Sète, Foix, Troyes

Sète, Foix, Troyes

Stephan Pain·vendredi 5 août 2016

Le psaume 119 est le plus long psaume. C’est aussi le plus long chapitre de la Bible avec ses 176 versets. Il fait parti des quelques poèmes acrostiches que l’on trouve dans la Bible. Ses 176 versets sont divisés en 22 strophes, une pour chacun des 22 caractères que compte l’alphabet hébreu. Dans le texte hébreu, chacun des huit versets de chaque strophe commence par la même lettre hébraïque. Son thème principal est la Loi (en hébreu: Torah) et il est surnommé par certains exégèses le psaume de la Parole. Il a continuellement donné lieu à de nombreuses analyses dans le monde chrétien depuis ses origines. Son verset le plus connu est celui-ci:

  • Psaumes 119.105 Ta parole est une lampe à mes pieds, Et une lumière sur mon sentier.
Un autre de ses versets a été à l’origine de l’établissement du culte dans diverses congrégations chrétiennes:
  • 119.164 Sept fois le jour je te célèbre , A cause des lois de ta justice. (célèbre: halal: louanger, ex: halleluya, louanges à Dieu, équivalent de al hamdulillah)
Cependant, à l’époque du Temple d’Hérode, tel que cela est rapporté dans les Évangiles, le nombre de prières étaient de 3. C’est toujours le cas de nos jours dans le judaïsme. Un psaume en témoigne:
    • Psa 55.17 Le soir, le matin, et à midi, je soupire et je gémis, Et il entendra ma voix. (la prière du midi avait plutôt lieu vers la neuvième heure, c’est à dire vers 15h, au milieu de l’après-midi)
  • Daniel 6.10 Lorsque Daniel sut que le décret était écrit, il se retira dans sa maison, où les fenêtres de la chambre supérieure étaient ouvertes dans la direction de Jérusalem; et trois fois le jour il se mettait à genoux, il priait, et il louait son Dieu, comme il le faisait auparavant.
Apparemment, nous avons là des informations contradictoires. Aidons-nous du Coran pour avoir des informations alternatives. L’une des sourates les plus connues du Coran est an-nour, la lumière, 24. Un de ses versets est souvent recopié sur les murs des mosquées:
 35.Allah est la Lumière des cieux et de la  terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La  lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un  astre de grand éclat; son combustible vient d'un arbre béni : un olivier  ni oriental ni occidental dont l'huile semble éclairer sans même que le  feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui Il  veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient. 

