Anecdotes en vrac

Anecdotes en vrac

Dernières modifications le 22 octobre 2016·35 minutes de lecture

Voilà un article qui me trotte dans la tête depuis un bon moment. Je vais mettre ici des petites histoires qui ne méritent pas un article à elles toutes seules. Ce sont généralement des anecdotes que je raconte de vive voix. Il n’y a pas de raison de ne pas les mettre ici aussi. Et puis, on ne sait jamais ce que la vie réserve. Je vais y glisser aussi certaines histoires qui n’ont été que des posts et qui ont disparu dans les profondeurs de mon Facebook. Bien sur, je ne peux tout de même pas tout raconter. Il y a aura toujours une exclusivité en réel. Et puis surtout, il y a toutes ces petites choses que j’ai vécu et dont je ne parlerai jamais. N’est-ce pas ces petits instants anodins qui font la richesse du quotidien entre Lui et moi?

Parmi les gens que je rencontre à la mosquée, il y en a certains qui, dès que je les vois, j’ai un large sourire. Je pense à un particulièrement. Je crois que si je devais apprendre un jour que c’est un ange incarné sur terre, je ne serais pas du tout surpris. Mais, ce n’est pas le cas et je connais l’envers du décor. Toujours est-il qu’il attire la sympathie de tout le monde. C’est le genre de gars qui vous fait passer pour une brute ou quelqu’un de sans coeur. Je me sens tellement mal à l’aise que pour me détendre, je lui dit qu’il en fait trop. Évidemment, il ne saisis pas ma blague, et tente de s’excuser sur ce qu’il aurait pu faire pour me blesser. Comme je ne sais pas m’excuser, me voilà encore plus terrassé. Bref. Tout cela pour dire que c’est vraiment quelqu’un de bien et qu’il est très aimé par Allah. De quoi ai-je l’air avec mes histoires hyper-techniques de théologie? A quoi cela pourrait-il bien lui servir? Je pourrais raconter plein de petites anecdotes à son sujet mais une seule résumera l’ensemble. Depuis quelques temps, il cherche à se marier. Seulement, il parait bien plus obsédé à l’idée de faire les choses exactement dans les règles plutôt que de se laisser aller. Nous étions dans sa voiture un soir. Il me semble que nous quittions la mosquée de Courbevoie. Une jeune femme marchait sur le trottoir. Il la reconnait. Il s’agit de la soeur d’un de ses amis. “Tiens, tiens” me dis-je. Je tourne la tête pour apercevoir son visage. A ce moment là, il se plaint d’une poussière dans l’oeil. Il a rapidement les yeux tout embués. Il ne comprend pas trop pourquoi. Oh, moi j’ai compris tout de suite: pour lui éviter de commettre un péché, Dieu lui a brouillé les yeux l’espace d’un instant. Il ne lui a pas laissé le choix. Inutile de préciser que j’ai ressenti aucune gène. “Tu vois, je suis tellement un cas irrécupérable, je suis tellement loin de toi dans ce domaine, que je n’ai eu aucun empêchement.” Je crois qu’il a même trouvé un moyen d’être encore agréable. Peut-être même qu’il était dans le déni. Comme quoi, certains dénis sont positifs. Est-ce que cet épisode m’a servi de leçon pour revoir ma façon de regarder les femmes? Qu’est-ce que vous croyez? Les miracles, c’est Dieu qui les fait.

Au printemps 2016, une femme très pieuse qui aide l’association m’avait posé quelques questions à force de me voir régulièrement. Quelques jours plus tard, j’apprenais qu’elle envisageait de me proposer la main de sa petite-fille. Considérant son âge, 20 ans, je me suis dit que rien ne pouvait la préparer à un tel choc. Et puis je crois surtout que les gens me voient beaucoup plus jeune que je ne suis. Un esprit de vieux con dans un corps d’adolescent. Un mélange subtil et raffiné. J’avais été touché par cette proposition. On ne m’en avait jamais fait de cette manière. Il y a peu de temps, alors que j’en avais conclu qu’il fallait que je passe à autre chose sur le sujet et poussé par mon entourage, je me décidais à aborder le sujet avec la vieille dame. En réalité, nous n’avions jamais abordé le sujet directement. De nombreux mois sont passés, elle m’écoute poliment. Elle me suggère de laisser mon mail pour le transmettre. Je repars dans le camion, la tête dans mes pensées. Pas évident d’envisager un futur avec une femme dans ma situation. Parfois, je me dis que je dois dissocier ce que je pourrais appeler mon “travail théologique” de ma vie privée. De compartimenter, somme toute. Ainsi cela m’assurerait une vie de couple plus sereine. Et puis de l’autre, j’ai du mal à admettre que celle qui partage ma vie ne puisse pas être une oreille attentive. Mais cela va plus loin que cela: puis-je seulement imaginer quelqu’un qui n’accepte pas qui je suis ou qui a des doutes et qui prétend admettre par volonté de plaire. J’ai retourné la question des milliers de fois. J’ai du mal à envisager cela. Majda est quelqu’un de très intelligent, avec qui j’adorais échanger des idées. Tout en me disant admettre qui j’étais, elle n’acceptait pas l’Islam. Il y avait là une profonde contradiction. C’est certainement pour ne pas revivre une telle situation, que je me disais, que par défaut, il valait mieux envisager de compartimenter. Je crois qu’à partir d’un moment, par pragmatisme surement, je n’imaginais tout simplement pas être en couple avec une “disciple”. Déjà, qu’une seule personne adhère à certaines de mes idées me paraissait un succès immense. Si bien que j’abordais l’histoire de 2016 de manière très circonspecte. Je crois qu’au fond, de passer à autre chose, me délivrait. C’est donc dans cet esprit que me voilà au volant du camion. Je me projetais avec une gentille musulmane qui prendrait soin de moi et me préparerait de bons petits plats. Et puis surtout, j’entendais combler le manque affectif, entendez sexuel bien sur, on ne va pas se mentir. Elles sont tout de même bien jolies les filles de cette dame. Je suis sur qu’elle est jolie aussi. A ce moment là, je passe devant un abri-bus. Il y a un vieil homme assis qui attend. Il fait un geste répétitif qui attire mon regard. Il tient sa main au dessus de sa cuisse. Il est pris d’un grand tremblement qui fait que sa main fait des va-et-vient. On a vraiment l’impression qu’il se masturbe. C’est en tout cas l’idée qui m’est venu instantanément en tête. Dans ce genre de situation, je suis envahi par des sentiments divers passée la surprise: amusement, être outré. Je me dis surtout que Dieu est fou. Une anecdote qui renvoie à celle de la pomme et des pleurs.

