Mon sorcier bien-aimé

Mon sorcier bien-aimé

A présent, il est temps de plonger dans la rédaction des Évangiles. C’est un sujet vaste et complexe qui nourrit les discussions entre spécialistes depuis deux millénaires. Nous n’allons pas tout décortiquer et nous concentrer sur une idée conductrice.

Le véritable évangile est un recueil de logions qui pourrait ressembler à celui de Thomas appartenant aux écrits découverts à Nag Hammadi. Malheureusement, celui-ci a vraisemblablement été rédigé par des partisans de la gnose, un mal qui se répandait alors dans la chrétienté et qui n’a jamais véritablement disparu. Les logions sont des phrases, des paraboles, des enseignements.

Les Évangiles canoniques que nous connaissons sont en réalité un assemblage entre ces logions, de l’exégèse primitive composée de citations d’écritures antérieures ou d’interprétations, le tout mis en situation dans le récit des actes prophétiques.

Il est généralement admis que les chapitres finaux concernant la mort et la résurrection ont été ajoutés postérieurement.L’Injil véritable serait donc la fameuse source Q selon la théorie populaire parmi les spécialistes. Malheureusement cette source Q ne peut pas être reconstituée.

Je ne vais pas m’étendre d’avantage sur les synoptiques puisque le sujet qui m’intéresse ici est la tradition Johannique. Le corpus johannique contient l’Évangile selon Jean, les épitres et l’Apocalypse. Il est essentiel de comprendre que l’évangile de Jean est issu d’une pensée différente des autres. Les buts poursuivis divergent. Les spécialistes s’accordent sur l’affirmation que cet évangile appartient plus à la littérature qu’à l’historicité. Il a donc une portée théologique supérieur. Il s’agit déjà du produit d’une première maturation de la pensée chrétienne. Effet amplifié par la reprise du texte majeure qui en a été faite. Il semble très peu basé sur la source Q, mais plutôt sur une autre source.

 

Il ne faut jamais perdre de vue que tous les Évangiles ne sont qu’une interprétation selon un point de vue donné. Ce n’est pas Dieu qui a canonisé les textes mais bel et bien les hommes. Ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire.

 

Malgré les oppositions de certains experts, on ne peut s’empêcher de ressentir à la lecture du texte, un certain gnosticisme. Et cela dès le début avec cette fameuse introduction: « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. »

La chose n’est pas dite explicitement, mais si l’on considère le texte dans son ensemble et que l’on s’appuie sur ces mots, l’auteur nous présente le messie comme de nature divine. Bien sur, notre perception est influencé par 20 siècle de religion. Mais si l’on essaie de faire abstraction et que l’on essaie de se replacer dans le contexte de l’époque, alors nous pouvons considérer que ce texte s’inscrit dans une tradition qui possède une doctrine de l’incarnation divine habilement suggérée, subsistant au milieu d’autres traditions réfutant cette idée. Nous savons que cette question a été débattu pendant près de 400 ans. L’auteur est en réalité un fin tacticien. Plutôt que d’exposer frontalement, il aspire à faire travailler l’intelligence de son lecteur. Mais que l’on ne s’y méprenne pas. Même suggérée, la doctrine johannique n’invite pas pour autant à de multiples interprétations.

Pour reprendre une analogie qui m’est cher, je dirais que nous sommes face à un puzzle en désordre.

Toutefois, il semblerait que ce puzzle n’est jamais été fini. Et ce, pour une raison toute simple: il manque une pièce.

Le but de cet article est de reconstruire cette pièce, de vous la donner, et qu’enfin la Vérité s’offre à vous.

 

A la suite de l’introduction de la Parole apparait Jean le Baptiste. On lui demande:« Toi, qui es-tu? 1.20 Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu’il n’était pas le Christ.  1.21 Et ils lui demandèrent: Quoi donc? es-tu Élie? Et il dit: Je ne le suis point. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non. »

Nous savons par la réflexion et par la lecture des Évangiles 12 Mais je vous dis qu’Élie est déjà venu, qu’ils ne l’ont pas reconnu […] 13 Les disciples comprirent alors qu’il leur parlait de Jean Baptiste. [Matthieu 17:12-13], que Jean était le nouvel Élie. Mais il n’était pas Élie en chair et en os. Il a donc répondu par la négative. Jésus était le « Christ » (traduction grecque de machia’h). Il reste donc le prophète. Mais qui est donc ce prophète dont parle le narrateur? Il est d’ailleurs le seul à rapporter cette parole totalement absente des synoptiques.

Plus loin, nous avons: Jean 7.40  Des gens de la foule, ayant entendu ces paroles, disaient: Celui-ci est vraiment le prophète. 41  D’autres disaient: C’est le Christ. […]

 Ce ne sont pas ces deux versets qui suffiront à légitimer Muhammad. Il est même possible que ces paroles soit une invention. Peu importe, car cela ne change rien à ma démonstration.

 

Voici maintenant le passage du consolateur qui a fait couler tant d’encre et qui a alimenté tant de querelles entre chrétiens et musulmans. Surtout depuis l’arrivée d’internet!

Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai.

16.8 Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement:

16.9 en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi;

16.10 la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus;

16.11 le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé.

16.12 J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant.

16.13 Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.

16.14 Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera.

16.15 Tout ce que le Père a est à moi; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend de ce qui est à moi, et qu’il vous l’annoncera.

 

Selon l’interprétation usuelle, il s’agit du Saint Esprit. Évidemment, annoncer la venue future du Saint Esprit alors qu’il est présent dans le monde dans un écrit antérieur, à savoir le livre de la Sagesse (daté du premier siècle avant notre ére) est plutôt curieux: Sagesse 1.5 L’Esprit-Saint, éducateur des hommes, fuit l’astuce; Mais passons.

