Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?

Cette dernière phrase prononcée à la fin d’un long calvaire pourrait sembler comme un aveu d’abandon de la foi et de doute. Si pour la grande majorité des chrétiens, ils voient là une preuve de la part d’humanité de celui qu’ils considèrent comme le “fils de Dieu” (dans la vision trinitaire), il n’en va évidement pas de même pour les exégètes chrétiens sérieux qui savent très bien qu’il s’agit là d’une puissante référence scripturaire. Malheureusement, les analyses sur le sujet, si elles ne se limitent pas seulement à cette seule phrase, ne vont jamais jusqu’au bout. Il ne faut pas y voir un manque de sérieux ou de compréhension, car en réalité, tout est limpide. Mais quand on ne peut ou ne veut pas voir, alors on demeure aveugle.
Je ne dévoile rien de nouveau en disant que cette phrase est l’introduction du Psaume 22. Le voici:
  • 1 Au chef des chantres. Sur « Biche de l’aurore ». Psaume de David. 2 Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné, Et t’éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes ? 3 Mon Dieu ! je crie le jour, et tu ne réponds pas; La nuit, et je n’ai point de repos. 4 Pourtant tu es le Saint, tu sièges au milieu des louanges d’Israël. 5 En toi se confiaient nos pères; Ils se confiaient, et tu les délivrais. 6 Ils criaient à toi, et ils étaient sauvés; Ils se confiaient en toi, et ils n’étaient point confus.
Lorsque le Créateur avait établi un lien privilégié avec un groupe réduit d’hommes face à un monde hostile, son action était clairement visible. A présent, que les véritables croyants sont dilués dans la masse, nous ne pouvons percevoir ces choses aussi distinctement. Tout est beaucoup plus subtil.
  • 7 Et moi, je suis un ver et non un homme, L’opprobre des hommes et le méprisé du peuple. 8 Tous ceux qui me voient se moquent de moi, Ils ouvrent la bouche, secouent la tête : 9 Recommande-toi à l’Eternel ! L’Eternel le sauvera, Il le délivrera, puisqu’il l’aime!
Ce passage rappelle le chapitre 53 d’Esaïe, du serviteur souffrant qui n’a rien pour plaire. Le messie n’est pas un homme qui fait rêver les foules. Ce verset va à l’encontre de certains passages des Évangiles où l’on décrit des foules qui le suivent. Il est donc logique que l’étude du Psaume soit laissée de coté. Comme on le voit bien ici, la plupart ne croit pas qu’il soit un envoyé de Dieu. Lui-même n’a d’ailleurs pas une haute opinion de lui.
  • 10 Oui, tu m’as fait sortir du sein maternel, Tu m’as mis en sûreté sur les mamelles de ma mère; 11 Dès le sein maternel j’ai été sous ta garde, Dès le ventre de ma mère tu as été mon Dieu. 12 Ne t’éloigne pas de moi quand la détresse est proche, Quand personne ne vient à mon secours !
Contrairement à la majorité des prophètes, l’annonciation faite à sa mère avant sa naissance, a fait de lui un envoyé dès le berceau.
  • 13 De nombreux taureaux sont autour de moi, Des taureaux de Basan m’environnent. 14 Ils ouvrent contre moi leur gueule, Semblables au lion qui déchire et rugit. 15 Je suis comme de l’eau qui s’écoule, Et tous mes os se séparent; Mon coeur est comme de la cire, Il se fond dans mes entrailles. 16 Ma force se dessèche comme l’argile, Et ma langue s’attache à mon palais; Tu me réduis à la poussière de la mort. 17 Car des chiens m’environnent, Une bande de scélérats rôdent autour de moi, Ils ont percé (voir notes) mes mains et mes pieds. 18 Je pourrais compter tous mes os. Eux, ils observent, ils me regardent; 19 Ils se partagent mes vêtements, Ils tirent au sort ma tunique.
Il s’agit d’une description des douleurs de la crucifixion. Percé par des clous, entouré de voleurs et de gens fascinés par la mort.
  • 20 Et toi, Eternel, ne t’éloigne pas! Toi qui es ma force, viens en hâte à mon secours ! 21 Protège mon âme contre le glaive, Ma vie contre le pouvoir des chiens ! 22 Sauve-moi de la gueule du lion, Délivre-moi des cornes du buffle !
Surement des versets dénonçant les empires qui se partageaient le pouvoir il y a 2000 ans, et des guerres qu’ils se livraient sans cesse. Le pouvoir d’ici-bas.
  • 23 Je publierai ton nom parmi mes frères, Je te célébrerai au milieu de l’assemblée.
Ceux qui le suivront auront une part du royaume céleste.
  • 24 Vous qui craignez l’Eternel, louez-le! Vous tous, postérité de Jacob, glorifiez-le! Tremblez devant lui, vous tous, postérité d’Israël ! 25 Car il n’a ni mépris ni dédain pour les peines du misérable, Et il ne lui cache point sa face; Mais il l’écoute quand il crie à lui. 26 Tu seras dans la grande assemblée l’objet de mes louanges; J’accomplirai mes voeux en présence de ceux qui te craignent. 27 Les malheureux mangeront et se rassasieront, Ceux qui cherchent l’Éternel le célébreront. Que votre cœur vive à toujours ! 28 Toutes les extrémités de la terre penseront à l’Éternel et se tourneront vers lui; Toutes les familles des nations se prosterneront devant ta face. 29 Car à l’Eternel appartient le règne : Il domine sur les nations.
Ceci est la promesse d’un véritable monothéisme qui se révèle au monde antique, c’est à dire autour de la Méditerranée.
  • 30 Tous les puissants de la terre mangeront et se prosterneront aussi;
