La trance et le Shaytan

La trance et le Shaytan

Dernières modifications le 11 mars 2015·4 minutes de lecture

Là où réside le bien, le mal rôde.

Pour réaliser qu’il y a présence divine, il faut parfois percevoir la présence de son pire ennemi.

A Ozora, en 2009, nous étions parti à 7. Un soir, nous avions décidé, une fois n’est pas coutume, de mener une action de groupe en prenant tous la même drogue, je crois qu’il s’agissait de MDMA, et de rester tous ensemble toute la nuit. Je n’avais pas pris grand chose et j’étais plutôt en position d’observateur de mes amis délirant autour de moi. Peu importe. Il faut être tolérant et patient d’un coté comme de l’autre. Les heures ont défilées et nous étions au coeur de la nuit. Si à Ozora, en journée, l’ambiance est bon enfant, la nuit révèle un tout autre aspect. Cela cogne dur et rapide, mais surtout le son est très sombre.

Nous voilà tous les 7 au milieu du dance floor. Comme il est impossible physiquement de suivre le rythme beaucoup trop rapide, chacun se balance gentiment, la tête perdue dans les envolées psychédéliques. Je regarde tour à tour tous mes amis. J’ai l’impression d’être entouré de zombies. La musique et les éclairages savamment étudiés, semblables à des visages démoniaques tout autour du pylône central sont les responsables de cet état. Je vais vers chacun et je leur fais part de mon impression sur eux. A mon grand étonnement, ils ne protestent pas et acquiescent. Le groupe accepte facilement de partir du dance floor. Il nous faut à présent traverser une sorte de plaine d’une centaine de mètres qui est vide et plongée dans le noir afin de retourner dans le village. Alors que nous nous éloignons du son et de son emprise, des bruits semblables à des hurlements emplissent tout l’espace au dessus des basses. J’ai cette étrange impression que le dance floor est une espèce de bête monstrueuse qui nous hurle dessus parce que nous refusons de nous y soumettre. Je n’étais pas croyant à ce moment là, mais ce qui parvenait à mes oreilles m’apparaissait comme clairement satanique et s’est produit exactement au moment où nous nous en allions. Cela m’a marqué. Avec le recul, je n’ai pas peur d’affirmer que le Shaytan « était » aux platines ce soir là et que ce que nous avions entendu nous était adressé.

Le dance floor, le feu, la plaine et le début du village.

Deux ans plus tard, retour à Ozora.

Si vous avez suivi mes précédents écrits, vous savez que nous avions pour voisins immédiats des soldats réservistes de Tsahal, des grecs, des belges, des hongrois… etc. La trance est un formidable endroit de rencontre. De tous les gens qui nous rendaient visite, il en était un qui ne laissait personne indifférent et qui disait s’appeler Moïse. La trance est un univers propice à se libérer de ses contraintes, mais il faut reconnaitre que Moïse était clairement en dehors du moule. Il allait de groupe en groupe et prêchait la prise de conscience sur ce qui selon lui dirigeait le monde. C’était la première fois que j’étais face à une personne qui revendiquait publiquement être complotiste (mystique).

J’avoue, j’étais totalement réfractaire à ce mode de pensée et la tension est vite montée entre nous deux. Quelle ironie.

Et puis un jour, vers la fin du festival, la nouvelle est tombée. Au départ j’ai cru à une mauvaise blague, mais plusieurs personnes ont confirmé.

Il se tenait à coté du feu, un immense feu de plusieurs mètres de diamètre que l’on peut voir à de nombreuses reprises dans la vidéo.

Il a crié quelque chose comme « Je suis immortel » ou bien « je suis une divinité » (pardonnez-moi mais j’ai préféré occulter ce moment) et il s’est jeté dans le feu.

Lorsque j’ai vu la photo, cela m’a rappelé ce souvenir affreux puis j’ai vu ce détail dans l’image. Mon ami n’y avait pas prêté attention, cela l’a troublé également. Ce détail n’est pas là par hasard, et j’ai compris le message qui m’était destiné: des cornes apparaissaient sur le personnage situé entre Moïse et le feu.

Passage de l’image extraite:

Ozora, Aout 2011. La photo jointe a été extraite par un de mes amis, du film officiel du festival trance Ozora résumant l’édition 2011, pour me rappeler ce moment marquant. Il s’agit d’une capture d’écran, et l’instant a été choisi apparemment uniquement pour des raisons esthétiques. On ne s’en rend pas compte au premier coup d’œil, mais l’image fait parti d’un fondu entre trois séquences et on voit les éléments les plus lumineux de la séquence suivante apparaitre.

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