Sous son emprise

Sous son emprise

6 juin 2013, 22:20

Il est temps que je dévoile un événement important de mon histoire récente. Cet épisode a été un moment crucial. A tel point que je me rends compte à présent que tout est toujours possible. Avec le recul, il m’est plus aisé de comprendre les dangers que j’ai rencontré et les pièges tendus.

C’était il y a donc un an, à la mi-avril. J’avais passé plusieurs épreuves avec des personnes qui se revendiquent du mauvais coté comme je l’ai raconté dernièrement. Au fond, avec du bon sens, n’importe qui peut se rendre compte de la bonne conduite à tenir dans ces situations. Là où cela devient beaucoup plus compliqué, c’est quand vous êtes en totale confiance avec ceux qui vous entourent. Le hasard avait mis sur ma route deux musulmans qui habitaient à proximité de chez moi.

Si je les avais abordé, c’est clairement parce qu’ils portaient la tenue complète en vigueur dans les mosquées parisiennes. Ils étaient très gentils, et très contents de rencontrer quelqu’un qui s’intéresse à l’Islam. Après avoir fait des passages remarqués à la mosquée voisine, je prononçais, après trois semaines, la Shahada dans la nuit du mercredi au jeudi. Le lendemain, le vendredi 13 Avril, je me rendais à ma première jumu’a. Je me suis assis normalement au milieu des fidèles. Le prêche commence. Il est en arabe. Je ne comprends donc rien. Lorsque tout à coup je sens une énergie folle en moi qui me pousse à me lever. J’essaie de lutter. C’est impossible. Me voilà debout au milieu de la salle. Ensuite, ce sont mes mains qui ressentent une force qui me pousse vers l’avant. Je me dirige donc vers l’imam. Je réalise la portée de mon geste, je n’ai absolument pas envie de le faire. Pourtant il m’est impossible de lutter. La mosquée est pleine à craquer, mon geste n’est pas passé inaperçu.

Sitôt la prière finie plusieurs personnes viennent me voir.  Tous veulent comprendre ce que je veux et qui je suis.

Dans la voiture, je me fais copieusement engueuler.

Des coups de téléphone sont passés, il faut gérer la situation. On va à une autre mosquée. Cette fois la rencontre avec l’imam se fait dans la voiture. Je n’ai nul part où aller. Je n’ai pas d’autre choix que de m’en remettre totalement. L’homme dit s’appeler Mahdi. Il est bel homme avec un regard perçant et joueur. Il est tout sourire en me parlant mais il est ferme, très ferme. Je sais que tout va se jouer sur ma réaction. Alors je souris tant que je peux. Et tout se passe au mieux, je ne suis pas une menace. Ils sont néanmoins perplexes. Je sors alors de la voiture et je constate que Mahdi est d’une stature imposante, je suis minuscule à coté. Je suis surpris et lui aussi.

Nous rentrons. Le lendemain, mon voisin est persuadé que je suis possédé par un djinn. Il veut absolument me faire une roqya. Le dhikr commence (récitation de versets protecteurs). Quelque chose en moi réagit. Au départ ils croient que je simule mais mon voisin sent une réaction physique dans son propre bras et comprend que tout cela est bel et bien réel.  Il comprend après une longue séance que l’affaire ne sera pas aussi simple qu’il  le pensait. Les réactions sont violentes par moment. La douleur dans son bras en réaction devient vite insupportable. Il faut donc faire appel à un exorciste de haut niveau.

Rendez-vous est pris. J’ai hâte que tout cela se termine, d’être débarrassé de cette chose en moi. Quelques jours plus tard, l’homme débarque chez moi. Il est horrifié par mes tentures indiennes, par mes photos exposées, mes objets hétéroclites. Ils me questionnent sur ma vie. Il déclare en conclusion qu’il refuse de s’occuper de moi. Je dois jeter toute ma déco intérieure, ne plus jamais faire de photo, trouver un travail qui rentre dans le cadre islamique, trouver une femme, me marier, faire le tri dans mes amis.

En clair, en 5 minutes, il me demande de bouleverser ma vie.

Il ne fera rien pour moi tant que je ne serais pas un musulman modèle. Avec le recul, ce qu’il disait était assez logique, mais c’est surtout sa façon de me le dire, de ne rien faire pour moi et de me considérer quasiment comme un sorcier qui m’ont mis hors de moi. Surtout lorsque l’on connait mon caractère et mon fort égo. Je croyais être dans la bonne direction. Je croyais être dans la dernière ligne droite. La conversion. Me lever pendant la jumu’a. Rencontrer ce Mahdi au charisme envoutant. Et voilà que tout retombait d’un coup. De superman, je redevenais un insignifiant, voire même pire du point de vue de l’Islam: un sorcier. Tous se méfiaient de moi à présent.

La porte qui s’ouvrait toute grande venait de se refermer brutalement  sans aucun espoir de réouverture prochaine.