… une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat; …
Ce verset rappelle celui du psaume 119 sur la lumière. Et on peut également y lire ceci:
  • 41.N’as-tu pas vu qu’Allah est glorifié par tous ceux qui sont dans les cieux et la terre; ainsi que par les oiseaux déployant leurs ailes? Chacun, certes, a appris sa façon de Le prier ( ṣalātahu ) et de Le glorifier (watasbīḥahu ). Allah sait parfaitement ce qu’ils font.
Ici, Allah distingue le fait d’accomplir la salat et celui de le louanger/glorifier (racines ḥmd et sbḥ). Bien sur, lors de la salat, nous rendons gloire à Dieu. Mais la salat obéit à des règles bien précises: les ablutions, la qibla, la prosternation. Il est tout à fait possible de louanger sans obéir à ces règles. En effet, la particularité de la salat est qu’elle contient une invocation, c’est à dire une demande de la part de la créature à son Créateur. C’est donc l’invocation qui impose ces règles.
Le Coran est un livre complet et détaillé. Ceci est rappelé de nombreuses fois. Un verset vient confirmer que le Coran mentionne les moments destinés à la prière:
  • 4.103. Quand vous avez accompli la Salat, invoquez le nom d’Allah, debout, assis ou couchés sur vos côtés. Puis lorsque vous êtes en sécurité, accomplissez la Salat (normalement), car la Salat demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés kitāban mawqūtan . Le mot kitaban, de la racine ktb: écrire, indique sans aucune ambiguïté que la source est le Coran, puisque les hadiths faisait parti de la tradition orale dans les débuts de l’Islam.
Nous pouvons ainsi parvenir à retrouver des indications précises du déroulé de la journée.
Quant aux louanges:
  • 20.130.Supporte patiemment ce qu’ils disent et célèbre Sa louange, avant le lever du soleil ṭulūʿi l shams , avant son coucher waqabla ghurūbihā . Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent. Peut-être auras-tu satisfaction :
Le fait que la prescription indique que la louange se fait avant le coucher du soleil montre de toute évidence que ce verset ne concerne pas la salat puisque la période de cette dernière se situe entre le coucher et la nuit noire, comme il est indiqué plus bas.
30.18. A Lui toute louange dans les cieux et la terre, le soir waʿashiyyan et (au milieu de la journée) tuẓ’hirūna .
33.42. et glorifiez-Le le matin buk’ratan et l’après-midi wa-aṣīlan . (nous retrouvons asilan dans le verset 13.15. Et c’est à Allah que se prosternent, bon gré mal gré, tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre, ainsi que leurs ombres, au début bil-ghuduwi et à la fin de journée wa-aṣīlan. la présence d’ombres indiquant que le soleil est apparent. Il ne peut s’agir du soir comme dans certaines traductions.)
52.48. et supporte patiemment la décision de ton Seigneur. Car en vérité, tu es sous Nos yeux. Et célèbre la gloire de ton Seigneur quand tu te lèves; 49. Glorifie-Le une partie de la nuit et après que les étoiles aient disparu (de la vue)
40.55. Endure donc, car la promesse d’Allah est vérité, implore le pardon pour ton péché et célèbre la gloire et la louange de ton Seigneur, soir et matin .
50.39. Endure donc ce qu’ils disent : et célèbre la louange de ton Seigneur avant le lever du soleil ṭulūʿi l shams et avant [son] coucher waqabla l-ghurūbi ; 40. et célèbre Sa gloire, une partie de la nuit et à la suite des prosternations [prières].
15.98. Glorifie donc Ton Seigneur par Sa louange et sois de ceux qui se prosternent; Nouvelle distinction entre les deux rites.
Au passage, rétablissons le sens du verset 15.87. Classiquement, il est expliqué qu’il est question de la Fatiha (7 versets que l’on répète). Or, la Fatiha est incluse dans le Coran. Il s’agit ici d’une autre répétition:
  • 15.87. Nous t’avons certes donné les sept répétitions, ainsi que le Coran sublime.
Il s’agit des tasbih, les louanges, au nombre de 7, telles que décrites dans: 119.164 Sept fois le jour je te célèbre , A cause des lois de ta justice.
Les tasbih, sont en effet, des répétitions d’expressions de louanges.
Quant à la salat:
2.238. Soyez assidus aux Salats (pluriel 3+) et surtout la Salat médiane al wusta; et tenez-vous devant Allah, avec humilité .
11.114. Et accomplis la Salat aux deux extrémités ṭarafayi du jour l-nahāri et aux abords de la nuit wazulafan (pluriel) mina l layl. Les bonnes oeuvres dissipent les mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent. Généralement wazulafan est traduit abusivement par “à l’approche de” et semble indiquer la salat ishaa. En réalité, le mot est au pluriel et indique également deux extrémités: celles de la nuit. On perçoit la symétrie.
17.78. Accomplis la Salat au déclin du soleil (littéralement lorsque le soleil frotte) jusqu’à l’obscurité de la nuit, et [fais] aussi la Lecture à l’aube, car la Lecture à l’aube a des témoins.
Les noms sont donnés dans la sourate an nour: 58. O vous qui avez-cru! Que les esclaves que vous possédez vous demandent permission avant d’entrer, ainsi que ceux des vôtres qui n’ont pas encore atteint la puberté, à trois moments: avant la Salât al-Fajr, à midi quand vous enlevez vos vêtements, ainsi qu’après la Salât al-`Isha; trois occasions de vous dévêtir. En dehors de ces moments, nul reproche ni à vous ni à eux d’aller et venir, les uns chez les autres. C’est ainsi que Dieu vous expose clairement Ses versets, et Dieu est Omniscient et Sage.
Le surérogatoire:
17.79. Et de la nuit, (accomplis des actes ?) fatahajjad supplémentaires: afin que ton Seigneur te ressuscite en une position de gloire maḥmūdan .
76.26. et prosterne-toi devant Lui une partie de la nuit ; et glorifie-Le de longues [heures] pendant la nuit.
Des précisions sur les actes surérogatoires sont apportés pas la sourate 73:
  • 1. Ô! ,toi , l’enveloppé! 2. Tiens-toi la nuit, excepté une petite partie; 3. Sa moitié, ou un peu moins; 4. ou un peu plus. Et warattili le Coran, tartilan. 5. Nous allons te révéler des paroles lourdes . 6. Grandir (en connaissance) pendant la nuit est plus efficace et plus propice pour la Parole. 7. Tu as, dans la journée, à vaquer à de longues occupations. (…) 20. Ton Seigneur sait, certes, que tu te tiens debout moins de deux tiers de la nuit, ou sa moitié, ou son tiers. De même qu’une partie de ceux qui sont avec toi. Allah détermine la nuit et le jour. Il sait que tu ne la comptes pas. Aussi Il a envers vous de l’indulgence. Lisez donc ce qui [vous] est possible du Coran. (…)
Le mot rattil signifie colonne/file de gens. Il s’agit ici d’étudier le Coran en plaçant ses mots en colonne et en répertoriant toutes les occurrences d’un mot pour cerner un sujet. C’est ce que je fais en ce moment même avec les verbes à l’impératif sabih et aqimu. Je liste ainsi tous les versets qui traitent du sujet du tasbih et de la salat. La sourate 73 qui est expliquée comme traitant de la récitation nocturne, parle en réalité de l’étude approfondie du sens des mots. C’est la sourate qui donne la clef de la compréhension de la Parole: la véritable lumière. Le titre ne fait pas référence à des vêtements mais au calme de la nuit qui enveloppe l’étudiant du Coran.