Ne croyez pas une seconde qu’il s’agit là d’une incitation divine à l’onanisme. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Il se trouve que de tous les combats que j’ai pu mener ces dernières années, celui-ci est celui où j’ai pu sentir le plus de pression. Tant dans la désapprobation lorsque je me laisse aller que dans la satisfaction lorsque je parvenais à remporter une victoire sur mes instincts. Mais que voulez-vous, nous n’en restons pas moins homme. Et nous avons été créé ainsi. Avec des pulsions. Donc s’Il n’approuve pas, cela ne l’empêche pas, comme nous venons de le voir, d’avoir un certain sens de l’humour et surtout beaucoup de compréhension et de miséricorde. Il me prend tel que je suis. Et ce n’est pas à Lui que je vais pouvoir mentir puisqu’Il connait mon moi profond. Il y a environ un mois, en revenant de fajr, je réfléchissais sur ce sujet. Je Lui demande alors de me donner son avis. La réponse ne se fit pas attendre. Un objet attira mon regard sur le rebord d’un muret. Le voici:

Une raquette en bois sur laquelle il est inscrit Spadon partner. Le partenaire de l’épée. Que Dieu me pardonne si j’interprète mal, mais selon moi cela voudrait signifier quelque chose comme l’idée que la masturbation est la partenaire du combattant que je suis. Si vous avez une meilleure idée, je suis preneur. Est-ce que la raquette signifie quelque chose? Aucune idée.

