Hijaboun habibi

Hijaboun habibi

** Pour la petite histoire, cela faisait quelques jours que je faisais des recherches dans le Coran en vue de la rédaction de cet article. Juste avant de rentrer chez moi pour mettre au propre, nous sommes allés faire une distribution. A coté du camion, il y avait cette boite de jouet vide jetée par terre. L’un de nous l’a posé dans le camion pour la jeter plus tard sans me prévenir. Je fus donc légèrement surpris de la trouver en ouvrant la porte arrière une fois revenu au local. Je la posais près de la porte sans plus m’y intéresser. Ce n’est qu’un long moment plus tard que j’ai réalisé que la boite avait contenu un cheval et son box. Amusé, j’en faisais donc la photo et la mettait en couverture.**
Pour illustrer le propos de faire ses prières à l’heure, des versets du Coran sont souvent cités. En voici la terrifiante traduction:
  • 38.30. Et à David Nous fîmes don de Salomon, – quel bon serviteur! – Il était plein de repentir. 31. Quand un après-midi, on lui présenta de magnifiques chevaux de course, 32. il dit: «Oui, je me suis complu à aimer les biens (de ce monde) au point [d’oublier] le rappel de mon Seigneur jusqu’à ce que [le soleil] se soit caché derrière son voile. 33. Ramenez-les moi.» Alors il se mit à leur couper les pattes et les cous.
Le prophète Salomon, paix sur lui, en tant qu’exemple pour tous les croyants, aurait donc martyrisé des purs-sang pour avoir laissé passer l’heure de la prière. Comme pour se punir lui-même. On ne peut être qu’outré devant une telle interprétation. Remettons les choses dans l’ordre.
Tout d’abord, l’histoire ne se déroule pas l’après-midi. Le mot est bil-ʿashiyi , il s’agit sans conteste du soir sur la racine ‘AShY. Le soleil est couché au moment où les chevaux lui sont présentés.
  • 32.Faqala: Inni ahbabtu hubba l khayri ‘an dhikri rabbi hatta tawarat bil hidjabi.
Ahbabtu signifie aimer et non préférer dans tous les autres occurrences. Lorsque la racine HBB est utilisée pour indiquer une comparaison sous une autre forme (is’taḥabbū: 9.23; 14.3; 16.107; 41.17), la préposition utilisée est ‘ala qui signifie par-dessus/sur. Il y a des centaines d’occurrences de ‘an dans le Coran. Il est toujours question de la notion de provenance. On peut le traduire par depuis/de. C’est la seule fois où ‘an est traduit par “plus que”. Ici, la traduction fait intervenir un “au point” ainsi que l’ajout du verbe oublier. Encore une fois, l’abus de parenthèse trahit la volonté de déformer le sens. Ensuite, le verbe tawarat (caché) est au féminin pluriel, le sujet n’est donc pas le soleil qui est introduit ici artificiellement. De plus nous savons qu’il est déjà couché au début de l’histoire. Ce ne sont donc pas les purs-sang qui auraient fait rater le coucher de soleil. Le féminin pluriel sont les purs-sangs eux-mêmes. Ce sont donc les purs-sang qui sont voilés. C’est à dire qu’ils ont regagné leurs stalles. Une traduction plus correcte serait donc:
  • 32. Alors il dit: “Certes, je me suis complu dans l’amour du bien issu du rappel du Seigneur jusqu’à qu’ils soient couverts d’un voile.”
Cela signifie qu’il est normal d’admirer les merveilles de la création. Tous les éléments nous rappelle notre Créateur. Le rappel ne se limite donc pas aux rites religieux institués. Pas de soleil, pas d’oubli. Poursuivons: Le verbe abusivement traduit par couper, est sur la racine MSH que l’on retrouve dans le rituel des ablutions pour la tête et les pieds ainsi que pour les ablutions sèches (tayammum) pour les mains et le visage. Il s’agit du geste d’essuyage en passant la main. Ici, Salomon est simplement en train de caresser les pattes et l’encolure des animaux pour leur témoigner son affection.
La suite:
  • 34. Et Nous avions certes éprouvé Salomon en plaçant sur son trône un corps (jasadan). Ensuite, il se repentit. 35. Il dit: «Seigneur, pardonne-moi et fais-moi don d’un royaume [ tel ] que nul après moi n’aura de pareil. C’est Toi le grand Dispensateur».