7 Tasbih et 3 Salats
A ma mère, décédée le 5 Aout 2015.
Explication de l’image de couverture: Février 2012. Port de Bouc. Un coin de Méditerranée industriel. Du béton et de la mélancolie. Nous voilà sur une plage. Pas vraiment le genre de plage où l’on prend des photos. Par terre, je remarque un morceau de ferraille découpé en forme de E. Puis un autre et encore un autre. Je finis par suivre une espèce de piste. J’ai comme une intuition que cette piste va me mener quelque part. Il faut dire qu’à cette époque, Allah était très intrusif dans mes faits et gestes. Il m’arrivait d’être parfois comme téléguidé. J’ai beaucoup plus de libre-arbitre à présent. Mais aussi beaucoup plus de sagesse. Les E s’arrêtent. Je me pose devant le dernier et je lève la tête. Voilà ce que je vois. Je n’ai absolument pas bougé. Et je dis: « Ok, j’ai compris. » Depuis maintenant 3 ans il n’y avait qu’un simple titre à cette photo. J’ai pensé que je devais expliquer les conditions de sa prise de vue. Surtout faire comprendre que ce n’était pas vraiment moi qui avait pris cette photo. Je ne faisais que porter l’appareil et appuyer sur le bouton. Je réalise aujourd’hui qu’au moment où j’ai pris cette photo, je ne l’avais pas vraiment comprise. J’avais bien compris le cadrage et les éléments, la perspective. Mais pas le fond. Je n’avais pas le recul. Majda (Magda) a appelé cette image « Route du Calvaire, direction Golgotha. » A ce moment là, j’ai pensé qu’elle faisait référence au passé. En réalité, il s’agissait d’un futur. En effet, j’étais bel et bien au tout début de la route. Mais ça, je ne l’avais pas compris.
Un jour, je discutais de la croix comme symbole chrétien avec Esaïe: Pourquoi ont-ils choisi un symbole de mort pour représenter la vie? Il me répond: La croix évoque pour moi le Christ qui écarte les bras pour accueillir chacun de nous et nous faire rédemption.
Il pourrait donc y avoir eu un chemin vers le tourment avec la croix de souffrance comme étape finale. Et un chemin vers la rédemption avec cette croix d’accueil à la rédemption au bout. Les bidons vont en réduisant de taille.
Remarque: Je viens de réaliser que le premier bidon est marqué d’un 21. On retrouve ce 21 sur la voiture du premier plan de mon collage « 9/11 ».
Les E pourraient tout aussi bien être des m.
4 ans plus tard, j’ai retrouvé l’endroit grâce à Streetview:

Vue du dessus, la tour du port est ronde.
Le 21 figure donc aussi ici:

collage en cours d’arts plastiques, classe de troisième, 1988

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