N’allez pas croire que je ne vais vous parler que de ma vie sexuelle. Même si j’imagine très bien qu’il s’agit d’un sujet passionnant. Retour en 2013, il me semble. A cette époque, j’allais toutes les semaines à la mosquée de Paris. C’est un lieu qui peut constituer une bonne approche de l’Islam. Bien sur, à un moment il faut passer à autre chose car cela ne peut qu’être un lieu de transition. Vous allez vite comprendre. Il se trouve qu’à l’époque, la salle des femmes était de l’autre coté du jardin. Ne croyez pas que je sois contre la mixité. Mais il me semble qu’un lieu de culte, surtout en ce qui concerne les salles de prières, doit être séparé. Il suffit de constater la façon de prier pour s’en convaincre. Et puis la nature de l’humain est ainsi faite, qu’il est plus propice de se recueillir en l’absence du sexe opposé. Toujours est-il que je prenais le soleil à la sortie du coté homme. Sitôt la prière finie, la mosquée redevient le lieu de visite qu’elle est la majorité du temps. Des touristes femmes traversent donc le jardin pour visiter la cour intérieure du coté homme. Je remarque deux jeunes femmes qui m’observent du coin de l’oeil. Elles portent un foulard et viennent de prier. Elles finissent par m’aborder. J’apprends alors qu’elles sont allemandes et font du coachsurfing. L’une des deux n’arrête pas de citer des hadiths. Elle connait très bien l’Islam. Elle m’explique qu’elle portait un voile intégral il y a peu de temps. Comme je suis à la fois novice et naïf, elles m’apparaissaient comme de pieuses musulmanes. Nous discutons un moment. Et puis nous sortons. Sitôt dehors, elles retirent leurs foulards avec soulagement. Je ne suis pas choqué outre mesure. Je propose de leur tenir compagnie et de leur faire visiter Paris. Apprenant qu’elles logent dans un petit appartement où il y a déjà du monde, je leur propose de venir chez moi. Elles acceptent. Nous allons donc chez le logeur pour prendre leurs affaires. Puis nous prenons le RER, direction l’expo d’un ami peintre. Puis nous rentrons chez moi. Ce qui est amusant au fond, c’est qu’avec moi, on ne se méfie jamais. Les gens me croient inoffensif. Lorsque je dévoile quelques détails de mon parcours, je vois leur expression changer. Je leur explique la signification de mon nom arabe. Cette fois, elles ont peur. Je leur souhaite bonne nuit. Je m’endors rapidement, tandis qu’elles luttent pour ne pas dormir. Elles ont l’impression d’être tombée dans un traquenard. Bien sur, lorsque vers l’heure de fajr je me réveille sans aucune alarme, sans bruit, elles ont réellement eu peur. Elles pensent peut-être leur dernière heure arrivée. Je prie donc dans le couloir pour ne pas les déranger, puis je remonte silencieusement me coucher sur ma mezzanine. Lorsque je me réveille la deuxième fois, c’est pour constater qu’elles ont les yeux bouffis de manque de sommeil. Je les libère enfin et elles s’enfuient sans demander leur reste. A croire que malgré mon apparence, je sais tout de même me faire comprendre et que je ne laisse aucune ambiguïté sur ma fonction. Toutefois, lors de notre escapade parisienne, j’ai perdu mon keffieh. Je suis assez chagriné et inquiet de ce que je considère comme un mauvais signe. Une dizaine de jours passent. C’est un dimanche. Je me rends à la Miroiterie pour la scène d’improvisation. Il y a pas mal de monde là-bas. A coté de moi se tient une jeune et jolie jeune fille un peu typée. Elle me sourit. C’est alors que je remarque qu’elle tient un keffieh dans sa main. Je le reconnais immédiatement: c’est un modèle peu courant et d’une couleur originale. Je lui adresse donc la parole. Elle me demande alors où je pense l’avoir perdu. Je fouille dans ma mémoire et lui donne le nom de la rue du logeur où je me suis assis quelques temps. Ni une ni deux, elle me tend le keffieh avec un air stupéfait. Voilà que 10 jours plus tard, de l’autre coté de Paris, mon keffieh est réapparu dans les mains de ma voisine. Je dois avouer que je suis bluffé également. Je comprends alors que je dois en savoir plus. Elle me raconte donc son expérience de coachsurfing. Elle est parti voilà un an de Scandinavie. Elle a découvert toute l’Europe. Elles passent ses derniers jours à Paris avant de rentrer chez elle. Son père est musulman et sa mère athée. Elle connait un peu l’Islam mais n’y adhère pas. Je vois bien cependant qu’elle est troublée par cette histoire. J’essaie de lui faire admettre la volonté de Dieu sans trop en faire cependant pour ne pas la brusquer. Nous sommes resté toute la soirée à discuter ce soir là. Une fille charmante et très ouverte. Et puis, elle a repris sa route, toujours un peu distante sur la question de Dieu. Qu’importe. Les voies vers Dieu sont si tortueuses.

Quand j’ai rencontré Khalifa chez les Indignés, il était en instance de divorce. Et puis nous nous sommes perdus de vue pendant quelques mois. Lorsque je l’ai revu, il était avec une nouvelle copine. Ils étaient très complices. Elle s’appelait Marianne.

Les premiers temps après ma conversion, je me posais beaucoup de question sur l’Islam. La plus importante selon moi, était celle au sujet de l’authenticité du Coran. Plusieurs passages me dérangeaient. Et puis, à force de réflexion, un jour, c’était un Vendredi à la mosquée de Paris, j’admis que le Coran était inaltéré. En sortant de la salle de prière je tombais sur un homme avec qui je discutais. D’origine et de cultures mixées, il avait beaucoup voyagé. Il avait une grande tolérance et ouverture d’esprit. Cela me faisait réellement plaisir de tomber sur une personne comme cela. Il rayonnait. Je compris que cette rencontre n’était pas fortuite. Je lui demandais alors son prénom: Nasser. Quelques minutes plus tard, en cherchant sur mon téléphone, je découvrais la signification: Victoire.

Les premiers temps après ma conversion, je me posais beaucoup de question sur l’Islam. La plus importante selon moi, était celle au sujet de l’authenticité du Coran. Plusieurs passages me dérangeaient. Et puis, à force de réflexion, un jour, c’était un Vendredi à la mosquée de Paris, j’admis que le Coran était inaltéré. En sortant de la salle de prière je tombais sur un homme avec qui je discutais. D’origine et de cultures mixées, il avait beaucoup voyagé. Il avait une grande tolérance et ouverture d’esprit. Cela me faisait réellement plaisir de tomber sur une personne comme cela. Il rayonnait. Je compris que cette rencontre n’était pas fortuite. Je lui demandais alors son prénom: Nasser. Quelques minutes plus tard, en cherchant sur mon téléphone, je découvrais la signification:

A Marly, je participais au parcours Alpha. La doyenne de mon groupe s’appelait Renée Tartinville. En allant jeter un coup d’oeil sur internet, je découvrais que son nom de jeune fille était Renée Bonnenfant. Elle me le confirma au rendez-vous suivant.

A la défense, je participais à un autre parcours Alpha. La responsable s’appelait Marie Lanternier. Je lui faisais remarquer que de par son nom, elle était chargée d’apporter la lumière. Elle fut touchée.