Malgré la dénaturation du message initial par le pouvoir romain, il n’en reste pas moins que le monde antique a basculé dans un nouveau paradigme par l’élite. Ainsi, vers 496, Clovis, roi des francs, se convertit au christianisme et c’est le début d’une longue lignée royale dite “de droit divin” dans ce que l’on appelle dorénavant la France. Les royaumes chrétiens sont alors encore divisés en unitariens et trinitaires. Les guerres entre pays chrétiens dureront jusque vers le début du 7ème siècle.
  • Devant lui s’inclineront tous ceux qui descendent dans la poussière, Ceux qui ne peuvent conserver leur vie. 31 Leur postérité, à son tour, servira l’Éternel et parlera de lui à la génération qui viendra après elle.
Après la mort du messie, les générations se suivront pour diffuser la bonne nouvelle du royaume. Ici sont décrits les 7 premiers siècles de notre ère.
  • 32 Cette postérité publiera sa justice et elle annoncera au peuple qui va naître ce qu’a fait l’Éternel pour le salut des siens.
Le Psaume et la crucifixion s’achève donc sur la prophétie de la formation d’un nouveau peuple. Ce peuple héritera de tout le savoir des gens du Livre. Genèse annonce trois nations. Les deux jumelles (Esau/Jacob) sont déjà là. Il s’agit donc d’Ismaël.
Vous comprenez à présent pourquoi, aucune analyse ne va jusqu’à son terme. Mais nous pouvons aller encore plus loin:
  • Mat 27.46 Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éli, Éli, lama sabachthani?
Rares sont les citations dans la langue originale. Il s’agit bien d’araméen. Or, le Psaume 22 est rédigé en hébreu. Ce n’est certes pas dans le but d’être compris du plus grand nombre, qu’il utilise l’araméen. Mais avant de fournir une explication, voyons l’impact que cela produit:
  • 27.54 Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et ce qui venait d’arriver, furent saisis d’une grande frayeur, et dirent: Assurément, cet homme était Fils de Dieu.
Ce tremblement de terre est une image pour décrire l’effet produit par la compréhension du lien entre la crucifixion et le Psaume 22. Un érudit connaissant les écritures par coeur devait assister à la scène et après avoir fait le lien entre la phrase prononcée et le Psaume 22, a du l’expliquer aux gens qui l’entourait. Et cet érudit n’était autre que Marie “Magdala” (migdala= lieu en hauteur, sous-entendue ici, spirituelle, lieu sacré, qualité donnée à posteriori) . Ceci explique pourquoi elle se rendit à la tombe le dimanche matin guidée par son intuition sur la réalisation de la prophétie des 3 jours au tombeau accomplie par les romains eux-mêmes. En effet, il n’y avait aucune raison de visiter un mort alors que sa décomposition était déjà entamée (le processus est rapide dans ces pays là). L’embaumement n’était d’ailleurs pas une pratique juive. La vérité qui éclate à la face du monde est telle un tonnerre qui déchire le ciel dans un grand fracas. Et ce grand fracas est produit par les mots qui sortent de la bouche même de celle qui aimait le messie et qui, par amour pour le Créateur, a accepté de le laisser mourir et ainsi d’abandonner toute volonté de partager sa vie avec lui ici-bas. La puissance ainsi libérée, a réduit au silence tous ceux qui, l’instant d’auparavant, n’ayant pas compris, se gaussaient en constatant que Eli (Dieu en araméen) ne venait pas le secourir.
Il faut imaginer la scène où tout le monde se met à réciter les paroles du Psaume avec de grands yeux effarés en réalisant la réelle portée de ce qui est en train de s’accomplir. Même les soldats romains comprennent à ce moment là. C’est eux qui prononcent les mots: “fils de Dieu”. Bien sur, cette expression n’a rien de choquant en langage biblique et n’indique pas une filiation divine. Elle est couramment utilisée pour d’autres personnages. Mais pourquoi cette conclusion?
La phrase d’introduction du Psaume 22 a été prononcée en araméen. C’est un fait remarquable. Un fait tout autant remarquable que la présence d’un mot araméen parmi les Psaumes. En effet, lorsque l’on désigne un fils dans les Psaumes, qu’il soit “fils de Dieu”, ou bien fils réel d’un homme, le mot utilisé est ben (ben ou ibn en arabe). (3600 fois dans toute la Bible). Une seule fois, le mot pour fils est bar. Il s’agit d’araméen. C’est dans le Psaume 2:
1 Pourquoi ce tumulte Parmi les nations, Ces vaines pensées parmi les peuples ? 2 Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils Et les princes se liguent-ils avec eux Contre l’Éternel et contre son oint ?- 3 Brisons leurs liens, ( rappel de Psaume 22: 21 Protège mon âme contre le glaive, Ma vie contre le pouvoir des chiens! 22 Sauve-moi de la gueule du lion, Délivre-moi des cornes du buffle!) Délivrons-nous de leurs chaînes! 4 Celui qui siège dans les cieux rit, Le Seigneur se moque d’eux. 5 Puis il leur parle dans sa colère, Il les épouvante dans sa fureur : 6 C’est moi qui ai oint mon roi Sur Sion, ma montagne sainte! 7 Je publierai le décret; L’Éternel m’a dit : Tu es mon fils (ben)! Je t’ai engendré aujourd’hui. (il s’agit donc bien de la naissance spirituelle d’un homme déjà adulte) 8 Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, Les extrémités de la terre pour possession; 9 Tu les briseras avec une verge de fer, Tu les briseras comme le vase d’un potier. 10 Et maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse! Juges de la terre, recevez instruction! 11 Servez l’Éternel avec crainte, Et réjouissez-vous avec tremblement. 12 Baisez le fils (bar dans le texte original), de peur qu’il ne s’irrite, Et que vous ne périssiez dans votre voie, Car sa colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui!

