La fille de D.ieu

La fille de D.ieu

Dernières modifications le 3 mai 2016·8 minutes de lecture

Dieu est écrit tel que les rabbins le préconisent, suivant la déformation de l’interprétation du commandement: “Tu ne prononceras pas le nom de ton Dieu en vain.”

Les religions du Livre partage cette même vision de la femme. Ces religions sont faites par et pour des hommes. La Femme n’existe que par devers son mari. Aller à l’encontre de cela, c’est remettre en question les fondements même de la religion. C’est renier ses ancêtres. Pourtant, dans les faits, et parce que Dieu est infiniment puissant et bien au delà de toute la bassesse de l’être humain, Il a mis son emprise sur le couple croyant, de sorte qu’en dépit de l’image donnée à l’extérieur, c’est bien la femme qui contrôle le couple. Et cela a toujours été ainsi depuis que le monde est monde. L’homme, sorti de ses prières et de ses grands principes théologiques, toujours prêt à dégainer des enseignements à qui veut les entendre, se verra toujours terrassé par la puissance maternelle qui s’étend sur le monde. Et ce n’est certainement pas les couples athées qui vont contrebalancer ce phénomène. La femme est tout autant objet en apparence, seul l’emballage change.

Nous avons vu dans un article précédent, malgré ce que les savants de l’Islam ont pu en faire, que Dieu dans la sourate 33 expose clairement que les fondements de la société sont les femmes. Toutefois, dans le Judaïsme moderne, qui s’autoproclame comme origine des religions, il existe une particularité: la transmission de la judéité par la mère. Dans cette perspective, être enfant de Dieu, serait conditionné par l’hérédité matrilinéaire. Si l’on fait abstraction du caractère blasphématoire que constitue ce caractère héréditaire, on pourrait être surpris du choix porté par les rabbins sur les femmes. Car, traduit dans la pratique, cela reviendrait à concéder ses filles aux mécréants et à déposséder l’homme de son piédestal. Nous savons qu’il n’en est évidemment rien. Tout mariage mixte est sévèrement réprouvé quel qu’il soit. Pour savoir d’où provient cette interprétation, demandons donc au Rav Ron Chaya. Son explication est surement celle qui est adoptée par l’immense majorité des rabbins:

La source dans la Torah est La source dans la Torah est Dévarim, chapitre 7, versets 3 et 4, Rachi* sur place qui ramène les paroles du Talmud traité Kiddouchin page 68 b, le verset dit :   page 68 b, le verset dit : «tu ne te marieras pas avec eux (les non juifs) ta fille tu ne donneras pas à son fils et sa fille tu ne prendras pas pour ton fils car il fera dévier ton fils de Moi».
Qui est ce «il» qui fera dévier ton fils ? La seule explication possible est la suivante le fils dont on parle ici c'est ton petit fils (dans la Torah  les petits fils sont considérés comme des fils) et ce «il» qui le  fera dévier c'est le mari non juif de ta fille or le verset dit bien que  le gendre non juif fera dévier ton petit fils mais n'est pas marqué que  la femme non juive de ton fils fera dévier ton petit fils, pourquoi?  Car ce petit fils qui est le fils de la femme non juive n'est pas considérée comme ta descendance.
Par contre le fils de ta fille est juif à par entière et c'est pour cela que la Torah  averti de ne pas donner ta fille à un non juif car celui-ci ferait  dévier TON fils c'est-à-dire ton petit fils qui est considéré comme ta  descendance.
**Rachi sur le verset 4 : Car il détournera ton fils  de derrière moi Le fils du païen, quand il aura épousé ta fille,  détournera de moi ton fils, celui qu’elle aura enfanté (Yebamot 23a).    Cela nous apprend que le fils de ta fille issu d’un païen est appelé  « ton » fils, tandis que le que le fils de ton fils issu d’une païenne  n’est pas appelé « ton » fils, mais celui de cette païenne.   Car le  texte ne dit pas, à propos de sa fille : « tu ne prendras pas, car  “elle” détournera ton fils de derrière moi », mais : « car “il”  détournera ton fils… »

Première chose, le contexte. Comme pour toute interprétation alambiquée, les savants d’une religion, ont la fâcheuse tendance de gommer le contexte afin de servir leur propos. Et le contexte le voici:

  • Deutéronome 7.1 Lorsque l’Éternel, ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays où tu te rends pour le conquérir; quand il aura écarté de devant toi ces nombreuses peuplades, le Héthéen, le Ghirgachéen, l’Amorréen, le Cananéen, le Phérézéen, le Hévéen et le Jébuséen, sept peuplades plus nombreuses et plus puissantes que toi; 2 quand l’Éternel, ton Dieu, te les aura livrés et que tu les auras vaincus, tu les frapperas d’anathème. Point de pacte avec eux, point de merci pour eux!