Je me suis converti le 12 Avril 2012. Quelques jours plus tard, mon ami Arthur venait sur Paris. Il vivait alors en Hongrie. Je me tâtais pour aller le visiter là-bas. Je me rends au bureau de vote. Il me semble qu’il s’agit du premier tour. Sur le chemin du retour, je suis au milieu du trottoir, je marche normalement. Il y a une sorte de rafale de vent. C’est alors qu’une valise à roulette se déplace d’un bon mètre alors que j’arrive à sa hauteur. Elle se met sur ma route poussée par cette étrange rafale. Je suis estomaqué. Ni une ni deux, j’attrape la poignée de la valise, rentre chez moi et me dirige le lendemain dans une agence de voyage pour prendre mes billets pour la Hongrie.

Dans mon studio, il n’y a qu’une seule fenêtre. A cette fenêtre, il y a un store roulant en plastique commandé par une manivelle. Entre les lamelles, il y a des rangées de trous. Il est donc possible de laisser la lumière passer si l’on ne sort pas entièrement le store. Face à ma fenêtre, il y a un lampadaire. Ainsi fermé, le store laisse donc passer la lumière du lampadaire par ses trous. Face à mon lit, je peux donc voir des rangées de petits points lumineux sur le mur. Deux rangées rectangulaires. Rien de bien extraordinaire. Sauf qu’une nuit, je me réveillais subitement. Je fus attiré par le fait que la lumière était beaucoup plus vive que d’habitude. C’est alors que je réalisais que la zone éclairée était non pas rectangulaire, mais en arrondi. Les deux parties se rejoignait au centre à leur partie la plus haute. Cela ressemblait à une arche lumineuse. Je n’en crois pas mes yeux. Le coeur battant, effrayé, je me précipite vers la fenêtre et ouvre le store. Dehors, le lampadaire brille étonnamment fort. L’image projetée est à la forme rectangulaire de la fenêtre. Ouf, tout est rentré dans l’ordre. C’est alors que je dis à Dieu: “Ne me refais jamais un coup pareil! J’ai horreur de ça!” Maintenant je ne descend plus le store. Mais je ne saurais dire depuis combien de temps exactement.

Depuis que j’avais découvert la sourate leylat al Qadr, j’éprouvais des sensations fort désagréables. J’avais l’impression d’être traversé par des entités. Cela se passait au moment des derniers versets: “ Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l’Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre. Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube. ” Comme je n’ai pas eu le mode d’emploi, je croyais qu’il s’agissait de démons et que mon corps servait “d’aspirateur”. Un peu comme dans Ghost busters. Il faut bien comprendre que je ne comprenais pas le texte. Je ne savais pas de quelle sourate il s’agissait. Je ne faisais donc qu’émettre des hypothèses à partir de mes sensations. J’ai ainsi “pratiqué” cette sourate pendant de long mois. J’aurais pu me dire que tout cela était le fruit de mon imagination. Personne ne pouvait témoigner de ce que je vivais, ni le ressentir lui-même. Et puis voilà qu’une nuit, alors que j’étais descendu à Montpellier avec Majda visiter Thomas et que nous étions dans le clic-clac du salon, le chat de la maison est venu se coucher au milieu du lit. C’est un siamois au caractère bien affirmé. Un beau chat. Voilà que le dernier tiers de la nuit arrive. Je suis tiré du sommeil. Comme il y a du monde autour de moi, je décide de ne pas bouger. Chez moi, je m’asseyais sur la moquette. Je suis donc allongé et je sens des choses venir en moi. C’est toujours aussi impressionnant. Peut-être même encore plus quand il y a du monde autour et que personne ne remarque rien. Cette fois là, j’arrivais à discerner des formes ou des mouvements, aussi curieux que cela puisse paraitre. Et puis à un moment, il y a une espèce de truc qui est entré par mon flanc gauche dans un mouvement à l’horizontal. Mais surtout, l’instant d’avant son entrée, il est passé par le chat et celui-ci a gémi de surprise et sursauté. Ainsi, tout ce que je vivais étais bel et bien réel. Hélas, ce n’est pas le chat qui aurait pu témoigner pour moi.

7 décembre 2013 ·
Il y a quelques jours, vers 4h30 du matin, j’étais puissamment tiré de mon sommeil.
Dans ma tête, j’entendais les mots نصر الله « Nasser Allah ». La victoire d’Allah.

Chain post
Il fallait choisir une phrase parmi une liste de 10. Puis poster la phrase comme statut sans aucune autre explication. Le premier qui commente reçoit la liste en message privé et ainsi de suite. Je choisis la phrase:
J’ai décroché un rôle de serveur dans la série « meurtre au paradis » et c’est vraiment bien payé !!

Je venais de me garer. Je descendais la rue en direction de la mosquée pour la prière de maghrib. Habillé d’un simple qamis, je n’avais que peu de choses dans les poches. Marcher léger est un luxe. Je remarque une sucette par terre et je la ramasse. Je l’inspecte et constate qu’il s’agit en réalité de ces sucettes au goût improbable et au coeur en chewing-gum dont les enfants raffolent. Sur le point de l’ouvrir, je me ravise et me dit qu’elle n’est peut-être pas pour moi. Je reprends ma marche. Une quinzaine de mètres plus loin, une autre sucette m’attend. Elle vient rejoindre la première dans ma poche.
La salat se déroule sans problème, je suis très serein. Et puis une voix se fait entendre. Je ne comprends pas ce dont l’homme parle mais je sais qu’il s’agit d’un réfugié qui fait une annonce pour se faire aider par des dons.
Je tourne la tête pour constater qu’il est dans la même ligne que moi, à trois mètres. Il est accompagné de deux enfants.
La petite fille me voit et me fixe du regard avec ses grands yeux noirs. Je comprends alors à qui les sucettes étaient destinées.