Modification Aout 2019

** Je rapportais hier soir la genèse de cet article de janvier 2018. Je fouillais la galerie photo de mon téléphone pour illustrer mon propos avec celle de cette fameuse boite de jouet. La photo suivante me laissa perplexe. Ce n'était évidemment pas moi qui l'avait prise et je ne comprenais pas pourquoi j'aurais pu la télécharger. La voici:

C’est en constatant que je l’avais reçu par Whatsapp et en lisant l’adresse mentionnée que je réalisais la raison de la présence de cette image à cet endroit. Il s’agissait tout simplement du lieu de rendez-vous avec une amie qu’elle m’avait envoyée quelques jours après l’histoire de la boite. Je n’avais pas fait le rapprochement à l’époque. J’avais donc conservé la traduction classique en déduisant que le corps en question était le sien.**

Il y a ici une subtilité. En arabe, le mot pour “sur” est ‘ala, Or ‘ala ne signifie pas forcément “sur”. Il peut aussi signifier de, depuis, vers, contre. On ne peut pas donc déterminer la place et le mouvement relatif des deux objets du verbe alqa. Nous trouvons jasadan dans ce verset qui redonne aux prophètes leur dimension toute humaine:
dans ce verset qui redonne aux prophètes leur dimension toute humaine:
21.8. Et Nous n’en (les hommes qui recevaient les révélations) n’avons pas fait des corps qui ne consommaient pas de nourriture. Et ils n’étaient pas éternels.
Ainsi que pour décrire le corps du veau adoré lors de l’Exode (7.148). Jasadan peut donc être utilisé pour un humain ou un animal.
Ce n’est que grâce à cette petite astuce photographique, que je suis en mesure de livrer une interprétation alternative de ce passage. Le corps mentionné est celui d’un pur-sang et il est placé sous le trône de Salomon par Dieu. Dieu fait de sa selle son trône.

34. Et Nous avions certes éprouvé Salomon en plaçant à son trône un corps. Ensuite, il se repentit.
Il faut comprendre ici qu’il ne s’agit pas ici de suggérer simplement que la royauté n’est pas sédentaire (par exemple les rois de France au moyen-age était sans cesse sur la route), mais que le roi est avant tout un chef de guerre en mouvement. Et la guerre ne se résume pas au combat par les armes physiques. C’est le combat dans le sentier de Dieu quelque soit sa forme.
Le prophète se repent dans le sens où il réalise alors que les purs-sang ne sont pas des possessions dont il doit s’enorgueillir mais des outils lui facilitant sa mission ici-bas. Il doit les aimer en tant que tel.
La royauté, telle que comprise par la majorité des gens, possède une dimension charnelle qui n’a aucune part dans l’au-delà. Cette royauté peut être transmise à d’autres y compris à des injustes. Réalisant cela, voilà pourquoi Salomon fait la requête d’être pourvu d’une royauté qui ne peut être transmise, c’est à dire une royauté de l’esprit. Une traduction plus juste serait donc:
35. Il dit: «Seigneur, pardonne-moi et fais-moi don d’un royaume qui ne pourra appartenir à personne après moi. C’est Toi le grand Dispensateur».

Suit la description de ce royaume de l’esprit:

  • 36. Nous lui assujettîmes alors le vent qui, par son ordre, soufflait modérément partout où il voulait.
    37. De même que les diables, bâtisseurs et plongeurs de toutes sortes.
    38. Et d’autres encore, accouplés dans des chaînes.
    39. «Voilà Notre don; distribue-le ou retiens-le sans avoir à en rendre compte».
    40. Et il a une place rapprochée de Nous et un beau refuge.

