Le mal est relatif, le bien est absolu (3)

Le mal est relatif, le bien est absolu (3)

21 mai 2013, 18:03

Cette soirée là était un vernissage d’une artiste underground. J’ai d’abord discuté avec une fille allemande qui me parlait du lien étroit entre sa famille et les camps de la mort. Elle venait récemment de comprendre que son grand-père n’avait pas été un déporté et je sentais bien la douleur qu’il y avait en elle. Un hasard extraordinaire l’avait fait rencontrer en France un couple de personnes âgées qui était en visite à Auschwitz au même moment qu’elle. C’est ainsi qu’elle a pu se voir dans leurs photos et constater l’état second dans lequel elle était à ce moment là. Je lui ai dit que ce n’était pas son rôle de supporter le poids de ce qu’avait pu faire sa famille. Nous n’héritons ni de la gloire ni de la honte de nos ascendants. Rien n’est héréditaire. Je crois que je l’ai aidé.

Ensuite, j’ai discuté avec un homme de provenance incertaine. Il prétendait connaitre énormément de shamanes en Europe. Je porte deux boucles d’oreilles  qui ont une signification très précise. En voyant celle de mon oreille droite, il en saisit instantanément la portée. Il me dit: la mort et un peuple d’Asie. Il me rassure immédiatement en précisant que la mort est aussi liée à la renaissance, qu’elle fait partie du cycle de la vie. J’étais bluffé, il venait de me dire exactement ce que je voulais entendre tout en voulant me surprendre. Cette boucle symbolise en effet la mort dans la spiritualité immanente, le m du son « aum », le croissant et le point du symbole ॐ, le Gange.

Enfin je m’asseyais à coté d’un grand type passablement éméché. La conversation s’est vite orientée vers les énergies, les chakras. Sur notre présence sur terre. Il s’est alors mis à regretter de ne pas pouvoir tenir une discussion soutenue avec moi à cause de l’alcool.

Comme il était tard, je décidais de rentrer, j’étais très loin de chez moi. Il m’accompagna jusqu’au RER. La conversation s’est vite « élevée ». Je rencontrais enfin quelqu’un qui s’intéresse vraiment aux mêmes choses que moi. J’étais très enthousiaste. Lui aussi. Il était très volubile.

Comme nous attendions sur le quai, il me parle de méditation transcendantale. Il semble posséder énormément d’expérience sur le sujet.

C’est alors qu’il me parle de Lucifer.

Il me dit qu’il est injustement considéré, qu’il veut le bien de l’humanité.

Il me dit qu’il l’a rencontré lors d’une de ses méditations. Qu’il lui a parlé.

Je ne suis pas très à l’aise.

Le train arrive et nous nous quittons alors qu’il me parle encore à travers la porte fermée du train.

Il est visiblement très heureux de notre rencontre.

Quelques jours plus tard, je reçois un texto. Il a demandé mon numéro à mon ami pour garder le contact.

Je sais que cette rencontre n’était pas le fruit du hasard.

Je me devais donc de répondre à son envie de me voir malgré le « détail » ennuyeux de son histoire.

Nous avons échangé nos connaissances en matière d’énergie spirituelle. Moi, mes concepts théoriques, mon approche globale et lui le fruit de son travail en yoga kundalini, méditation et arts martiaux.

Grâce à un travail conséquent et une certaine hygiène, il avait réussi à maitriser grâce à des postures de yoga, la concentration d’énergie dans certaines parties du corps. Ainsi, il affirmait avec fierté comment son professeur lui-même, constatant ses progrès, l’avait mis en garde sur l’énergie de ses poings nus.

Selon l’homme, il était à présent capable de tuer une personne en un seul coup.

Je n’ai jamais mis en doute ses dires, tout cela me paraissait très cohérent.