Un soir, j’étais assis au premier rang. Nous étions dans le silence des quelques instants juste avant la prière. Lorsque tout à coup, juste dans mon dos, le djinn s’est mis à hurler. J’ai fait un bond sous la surprise. Un garçon de 13 ans s’est mis à rire comme le font les ados tandis que les regards autour de moi se faisaient compatissant.
Depuis cet instant, à chaque fois que ce petit métis au visage rayonnant croise ma route, il se met à rire en se remémorant la scène.
Fraichement converti en suivant l’exemple de son frère qui est un adulte, il se pose beaucoup de questions avec sa vision d’enfant. En réalité, ce rire est l’expression d’une certaine peur car il me demande: « Est-ce que si je rate une prière, je risque d’être puni et d’avoir un djinn en moi comme le monsieur? »
Je le rassure en lui disant que cela ne marche pas comme ça et que c’est Dieu qui décide de tout, que les djinns ne font rien sans Sa permission.
Je vois son oeil gauche briller et je vois poindre une larme qui vient rouler sur sa joue. Pourtant, il n’a pas l’air triste.
– Tu pleures?
– Oui, c’est le pollen, je suis allergique, répond-il.
– En effet, c’est la saison.
Mais vous et moi, savons d’où vient cette larme.

25 Février 2014. J’étais en contact avec cette femme. Dès le début, très vite, les choses se compliquèrent au téléphone. Et puis un matin, le 12, en rentrant de fajr, j’eus un signe clair:

Six marrons et un escarpin. Il fallait comprendre cimarron, l’esclave en fuite. Celui qui s’échappe de l’autorité du Créateur. C’est ce que j’interprétais. Plusieurs jours ont passés, je remet la main sur un disque dur qui prenait la poussière, et je jette un oeil sur son contenu. Ce sont des rushs. Il y en a d’une pièce de théatre. En écoutant le texte, je n’en crois pas mes oreilles, on dirait qu’il est écrit exactement pour l’instant où je me situe. Le plus dur est de comprendre qui s’adresse à qui.

a T’as pas fait ça, non?
b Ben si, pourquoi? Ça fera plaisir à ma mère.
a Arrête de mentir.
b Mais je ne mens pas
a Pourquoi tu as toujours voulu tout ce que j’avais?
b Mais tu ne l’as jamais eu à ce que je sache.
a Merci, hein. Tu sais que je l’aime.
b Tu n’aimes personne. Mais de quoi tu parles?
a T’es vraiment une sa***e. C’est pas pour ta mère que tu fais ça.
b Je suis désolé mais il se fout de toi. Tu perds rien.
a Je perds rien… Une amitié comme Montaigne et la Boétie. T’es un monstre.
b Il faut toujours que tu juges tout le monde. J’en ai marre de tes procès.
a T’as pas le droit de tout faire.
b Ah oui, c’est écrit où? C’est ta législation à toi? Et toi, tu fais pas ce qui t’arrange peut-être? Qu’est ce que tu fous avec Serge?
a Je fais ce que je peux.
b Faire semblant d’aimer quelqu’un par calcul. Tu trouves ça noble peut-être? Et c’est toi qui me donne des leçons? Et si Dana t’avait dit oui? Tu l’aurais planté sans scrupule. Ce n’est pas à toi de me donner des leçons.
a Qu’est ce que tu sais de ce que les gens disent? Et toi, pourquoi tu me fais ça Ethel, qu’est ce que je t’ai fait? Pourquoi t’as pas choisi quelqu’un d’autre?
b Ça ne te regarde pas.
a Si tu l’épouses, je te revois plus.
b Tu me fais du chantage? Tu m’impressionnes plus, Mina. Je ne suis plus sous ta dépendance.
a Quelle dépendance? De quelle dépendance tu parles?
b Ça fait longtemps que tu as cessé d’être un modèle pour moi
a Mais tu sais, toi, tu n’en as jamais été un pour moi. Je veux plus te voir, tire-toi!
b Mais avec plaisir, je ne te fais pas de faire part alors.
a Tu peux m’envoyer le faire-part de la mort de ta mère si ça te fait plaisir.
b Sa***e!
a Et rends moi le dessin que je t’ai donné quand on s’est rencontré.
b Je te l’enverrai par la poste.

15 novembre 2012 AVIS:
Le propriétaire de la Polo rouge immatriculée en Allemagne et qui était mal garée devant chez moi dans ma modeste rue ne doit pas s’inquiéter, elle ne craint rien. Un camion de pompier avec une dizaine de pompiers présents et la voiture de police l’ont surveillée efficacement. Et puis ça fait de l’animation dans le quartier.
PS: je n’ai évidemment appelé personne, j’ai juste entendu les sirènes hurlantes et je suis descendu voir ce qui se passait. Il faudrait d’ailleurs passer plus souvent, ce soir il y a de nouveau quelqu’un garé au même endroit. Comme d’habitude pourront dire tous mes voisins.

