Le roi et les oiseaux

Le roi et les oiseaux

 

Cet article est l’approfondissement d’un article de 2016 nommé « le roi et l’oiseau« .

Afin de mener à bien cette réflexion, nous allons reprendre le thème de l’oiseau dans la Genèse vu dans l’article « du Nil à l’Euphrate« .

15.8 Abram répondit: Seigneur Éternel, à quoi connaîtrai-je que je le (pays de Canaan) posséderai ? 15.9 Et l’Éternel lui dit: Prends une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. 15.10 Abram prit tous ces animaux, les coupa par le milieu, et mit chaque morceau l’un vis-à-vis de l’autre; mais il ne partagea point les oiseaux.

Nous avions compris que cette prophétie biblique peut se décomposer en deux parties distinctes. La première concerne les fils d’Israël et désigne la menace des oiseaux de proies qui s’abattent de l’extérieur, tout en attribuant une partie de Canaan. La deuxième concerne les fils d’Ismaël, désigne la menace du feu qui se déclare de l’intérieur, et attribue la terre du Nil à l’Euphrate.
Nous avions également compris que ces deux communautés, si elles connaissaient  deux chemins différents, n’en étaient pas moins composées de bêtes de la terre et d’oiseaux. Ceux qui appartiennent à la terre se divisent, tandis que ceux qui appartiennent au ciel ne se divisent pas.

A présent, intéressons-nous à un passage coranique dans sa traduction habituelle:

2.260 Et quand Abraham dit: « Seigneur ! Montre-moi comment Tu ressuscites les morts », Allah dit: « Ne crois-tu pas encore ? » -« Si ! dit Abraham; mais que mon cœur soit rassuré. » -« Prends donc, dit Allah, quatre oiseaux, apprivoise-les (et coupe-les) puis, sur des monts séparés, mets-en un fragment ensuite appelle-les: ils viendront à toi en toute hâte. Et sache qu’Allah est Puissant et sage. »

Selon la compréhension consensuelle, ce qui devrait rassurer le prophète, c’est que même coupés en morceau, les oiseaux reviennent à lui entier. Encore une fois, les () sont là pour imprimer cette interprétation.
Il est toutefois possible de livrer une autre interprétation. Celle-ci prend en compte le chiffre 4. Le 4, dans le cadre de la promesse de la descendance d’Abraham, paix sur lui, renvoie à une notion géographique. Il s’agit tout simplement des 4 points cardinaux. Les 4  directions fondamentales dans lesquelles vont s’étendre la multitude. Ici, ces 4 directions sont matérialisées par 4 montagnes. A chaque montagne un oiseau, et non des morceaux. La traduction serait alors:

« Prends donc, dit Allah, quatre oiseaux, apprivoise-les, puis mets sur chaque mont une partie de ceux-ci (l’ensemble des 4 oiseaux), et ensuite appelle-les: ils viendront à toi en toute hâte.

La question concerne la Résurrection. La préoccupation du prophète n’est pas sur la faculté du Créateur a redonner la vie, il n’a aucun doute là-dessus, mais sur le fait que les croyants parmi ses descendants soient capables de s’unifier à la fin. Son cœur est en proie aux doutes concernant les humains. Le Créateur le rassure en lui montrant, avec une image concrète, ce qui adviendra. Pour se convaincre de ce sens, il faut prendre en compte « apprivoise-les », correctement traduit, mais dont le sens initial du verbe est « former ». Ce n’est bien évidemment pas lui qui forme sa descendance, mais le Créateur par son entremise. Il est Le Patriarche. Celui dont ils sont tous issus.

6.38 Nulle bête marchant sur terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne soit en communautés (au pluriel dans le texte) comme les votres. Nous n’avons rien omis d’écrire dans le Livre. Puis, c’est vers leur Seigneur qu’ils seront ramenés.

Un autre indice fait pencher dans cette direction: l’utilisation du féminin pluriel. En effet, le mot oiseau en arabe est masculin. Si bien que l’on peut être surpris du fait que les 4 « les » et « ils » sont au féminin en arabe. Il y a là matière à réfléchir. Dans la Tradition biblique, Israël est souvent la fiancée de l’Éternel. Dans le christianisme, l’Eglise est l’épouse du Christ. Enfin, dans le Coran, la communauté des croyants est la Ummah, la Mère. Il semblerait donc que ce curieux féminin se soit non pas accordé aux oiseaux qui sont le support visuel de la prophétie dont témoigne Abraham, mais bien aux communautés de croyants qu’ils représentent.

