L’outil GM

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Dernières modifications le 26 janvier·15 minutes de lecture

Il ne s’agit pas ici de se soumettre au rythme de l’actualité médiatique, ni de faire le procès d’un homme alors qu’il est encore vivant. Si cet article traite du cas de cet écrivain dont la vie sexuelle a été exposée par les médias il y a peu de temps, c’est tout simplement parce que son cas illustre un sujet abordé ici graduellement au cours des dernières années. C’est surtout parce que cet homme possède plusieurs caractéristiques: il sait écrire, il est narcissique, il entend faire de sa propre vie une oeuvre d’art et surtout il se définit comme croyant de confession chrétienne orthodoxe. Je suis très mal placé pour aborder le sujet. Je ne suis pas du tout un littéraire et je ne lis que par nécessité. Aussi, si vous désirez lire une critique, je vous renvoie vers un article écrit au début de ce mois et que vous trouverez en en tête de recherche en tapant son nom suivi du mot Tartuffe. L’auteur de cet article est lui-même un juif croyant et pratiquant qui semble se définir dans un courant libéral, à l’opposé du courant pharisien. Sa vision de la religion dans son rapport à la sexualité pourrait trouver un certain écho dans l’oeuvre de l’écrivain sulfureux. Voilà pourquoi il réagit assez violemment sur l’aspect hypocrite du personnage puisqu’il vient torpiller son propre édifice spirituel.
Inutile d’exposer une longue série de citations de l’écrivain. Vous les trouverez facilement de toute façon. Toutefois, j’ai retenu ceci:

Gœthe disait que la religion était la poésie de l'humanité. Si la civilisation moderne est fade, c'est parce qu'elle est totalement désacralisée.

Cela résume bien sa vision de la société moderne. On peut le classer parmi les réactionnaires sur la question sociétale. Par contre, sur la question économique, il semblerait qu’il se définit comme de gauche puisque partisan de la FI.

N’ayons plus peur de la folie. Le christianisme est la religion de la paix de l’âme, mais il est aussi la religion de la brûlure de l’âme. Soyons des torches en feu.

Cette citation montre bien la dualité du personnage. Cela nous rappelle que dans les années 70 et 80, il était soutenu par des courants libertaires de gauche. Alors que pour les médias actuels, il serait plutôt classé proche des milieu d’extrême droite.

J’aime l’Islam. Je m’y sens chez moi. Je suis l’Arabe voluptueux, tener Arabs, de Tibulle. Civilisation de la paresse, de la prière et du plaisir, l’Islam est, dans notre monde mécanique, le dernier îlot ou plutôt – car je sais des paradis qui ne sont point mahométans – l’un des derniers îlots où je puisse vivre selon le rythme et le mode qui sont pour moi le souverain bien. La manifeste inaptitude des Arabes à utiliser les techniques de la modernité, loin de m’être une occasion de mépris, m’est une raison de les aimer davantage. Ne sachant pas conduire une automobile, je ne suis pas de ceux qui ricanent des Arabes à cause qu’ils ne sont pas propres à manier les chars et les avions : la noblesse d’un peuple ne se mesure pas à son habileté au napalm. On me dit : « Est-ce la gueuserie de ces populations que vous considérez comme l’exemplaire que nous devons imiter ? » La question est mal posée. Il ne s’agit pas de condamner le « niveau de vie » que l’Occident apporte dans ses bagages, mais de considérer que ce « niveau de vie » n’est qu’une coquille vide s’il n’est pas nourri, habité, par le sens de la vie. Le pain que nous demandons à Dieu dans la prière dominicale est ensemble pain matériel et pain spirituel, pain de la terre et pain céleste. Les techniques ne sont rien si elles ne sont pas porteuses d’une grande idée, et je ne sache pas que la société européenne d’aujourd’hui, fondée sur la machine et l’agnosticisme, soit porteuse de quoi que ce soit qui ressemble à une grande idée : l’indigence matérielle de l’Orient se trouve face à face avec le sous-développement spirituel de l’Occident. L’aide des pays riches aux pays pauvres ? J’y applaudis, mais en marquant que la réciproque est vraie, elle aussi, et que les nantis ont beaucoup à recevoir des déshérités, et dans un ordre infiniment plus relevé que celui où ils leur donnent. Il y a une autre richesse et une autre pauvreté que la richesse et la pauvreté selon le monde.

