Pierre & le loup

Un milliard de vues. Le chiffre parait à peine croyable. Comment expliquer qu’une publicité d’une chaine de supermarché hexagonale puisse faire autant de vues en si peu temps? Aucun hasard du calendrier. La proximité des fêtes de fin d’année, remarquons que je donne aucun nom, ne saurait expliquer cela. L’évènement s’avère avoir une dimension plus importante qu’il n’y parait.

Je reconnais avoir visionné cette publicité avec un certain à priori. Mais ce n’est pas tant l’animation en elle-même qui m’a profondément interpellé, mais les réactions. C’est un véritable déluge de commentaires élogieux. Beaucoup de gens n’hésitent pas à avouer avoir été ému, certains jusqu’aux larmes. Serais-je devenu sans coeur? Aurais-je une propension à témoigner du monde selon un prisme déformé propre à apporter systématiquement une critique politique à une simple œuvre artistique ou de divertissement? Soyons sérieux, la trame scénaristique employée, qui est clairement le végétarisme, n’a rien de neutre politiquement parlant. Si le public réagit positivement, c’est tout simplement que cette trame trouve un écho favorable dans l’univers mental de la majorité.

Résumons la vidéo. Le contexte est celui d’un repas familial de LA fête populaire. Un homme offre une peluche de loup à un enfant, qu’il rejette. L’homme, voulant réhabiliter l’image du loup chez l’enfant, se met en devoir de lui raconter l’histoire d’un loup en particulier. La vidéo se mue alors en animation, et les humains en animaux. Tout comme l’enfant, les animaux de la forêt, tous végétariens, rejettent le loup en tant qu’animal au sommet de la chaine alimentaire et donc uniquement carnivore. Triste de se rejet, le loup  décide de changer et de devenir végétarien. Après quelques hésitations, il parvient à son but et se présente tout fier à la tablée des animaux tous réunis avec une tarte végétarienne en main. Horrifiés, les animaux s’enfuient à sa vue. Un seul décide de rompre la malédiction et reste malgré tout. Tout se finit bien et tous les animaux se retrouvent de nouveau à table avec le loup. Fin du cadre animé. Retour chez les humains. L’enfant s’est endormi. Les convives affichent de larges sourires au lecteur du conte. L’esprit de la fête si chère à l’occident a opéré.

Au fond, dans ce genre de situation, ce que nous projetons dans les personnages en dit plus long sur nous-mêmes que ce que les auteurs ont voulu transmettre. Certains peuvent voir dans le loup l’étranger immigré qui souhaitent s’insérer dans le monde occidental et qui ne rencontre que l’hostilité, d’autres l’oncle un peu bourru de la famille considéré comme réactionnaire et que l’on ne voit qu’à ce moment là de l’année, d’autres celui qui est hostile au groupe de manière général, d’autres encore le porteur d’un handicap, bien que ce soit peu propice ici, ou que sais-je. Toujours est-il que l’assemblée ressemble plutôt à une assemblée d’occidentaux de souche au sein d’une fête d’origine chrétienne sécularisée. Et quel est le message véhiculé? Que celui qui veut faire parti du groupe doit se conformer aux codes de ce groupe et renoncer à ce qui le constitue. Il me semble que ce message va à l’encontre du vivre-ensemble. Le vivre-ensemble prône le fait d’accepter les gens avec leurs différences. Ici, il est clairement question d’assimilation. Mais pour qu’il y ait assimilation, il faut qu’il y ait un modèle référentiel universaliste. Que vient proposer l’annonceur à ses spectateurs sinon l’idée que leur modèle sociétal est un phare pour le monde? Aucune remise en question. Ce qui va jouer sur l’émotion des spectateurs, c’est l’effort individuel de tolérance que chacun de nous peut travailler au jour le jour. Aucun problème de ce point de vue, il est toujours bon de motiver les gens à s’améliorer. Mais on ne peut s’empêcher d’évoquer la dimension civilisationnelle. La métaphore animalière n’est pas si simple à manier. On pourrait faire remarquer à juste titre, que d’imposer le végétarisme à des carnivores relèvent de la négation du principe fondateur de la nature. C’est là que tout s’inverse. L’imposition d’une norme corrompue subordonne le porteur de vérité à être marginalisé.

