour moi. Moi, à la base, c’était purement égoïste, j’en avais marre de voir le monde comme ça. Mais je n’ai jamais eu de grandes motivations pour me lancer dans des choses que je savais pertinemment que je ne finirai jamais. Dans ces cas là, que fait Dieu? Il met une femme sur ma route. Une seule suffit. A un moment clef, à l’endroit clef. Une simple carotte. Et ça ne marche d’autant mieux que je cours derrière sans jamais l’avoir. Je ne vais pas faire une liste, mais au travers de mes articles, à chaque fois que je m’engage dans une voie où je vais grandir en spiritualité, il y a une femme au point de départ. Je suis bon client. Je marche à chaque fois.

Le revers de la médaille, c’est que si jamais je me met en couple avec une femme, dans un premier temps, je mets tout de coté. Tout. Ça m’a valu bien des déboires d’ailleurs. Si bien que, depuis maintenant 4 ans que je travaille sur la Révélation, il me fallait être seul. Rien de bien extraordinaire somme toute. Chacun peut aisément le comprendre. Et comprendre ainsi que je n’ai rien d’un modèle. Que je n’aspire pas à en devenir un.

Mais quand on travaille pour Dieu, malgré ses ruses pour parvenir à ses fins, on ne peut pas tout se permettre. Parisien, bobo, accro au net et célibataire. Inutile de vous faire un dessin. Imaginez le carnage. Il a fallu prendre une mesure radicale. Dieu non plus ne fait pas les choses à moitié. Le temps est venu de dévoiler un secret que j’ai bien gardé jusqu’ici et pour cause. Mais ce secret me brûle. Je sais qu’il faut que cela sorte. Je n’ai pas peur, je sais que ce texte est assez long pour que seul ceux qui me lisent réellement et sincèrement, accèdent à ce secret.

La dernière femme avec qui j’ai partagé ma vie s’appelle Magda. Oui. Magda, comme Marie de Magdala. Une relation à la mesure de mon tempérament. Je m’interdis de parler des choses de l’intime. Aussi, je n’en dirai pas plus. Mais ce prénom Magda nous a troublé tous les deux profondément. Et puis, il s’est passé bien trop de choses. Des Signes. Parfois la haine et l’amour se sont mélangés avec violence. J’ai rencontré Magda en 2011. Et puis nous sommes séparés en octobre. Quelques jours à peine avant que je découvre les indignés. Il est clair que dans le confort d’un appartement bourgeois de l’ouest parisien, aucune aventure n’aurait pu démarrer. Puis j’ai repris contact avec elle en Janvier 2012. Exactement la veille de mes histoires de Blob. C’est à dire au tout début. Ce fut rude. Très rude. Comment aurait-il pu en être autrement? Deux âmes déchirées en lutte avec elles-mêmes face à un Dieu omniprésent.

Quelques temps avant de la quitter en 2011, nous avons fait l’amour. Et il y a eu un accident. Elle a eu un mouvement malheureux. Il y a eu un petit bruit sourd et sec. Je n’ai pas senti la douleur tout de suite. Je l’ai laissé finir. La douleur est venu ensuite. Mon sexe était comme cassé. J’avais déjà entendu parler de cela. Parfois c’était irréparable. Quoi de plus horrible pour un homme? Peut-être, est-ce pour cela que j’ai pris la fuite? Toujours est-il que la douleur a persisté. En réalité, la douleur ne venait que lorsque je cherchais à prendre du plaisir. Si bien que je me retrouvais dans cette situation atroce où mes pulsions n’avaient comme autre perspective qu’une douleur intense. Comme carotte, il y a mieux.

Les mois ont passés, et si la douleur était moins intense, il n’en demeurait pas moins que l’objet du délit semblait comme fracturé en deux. On aurait dit qu’il y avait une espèce de boule à l’intérieur qui bouchait la circulation du sang. Je m’imaginais passer le reste de ma vie ainsi. Il faut se rappeler qu’à ce moment là, je n’étais pas croyant. Je n’avais rien à quoi me raccrocher. Que le vide. Et personne à qui me confier. Surtout sur ce sujet là. Et puis, j’ai remarqué que la boule avait bougé. La fracture n’était pas à la même place. L’espoir revint. Il me fallait attendre. Attendre que la boule se déplace jusqu’au bout. Cela a pris des mois. De longs mois durant l’année 2012. Tandis que ma vie devenait exaltante. Qui aurait pu se douter?

Et puis un jour, j’ai du me rendre à l’évidence. Cet infirmité était la volonté de Dieu. Je commençais à comprendre. Nous étions alors en Février 2012. Nous étions parti en vacances dans le sud, Magda et moi. Passage sur les traces de son enfance à elle. Port de Bouc. Un coin de Méditerranée industriel. Du béton et de la mélancolie.

