‘Amram

‘Amram

Dans le Coran, une place particulière est accordée à la famille de ’Imran. Si j’écris ainsi, c’est tout simplement parce que le ayn en début de mot est une consonne mais disparait en français. L’hébreu moderne a fait lui aussi disparaitre le ayn. L’arabe le conserve. Pour la suite, je vais donc noter ‘Imran. La famille de ‘Imran est une famille bénie et qui est au cœur de la Révélation. Elle se situe dans le prolongement de la lignée des Patriarches. ‘Imran est un descendant de Levi, l’un des 12 fils de Jacob/Israël.
Dans la Bible, l’accent est mis sur la lignée fondatrice des Patriarches. Mais si Moise et Aaron, paix sur eux, sont fils de ‘Amram et qu’une lignée sacerdotale est issue d’eux, elle n’a pas de place particulière dans les écrits relatant la période située après l’installation en Canaan. Les écrits bibliques, au contraire, tournent autour de la lignée davidique. David, paix sur lui, est quant à lui, fils de Juda. Les Juifs, donc descendants de Juda, attendent la venue d’un Messie, c’est à dire d’un roi oint d’ascendance davidique. Il est donc clair que la famille de ‘Amram et celle de David sont distinctes.
Dans les évangiles, le Messie, en la personne de Yehoshouah ben Yossef, est présenté comme descendant de David. Pour appuyer cette idée, deux généalogies différentes sont proposées, mais qui sont toutes les deux davidiques. De plus, il est dit que la Nativité a lieu à Bethléem, lieu de naissance de David et lieu d’accomplissement d’une supposée prophétie messianique de Michée. Apparemment donc, les évangiles confirment la Bible judéenne et non le Coran.
Des détracteurs du Coran ont fait valoir de grossières erreurs dans l’ascendance de Marie, paix sur elle. Le Coran affirme que Marie et la mère de Jean le baptiste appartiennent à la famille de ‘Imran puisqu’elles sont descendantes d’Aaron. Zacharie, le père de Jean, est grand prêtre. Les évangiles et le Coran sont en accord sur ce point. Il est au service du Temple lorsque il a une révélation divine concernant la naissance de son fils.
Il est essentiel de connaitre la répartition territoriale initiale des tribus d’Israël. Chaque tribu s’est vu attribuer une partie de la Terre Promise. Toute sauf une, la tribu des lévites. Les lévites, de par leur fonction sacerdotale, n’ont pas de territoire défini. Ils sont donc partout. Si bien que lorsque Juda et Samarie se séparent, nous trouvons des lévites des deux cotés. Ainsi, que le Coran affirme que le Messie soit lévite plutôt que de Juda, ne perturbe pas la théologie. De toute façon, les savants musulmans n’accordent pas énormément d’importance à ces détails. Que le Messie soit fils de Juda ou de Levi, après tout, quelle différence? A l’heure actuelle, les tribus d’Israël ont disparu. Ils ne restent plus que les Juifs. Ainsi un lévite sera donc automatiquement considéré comme juif. Il n’y a aucune trace de son royaume d’origine.
A présent que toutes ces précisions ont été faites, poursuivons. Nous constatons donc des contradictions entre les écritures qui paraissent secondaires. Nous allons voir qu’il n’en est rien.