Voilà une déclaration d’amour au monde islamique qui ne sera pas rapporté sur les sites musulmans friands des déclarations des grands hommes du monde occidental. On décèle dans ces lignes une dimension clairement néo-colonialiste propre aux mouvements de gauche et dont l’un des rejetons est la doctrine antiraciste. C’est d’ailleurs l’impression globale que l’on peut avoir du personnage: son appartenance claire aux mouvement libertaires. Il est donc logique que l’apogée de sa carrière correspond au moment où ces mouvements rayonnaient. Lorsque dans les médias on semble parler d’un temps révolu, impliquant donc que le progrès nous aurait encore une fois amené vers la lumière, il ne s’agit que d’une vaste mascarade. En réalité, une fois le moment d’euphorie passé, ceux qui s’expriment sur le sujet, c’est à dire ceux dont les artistes sont le coeur, ont compris qu’il fallait corriger la nature des informations livrées au grand public. La société n’est donc pas moins gangrenée par les perversions en tout genre. Elle l’est depuis la nuit des temps et en tout lieu.
Est-ce que l’affaire a été mise sur le devant de la scène puisque la question des réseaux p-s est en train d’émerger au grand jour et que l’écrivain éloignerait les soupçons du monde libertaire de par sa proximité envers les milieux d’extrême droite, ou dit complotiste? Il ne faut voir dans cette prétendue proximité qu’une solidarité de classe. D’un extrême à l’autre, nous avons des individus qui instrumentalisent les causes politiques ou spirituelles dont ils sont porteurs pour accéder à l’élite. Chacun sa place, pourrait-on dire.
Cette posture critique sur la société selon une vision apparemment réactionnaire n’est en réalité qu’une critique portée sur le monde de la plèbe, dont l’auteur pense s’extraire en appartenant à cette élite déconnectée et échappant aux lois. “Faites ce que je dis et pas ce que je fais.”
Si le petit monde grouillant en dessous de lui se doit d’être exemplaire, l’homme recrute dans ce vivier selon ses critères:

Dans la mesure du possible, je choisis mes petits amis dans les familles désunies, chaotiques, et je m’en trouve toujours bien.

Il faut comprendre ici que ce choix est en réalité une faveur accordée afin de permettre à sa victime de s’élever dans son camp. Autrement dit, une façon de perpétuer l’élite selon le processus que décrit très bien Alexandre Lebreton. L’écrivain agirait-il inconsciemment comme mu par une force intérieure qui lui aurait été insufflée par son maître? Je n’en crois pas un mot. J’en veux pour preuve deux titres: les passions schismatiques et les amours décomposées. Ces titres font clairement allusion à la dissociation traumatique produite par les abus sexuels rituels. Enfin voici ce qu’il déclarait afin de montrer qu’il considère cela comme de la séduction et non du viol:

Mes amis pédophiles peuvent témoigner que ce n'est qu'exceptionnellement que j'utilise les réseaux de notre secte, où l'on se refile les gosses, et où l'unique séduction est celle du portefeuille.

A présent, je vais aborder le sujet selon un autre angle. La littérature n’est pas mon domaine. J’en suis désolé pour certains qui me liront. Mon but est d’être compris et pas de faire de belles phrases, même si je suis bien conscient que parfois, le coté très pointu de la théologie semble inaccessible. En réalité, pour qui veut bien investir de son temps, ce n’est qu’une question de travail pour parvenir à me suivre. Mon truc, c’est plutôt la musique. Sans trop m’étendre sur le sujet, je dirais juste que dans les années 80, si je suivais le Top 50, mes goûts allaient plutôt vers ce qui était alternatif. Mon groupe préféré était Eurythmics pour situer. Annie Lennox est une femme qui me fascinait. Un coté très dominatrice. Mais si elle pouvait se parer de perruques de toutes les couleurs et de tenues très spéciales, elle pouvait aussi incarner une sorte de sainte dans “There must be an angel.” Début des années 90, je me mettais au rap. Cet univers tel que décrit dans “l’imposture du rap” de Mathias Cardet. Mon mal-être trouvait comme des millions de gens, un écho dans ce mouvement. Si j’avais eu la vingtaine actuellement, j’aurais certainement été un fan de ce fameux groupe de cloud rap dont nous avons parlé précédemment. Ensuite, fin des années 90, je découvrais le métal (Angra, Metallica, Sepultura…) Dans le même temps, la musique électronique faisait son apparition. Je découvrais brièvement le monde des free parties au tout début des années 2000. 2002, je découvrais Tool. Ce fut un choc énorme. A partir de 2004, je devenais le photographe du groupe de jazz/gospel, Jazzpel, qui me faisait fréquenter les deux milieux. 2007, je basculais dans l’univers de la transe pour en ressortir en 2012. Au fur et à mesure des années, je n’ai jamais vraiment renié tel ou tel forme de musique. Désolé pour la longueur de la parenthèse mais il me fallait illustrer le fait que la musique était la forme d’art qui me parlait le plus. Dans un post, il me semble que c’était sur 20six.fr, j’avais d’ailleurs déclaré en écrivant de manière plus détaillé sur le sujet, qu’au fond, parmi tout ce que j’avais pu écouter, c’était ce groupe découvert en 2002 qui parlait le plus à mon âme. C’était l’expression que j’avais utilisé. Et avec tout le recul que j’ai à présent, je peux admettre que je ne m’étais pas trompé dans mon analyse.