Je me retrouvais donc seul. Personne ne me croyait. Je voyais les musulmans comme d’horribles barbus fascistes avec qui le futur du monde me paraissait inconcevable. Je préfère ne pas décrire le moment de doute que j’ai passé à ce moment là. Lorsque j’ai émergé, je me suis mis Tool – Wings for Marie (part 2) sur les oreilles et je suis parti marcher dans Paris sans but.

http://www.youtube.com/watch?v=2pr4GYQbHLI

Des heures à marcher, ivre de colère. Contre les hommes, contre Dieu de m’avoir mis dans cette histoire.

Fin de l’histoire, je n’y crois pas. Si la solution est là, avec eux ce n’est tout simplement pas possible.

Tout cela se fera sans moi. Point final.

Me voilà au pied des Champs-Élysées. Je passe devant les plantons en faction qui me dévisagent. Au bout de quelques secondes un bruit parvient à mes oreilles. Des lumières. Je me rapproche.

J’assiste alors à une scène surréaliste: une centaine de voitures de police occupe les Champs toutes sirènes hurlantes. Le vacarme est assourdissant. Tous les passants sont éberlués. Personne ne comprend ce qui se passe.

Les voitures sont agglutinées sur l’avenue, bloquant tout mouvement.

Bien sur, j’ai enlevé le casque de mes oreilles et je remonte le long du trottoir pour comprendre ce qui se passe. Des policiers en uniformes vont et viennent.

Si je devais décrire une scène de fin du monde, cela pourrait ressembler à ça. C’est le genre d’idée qui vient automatiquement en tête.

Je redescend l’avenue puis j’emprunte une rue perpendiculaire. Là des camions de CRS sont parqués. Ses occupants en sont descendu, ils sont en train de s’équiper. Casques, boucliers, la totale. Rapidement ils s’organisent par groupes. Les gradés échangent des ordres dans les talkies. L’ambiance est électrique. Police contre police. Ce ne sont pas les gendarmes.

Ils sont tellement nerveux qu’ils prêtent peu attention au fait que je vienne les observer de si près.

Ils sont près à charger.Comment une situation pareille peut-elle être possible?

Des ordres tombent, la tension redescend d’un cran.

Je vois bien qu’il se passe quelque chose sous mes yeux que je n’arrive pas à expliquer.

Je suis alors devant le théâtre Marigny et voici quel est le titre de la pièce:

A moitié rassuré, j’ai dit « Ok, voyons la suite, mais je n’y crois pas trop. »

La suite, vous vous en doutez a été très encourageante, mais c’est une autre histoire.

« 10,000 jours, les ailes pour Marie partie 2 »

Nous écoutons les histoires et idéalisons,

la manière dont nous suivons le chemin du héros.

Focalisant sur le jour où les fleuves déborderont,

Et comment nous nous élèverons à la hauteur de notre halo.

Écoutant les histoires alors que nous rationalisons,

notre chemin dans les bras du Sauveur.

Feintant toutes les épreuves et les tribulations.

Aucun de nous n’a réellement été là-bas,

Pas comme toi …

Frères et sœurs ignorantes de la Congrégation.

Se rassemblent, crachant leur sympathie,

Épargnez-moi cela…

Aucun d’entre eux ne peut même bruler un cierge en ton nom.

Aveuglés par choix, ces hypocrites ne  verront rien.

Mais assez parlé de  cette assemblée de Judas.

Qui pourrait nier que tu étais celui qui nous a illuminé?

Avec ta petite part de divinité.

Et cette petite lumière en moi, ce cadeau que tu m’as transmis

Je vais la laisser briller

pour te guider en toute sécurité sur ton chemin.

Ton chemin vers ta maison …

Oh,  que vont-ils faire quand les lumières s’éteindront?

Sans toi pour  les guider jusqu’à Sion?

Que vont-ils faire quand les fleuves déborderont?

A part trembler sans répit.

Le chemin mène au delà des cieux,

mais notre regard demeure figé au sol.

Tu es la lumière et le chemin.

Qu’ils cherchent des yeux.

Je prie simplement, il n’y a que là-haut où l’on sait

Quand tu monteras.

10000 jours dans le feu est assez long.

Tu rentres chez toi …

Tu es le seul qui peut garder la tête haute,

A pouvoir frapper du poing sur la  porte du ciel en disant:

« Je suis revenu à la maison maintenant …! »

Vas me chercher les « Esprit, le Fils et le Père ».

Dis-leur que leur pilier de la foi est monté.

«Il est temps maintenant!

Mon temps est venu maintenant!

Donne-moi mes

Donne-moi mes ailes …! « 

Donne-moi mes [x5]

(Donne-moi mes ailes)

Tu es la lumière et le chemin.

Qu’ils cherchent des yeux.

J’ai certes un fort caractère et de l’arrogance.

Ce fardeau de  preuve jeté sur les croyants.

Tu étais mon témoignage, mes yeux, mon témoignage,

Judith Marie, inconditionnellement.

La lumière du jour faiblit et devient d’une froide fluorescence.

Difficile de te voir dans cette lumière.

S’il te plaît pardonne-moi cette suggestion audacieuse.

Si tu vois la face de ton Créateur ce soir,

Regarde le dans l’œil.

Regarde le dans l’œil et dis lui

Je n’ai jamais vécu un mensonge, jamais pris une vie,

Mais j’en ai sûrement sauvé une.

Hallelujah

Il est temps pour toi de me ramener à la maison.

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