Occupy muslim!

Occupy muslim!

Dernières modifications le 13 décembre 2018·8 minutes de lecture

Loin de moi l’idée de vouloir adopter un discours marxiste, mais force est de reconnaître que la situation actuelle ressemble à une lutte des classes. La société française semble divisée en plusieurs camps. Il y a les exclus tout d’abord. Eux, ils sont en lutte direct pour leur survie. Ils n’ont pas la capacité de se rebeller contre le pouvoir ou alors de manière individuel dans un dernier élan émancipateur. Ensuite nous avons la classe moyenne, dont les éléments les plus faibles sont au bord de rejoindre le premier groupe dans la survie. Toutefois, ces gens sont encore capables de mener une action tous ensemble. Chacun peut ainsi oeuvrer à la hauteur de ses capacités physiques, temporelles, financières. Ainsi, l’élite de ceux-là se retrouve chaque samedi sur Paris, comme pour représenter le pays entier. Le nombre est limité, mais il s’agit de la ligne de front. Dans une guerre, l’homme au front n’est qu’un maillon de la chaîne. Chacun contribue à l’effort de guerre à l’arrière. Tout le monde a bien compris que le pouvoir était à Paris, dans un périmètre restreint. La police boucle ces quartiers. Ils demeurent des bastions imprenables pour l’instant. Si l’occupation vire assez vite à la confrontation, c’est tout simplement parce que la majorité des parisiens sont hostiles au mouvement des Gilets jaunes et forment la classe supérieure. Ils forment une barrière invisible entre le pouvoir et la France réelle. En effet, le gros des troupes est tenue à une distance physique certaine. Le 8ème arrondissement transformé en champs de bataille, voilà qui est une situation inédite et insupportable pour les plus nantis des parisiens qui n’iront jamais se défendre de manière organisée sur le terrain.
Si, bien sur, des hommes d’origines étrangères parisiens viennent se mêler aux manifestants en tant que membre de la classe moyenne, ils ne sont pas légions. Plusieurs raisons peuvent expliquer cela. Tout d’abord, nous avons ce que l’on appelle les racailles. N’ayant aucun respect pour quiconque, ils profitent du chaos pour piller et casser. Ils sont dans un parc d’attraction géant. Ensuite, nous avons les plus faibles. Ces gens sont tenus par la peur et par les aides d’état pris dans le contribuable. Enfin, nous avons le gros des troupes, composés de travailleurs au service des parisiens fortunés. Si une partie ne bouge pas par fidélité à ses maîtres, l’autre, qui devrait avoir un potentiel de rébellion, demeure étrangement passive. C’est à ce moment là que l’Islam rentre en jeu. Bien sur, la propagande médiatique joue son rôle de division, mais la population musulmane est sur le terrain et elle sait très bien ce qu’il en est. Elle a bien compris qu’il s’agit là du peuple français dans toute sa diversité. Sur internet, je suis tombé sur une vidéo de prédicateur. La réponse est nette et sans ambiguïté: le musulman ne doit pas participer au chaos ambiant. Ce n’est donc pas par lâcheté ou par complicité que les musulmans restent tranquilles. Un musulman pratiquant qui croit que l’action de protestation est une obligation religieuse, finit par rejoindre les rangs des djihadistes. Heureusement, ces gens-là sont minoritaires.

Mais comment pourrait-on oeuvrer pour la réconciliation alors que malgré la dynamique d’émancipation du mouvement, ce groupe reste statique? Vous le savez, dès le 17, je ne me suis pas posé de question longtemps: j’ai rejoint les Gilets jaunes. J’ai agit en tant que musulman. C’est à dire que je n’ai rien cassé, pas provoqué de violence. Je faisais acte de présence et passait mon temps à discuter avec les gens au gré des jets de lacrymogènes. En réalité, il s’agit de briser les barrières, de ressouder le peuple. Une fois de retour chez moi, je suis donc intervenu sur le fil de discussion d’une vidéo interdisant le mouvement aux croyants. Je faisais valoir la nécessité de justice de tout musulman et de paix sociale garantie par le dialogue. Rien ne s’est passé. L’argumentaire ne tient pas. Réflexe communautariste? Nous n’allons pas sombrer dans la polémique.

Il y a peut-être une solution. Voici comment elle m’est venu en tête:
http://m.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/noisy-le-sec-les-dealers-font-le-maintien-de-l-ordre-pendant-le-blocus-06-12-2018-7962474.php

Je recopie le texte de l’article ici:

Deux cents à trois cents élèves ont de nouveau bloqué, dans le calme, le lycée Olympe-de-Gouges ce jeudi. Mardi, des dealers de la cité voisine du Londeau étaient intervenus alors que la mobilisation semblait gêner le trafic.