La Vérité est le Fracas.

Notes:

“Ils ont percé” Bien sur, ce Psaume est connu des rabbins modernes. Bien sur, il savent lire aussi. Face à l’évidence, ils opposent une contestation textuelle en arguant être les meilleurs à interpréter l’hébreu biblique. Ainsi ils traduisent “keari” par comme (ke) le lion (ariy). Voici la phrase traduite selon le rabbinat: Car des chiens m’enveloppent, la bande des méchants fait cercle autour de moi; comme le lion [ils meurtrissent] mes mains et mes pieds. Tout d’abord, force est de constater que, de tout le psaume, c’est le seul passage qui contraint ces traducteurs à ajouter une mention entre parenthèse. Dans les langues sémitiques, il faut parfois, en effet, pratiquer de telles choses dans la traduction. Mais ici, il y a ambiguïté de sens, il est donc impératif de ne pas focaliser sur le mot mais de s’appuyer sur le contexte. Si l’on choisit l’option de keari comme étant le verbe percer/creuser, il n’y alors plus besoin de parenthèse. Et le lien entre ce verbe et les mains et pieds est plus évident. Surtout quand on est mis face à la vérité de la crucifixion comme accomplissement de la prophétie. Si keari signifiait comme le lion, nous devrions trouver un verbe à proximité. En effet, nous retrouvons ailleurs cette expression dans la Bible: Genèse 49 : 9 ; Nombres 23 : 24 ; Nombres 24 : 9 . Dans ces 3 versets, le verbe est situé immédiatement avant ou après l’expression. Cet argument est tiré de cette liste. Chacun pourra se pencher en détail sur l’argumentaire pour le déconstruire et constater sa faiblesse. Il est surtout intéressant de prendre connaissance des prophéties exposées, puisque l’on peut constater qu’elles ne sont que des interprétations comme étant messianiques. Si bien que tout cela, au fond, n’est pas une querelle textuelle. La vérité jaillit des tripes.

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