27 novembre 2012 ·
Tout l’art de la violence verbale est de ne la transmettre uniquement qu’à ses ennemis tout en étant lu par tout le monde.

7 mai 2012, 21:00 ·
Célébrons un anniversaire: 31 ans déjà. J’ai voulu célébrer à ma manière la transition du pouvoir en rappelant à la population le comportement de bons nombres de nantis qui amassèrent leur argent et leur or pour aller le cacher en Suisse. De mémoire de douanier, on avait jamais vu ça. L’histoire se répète inlassablement. Me voici donc avenue de la Grande armée.
L’apothéose fut porte Maillot, je me suis fait énormément d’amis. Ensuite je suis allé me balader dans les rues de Neuilly, mais curieusement, peu d’activité. Je me suis beaucoup plus amusé dans les rues de Rueil en début d’après midi.
Une expérience enrichissante dans le sens où il y a vraiment toute sorte de réactions.
Chacun y met ce qu’il veut bien y mettre, somme toute. Il semblerait que les conducteurs de Porsche, Audi et Mercedes aient des problèmes de vue latérales. Les autre conducteurs me voient beaucoup plus facilement.
Les seuls doigts levés furent des pouces. J’ai eu des bravos, des encouragements, des applaudissements. Il y a même des gens qui sont venu me confier que je faisais bien d’aller en Suisse, que la situation allait vite dégénérer. A chaque fois, je surenchérissais en disant que je ne montais que dans les voitures qui correspondaient à mon standing.
Et à chaque fois, on me croit…

Avenue de la Grande Armée

Les collégiens s’amusaient de me voir. Un petit groupe se formait autour de moi sur la place de l’église en plein centre de Rueil. Curieux, l’un d’eux finit par me demander le but exact de mon action. Après avoir raconté l’histoire des passages de frontières après l’élection de Mitterrand, l’un des jeunes apparut mal à l’aise. Tout à coup, il réalisait que son père était parti en pleine nuit à l’étranger avec sa grosse berline sans raison apparente la veille au soir.

2 février 2014 ·
Lorsqu’Eric Zemmour était une réelle « star » de la télévision, je ne l’appréciais guère. Je trouvais sa posture face aux invités de l’émission de Ruquier trop caricaturale, comme si les producteurs lui avaient assigné le rôle du méchant afin de rendre sympathique toute personne venant faire sa promotion sur le plateau. C’était il y a de cela un an environ, alors que je me rendais tous les vendredis à la mosquée de Paris et que le temps avait été couvert tout le début de journée. Je sortais, ayant recouvré ma sérénité et je m’apprêtais à reprendre le métro place Monge. Je portais le qamis et le keffieh sur la tête dans la rue et je l’assumais totalement. J’exaltais ma foi. Le soleil fit son apparition soudaine et je me suis arrêté sur le trottoir afin de lui faire face et de laisser sa chaleur inonder mon visage. J’ai pris une grande inspiration. Je suis resté quelques secondes figé alors que Paris continuait son grondement tout autour.
Puis je me suis retourné et je me suis retrouvé face à Eric Zemmour. Nous nous sommes regardé dans les yeux. Un peu surpris.
Et nous avons replongé dans nos vies comme si de rien n’était.

Vers la fin de l’hiver 2012, les Indignés avaient organisé une virée dans une banque prise au hasard dans un quartier proche de l’Élysée. Une fois les lieux investis et le quartier mis en émoi, il était temps de se rendre dans une autre agence. L’effet hasard rendait fou la police, qui avait toujours un temps de retard. J’avais remarqué un agent en civil qui se tenait à l’écart de ceux en uniforme et qui nous suivait à la trace pour tenter une coordination. A un moment la troupe s’est arrêté sur les marches de l’église Saint Philippe du Roule. Il était grand temps de tenir une AG! Je profitais donc de l’occasion pour m’éloigner du groupe et visiter l’église. Au moment où je poussais la porte, je tombais nez à nez avec le civil qui en sortait. Il me dit que je ne peux pas entrer. Je lui réponds alors que les autres sont dehors en train de tenir une réunion et que je rentre seul. Il me laisse passer sans difficulté. Quelques jours plus tard, alors que j’ai rejoins une manifestation (il me semble que c’est en faveur de la Syrie) sur la place du Châtelet, je le recroise. Il me fait un sourire et constatant l’absence des Indignés, il me dit: ” Vos amis ne sont pas là.” Je lui réponds: “Ils sont toujours là.”