Pour commencer, intéressons-nous à l’étymologie du mot ‘Amram. Le sens classique décompose en deux mots: ‘am et room. ‘Am signifie peuple et room est le verbe élever. Cela donne le peuple élevé. A première vue, dans le sens de “l’élection” divine, la Bible conforterait l’idée d’une lignée spéciale aux yeux de Dieu. En arabe, ‘Imran ne peut se décomposer de la même manière. La racine ‘AMR renvoie à la notion de vie et au verbe résider. ‘Imran n’est généralement pas traduit et est pris comme transposition de l’hébreu. Le mot ne semble pas lié aux mots basés sur la racine ‘AMR du Coran. Pourtant si l’on cherche, on trouve un mot approchant: ‘umrah. Aucune étymologie n’est donné pour ce nom propre qui semblerait une nouveauté coranique. A la ‘umrah est lié le Hajj. De la même manière, Hajj semble être un simple nom propre. La racine HJJ signifie argumenter, ce qui n’a pas de rapport. C’est qu’en réalité, le mot Hajj vient de l’hébreu. Le Ha arabe est équivalent au Het hébreu. Tandis que le djim est équivalent au guimel. Hajj vient donc de Hag. Et Hag, dans la Bible, signifie fête, dans le sens d’une fête rituelle en l’honneur de l’Éternel, ordonnée dans la Torah. La Hag des pains sans levain est la Pâque. C’est au cours de la Pâque, que les croyants se rendent au Temple. Ils effectuent alors un pèlerinage. Cela confirme l’origine hébraïque du mot Hajj du Coran. C’est donc tout naturellement que l’on imagine que le mot ‘Umrah pourrait être de la même origine car ces deux pratiques seraient des héritages de la tradition d’Abraham, paix sur lui. Toutefois, dans le verset 2.158, un verbe est construit sur sa base: i’tamara, qui signifie effectuer la ‘Umrah. Ainsi que 52.4: al bayt al ma’mour: la maison de l’endroit où on (???). (le préfixe ma indique un endroit, comme le ma de masjid) Le mot est traduit selon la racine arabe par fréquenté. Cela donne: Par la maison fréquentée. Il est donc question d’un temple, sans plus de précision. Mais fréquenté me semble abusif, car ailleurs dans le Coran, la racine fait référence à une installation dans la durée dans un lieu de vie. Un temple n’est pas un lieu de résidence. Nous pourrions être tenté par le mot vie, d’autant plus que sur internet, on peut trouver le sens de “vie” à la racine hébraïque. Mais dans le Coran, sachant que Jean/Yahya, paix sur lui, appartient à la famille de ‘Imran, nous apprenons que personne dans sa lignée n’a eu de nom similaire à Yahya (S19v7), en écho avec l’annonciation dans l’évangile de Luc. Ce nom est basé sur le mot vie. On peut le traduire par “il vivra” ou “il prête vie”, en lien avec sa naissance d’une femme âgée et stérile. (à noter l’utilisation unique dans le Coran dans S19v13 du mot hanan en référence au prénom hébreu Yohanan) La signification de ‘Imran n’est donc pas à chercher dans l’arabe. Le sens est donc à trouver dans l’hébreu.
Nous voici de nouveau avec le mot ‘Amram. Mais, nous n’allons pas le couper en deux pour trouver son sens. Nous allons simplement enlever sa terminaison en M. Nous voici avec la racine ‘AMR en hébreu. Nous sommes alors renvoyé vers le mot ‘amar: esclave. Ainsi, la famille de ‘Amram ne serait pas un peuple élevé, mais la famille des esclaves d’Allah. Ce qui s’accorde avec certains versets sur les prophètes. On pourrait argumenter que parce qu’ils sont les esclaves d’Allah, les prophètes ont été élevés. Certes. Mais le but à atteindre n’est pas l’élévation, mais bien la soumission. C’est une opposition radicale de philosophie. Et que sont des prêtres attachés au service du Temple par la naissance, sinon des esclaves de Dieu? La ‘Umrah désignerait ainsi l’acte pour les croyants de se rapprocher physiquement des esclaves de Dieu pour s’inspirer d’eux. Ils viennent donc au Temple en dehors des périodes de fêtes pour réaffirmer leur volonté de se rapprocher du statut d’esclaves.