 

Dans l’évangile de Jean, il y a un fil conducteur: celui qui est témoin des évènements et qui les couche sur le papier, est le disciple bien-aimé. Celui qui est si proche de Jésus pendant la cène.

 

Intéressons-nous à présent à l’Apocalypse. Sur la question du rédacteur de l’Apocalypse, les avis divergent nettement. Nombreux sont ceux qui considèrent le style de rédaction bien trop éloigné de celui de l’évangile et affirment qu’il y a deux auteurs distincts. En effet, c’est à envisager. Mais encore une fois, cela ne gène en rien ma démonstration. La personne qui rédige l’Apocalypse se présente comme étant Jean. Et même si les formes diffèrent, il est clair qu’il y a une volonté affirmée à l’intérieur même du texte de faire le lien avec le Jean de l’évangile.

Lorsque l’on lit l’Apocalypse, il n’y a alors plus aucune ambiguïté. Il s’agit bien de la Révélation que Jésus fait à Jean par l’intermédiaire des anges. Jésus est associé à Dieu.

1.1 Révélation de Jésus Christ (Apocalypse signifie révélation), que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt, et qu’il a fait connaître, par l’envoi de son ange, à son serviteur Jean,

Il y a clairement une vision trinitaire qui s’impose d’elle-même. Il est donc logique qu’en canonisant ces deux écrits, l’église soit allé au bout de ce concept et l’ait établi comme un dogme.

 

Quand je me suis intéressé à la religion, une des premières choses qui m’a fait comprendre que nous étions dupés, était le sens du mot Apocalypse. Loin d’être synonyme de destruction comme les studios d’Hollywood voulait nous l’imprimer dans le crâne, cela signifie révélation. Mais le Shaytan a plus d’un tour dans son sac. Pour ceux qui aurait franchi l’étape du scénario catastrophe, une deuxième barrière vient s’imposer: celle qui consiste à considérer ce livre comme annonciateur de la fin des temps à venir. Sur internet, on ne compte plus les sites dédiés au décryptage et à l’annonce des évènements à venir ou en cours. C’est à qui parviendra à trouver LA solution. Certains ont bâti leur carrière sur ce principe. L’exemple qui me vient immédiatement en tête est Pierre Jovanovic, ses nombreux bouquins, ses nombreux adeptes. Jovanovic signifie « fils de Jean ». Il en est le digne héritier spirituel à n’en point douter.

Mais hélas, trois fois hélas, l’Apocalypse de Jean n’est absolument pas un livre prophétique de notre temps. C’est un livre en lien total avec son époque. D’ailleurs, il fait mention des sept églises et les nomme. Ce sont les églises les plus importantes du monde de la diaspora selon l’auteur. Celui-ci explique la situation au moment de la rédaction et ce qui va arriver immédiatement après. Il s’agit de prophétie de court terme. Le royaume est considéré comme sur le point de s’établir. Le livre aspire à exposer toute chose.

 

Pour résoudre l’énigme, il nous faut maintenant considérer les choses d’une manière plus globale. Résumons-nous:

-Suggestion que Jésus soit Dieu incarné sur terre (Parole)

-Attente d’un prophète par les juifs (3 personnes en tout)

-Annonce par Jésus du Consolateur exposant toute chose

-Jean est le disciple bien-aimé

-Jean nous expose la gloire de Dieu à venir

 

En vérité, que Jean soit un personnage fictif ou réel, il est un faux prophète. Il est un envoyé de Satan. L’Apocalypse plutôt que de nous exposer toute chose, n’a pour d’autre dessein que d’embrouiller le lecteur dans ses fantasmes. Tout peut être interprété comme tout et son contraire. Le livre a résisté 2000 ans. Il a largement rempli sa fonction! La secte johannique fut une belle entreprise. On ne peut qu’admirer le travail.

Pour être considéré comme un prophète par ses contemporains, Jean avait besoin d’être légitimé par Dieu. Il se présente comme le bien-aimé de Jésus et démontre que Jésus est Dieu. Durant sa présence sur terre, Dieu incarné aurait donc choisit les Apôtres et désigné le prophète qui allait prolonger son action sur terre. Jean se présente donc bien comme  le prophète attendu. Il est le troisième homme. Comme tout faux prophète, il distille le mensonge. Son concept de l’incarnation est une atteinte inexcusable à l’Unicité divine.

Ne croyez pas que ceux qui ont créé l’église de Rome était ignorants de tout cela. Ils sont coupables.

 

Car, il y a 2000 ans, tout le monde connaissait une prophétie qui a été occultée et masquée dans les écritures:

Après Elie et le messie, Dieu annonçait la venue de son prophète bien-aimé.

 

Mais Dieu utilise toujours ses ennemis contre eux-mêmes: en utilisant cette prophétie pour se légitimer, ce faux-prophète nous l’a transmis au travers du temps à ses dépends par sa technique « puzzle ». Il légitime ainsi le réel prophète aux yeux des chrétiens.

 

Muhammad est le bien-aimé de Dieu.

Je ne saurais trop que déconseiller à quiconque de le prendre en raillerie. Car si Dieu est miséricordieux et amour, il est aussi extrêmement dur en punition, surtout au sujet de ceux qu’Il aime. Les Signes annonciateurs ont été suffisamment nombreux. La Colère s’abat. Et cette colère s’abat en se servant de ses autres ennemis: les djihadistes. Pervers et violents se détruisent les uns les autres.

A bon entendeur…

 

 

L’évangile de Thomas:http://www.naghammadi.org/traductions/textes/evangile_thomas.asp

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