Ce groupe est vraiment un cas à part dans l’univers du métal. Inclassable. Il a une dimension mystique clairement revendiquée qui n’a rien à voir avec les groupes de métal prétendument “sataniques” aux noms évocateurs et surtout commercialement provocateurs. C’est aussi un univers visuel et un leader énigmatique qui a une relation distante avec le public. Un jour, je découvrais le groupe au travers du morceau “Schism”. Comme je le disais un peu plus haut, ce fut un véritable choc. A ce moment là, le mot schism n’évoquait rien en moi et de toute façon, même pour un anglophone, les paroles de ce groupe sont souvent impénétrables. Si je ne suis toujours pas en mesure de livrer une analyse des paroles de cette chanson, je peux néanmoins en comprendre le sens global. La sortie de ce morceau intervient à un moment où il a atteint une certaine forme de maturité. Ils excellent donc à transmettre un message profond de manière totalement cryptée. Donc oui, le titre schism fait clairement référence à la dissociation traumatique. Directement suivi dans l’album par le fameux parabol/parabola, qui vient confirmer qu’il existe bel et bien un message occulte derrière tout cela. Dans ce morceau le refrain est:
In this holy reality, in this holy experience Choosing to be here in...
This body, this body holding me Be my reminder here that I am not alone in...
This body, this body holding me, feeling eternal
All this pain is an illusion
Dans cette sainte réalité, dans cette sainte expérience Choisir d'être ici dans ...
Ce corps, ce corps me tenant Sois mon rappel ici que je ne suis pas seul dans ...
Ce corps, ce corps me tenant, se sentant éternel
Toute cette douleur est une illusion

Jouer avec les trois petits points. Mais on comprend qu’il n’est pas seul dans son corps. Qu’il ressent une douleur permanente, mais il lui a été promis qu’il allait tout oublier.
Quant à décrypter schism cela est vain. C’est qu’en réalité, je n’ai pas envie de me perdre. Car, c’est ce que veut le mal: qu’en travaillant à le débusquer, on se laisse enfermer par lui. C’est ainsi que le piège se referme souvent sur les chercheurs de vérité. L’actualité de ces dernières années concernant le milieu dissident nous rappelle à la funeste réalité. Ils sont nombreux à avoir vrillé (maladie, suicide) ou être tombé sous le coup de la loi. Il faut être conscient de tout cela pour pouvoir aborder des sujets comme celui que nous abordons en ce moment même. Rester humble. Et cette humilité passe nécessairement par la foi dans le Créateur. Je le dis clairement: sans une foi forte, il est impossible d’aller au bout des choses et de surmonter les épreuves.
Au lieu d’aller au fond des choses, je vais tout simplement revenir à un moment où le groupe étalait plus distinctement ses perversions parque qu’artistiquement et “spirituellement” moins abouti. Je vous livre ici les paroles traduites de la chanson “prison sex” que j’ai découvert récemment au cours de mes recherches car je ne l’écoutais pas à l’époque, qui décrit de manière somme toute assez peu imagée, le processus de transmission par abus rituel:

It took so long to remember just what happened.
Il a pris si longtemps pour se rappeler ce qui est arrivé. (mur amnésique traumatique)
I was so young and vestal then,
J’étais si jeune et vestale (prêtresse vierge) alors,
You know it hurt me,
Vous savez que cela m’a blessé,
But I’m breathing so I guess I’m still alive
Mais je respire donc je suppose que je suis toujours vivant (description de la dissociation)
Even if signs seem to tell me otherwise.
Même si les signes semblent me dire autrement.
I’ve got my hands bound,
J’ai mes mains attachées, (contre sa volonté)
My head down, my eyes closed,
La tête en bas, les yeux fermés
And my throat wide open.
Et la gorge grande ouverte.