Nous réalisons alors que cet ordre que Dieu donne, concerne les peuples présent en terre promise avant l’arrivée des hébreux. Il n’est pas fait mention des autres peuples, ni de la situation d’exil. Et effectivement, cela fait sens dans la perspective où le Livre était sous la responsabilité d’un peuple. Sa transmission devait être assurée avant toute chose. Dés lors que le Livre s’est accompli au travers de l’Évangile et que le monothéisme s’est ouvert au monde, ce besoin d’endogamie ne se fait plus ressentir. Bien sur, tout suiveur de la Torah qui ne reconnait pas la première venue du Messie est “coincé” dans cette perspective, et bien qu’en exil, aspire à refonder/revenir en terre promise.

Ceci étant dit, intéressons-nous à l’explication autour du verset en lui-même. Nous constatons ce bout de verset curieux qui, à lui tout seul, engendre l’interprétation: “Ceci étant dit, intéressons-nous à l’explication autour du verset en lui-même. Nous constatons ce bout de verset curieux qui, à lui tout seul, engendre l’interprétation: “car il fera dévier ton fils de Moi” Nous avons là, une double utilisation du masculin. Il n’est pas question de mariage pour tous, bien évidemment. Les rabbins supposent alors que le fils en question est le petit fils. Les langues sémitiques sont propices à ce genre d’interprétation. (voir controverse au sujet des cousins/frères du Messie, etc…) Ils en arrivent donc à la conclusion que le gendre “goy” ferait dévier son propre fils de la voie droite, donc le petit-fils du suiveur de la Torah à qui Dieu s’adresse ici. Ce qui revient à dire que la femme juive est bien incapable de transmettre convenablement la Torah à son propre fils et que son mari imposerait ses croyances. Bien sur, ce n’est pas dit ici, mais c’est lourdement sous-entendu par l’explication fournie. D’ailleurs, j’en veux pour preuve que l’on retrouve une exacte copie de cette idée dans l’Islam moderne, où l’on fait dire aux textes sur ce sujet que la femme musulmane ne peut prendre un mari non-musulman au contraire de l’homme qui fait ce qu’il veut. Étant donné la conclusion des rabbins, il n’y a au final aucune différence de statut réel de la femme. Seule l’apparence des traditions entretient l’illusion d’une divergence (matrilinéarité/patrilinéarité).

En considérant que la forme de ce bout de verset ne fait qu’obéir à des règles grammaticales qui favorise l’emploi du masculin, nous pouvons arriver à une autre conclusion, beaucoup plus naturelle celle-là. Le masculin servirait à englober les deux genres. Ainsi le “il” serait tout simplement le conjoint païen, et le “ton fils” serait le fils ou la fille du père à qui Dieu s’adresse. Cela pourrait se comprendre ainsi: “car il (le fils ou la fille du païen) fera dévier ton fils (ou ta fille) de Moi.” Il n’y aurait donc strictement aucune différence de statut entre l’homme et la femme dans le Livre. Ils sont complémentaires. Encore une fois, il n’y a ici pas de dimension héréditaire mais la volonté de Dieu de protéger son Livre au mieux tant que le monde n’a pas basculé dans le nouveau paradigme du monothéisme triomphant.

En sus, on peut remarquer que la découpe de la citation est trompeuse. Le bout de verset en question n’est pas la fin de la phrase précédente mais le début de la suivante: “Car il détacherait ton fils de moi, et ils adoreraient des divinités étrangères, et la colère du Seigneur s’allumerait contre vous, et il vous aurait bientôt anéantis.” Le “ils” se rapporte au deux membres du couple uni et cela confirme l’explication alternative.

Quant au reste de la tradition qui participe au déséquilibre entre l’homme et la femme, je vous le dis honnêtement, je ne vois pas bien l’intérêt de se pencher sur la question tant les choses paraissent parfois si grossières et caricaturales.

Je suis d’ailleurs toujours autant stupéfait par le musulman de base qui fait montre d’une incroyable mauvaise foi à ne pas vouloir comprendre la législation concernant la polygamie. Rien que cet état de fait justifie à lui tout seul la punition de la umma dans son ensemble à laquelle on peut assister en ce moment.

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