Très bien, pourrait-on dire. Mais à quoi peut donc bien servir tout cela? Eh bien il se trouve que depuis très longtemps, la question de la Galilée me perturbe. Elle nous est présentée comme juive et liée à la Judée antique. Entre la Galilée et la Judée, nous avons les ennemis des croyants, à savoir les Samaritains, dans les Évangiles. C’est qu’en réalité, il y a une réelle volonté de confusion. En effet, Hérode, qui est mort en -4, était roi de toute la région. A sa mort, les romains la séparèrent entre ses 3 fils. L’ainé reçut ce qu’on appelle communément la Judée. Le deuxième, la Galilée. L’ennui, c’est que la Judée romaine n’est pas la Judée antique. La Judée romaine inclue la Judée antique, ainsi que la partie sud de la Samarie. Les romains n’ont que faire des querelles théologiques entre Juifs et Samaritains. Ils ont découpés la région suivant d’autres critères, comme le font tous les empires. La Galilée est en réalité, la partie nord de la Samarie. D’ailleurs, il est rapporté que les judéens déconsidèrent les galiléens. La réalité, c’est que tout ceci est une négation de la réalité historique. Les judéens, au premier siècle, considéraient les galiléens comme des Samaritains. Ce n’est que parce que la période messianique est advenue que la Galilée est devenu juive. Le Messie devenait juif. Que l’on devienne son disciple ou non. D’ailleurs n’avez-vous pas remarqué que bien que se désavouant de lui, les Juifs modernes tiennent toujours à affirmer la judéité de Jésus? “Il est des nôtres, disent-ils, il est juif!”
Comment trancher sur la question? Jésus est-il Juif ou Samaritain? Jésus considère-t-il le Temple de Jérusalem ou celui du mont Garizim? Jérusalem est-elle maudite ou bien Sichem? Car oui, c’est bien de cela dont il est question.
Si nous lisons l’histoire officielle des deux royautés, à Jérusalem et en Samarie, une chose saute aux yeux: la royauté a été étonnamment stable à Jérusalem, chaque roi fut descendant de son père, sauf quelques rares exceptions. Tandis qu’en Samarie, ce ne fut qu’une longue suite d’assassinats, de coups d’état, de profanation et d’idolâtrie. L’opposition parait beaucoup trop caricaturale pour être vraie. La Bible des pierres nous raconte une autre histoire. La Bible de pierres ne ment pas. Dans les premiers temps de la séparation de Juda et Samarie, c’est Samarie qui rayonnait. Une dynastie régnait alors sur le pays: la dynastie des Omrides. Voir ceci. “La première trace archéologique de l’existence d’un état centralisé est constituée par le royaume d’Israël, que fonde le Roi Omri. Ce sont les royaumes voisins, Aram, Moab et Assyrie, qui nous fournissent des sources historiques par leurs archives et par trois stèles : la stèle de Tel Dan, la stèle de Mésha et l’Obélisque noir. La stèle de Tel Dan mentionne qu’Achab est roi d’Israël. La stèle de Mésha mentionne qu’Omri et Achab ont tous deux régné. L’Obélisque noir nous prouve que l’armée d’Achab figure parmi les plus puissantes de la région. Enfin, les archives assyriennes, en mentionnant la maison d’Omri, attestent que c’est effectivement le roi Omri qui fonde la dynastie. On sait ainsi, par l’archéologie et indépendamment du récit biblique, qu’Omri fonde la ville de Samarie, sa capitale, que son fils Achab lui succède et que la dynastie des Omrides règne de -884 à -842.”
Décidément, le français et l’hébreu moderne gomme toutes les subtilités des langues sémitiques. Car en réalité, Omri est sur la racine ‘AMR est devrait être écrit ainsi: ‘Omri.
La dynastie des ‘Omrides qui régnait en Samarie était de la lignée des esclaves d’Allah. Il est fort probable qu’elle se soit poursuivie au delà de ce qui est rapportée. En effet, l’Obélisque noire rapporte que Jéhu était descendant de ‘Omri. Nous ne sommes jamais mieux servi que par les ennemis des croyants pour connaitre la vérité. La famille de Jéhu et celle de ‘Omri serait donc les mêmes. La période Saul/David/Salomon s’étend de -1050 à -931. La dynastie ‘Omride de -884 à -746. La royauté chute définitivement en -722. Il est clair que ce sont les descendants de cette lignée qu’Hérode cherchait à faire disparaitre. Les rois ‘Omrides étaient de la famille de ‘Imran. Samarie était le véritable Israël. Sichem, la ville du Temple des esclaves. Garizim, le mont du Temple. Le Messie, un Lévite Samaritain. Jérusalem est un mensonge.

Je ne jure pas par cette cité. La ouqsimou bi hadha l balad.

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