Ces versets, pris littéralement, pourraient indiquer la soumission des éléments ainsi que des forces invisibles dans la construction d’édifices. De quoi impressionner tous ceux qui rivalisent dans la possession des biens de ce bas-monde. En réalité, la réponse se trouve dans la Bible. Juste après le passage qui décrit l’étendu de son royaume terrestre, qui comprend ceci: Ces versets, pris littéralement, pourraient indiquer la soumission des éléments ainsi que des forces invisibles dans la construction d’édifices. De quoi impressionner tous ceux qui rivalisent dans la possession des biens de ce bas-monde. En réalité, la réponse se trouve dans la Bible. Juste après le passage qui décrit l’étendu de son royaume terrestre, qui comprend ceci: Ces versets, pris littéralement, pourraient indiquer la soumission des éléments ainsi que des forces invisibles dans la construction d’édifices. De quoi impressionner tous ceux qui rivalisent dans la possession des biens de ce bas-monde. En réalité, la réponse se trouve dans la Bible. Juste après le passage qui décrit l’étendu de son royaume terrestre, qui comprend ceci: 1Roi 4.26 Salomon avait quarante mille crèches pour les chevaux destinés à ses chars, et douze mille cavaliers. nous trouvons ceci:

  • 4.29 Dieu donna à Salomon de la sagesse, une très grande intelligence, et des connaissances multipliées comme le sable qui est au bord de la mer.
    4.32 Il a prononcé trois mille sentences, et composé mille cinq cantiques.
    4.33 Il a parlé sur les arbres, depuis le cèdre du Liban jusqu’à l’hysope qui sort de la muraille; il a aussi parlé sur les animaux, sur les oiseaux, sur les reptiles et sur les poissons.

Ainsi la poésie peut être rendue publique ou gardée pour soi, mais la faculté de l’imaginer ne peut être transmise. De même, par les moyens modernes mis à notre disposition, notre imagination peut s’épanouir dans le cinéma par exemple où les éléments de la nature peuvent être utilisés, ainsi que les humains, pour partager de l’émotion. Ce talent n’est pas donné à tout le monde. Et si l’œuvre traverse le temps, la capacité de la créer disparaît avec l’auteur.
Toutefois, l’artiste doit toujours garder en tête que tout cela peut être repris et qu’il n’en est que dépositaire. Il n’est pas non plus créateur des émotions. Il ne doit pas se prétendre lui-même Dispensateur, sous peine d’encourir la malédiction divine.

Note:
Anges et animaux
Il existe également des hadiths qui exposent les chiens comme des animaux faisant fuir les anges. Ces hadiths sont tout simplement faux. Il suffit de se référer à la sourate al Kahf et au chien qui est étendu en compagnie des serviteurs de Dieu. De plus, nous avons un verset qui décrit un miracle destiné à légitimer la royauté de Saul:
et au chien qui est étendu en compagnie des serviteurs de Dieu. De plus, nous avons un verset qui décrit un miracle destiné à légitimer la royauté de Saul:
2. 248. Et leur prophète leur dit: «Le signe de son investiture sera que le Coffre va vous revenir; objet de quiétude inspiré par votre Seigneur, et contenant les reliques de ce que laissèrent la famille de Moïse et la famille d’Aaron. Les Anges le porteront. Voilà bien là un signe pour vous, si vous êtes croyants!»
Or dans la Bible, il est dit:
1Sam 6.7 Maintenant, faites un char tout neuf, et prenez deux vaches qui allaitent et qui n’aient point porté le joug; attelez les vaches au char, et ramenez à la maison leurs petits qui sont derrière elles. 6.8 Vous prendrez l’arche de l’Éternel, et vous la mettrez sur le char; vous placerez à côté d’elle, dans un coffre, les objets d’or que vous donnez à l’Éternel en offrande pour le péché; puis vous la renverrez, et elle partira. 6.9 Suivez-la du regard: si elle monte par le chemin de sa frontière vers Beth Schémesch, c’est l’Éternel qui nous a fait ce grand mal; sinon, nous saurons que ce n’est pas sa main qui nous a frappés, mais que cela nous est arrivé par hasard. 6.10 Ces gens firent ainsi. Ils prirent deux vaches qui allaitaient et les attelèrent au char, et ils enfermèrent les petits dans la maison. 6.11 Ils mirent sur le char l’arche de l’Éternel, et le coffre avec les souris d’or et les figures de leurs tumeurs. 6.12 Les vaches prirent directement le chemin de Beth Schémesch; elles suivirent toujours la même route en mugissant, et elles ne se détournèrent, ni à droite ni à gauche. Les princes des Philistins allèrent derrière elles jusqu’à la frontière de Beth Schémesch. 6.13 Les habitants de Beth Schémesch moissonnaient les blés dans la vallée; ils levèrent les yeux, aperçurent l’arche, et se réjouirent en la voyant.

Les Anges accompagnent les vaches.

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