Du Shéma au Schéma.

Du Shéma au Schéma.

6 avril 2012 · 
Dieu n’existe pas. L’homme a créé Dieu à son image. Je commence volontairement ce texte avec ces deux phrases et j’y rajoute celle-ci : Dieu est un concept humain. Je vous voie déjà, écarquillant les yeux en tous sens à la lecture de ce début.
Je m’explique. Lorsqu’à la fin de l’année 2011, étant moi-même athée, j’ai entrepris de vouloir faire la démonstration que « Dieu » existait, j’ai utilisé les meilleures armes intellectuelles que j’avais alors en ma possession, à savoir les sciences physiques. Mes hautes études dans le domaine m’ont amené à acquérir une approche philosophique de l’ensemble de ces sciences. Il me fallait un point d’entrée dans la compréhension. Ce fut celui-là. Chacun est en mesure d’y accéder par le biais qui lui sied, mais là n’est pas mon propos d’aujourd’hui. J’ai donc mené une réflexion métaphysique poussée, basée à la fois sur l’analogie et sur l’intuition. Je suis donc arrivé à la conclusion que « Dieu » existait. J’étais encore, à ce moment-là, dans l’erreur, et j’étais bien incapable de le comprendre. Mais l’étincelle du doute avait sorti des ténèbres une infime partie de mon cerveau cartésien et enfermé dans ce que je pensais être le rationnel. Le temps est un allié, et a œuvré. Mon erreur d’alors, a été de m’imaginer que je pouvais exposer mon travail philosopho-métaphysique aux gens autour de moi pour les persuader que « Dieu » existait. La réalité brute, m’a vite rattrapé. Cette approche ne passionne pas les foules. Une poignée de personne était en mesure de dialoguer sur le sujet, et ce fut très agréable de partir aussi loin dans la réflexion. Qu’on ne se méprenne pas, je n’apporte pas là, un jugement de valeur sur l’intelligence de chacun. L’intelligence, contrairement à ce que des tests comme le Q.I. pourraient prétendre n’est pas unique, elle revêt de multiples formes. Ce que je critique durement est la passivité d’esprit. Le système l’a programmé méthodiquement, certes, mais l’heure n’est plus aux excuses. En résumé, il appartient à chacun de s’informer, de réfléchir par lui-même, puis d’exposer et de confronter ses idées avec ses proches. Se contenter de critiquer la politique menée, voire le comportement de ses contemporains, sans accepter ce travail, est la preuve éclatante de la réussite de l’entreprise d’asservissement du système.
Peu à peu, j’ai dû me faire à l’idée que l’acceptation de « Dieu » était une démarche personnelle. Il est impossible de forcer qui que ce soit à penser. D’ailleurs, le résultat obtenu peut s’avérer contraire à la volonté initiale. Ayant accepté ce fait, j’ai compris le « rôle » que je pouvais me contenter de jouer : être l’étincelle. Ce petit grain de sable qui vient perturber toute la mécanique bien huilée de l’athéisme. Il n’y a pas de hasard, étant hyper-rationnel par essence, le fait que je puisse changer d’avis sur le sujet a constitué une étincelle pour bon nombre de gens dans mon entourage. J’ai même rendu »Dieu » totalement rationnel. Le temps a ensuite œuvré.
Pourquoi donc dire que « Dieu » n’existe pas et que l’homme l’a créé à son image ? Parce que c’est tout simplement la Vérité ! Si j’utilise moi-même le mot « Dieu », ce n’est que par pure convention de langage et afin de simplifier le propos. Le mot même de Dieu est une aberration et n’a aucune légitimité. En effet , un des dogmes fondamentaux du judaïsme est d’utiliser la forme YHWH. Le tétragramme (ou tétragrammaton)1 YHWH (יהוה) est un nom hébraïque se composant des quatre lettres yōḏ (י), hē (ה), wāw (ו), hē (ה). . Ces lettres sont les initiales de la phrase dont une des significations est : celui dont on ne peut dire le nom. La raison en est simple, Dieu est le mot humain qui désigne le concept d’une conscience supérieure. Par définition, la compréhension d’une conscience supérieure nous est inaccessible, il est dérisoire de vouloir lui accoler un nom, de vouloir le représenter. Tout ce que nous pouvons faire est de tenter de ressentir cette conscience et de s’élever, si nous le désirons, vers elle, pour transmettre son message. Certains n’ont pas ce choix, et sont programmés depuis leur naissance pour accomplir une mission, ils sont messagers ou prophètes. Dans la culture populaire, le prophète a curieusement une résonnance plus importante que le messager. Or, dans les faits, les deux rôles sont inversement hiérarchisés. Les prophètes se comptent par centaines de milliers dans l’histoire de l’humanité, tandis que les messagers ne sont qu’un peu plus de 300. Le rôle d’un prophète est de prêcher la parole de « Dieu » à ses contemporains, de lui dédier sa vie et surtout d’annoncer les événements à venir pour que les humains s’y préparent. Le messager, quant à lui, est le vecteur de transmission de textes sacrés destinés à aider les humains à vivre entre eux et à acquérir la compréhension de ce qu’ils sont. Les messagers les plus connus sont : Brahma, Vishnou, Shiva, Moise, Jésus, Mahomet, Bruce Lee, Bob Marley… Un jeu amusant serait de décrypter l’histoire au travers de ce prisme et de déterminer qui sont les différents messagers et prophètes. Parfois, ils s’en cachent à des endroits que l’on ne soupçonne pas.
