Le mal est relatif, le bien est absolu (2)

Le mal est relatif, le bien est absolu (2)

21 mai 2013, 17:19

Laissez-moi vous raconter l’anecdote de la séance photo sur l’amour.

Le coté un peu trash des photos cachait une organisation plutôt conséquente. Maquilleuses, régisseur. Un bon coté esbroufe. Que vient faire un régisseur avec si peu de monde?

En tout cas, il est clair qu’il ne m’aime pas. Il fuit mon regard.

Il est rare que physiquement, quelqu’un me repousse. Tel était son cas.

Je ne vais pas ici le décrire, je peux juste exprimer mon ressenti en sa présence.

Je le trouvais sombre, et cela n’avait rien à voir avec sa teinte de peau.

Je me sentais à l’aise, pour une fois que j’étais de ce coté là des choses, je ne me mettais pas la pression du tout. Nous discutons un peu entre nous. J’apprends que la fille qui va me maquiller est thanatopractrice. En clair, dans la vie, elle maquille les morts.

Je vais donc essayer de ne pas trop bouger!

La conversation dérive ensuite vers la connaissance des énergies et des chakras. Je ne suis vraiment pas ici par hasard. Elle me demande de me livrer à une petite expérience. Je dois rentrer dans une légère méditation et lui prendre la main. Elle me demande alors de  visualiser énergétiquement parlant l’intérieur de son corps et de décrire ce que je vois. J’entr’aperçois  comme un nuage gris à l’intérieur de ses poumons. Elle confirme en déclarant qu’elle est asthmatique. Cela devient de plus en plus intéressant. Puis je m’assois sur une chaise, le visage tourné vers le haut dans la lumière.

Nous continuons la discussion. Elle me parle d’êtres de lumière, de chakras déportés à l’extérieur du corps.

J’écoute tranquillement. Mais elle semble mal à l’aise. Elle se dépêche d’achever son travail et prétexte un rendez-vous pour disparaitre. Je suis un peu surpris, il n’en était pas du tout question juste avant.

Une urgence kinésithérapie.

La séance se passe tranquillement. En réalité, je ne suis pas troublé par la présence d’une femme inconnue dans mes bras. A une autre époque cela aurait surement déclenché un processus de drague, mais pas là, et ce, sans effort particulier. La fille, par contre, tremble de temps en temps, surtout lorsque nous sommes proches. Sommes-nous peu de chose!

La maquilleuse revient après la séance. Je reprends la conversation avec elle, bien décidé à en savoir plus.

Nous partons, le photographe, le garçon au visage inquiétant et la maquilleuse, dans une brasserie non loin de là.

Bien que le sujet la passionne, elle semble mal à l’aise. J’apprends que le garçon sombre est son ami, et qu’ils partagent tous deux ces connaissances. C’est même ce qui les unie.  Je me dis alors que c’est une bonne opportunité et qu’il va surement apporter des compléments.

Je suis en mission pour le « bien » et je ne m’en cache pas depuis le tout début.

Nous parlons de mes boucles d’oreilles, il a bien saisi que celle qui pend à mon oreille gauche est une étoile à cinq branches. « Elle symbolise la mort spirituelle » dis-je.

« J »avais bien saisi » répond-il, visiblement pas dans son assiette.

Il ajoute: « Tu sais, il n’y a pas si longtemps, avant de rencontrer ma copine qui m’a fait changer, j’aurais pu te dire que j’étais dans le camp opposé au tien. J’étais le 13ème comte de Paris et des gens venaient se prosterner à mes pieds et m’embrasser les mains lors de rituels. »

« Mais tout ça, c’est fini grâce à votre rencontre? »

« Oui. »

Nous finissons de manger.

Chacun pose son argent sur la table et le photographe le prend et part payer au comptoir avant de nous quitter.

Le garçon va à son tour au comptoir quelques minutes plus tard et revient en prenant un air décontenancé.

Il manquerait 25 euros.

Certain d’avoir payé ce que je devais et ayant constaté que tout s’était passé normalement, je ne comprenais pas. Il propose que nous sortions tous tranquillement sans nous faire remarquer.

J’ai un grand sourire aux lèvres, je ne suis pas du tout inquiet.

Ils passent la porte en premier et je passe devant le zinc situé devant l’entrée. Aucune réaction.

Arrivé dehors, je n’ai que le temps de les voir détaler et tourner le coin de la rue situè à une bonne trentaine de mètres.

Je comprends alors qu’ils courent pour me fuir.

Le message dispensé par ma boucle d’oreille a été reçu au delà de toutes mes espérances.

J’en ris encore.

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