Nous en venons donc naturellement à aborder un autre passage coranique qui ne suscite pas vraiment de conjectures:

5.110 Et quand Allah dira: « Ô ‘Isa (Jésus), fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait sur toi et sur ta mère quand Je te fortifiais du Saint-Esprit. Au berceau tu parlais aux gens, tout comme en ton âge mûr. Je t’enseignais le Livre, la Sagesse, la Thora et l’Évangile ! Tu fabriquais de l’argile comme une forme d’oiseau par Ma permission; puis tu soufflais dedans. Alors par Ma permission, elle devenait oiseau. Et tu guérissais par Ma permission, l’aveugle-né et le lépreux. Et par Ma permission, tu faisais revivre les morts. Je te protégeais contre les enfants d’Israël pendant que tu leur apportais les preuves. Mais ceux d’entre eux qui ne croyaient pas dirent: « Ceci n’est que de la magie évidente. »

Ce passage décrit des miracles physiques destinés à constituer autant de preuves à l’égard des croyants. Mais il s’agit surtout d’une prophétie. Ici oiseau est au singulier, il s’agit de former une seule communauté. La première venue correspond à la formation de l’Eglise bien sur. Ici, il y a une subtilité: il est fait mention d’un Livre en plus de la Thora et de l’Évangile. Ce Livre ne peut être que le Coran!

Il s’agit donc bien soit de former une nouvelle communauté à la seconde venue, soit d’unifier les 4 oiseaux.

Tout ce dont je peux témoigner, c’est ce que j’ai vécu à partir de janvier 2016. Une lunette arrière avec écrit « Jesus ist könig » et un oiseau. La langue allemande aide à se décider pour le camion. Une fois le camion acheté, il faut faire le double des clefs. Juste avant de partir faire le double des clefs sur Paris en ce  vendredi là, l’imam dit durant le prêche:

« La clef, c’est la subsistance. »

Il me faut alors faire un aparté théologique.

« Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » Évangile  selon saint Matthieu, chapitre 6, verset 26

Le Messager d’Allah, paix sur lui, a dit : « Si vous vous en remettiez à Allah comme il convient de s’en remettre à Lui, Il vous apporterai votre subsistance comme Il l’apporte aux oiseaux qui quittent le matin leur nid le ventre creux pour y rentrer le soir le ventre plein. » Tirmidhi 2344

Dans le métro, une chanteuse chante « Je suis malade ». La chanson de la vidéo de la femme. Elle était malade. A partir de ce moment, et dans les mois qui ont suivis, tout a été chamboulé. Cet article témoigne du chaos d’alors. Mes proches s’en souviennent encore, tout en n’en parlant jamais tant le traumatisme a été grand. L’oiseau était une femme, une femme virtuelle. C’est ainsi qu’elle s’imageait. Pourtant nous n’avons jamais échangé naturellement. Si bien qu’il m’est toujours impossible de prouver que cette « connexion » ait jamais existé, fut-elle virtuelle. Mais l’enjeu n’était pas là. Il s’agissait de comprendre qu’il pouvait s’établir une connexion impalpable entre l’oiseau et le roi. Que les animaux de la terre ne pouvaient soupçonner ou devaient le nier si mis au courant d’une manière ou d’une autre. Tout cela je l’ai pleinement compris durant les Gilets jaunes.

Les oiseaux appartiennent au ciel.
Leur réunion, promise à Abraham, paix sur lui, appartient au ciel.

 

Je ne vais pas prédire l’avenir. En 2016, un oiseau avait refusé mon aide comme relaté dans l’article cité au-dessus. Il se trouve qu’à la Noel 2020, j’ai trouvé un pigeon blessé dans la rue, dont les jours étaient comptés mais qui était terrorisé à l’idée que je le capture. En rusant, je suis parvenu à mes fins. Je l’ai mis dans un carton, ramené chez moi et nourri. Il est devenu moins craintif. Son aile s’est réparé. Il a fini par prendre son envol, un jour, comme ça, sous mes yeux. J’étais heureux pour lui et je pensais ne jamais le revoir. Mais de temps en temps, il venait se poser quelques minutes sur le balcon avant de repartir. Il me faisait comprendre qu’il était reconnaissant et qu’il était libre.

Je me fais plus discret sur internet depuis un bon moment. Mais je suis ce qui se passe tout de même. Comme il se passait quelque chose,  je suis allé voir. La pression est montée progressivement. Pourtant, je n’avais aucune responsabilité, aucun contact. Aucune raison de me mettre dans un tel état. Un inconnu dans la foule. Une idée m’était venu en tête, je voulais tenter de savoir si les responsables étaient « connectés » avec moi. J’établissais un plan fort simple, mais que je ne mis pas à exécution. Trop de doutes surement. A la fin de l’événement, alors que tout le monde s’en allait et que je restais assis dans un coin sans trop savoir quoi faire, un des responsables passa non loin de moi.

C’est lui qui me fit le clin d’œil que je n’avais pas osé lui faire.

 

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