La Dissidence française
C’était à l’époque de mon article sur Rabbi Jacob. Sur l’échelle de l’antisémitisme, je produisais un séisme de 8,9. En dehors de cela, comme beaucoup de monde, je suivais les tribulations de ce pauvre homme devant les locaux de la Société Générale. Il avait réussi à faire illusion un temps sur ses motivations profondes. Mais il n’était qu’un pétard mouillé. En attendant, tout un tas de monde dans le milieu alternatif, a essayé de récupérer son combat d’une manière ou d’une autre. Un à un, ils se sont tous éloignés. Sauf DF, le groupuscule de Vincent Vauclin. Ils avaient organisé un événement anti-finance sur le Parvis de la Défense, surement inspiré par le mouvement Indignés alors en perte de vitesse. Je m’y étais rendu pour constater. Il faisait froid, c’était l’hiver, cependant Vauclin arborait des lunettes de soleil comme à son habitude. Il vint me serrer la main froidement en se présentant. Il ne m’inspirait aucune espèce de sympathie. Je restais quelques temps à observer leur action. Personne ne semblait manifester de l’intérêt pour eux. Je m’éloignais et rentrait dans les 4 Temps. Il y avait un festival de Gospel et le grand hall rond était noir de monde. Des groupes qui chantaient des valeurs positives, un public réceptif. Tout l’inverse de ce qui se passait dehors. Lorsque cela fut fini, je retournais dehors. Un groupe se forma alors que la DF se dispersait. Un grand barbu vient nous rejoindre. Très intéressé par ce que je racontais sur Rabbi Jacob. Lorsque nous avons quitté le petit groupe, il resta avec moi. Nous sommes allé prier ensemble, puis nous avons fini le soir tard dans un kebab. Il me posait beaucoup de questions. La nuit était bien avancée quand il disparu. Je ne l’ai jamais revu.

Je descendais l’avenue. Me voilà pris d’une envie d’écouter 210 Allstyles. Je sors mon téléphone de ma poche et lance l’appli Youtube. Je n’ai pas d’écouteurs. Le son est souvent couvert par les bruits des voitures. Sauf à un moment où j’entends distinctement le morceau. Aux mots “al Qaïda”, un lourd portail en métal se ferme brusquement à coté de moi dans un grand fracas. Mon coeur fait un bond. Je coupe et range le téléphone dans la poche sans me poser plus de question.

Le lendemain, je rapporte cette anecdote à un frère. Me revoilà à reprendre le même chemin 24h plus tard. Cette fois, je suis dans la zone pavillonnaire, plus calme. Un homme promène ses chiens. Au moment où je le dépasse, il s’écrit alors en s’adressant à son chien, mais quasiment dans mon oreille: “Victoire!”

Depuis un bon moment déjà un homme me faisait régulièrement partager sa connaissance des hadiths. Je l’écoutais poliment la plupart du temps. C’est difficile parfois de faire entendre sa voix et de faire montre d’un esprit critique. En réalité, je m’étais enfermé dans l’écoute parce qu’il a un handicap. Ce n’était que de la fausse pitié. Est-ce que ce n’est pas plutôt moi qui craignais de voir s’éloigner quelqu’un qui me témoignait de la sympathie? C’est fort possible. Il a fallu l’intervention d’un tiers pour mettre les pieds dans le plat et que je révèle ma philosophie de l’Islam. Quoi que l’on fasse, certaines choses doivent être dites sans détour. Ces phrases peuvent être rudes à encaisser. Et puis, vous savez, quand la machine est lancée, j’ai du mal à m’arrêter, et le ton de ma voix augmente rapidement. Comme je le redoutais, il s’est braqué. Pire que cela, il a commencé à réellement s’emporter. La situation semblait totalement hors de contrôle. Et puis, tout à coup, au moment où la colère semblait emporter la partie, deux frères nous ont abordés. Ils cherchaient un restaurant, rue de la Liberté. Une discussion s’installe. L’homme se calme. Ils comprennent qu’ils cherchaient le restaurant dans la mauvaise rue. Il me semble que quelques instants avant de partir, la discussion s’oriente sur les Signes. Enfin, ils reprennent leur route. L’homme propose de reprendre là où nous étions. Je lui dis alors: ”Toi qui es attentif aux Signes, n’as-tu pas vu celui qui vient de t’être proposé? Avant de corriger leur adresse de destination, avec quel nom de rue sont-ils venus en tête?” “Je ne vois pas” répond l’homme. répond l’homme. “Liberté. Par ce Signe, Allah te montre que tu dois me laisser libre de mes convictions: l’Islam n’est pas figé dans l’interprétation que tu as.”

L’histoire se situe à Conques, dernière étape de ma semaine de pèlerinage en compagnie de la famille Pain. Nous dormons tous les 6 dans une grande chambre de l’abbaye. La prière est aux environs de 5 h du matin. Comme la journée a été longue, nous nous endormons peu de temps après les enfants. Un quart d’heure avant fajr, je suis tiré de mon sommeil sans aide, comme à mon habitude. Autour de moi, dans l’obscurité, règnent les respirations de chacun. Aucun mouvement, aucune lumière. Pourtant j’ai un curieux sentiment. Comme si l’on m’observait dans le noir. Ou plutôt que l’on m’attendait. Mais rien ne trahit cela. Je traverse la pièce et me dirige vers le lavabo. Je fais couler un filet d’eau et fait mes ablutions. Je ne pense pas avoir fait de bruit ce matin là. Toutefois, je me dis que je ferais mieux de prier plus loin. Je tourne la poignée avec précaution et m’enfonce dans le long couloir de l’abbaye. Au bout d’une quinzaine de mètres, je m’aménage un espace que je juge adéquat sur le sol. Dans ma tête des idées trottent. Il est évident que tant que l’on a pas assisté par soi-même à mon réveil, il faut me croire sur parole. Rien de mieux que de témoigner de ce que l’on a vu. Si Dieu voulait montrer à Erik quelque chose, j’imagine qu’Il se servirait de moi à ce moment là. J’en suis là de mes réflexions lorsque tout à coup mon nez me picote. J’ai à peine le temps de porter ma main au visage. Je ne peux étouffer l’éternuement. Et dans la seconde qui a suivi, j’ai entendu un éternuement dans la chambre du bout du couloir. Pas de doute, il s’agissait bien de celui d’Erik. Il était bien réveillé. Mon pressentiment était donc juste.