Trois grilles de chantiers entravent l’entrée. Le blocus se déroule dans le calme, sous la vigilance d’une dizaine de policiers. Deux cents à trois cents élèves du lycée Olympe-de-Gouges, à Noisy-le-Sec, ont bloqué leur établissement pour la troisième journée consécutive, ce jeudi.

« Nous manifestons pacifiquement contre les réformes de ParcourSup et du Bac. Ceux qui veulent aller en cours y vont. Nous ne voulons pas que cela dégénère, comme à Aubervilliers », avertit une élève de Terminale, l’une des leaders.

Les dealers ont débarqué

Quelques gilets jaunes se sont joints au mouvement, à la demande des lycéens. Les enseignants ont également voté la grève dans l’après-midi. « La convergence des luttes est importante en ces temps de lutte sociale », salue ce professeur d’histoire-géographie, sous couvert d’anonymat.

Aziz, en première, prend soin de replacer ses camarades sur les trottoirs. « Il ne faut surtout pas bloquer la circulation, lance-t-il aux élèves. Sinon, on pourrait avoir des problèmes… »

Lors du premier blocage, mardi, les jeunes de la cité voisine du Londeau s’étaient occupé du maintien de l’ordre. « La police avait barré la route parce que des jeunes extérieurs au lycée commençaient à brûler des poubelles, raconte un élève, en Terminale STMG. Et les clients ne pouvaient plus aller dans la cité faire leur marché. » Les dealers ont donc débarqué. « Ils nous ont dit : « Arrêtez vos conneries et dégagez » », rapporte une autre élève.

Un élève tabassé

Montés sur leurs scooters, ceux-ci ont dispersé la foule. Un élève a tenté de rester. Il a été tabassé. « Il était au milieu de la route. Un mec lui a dit de partir et lui a mis une claque. Il a répliqué et là, cinq ou six jeunes lui sont tombés dessus », raconte une lycéenne. Un autre élève a fait « bouclier » pour arrêter le passage à tabac. La victime, un élève de première, « va bien », selon ses camarades.

Pendant toute « l’opération », selon les mots d’Erhan Kadi, professeur de physique-chimie et secrétaire adjoint SNES 93, les policiers sont restés « immobiles ». « Désormais, la loi de la cité s’applique ici et plus celle de la République, c’est intolérable », tonne l’enseignant.

« Maintenant, on a peur qu’ils reviennent que ça dérape encore… », confie une élève. « C’est un événement qui s’est déroulé sur la voie publique et qui ne relève pas de notre compétence », se contente de réagir la direction académique.

«Ces jeunes, la police les connaît ! »

Selon Erhan Kadi, les forces de l’ordre ne sont pas intervenues mardi pour « éviter tout embrasement ». « Mais qu’est-ce qui les empêche de les interpeller ensuite, s’interroge Erhan Kadi. Ces jeunes, la police les connaît ! »

Le SNES-FSU 93 appelle de nouveau à la grève ce vendredi. Les élèves n’envisagent pas de poursuivre les blocus la semaine prochaine. « Si d’autres bahuts remettent ça lundi, on suivra le mouvement », prévient Aziz.

Cet article est fascinant. Il révèle deux choses. La première c’est l’achat de la paix sociale par le laxisme de la police d’état envers le trafic dans les cités. Il s’agit là bien sur, d’une volonté politique. Les policiers de terrain ne sont que des exécutants. La deuxième, c’est que les délinquants en scooters et grosses voitures sont dérangés dans leur travail par les mouvements d’occupation physique. L’analogie est évidente avec la délinquance en col blanc des mégalopoles qui ne supportent pas de voir les gueux sous ses “fenêtres”. Comprenez par là, que la belle image de la France garante de la démocratie en prend un sacré coup devant les caméras du monde entier et que cela nuit à l’investissement et au tourisme de luxe.

Une chose est sure, les musulmans ne supportent pas la main mise des bandes organisées dans la délinquance sur les quartiers où ils résident. La situation dans le pays est extrêmement tendue. La révolution gronde. La position des musulmans est intenable sur le long terme. Ce n’est pas la voie droite que de rester passif face au chaos qui s’étend. Il va falloir faire un choix, et vite, car une hijra massive est impossible.

Deux solutions s’offrent aux musulmans: soit ils considèrent appartenir à la société française dans sa diversité et se doivent de se tenir aux cotés de leurs concitoyens afin de mettre en place les bases solides d’une société plus juste dont ils profiteront comme les autres. Soit ils décident de mettre un terme définitif au règne des dealers sur les quartiers dans une volonté de justice sur les territoires qu’ils habitent et organisent l’occupation du terrain dans la même logique que les Gilets jaunes. L’argent est le moteur de ce système: il faut empêcher sa libre circulation.

Amis, l’heure est venue du choix.

Paix sur vous.

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