En enlevant le son stupide ajouté, vous pouvez regarder cette vidéo:

Je lui ai fait découvrir les bols tibétains. Il a tout de suite adoré. Ce qui n’était pas du tout le cas d’Ezlemese (Souvenez-vous! voir texte sur l’histoire d’Ezlemese)

Je l’ai donc emmené dans les boutiques sur Paris qui en vendait, puis nous en avons découvert d’autres ensembles. En sa compagnie, je peaufinais mes recherches sur l’interaction avec les arbres, science à laquelle j’avais été initié quelques mois plus tôt.Nous sommes allés au cimetière du père Lachaise ensemble. Là, au milieu des tombes, il dirigeait ses mains vers un arbre dont le tronc était entouré de pierre tombales. Il ressentait l’énergie. On aurait dit un gosse avec un nouveau jouet. Je n’étais pas venu là pour ça, juste pour visiter ce lieu clairement touristique. Je n’ai jamais été mal à l’aise avec les cimetières, la mort fait partie de la vie. Par contre, je n’aurais jamais eu l’idée de m’intéresser aux arbres présents. En ressortant nous tombons sur un magasin qui vend des bols tibétains.

Un type discute avec la vendeuse. Alcoolisé. Décidément.

Nous échangeons quelques mots sur l’importance des prénoms, les destins. Les grandes âmes. Ce que je lui dis lui plait, il nous propose de l’accompagner au bar d’à coté.Intrigué, en chemin je lui demande si il y a beaucoup de gens comme lui sur Paris à posséder ce genre de connaissance. Il me répond: « Si tu savais combien nous sommes sur Paris et en Europe en général! Nous sommes si nombreux! »

Rappelez-vous, je suis un grand naïf, j’étais donc enchanté de cette rencontre et de ce que je venais d’apprendre.

Arrivé au comptoir, il prend un stylo et un sous-bock. Il explique les concepts de la connaissance spirituelle. Ce qui nous relie à la terre, ce qui nous connecte les uns aux autres tout en traçant des lignes et des cercles pour aider à la compréhension.

Pourquoi pas, après tout, chacun conceptualise la spiritualité comme il l’entend.

Ce qui ne me plait pas, c’est le résultat final de son dessin. A nous distraire avec ces explications, je me rends compte qu’il vient de dessiner un personnage avec des cornes. Un diable.

Il déclare alors vouloir nous laisser, je lui demande si il y a un moyen de rester en contact et il dit qu’il suffira de penser à lui. Je lui fais remarquer que les moyens traditionnels ne sont pas mal non plus.

A vrai dire, quand le grand garçon ne parlait pas de Lucifer, tout allait bien.

Bon, c’est vrai, il était un peu bizarre parfois. Il aimait bien imiter Dieudonné, mais uniquement quand il était question de possession. De temps à autre, il imitait le feulement du chat énervé comme le ferait un démon.

C’était très déroutant. Dans ces moments là, je ne disais rien et je l’observais.

C’est un garçon très solitaire. Il fait peur aux gens. Moi qui croyait faire fuir les gens à cause de mes sujets de discussion du moment, j’avais trouvé mon maitre. Il frisait parfois la paranoïa.

Nouvel ordre mondial. Complot. Il maitrisait tous les sujets.

Je n’étais qu’un débutant. Si si!

Il inquiétait sa famille, ses rares amis et pouvait mettre mal à l’aise les inconnus.

Si je me souviens bien, il m’amusait tout de même et me fascinait un peu aussi. Je crois aussi qu’il me faisait prendre conscience que je n’étais pas si fou que ça. Une bonne référence somme toute.

Assez vite il a parlé de sa maladie. Il en parlait souvent et de manière décomplexée. Il donnait les détails de la souffrance qui le rongeait et qui parfois ne lui laissait aucun répit.

Je comprenais alors la raison initiale qui l’avait amené à développer des techniques si poussées de concentration.