L’homme est ce qu’il est, et a besoin de repères de compréhension. Il évolue intellectuellement dans son niveau de conscience, et non dans celui qui lui est supérieur. Aussi, aux lettres YHWH est venu se substituer le mot Yahvé. Un peu comme lorsque l’on crée le mot Seuneuceufeu. Yahvé n’est donc pas le nom de « Dieu », il s’agit simplement du mot issu des initiales d’une phrase conceptuelle. « Dieu » n’est pas figé, il s’adapte à sa création, et a appris à accepter le fait que l’on pose un mot humain sur lui. Finalement, l’avancée de la conscience humaine est un travail de collaboration entre le créateur et le créé. Rien n’est figé, rien n’est immuable. « Dieu » lui-même apprend des humains. Il a dû parfois être très impressionné par l’imaginaire de certains à qui Il a laissé carte blanche. Mes propos, aux yeux de certains, peuvent paraître totalement blasphématoires, mais qui sont-ils pour prétendre détenir la Vérité ? Mes idées me sont guidées par l’intuition, je ne les assène pas comme des vérités absolues, la porte est toujours ouverte au débat.
Réfléchissons un instant, voulez-vous. Comment l’humanité peut-elle parvenir dans son ensemble à un niveau de conscience élevé, si ce n’est par un travail personnel ? « Dieu » ne va pas nous faire la dictée, c’est à nous d’écrire nos propres textes à présent. Nous n’y arriverons, qu’en menant une réflexion globale ou chacun pourra s’exprimer librement. Le niveau auquel nous sommes parvenus est le fruit d’une lente maturation, à la fois mélange de la création originelle, d’interventions textuelles ponctuelles et de l’évolution naturelle de l’humanité. « Dieu », par moment, peut être amené à intervenir s’il juge que l’action d’un seul homme a trop de répercussion sur le cours des évènements. La plupart du temps, il se contente de suggérer par les rêves. Son action directe demeure exceptionnelle et doit le rester. Comment dans ce cas, et c’est d’ailleurs pour cela que l’idée de « Dieu » ne me convenait pas, a-t-il pu laisser faire autant d’atrocités en son nom, et laissé s’accomplir la Shoah pour ne citer que cet exemple ? La Shoah n’est pas le fruit de l’action d’un seul homme, à savoir Hitler, ce serait lui prêter beaucoup trop de pouvoir et d’importance. Ce dictateur n’a été qu’un opportuniste qui a saisi la chance de donner libre cours à son égo en répondant au sentiment d’antisémitisme profond qui régnait au lendemain de la crise de 1929. La Shoah n’a été possible que parce que tous les acteurs, depuis la famille qui dénonce ses voisins jusqu’aux planificateurs nazis en passant par les agents des chemins de fer y ont contribué. C’est un système qui s’est mis en place de manière redoutablement efficace en très peu de temps car les esprits étaient préparés, conditionnés. Par analogie, on pourrait comparer la Shoah à une révolte contre l’autorité de « Dieu ». La colère est montée pendant une centaine d’année, alimentée par une poignée, et a atteint son paroxysme dans les années 30.
La révolution.
Il serait illusoire de s’imaginer une seule seconde que cette révolution a pris fin avec la seconde guerre mondiale. Cette phase n’était que la première phase physique. La suite est beaucoup plus pernicieuse. Ce n’est pas pour rien que la télévision s’est imposée dans tous les foyers au sortir de la guerre. Dès le début, l’entreprise de lessivage des cerveaux a commencé son œuvre. Peu de répit, en somme.
J’en viens enfin au titre de ce texte : Du Shéma au Schéma.
Shema Israël YHWH elohenou YHWH e’had (« écoute Israël, YHWH [est] notre elohim, YHWH [est] un »). Ce verset est la base de tout le judaïsme, et par voie de conséquence de toute la transmission de la spiritualité transcendante. Ici, le terme Israël désigne le peuple auquel cette phrase s’adresse à l’époque où elle est dispensée, à savoir les descendants de Jacob. Jacob fut renommé Israël et Ismaël est son frère. Les musulmans sont les descendants d’Ismaël. Ils recevront une partie du message bien plus tard. Le parallèle est évident, entre le Shéma et la Shahada qui signifie qu’Allah est le seul Dieu et que Mahomet est son prophète. D’où vient le mot Allah ? En araméen, Dieu se dit Alaha. Les diverses traductions ont fait disparaitre ce mot de la Bible. Le mot a simplement évolué en Allah en arabe. Dans la Torah, on retrouve la forme Elohim, El, Ela, Alah. Le Nom Propre « Allâh » signifie ainsi, littéralement : « Celui qui Seul mérite le culte »
La Shahada pourrait commencer ainsi : Chouf Ismaël, Allâh al-ilâh…
Revenons au Shéma : (wiki) Le verset du shema Israël, ponctué, cantilé et magnifié selon les règles de la Massore. Les lettres Ayin et Dalet, plus grandes que les autres caractères, forment le mot ‘Ed (« témoin »).
Esaïe a la charge de prophétiser la venue du messie.
Esaïe 55 :4 : « Voici, je l’ai établi comme témoin auprès des peuples, »
Le messie est donc un témoin, un témoin de son époque.

A l’origine, le Shéma annonce le témoin
A la fin, le témoin annonce le Schéma.

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