Un frère salafi me rapportait des récits sur les compagnons pour justifier son absolue confiance dans leur interprétation de la religion. Il me racontait qu’ils se repentaient sans cesse à Dieu. Leurs lèvres ne cessaient de remuer pour des louanges ou des invocations. Si bien que, lorsqu’ils se rendaient aux toilettes, ils devaient se mettre un bâton dans la bouche et le serrer entre leurs dents, pour éviter de prononcer un nom de Dieu dans un endroit impur. Il prononce ces mots avec un ton admiratif dans la voix, un ton qu’il espère communicatif. Si je suis croyant, je ne peux que baisser les yeux et m’incliner devant tant de piété. Mais le fait est que je suis taquin. Je lui fais alors remarquer que je trouve triste d’avoir fait des louanges à Dieu des automatismes que l’on ne puisse plus contrôler, et que cela signifie que l’intention s’efface. En conséquence, je ne peux donc être admiratif. Je ne sais si je l’ai convaincu, mais j’ai touché là un point sensible et c’est tout ce qui importe.

Juste avant la prière, un homme vient me voir. Il me fait remarquer que mon front ne touche pas le sol quand je me prosterne avec mon pakol. Pour la salat, je le relève donc de manière à dégager mon front. Puis après, il revient me voir, le visage tout éclairé: “Tu as compris le verset que récitait l’imam?” “Non, désolé”, répondis-je. Il se précipite vers d’autres frères qui maitrisent le Coran pour avoir confirmation et avoir la référence exacte. Il obtient la réponse et m’ouvre un Coran avec la traduction en français. Je lis alors:
Sourate al fath (la victoire éclatante) 48

29. Muḥammad est le Messager d’Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux. Tu les vois agenouillés, prosternés, recherchant d’Allah grâce et agrément. Leurs visages sont marqués par la trace laissée par la prosternation. Telle est leur image dans la Thora. Et l’image que l’on donne d’eux dans l’Evangile est celle d’une semence qui sort sa pousse, puis se raffermit, s’épaissit, et ensuite se dresse sur sa tige, à l’émerveillement des semeurs. [Allah] par eux [les croyants] remplit de dépit les mécréants. Allah promet à ceux d’entre eux qui croient et font de bonnes œuvres, un pardon et une énorme récompense.
A ce sujet, je dirais qu’il y a deux manières de comprendre ce verset. Soit, on le prend de manière physique et l’on se dit que poser le front par terre créée une trace sur le front visible par tous. On peut d’ailleurs observer cette trace chez certains. Soit, on peut aussi comprendre que le fait de se prosterner illumine le visage de sérénité. Il est alors possible d’avoir une trace sur le front mais d’avoir néanmoins l’air sombre. Si l’on lit la suite du verset, cette interprétation se confirme puisque c’est en voyant les visages illuminés des croyants que les mécréants vont rager et non à la vue de traces violacées. La partie sur l’Evangile fait surement référence à la prophétie sur le raifort que l’on consomme à Pessah: les semeurs, c’est à dire les Apôtres et les proches disciples apportent le produit qui va protéger les jeunes pousses qui sortent de la nouvelle terre du pays de Dieu. Les visages sont illuminés par la Bonne nouvelle.

Il me semble que c’était un Vendredi après-midi vers le début 2014. A cette époque là, je passais souvent de longues minutes après chaques prières à méditer sans bouger. Le matin, à la mosquée, il m’arrivait de faire parti des derniers à quitter la salle. Toujours sans faire le moindre mouvement après avoir prononcé le dernier Salam de la salat. Ce jour là, j’ai fermé les yeux. Une image est apparu. Je me retrouvais dans une sorte de désert, un décor de couleur uni. C’est alors qu’il est apparu. Je l’ai reconnu tout de suite grâce à son turban et son allure noble. Il regardait au loin. Et puis il a tourné son visage vers moi. Mais je ne pouvais pas le discerner car il en émanait une trop forte lumière. Je n’avais alors plus aucun doute: il s’agissait bel et bien de Muhammad, paix sur lui. Il fit quelques pas dans ma direction et me fit découvrir son chameau. Je n’en avais jamais vu de si près. Je touchais le cuir de la bête. Je me souviens de cette douce chaleur sous mes doigts. Voyager sur un être vivant. Quelle expérience. A mon tour, je lui présente la Twingo qui m’accompagne dans mes aventures et qui vient d’apparaitre dans la scène. Je suis un peu honteux. La tôle est désespérément froide. Il observe poliment l’engin.
Puis il se rapproche de moi et saisit mes poignets. Après m’avoir fait face, il baisse le visage et je réalise qu’il est secoué de sanglots.
Je rouvre alors les yeux. Cette vision dans un état de semi-conscience vient de s’achever.

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