Do unto others what has been done to you
Fais à d’autres ce qui t’a été fait (processus de transmission)

I’m treading water,
Je parcours l’eau
I need to sleep a while.
Je dois dormir quelque temps.
My lamb and martyre, you look so precious.
Mon agneau et martyre, tu sembles si précieux. (évocation du christianisme)
Won’t you come a bit closer,
Pourquoi ne viens tu pas plus près,
Close enough so I can smell you.
Assez près que je puisses te sentir.
I need you to feel this,
J’ai besoin de toi pour le sentir,
I can’t stand to burn too long.
Je ne peux supporter de brûler trop longtemps. (la dissociation provoque de la souffrance)
Released in this sodomy.
Relâché dans cette sodomie. (la souffrance est apaisée par la souffrance d’autrui)
For one sweet moment I am whole.
Pour un doux moment je me sens entier.

Do unto you now what has been done to me.
Fais maintenant ce qui m’a été fait.

You’re breathing so I guess you’re still alive
Tu respires ainsi je suppose que tu es toujours vivants
Even if signs seem to tell me otherwise.
Même si les signes semblent me dire autrement.
Won’t you come just a bit closer,
Pourquoi ne viens-tu pas juste un peu plus près,
Close enough so I can smell you.
Assez près que je puisse te sentir.
I need you to feel this.
J’ai besoin de toi pour le sentir.
I need this to make me whole.
J’en ai besoin pour devenir pleinement moi.
There’s release in this sodomy.
Il y a de la délivrance dans cette sodomie.
For I am your witness that
Car je suis ton témoin que
Blood and flesh can be trusted.
L’on peut avoir confiance dans le sang et la chair.
And only this one holy medium brings me piece of mind.
Et c’est seulement ce moyen sacré qui m’a apporté tranquillité d’esprit.

Got your hands bound, your head down,
Fais-toi attacher les mains, la tête en bas,
Your eyes closed.
Les yeux fermés
You look so precious now.
Tu sembles si précieux maintenant.

I have found some kind of temporary sanity in this
J’ai trouvé en quelque sorte une santé mentale provisoire dans ceci
Shit blood and cum on my hands.
Sang, merde et sperme sur mes mains.

I’ve come round full circle.
Je suis venu en plein cercle.
My lamb and martyr, this will be over soon.
Mon agneau et martyr, tout sera bientôt fini.
You look so precious.
Tu sembles si précieux.

Convenez que la fin est très troublante puisque si cela évoque la fin de l’abus rituel, cela évoque aussi une fin prochaine, dans une sorte de mouvement messianiste. Le circle, cercle, semble tout simplement décrire physiquement celui des adeptes du culte lorsqu’ils se réunissent. Chacun peut analyser comme bon lui semble. Ce n’est pas la première fois que je parle de ce groupe dans un article. Voilà aussi pour comprendre son lien étroit avec ma foi puisque voici l’histoire qui s’est déroulée juste après ma conversion:
https://www.facebook.com/notes/stephan-pain/sous-son-emprise/10151619439762645/ Pas besoin de s’appesantir. Internet est rempli d’analyse de clips dans un grand nombre de styles. J’y ai vu des trucs vraiment hallucinant. Le satanisme ne prend même plus la peine de se cacher parfois.

Avant de vous quitter, je vais vous laisser avec une dernière citation de l’écrivain dont nous parlions juste avant. Je n’ai pas trouvé meilleure illustration des propos que je tenais à propos du dogme de l’incarnation divine. Tout est dit:

Nous rejetons l’idée de Dieu car nous avons le sentiment que si Dieu est, l’homme n’est pas libre. C’est le contraire qui est vrai : si nous savons être en lui comme des flèches d’or dans le ciel, Dieu se fait l’azur infini de notre liberté. Le Christ nous délivre du fatum des stoïques. En choisissant l’amor fati pour formule de la grandeur de l’homme, Nietzsche n’avance pas, il recule. Et la mort de Dieu conduit nécessairement à la mort de l’homme. Notre seule issue est la divino-humanité, dont l’incarnation est le prémice et dont le but est la déification qu’annoncent l’Évangile et les Pères : « L’homme est une créature qui a reçu l’ordre de devenir Dieu », écrit saint Basile.

Que la paix soit sur vous.

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