La parabole des talents

La parabole des talents

Comme le dit si bien Wikipédia, la parabole des talents est une des paraboles les plus connues des Évangiles. En réalité, je vais vous montrer que cette parabole est la clef de la compréhension.

Sa seule et unique version est dans Mathieu XXV, 14-30. Celle de Luc a légèrement été modifiée et cela nuit à son interprétation. Jean, la trouvant trop répétitive à son goût, l’a totalement modifiée en gardant le sens qu’il lui donnait. C’est devenu la parabole du vrai cep. Il n’y a plus de notion d’argent. Le cep invite d’avantage à l’abstraction.

Cela n’a pas empêché certains exégèses réformistes de légitimer l’usure à partir de la parabole initiale sous prétexte qu’il est question de banquiers et de la fructification des talents ou des mines. Je ne vois là que perversion de l’esprit.

Bien sur, il est question de faire fructifier les enseignements divins. Mais tout théologien sérieux comprend que cette parabole concerne la seconde venue. Muni de la clef correcte de lecture, cette parabole est très limpide. Je vais donc vous l’expliquer.

25.14 Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens.

Dieu, par l’intermédiaire de ses prophètes, a transmis des enseignements à différentes communautés. Puis s’en est suivi une longue période sans message jusqu’à présent.

25.15 Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit.

Ici, ce sont les trois grandes religions du Livre dont il est question.

25.16 Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents.

Les enfants d’Israël ont eu un grand nombre de prophètes. Ils avaient été choisis par Dieu. Ils avaient la responsabilité d’une terre.

Pour se convertir à l’Islam, ils doivent renoncer à un grand nombre de choses, accepter trois nouveaux prophètes et une nouvelle Loi.

25.17 De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres.

Les chrétiens suivent Jean et Jésus, deux prophètes. Pour accepter l’Islam, ils doivent en accepter un nouveau et accepter de se conformer à la Loi.

25.18 Celui qui n’en avait reçu qu’un alla faire un creux dans la terre, et cacha l’argent de son maître.

Ici, il est question de celui qui est né dans l’Islam selon la compréhension de ses ancêtres sans chercher à le faire évoluer.

25.19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte.

Dieu est de « retour » par l’intermédiaire de la seconde venue du Messie.

25.20 Celui qui avait reçu les cinq talents s’approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m’as remis cinq talents; voici, j’en ai gagné cinq autres.

25.21 Son maître lui dit: C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.

25.22 Celui qui avait reçu les deux talents s’approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m’as remis deux talents; voici, j’en ai gagné deux autres.

25.23 Son maître lui dit: C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.

Les convertis ont fait preuve de pugnacité.

25.24 Celui qui n’avait reçu qu’un talent s’approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé, et qui amasses où tu n’as pas vanné;

Le musulman savait que la première venue du Messie correspond à la venue du châtiment pour les enfants d’Israël. Il sait aussi que cette fois, c’est bien en tant que musulman qu’il revient. C’est donc pour faire rendre les comptes suivant des enseignements qu’il n’a pas dispensé vu qu’il a semé les graines évangéliques.

25.25 j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi.

Pourtant, il n’a pas cherché à comprendre les tenants et les aboutissants de cette première venue. Il est passé à coté du concept réformateur messianique. Peut-être même pour certains qu’il en est venu à délaisser la pratique de l’Islam.

25.26 Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que j’amasse où je n’ai pas vanné;

Le Messie confirme qu’il vient faire rendre les comptes suivant des enseignements qui sont venu après lui. Il est en colère vis-à-vis de ce musulman, qu’il considère comme paresseux.

25.27 il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt.

Ici, il est fait allusion à la transmission du message par le musulman à sa descendance. Même sans être un pieux, le minimum est de garantir la transmission des enseignements à travers le temps. Ainsi les enfants ou d’autres descendants seront en mesure de faire fructifier à l’age adulte le message reçu pendant l’enfance.

25.28 Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.

25.29 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a.

C’est à ceux dont la conversion a été la plus difficile que doit être remis le soin d’entretenir la flamme de la foi et l’explication des enseignements. Cela décrit un mouvement de rafraichissement perpétuel de la religion afin qu’elle ne se sclérose pas.

25.30 Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Le Coran sera repris des mains de ceux qui l’ont gâché.

D’ailleurs, quoi de mieux pour illustrer mon propos que de citer la conclusion de la version selon Luc de cette parabole:

19.27 Au reste, amenez ici mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, et tuez-les en ma présence.

Il ne s’agit ici que d’une variation sur l’échec de l’accès au royaume divin. L’image est un peu plus violente. Mais dans la perspective de la mort de l’âme, la mort physique parait dérisoire. Cela n’empêche absolument pas au respect de la vie sous toutes ses formes soit dit en passant.

Certains pseudos théologiens musulmans, donc il n’est pas question de simples croyants, se plaisent à citer ce verset pour illustrer leur vision belliciste du Messie. Sur Youtube, on peut voir notamment un imam qui se délecte à humilier un pasteur dans un débat en lui citant ce verset totalement décontextualisé. Nombreux sont les musulmans qui prétendent aimer le Messie plus que les chrétiens eux-mêmes.

Or, pour aimer quelqu’un, il faut le connaitre.

En réalité, ils ne font que mentir. Ils n’ont absolument rien compris des évangiles.

Et je le dis bien clairement: celui qui renie un prophète, c’est comme si il avait renié tous les prophètes.

Donc, comme ils se plaisent tant à le déclarer, eux-mêmes se mettent hors de l’Islam. Takfir des takfir. Amusant non?

Somme toute, si ce verset devait s’adresser à un type de personnes en particulier, ils seraient en bonne place sur la liste. Je vais donc le répéter pour bien imprimer les esprits. Et cette fois, sans guillemet et sans numéro de verset. Brulante actualité.

Au reste, amenez ici mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, et tuez-les en ma présence.

Notes

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