Nous voilà sur une plage. Pas vraiment le genre de plage où l'on prend  des photos. Par terre, je remarque un morceau de ferraille découpé en  forme de E. Puis un autre et encore un autre. Je finis par suivre une  espèce de piste. J'ai comme une intuition que cette piste va me mener  quelque part. Il faut dire qu'à cette  époque, Allah était très intrusif dans mes faits et gestes. Il  m'arrivait d'être parfois comme téléguidé. J'ai beaucoup plus de  libre-arbitre à présent. Mais aussi beaucoup plus de sagesse. Les E  s'arrêtent. Je me pose devant le dernier et je lève la tête. Voilà ce  que je vois. Je n'ai absolument pas bougé. Et je dis:   "Ok, j'ai compris."  Depuis maintenant 3 ans il n'y avait qu'un simple titre à cette photo.  J'ai pensé que je devais expliquer les conditions de sa prise de vue.  Surtout faire comprendre que ce n'était pas vraiment moi qui avait pris  cette photo. Je ne faisais que porter l'appareil et appuyer sur le  bouton. Je réalise aujourd'hui qu'au moment où j'ai pris cette  photo, je ne l'avais pas vraiment comprise. J'avais bien compris le  cadrage et les éléments, la perspective. Mais pas le fond. Je n'avais  pas le recul.Majda (Magda) a appelé cette image "Route du Calvaire, direction Golgotha."




  A ce moment là, j'ai pensé qu'elle faisait référence au passé. En réalité, il s'agissait d'un futur. En effet, j'étais bel et bien au tout début de la route.  Mais ça, je ne l'avais pas compris.

Route du Calvaire, direction Golgotha.

Puis direction chez Thomas, dans la campagne de Montpellier. Mes lectures sur le sujet de Marie de Magdala m’avaient mené jusqu’au midi de la France où les Maries des Évangiles auraient accosté après avoir traversé la Méditerranée selon la légende. Sur la route, je décidais donc de passer rendre une visite aux Saintes Maries de la mer. Nous quittons la route et nous enfonçons en Camargue. Nous arrivons dans le village, direction l’église. Nous ne savons pas trop ce que nous sommes venu chercher dans cet endroit. La présence de magasins de souvenirs près de l’église montre la popularité du lieu, qui est un lieu de pèlerinage pour la communauté des gens du voyage. En entrant dans la nef nos pas nous mènent naturellement vers la crypte. Quelques marches et nous entrons dans le véritable cœur de l’église. Face à nous un autel éclairé par de nombreuses bougies. Plusieurs saints sont représentés. Sur la droite, Sara la noire, la servante des Maries. Elle est le sujet de la procession jusque dans la mer des gitans. Il règne une ambiance lourde. Les quelques gens ressortent et je me retrouve seul. Je préfère cela car j’ai une sorte d’intuition et je préfère qu’il n’y ait pas de témoin. Je me place alors au milieu et je baisse la tête pour recevoir. A ce moment là un flot d’énergie me submerge. J’entends des cris de douleurs, je ressens une souffrance immense. Cela dure un long moment. J’ai du mal à résister mais je tiens bon. Je comprends ce que je suis venu faire. Pas pour trouver des réponses mais pour recevoir la douleur de ces gens. Cela s’arrête enfin. Je suis bouleversé. Je remonte les marches. Magda est assise sur le banc. Je m’écroule à ses cotés. Je parviens au bout de quelques minutes à mettre des mots sur ce que j’ai ressenti. Elle m’explique qu’elle a senti ces choses aussi mais qu’elle a préféré ressortir avant de se laisser submerger. Nous reprenons la route vers Montpellier dans un état second. Nous arrivons chez Thomas incapables de raconter ce que nous venons de vivre.

J’étais en colère contre le Créateur. Pour ce qu’il m’avait fait. Nous étions au mas, dans le jardin. Je me suis levé et j’ai hurlé comme jamais je n’ai hurlé, en me fichant des gens dans les maison autour, de désespoir contre le ciel: “Pourquoi tu m’as fait ça? Pourquoi? C’est dégueulasse!” A ce moment là, dans le silence de la campagne environnante, des tirs de canon se sont fait entendre. A ma colère, Dieu répondait par la sienne. Écrasante. J’ai compris que je n’aurai jamais, jamais le dernier mot et qu’Il faisait ce qu’Il voulait.

Un jour la boule est arrivé au bout. La douleur a cessé progressivement. Mais le traumatisme demeurait. Je savais que je devais me tenir à carreau dorénavant. Il y a des sujets avec lesquelles Dieu ne plaisante pas.

J’ai rechuté. Je sais, je suis stupide. Il m’a tout donné. Un enfant pourri gâté qui ne fait que des…

Que voulez-vous, je suis un déglinguo.