Il est atteint de sclérose en plaque. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une maladie du système nerveux. Clairement en lien avec l’énergie et les chakras. Cette connaissance, c’était avant tout un passeport pour soulager ses douleurs. J’avais de la peine pour lui, et j’aimais partager les connaissances. Tant qu’il ne me feulait pas trop au visage et ne me parlait pas trop de Lucifer, cela pouvait aller. Je demeure toujours persuadé que personne n’est totalement perdu. Avec de la patience et du savoir, n’importe qui peut s’accomplir dans le bien. Voilà pourquoi côtoyer des personnes qui se dirige vers le mal, ne me dérangeait pas, bien au contraire. La frontière entre bien et mal est si mince.

A condition de me préserver, bien entendu. Je ne peux aider une personne à trouver la voie vers la lumière à la condition première de ne pas dévier moi-même vers le « coté obscur ».

Il m’a conseillé un livre: La prophétie du 5ème règne.

Ne le lisez pas.

Pour qui cherche la Vérité, c’est le genre de livre qui vous emmène là où il ne faut pas aller.

Dès la première ligne, le trouble s’installe. Comme pour les Versets Sataniques, je me suis fait happé dès le début.

Heureusement j’ai une bonne intuition. Je percevais le nihilisme de l’auteur. Quelque chose n’allait pas.

Rappelez-vous que je n’étais toujours pas musulman, tout était encore possible.

Un jour, il m’a raconté sa rencontre avec Satan.

Il connait divers types de méditations. L’une d’elles consiste à visualiser un pont en liane au dessus d’un ravin.

Il y a une sorte de brouillard qui flotte. On se place à une extrémité du pont et on regarde en face. De l’autre coté se tient sa propre âme. Et puis on avance, pas après pas.

On se rapproche de son double jusqu’à se trouver au milieu du pont et d’être juste en face de soi-même.

En face de lui se tenait Satan en personne.

Je crois que je n’ai pas vraiment voulu croire ce qu’il me disait. Il me paraissait être quelqu’un de normal. Un peu fantasque, un peu paranoïaque. Mais je mettais tout cela sur le compte de la maladie et je me disais que je pouvais l’aider. Il n’y avait pas de raison.

Et puis il y a eu cette fameuse soirée où je devais partir en week-end « orgie-photo ». J’étais en plein dilemme.

A la pause, mon ami musicien vient échanger quelques mots avec nous. Il est très enthousiaste, lui aussi est très conscient des énergies. Dans la percussion, c’est vraiment quelque chose que l’on ressent physiquement.

Je dis que ma vie a changé, que je reprends contact avec plein de gens, que je vais mieux.

Le grand garçon dit qu’au contraire, tout le monde a peur de lui et qu’il se retrouve de plus en plus seul.

Mon ami musicien me regarde alors droit dans les yeux et me dit:

« Tu devrais mieux choisir tes amis. »

Il est vrai qu’en ces jours là, ma vie allait des uns aux autres.

Tout les opposait, et pourtant au fond, ils m’attiraient dans la même direction.

Quelques temps plus tard, je prononçais la Shahada.

Très enthousiaste, j’ai voulu proposer au grand maigre de lui faire découvrir l’Islam.

Cela me paraissait l’unique solution à tous ses problèmes.

« Tu vas voir, c’est simple, il suffit de se soumettre à Dieu »

Il me répond: » Tu sais bien que je ne peux pas, par nature. »

J’étais encore dans le déni, je me suis dit que j’allais attendre.

Lui, il voulait que je me renseigne à tout prix sur H.P. Blavatsky, comme un ultime sursaut. Je vous laisse découvrir le personnage…

Je lui ai raconté la façon avec laquelle j’avais trouvé mon nom musulman et ce qu’il signifiait. Que cela venait confirmer qui j’étais en assemblant les initiales.

Alors il m’a envoyé son nom complet. Un nom très particulier. Il a 4 prénoms.

5 initiales potentielles.

En triturant le net pour y trouver la traduction de chaque mot, j’ai fini par trouver ce que je cherchais à y trouver. (C’est à prendre en ce sens)

Les cinq lettres en désordre du mot IBLIS.

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