Il talonnera
Si la trance permet de repousser ses limites physiques, il faut aussi être en excellente forme. Le moindre mal, dans un temps aussi réduit et intense qu’un festival, peut prendre d’énormes proportions. En hiver, à Montpellier, j’étais allé à une petite soirée Trance où il n’y avait qu’un seul groupe qui assurait vraiment. J’avais donc passé ma nuit à attendre en m’ennuyant. Lorsque le bon son a commencé, j’ai attaqué le dance floor direct. A froid, je me suis claqué une cheville. Ca ne pardonne pas. Et la cheville, c’est essentiel en danse. En temps normal, ce n’était pas dérangeant, par contre, à chaque fois que je dansais, ma cheville me faisait mal au bout d’un moment. Le Boom 2008 est arrivé, plusieurs mois plus tard. En plein milieu du Boom, c’est le drame: impossible de continuer à sautiller. J’étais désespéré. Il faut savoir que le Boom ne revient que tous les deux ans. Le passer à regarder les autres me paraissait impossible. Je me suis mis dans un coin et j’ai attendu. La douleur s’est calmé et j’ai pu reprendre le cours du festival. Trois ans plus tard, 2011, nous sommes à Ozora. Cette fois, il y a une dimension mystique. Les soldats de Tsahal. Moïse et ses théories complotistes. Me voilà préparé, malgré moi, à basculer dans une nouvelle période. Il manque juste un élément déclencheur. L’été s’achève et je rentre chez moi. Il fait nuit. Pour une raison obscure, le code de la résidence a changé et je ne le connais pas. Je fais le tour car je sais qu’il y a une porte plus petite sur le coté. Je l’escalade avec mon sac sur le dos. Il ne reste plus qu’à se laisser tomber de l’autre coté et enfin je pourrais me reposer. Mais dans le noir, je n’ai pas vu les marches. Mon talon se pose sur le bord de la marche tandis que le reste de mon pied bascule vers l’avant dans la réception du saut, entrainé par mon poids et celui de mon sac. La douleur est terrible. Je réalise très vite que je vais devoir arrêter de danser pendant un très long moment. Je suis consterné. Heureusement, je peux toujours marcher. Et dans quelques temps, je vais beaucoup, beaucoup, marcher…
Lorsque je débute la salat en Avril 2012, ma cheville me fait encore souffrir et je ne peux pas m’asseoir dessus. Je suis obligé de décaler mon pied vers l’extérieur. C’est donc avec surprise que je constate qu’il s’agit d’une pratique “sunnah”. 4 ans plus tard, j’ai toujours un peu mal, mais seulement quand je m’appuie dessus lorsque je suis en tailleur. Dans la salat, je m’assoie droit.

Enseignements
Suite aux diverses réactions, je tiens néanmoins à préciser certaines choses. Tout d’abord, cessez de vous tourmenter pour moi, je n’ai plus de problème sexuel. Et ce n’est certainement pas pour compenser un manque que j’ai trouvé refuge dans la religion. Ce n’est pas la peine d’accuser Magda de quoi que ce soit. Ni mon syndic. Tout a été planifié par Allah dans les moindres détails, et tout ce scénario est un tout cohérent avec le reste. Pour comprendre, il faut donc avoir une vue d’ensemble et ne pas tenter d’analyser chaque morceau indépendamment du reste. A ce sujet, dans un post récent, j’évoquais le fait qu’Allah nous aide au travers des troubles physiques (maladies, douleurs, accidents) pour comprendre ce qui se passe au plan spirituel (désordres, crises, changements). Il est donc important de ne pas dissocier la cheville, du sexe. Même si pour beaucoup d’entre vous, un problème sexuel peut sembler bien plus important qu’une cheville, c’est tout simplement parce que vous ne réalisez pas la place qu’avait pris la Trance dans ma vie. La danse est l’accomplissement de la spiritualité immanente, tandis que la relation sexuelle est l’accomplissement de la spiritualité transcendante. Ces deux traumatismes quasi-simultanés à l’automne 2011, préfiguraient les deux bascules spirituelles qui allaient s’opérer durant l’hiver.

La dolce vita
Je me souviens du mois de Janvier 2012. Je venais de reprendre contact avec Magda. Mais je ne l’avais toujours pas revue. A cette époque là, les indignés trainaient dans des squatts à la Défense. Après s’être retrouvé sur le Parvis, nous avons emprunté la passerelle derrière l’Arche. Un camp de fortune avait été aménagé sous la passerelle. On y fêtait le retour de quelques indignés qui revenait du Vatican. (ils y avaient eu quelques ennuis avec la police) La rumeur commençait à se propager à mon sujet. Ils se posaient des questions. Je pense sincèrement que certains avaient réellement envie d’y croire alors que pour la grande majorité ils étaient initialement de profonds athées. C’est à ce moment là que l’on me présenta Aoun (l’aide). C’est le premier véritable croyant et pratiquant que je rencontrais chez les indignés. Il avait le regard lumineux et charmeur. Il se mit à dire des choses. J’ai fermé les yeux et en un instant j’ai eu l’impression de m’élever au ciel. A peine les yeux rouverts et voilà que Bilal, de retour du Vatican, me tend deux souvenirs qu’il avait ramené de son séjour. Aoun me dit alors: ”Tu ne pourras plus marcher pendant une semaine.
Je regarde alors dans ma main. Il y a la tour de Pise (Magda signifie en terme matériel, une haute tour) et un Pinocchio(l’enfant créé dans le bois connu pour ses mensonges). Mon téléphone sonne à ce moment là. Je viens de recevoir un texto. Magda a réfléchi et a décidé de laisser passer un peu de temps avant de nous revoir. Quelques jours vont donc s’écouler avant que Pinocchio puisse marcher jusqu’à la tour.

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