Le loup, porteur de vérité? C’est qu’en réalité, le récit ne se termine pas là. Comme certains commentateurs un peu taquins l’ont suggéré, il y a fort à parier qu’au bout de quelques temps, l’instinct et surtout la faim du loup va reprendre le dessus et il va dévorer les convives rendus moins vifs par la pesanteur du repas. Le loup, le vrai celui-là, c’est l’annonceur ou plutôt ceux dont il est la tête de proue. Il s’agit de promouvoir l’enseigne auprès du public. Il me semble bien que le chiffre d’affaire se fait essentiellement sur la vente d’animaux pour  les réveillons. Quant au petit animal qui ne s’enfuie pas et qui sert d’opérateur de consentement, il s’agit tout simplement de l’agence de publicité dont nous jugeons le travail (d’ingénierie sociale?). Le vrai loup va donc dévorer les gentils consommateurs. Oui, je le rappelle, mais une fête, même sécularisée, constitue toujours un acte d’adoration. Et ce n’est certes pas le Créateur qui est adoré ici. Mais la morale occidentale est sauve. Et ça, ma bonne dame, ça vaut tout l’or du monde!

Cependant, ne réduisons pas le loup à une enseigne de supermarché ou à une espèce de système capitaliste. L’enjeu ici est de percevoir comment cette publicité couronne l’aboutissement d’un processus. Si j’en suis venu à écrire ce nouvel article, ce n’était pas pour exposer une nouvelle fois les travers de l’occident. Il m’a semblé que cette publicité et le phénomène lié illustraient parfaitement la question de la nourriture de l’imaginaire. La bascule  dans la compréhension du rôle de la reine d’Adiabène au sein du ministère messianique s’est opéré grâce au prêche d’un imam en janvier 2016:

« La clef, c’est la subsistance.« , disait-il.

A ce moment là, préoccupé par une histoire de double de clef d’un camion destiné à transporter de la nourriture pour une association caritative, cette parole ne pouvait m’échapper. C’est ainsi que cette séquence  de double de clef dans la capitale, entamée en sortant de la mosquée ce vendredi là, s’achève  sur une chanson au détour d’un des couloirs du métro: « Je suis malade ». Cette même chanson qui m’avait profondément troublé quelques jours auparavant dans la vidéo d’une comédienne internet où il était bien question d’une maladie d’amour. En accolant le titre de la chanson « Je suis malade » et le nom de la magdaléenne dans les évangiles, je tombais sur un site rapportant la résonance du texte johannique avec le Cantique des cantiques. La bien-aimée est malade d’amour pour son bien-aimé par deux fois. C’était alors le début d’un long processus de déconstruction.

Un observateur critique pourrait faire remarquer une certaine obsession de ma part à l’endroit de ce personnage. J’ai beau tourner le problème dans tous les sens, il me semble que si il y a contre-eucharistie, il est de mon devoir d’en décomposer tous les éléments un par un afin de ne laisser aucune ambiguïté. L’article précédent, Dix-huit, a permis d’exposer pleinement la proximité temporelle et physique des deux évènements. En voici la synthèse:

La parabole duale du Royaume
19 Il est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et jeté dans son jardin;
L’eucharistie servie à la Table céleste du jeudi soir.
21 Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine,
La contre-eucharistie:  l’onction de parfum le mercredi soir

Maintenant que nous connaissons le coupable, « l’heure et la date » du crime, nous devons chercher le mobile. La simple explication de la quête du pouvoir ne saurait suffire. Il faut bien comprendre que cette contre-eucharistie s’inscrit dans une contre-révélation. Comme je l’ai exposé ailleurs, cette dernière s’étale sur une période de temps aussi longue que la Révélation, c’est à dire sur l’histoire de l’humanité depuis sa création. La particularité première de cette contre-révélation est qu’elle se redéfinit uniquement en conséquence des changements de la Révélation et uniquement en s’appuyant sur elle et en la déformant. Elle n’a pas d’existence propre. Je le rappelle, car le rappel profite aux croyants, que l’Esprit n’a pas d’équivalent dans le mal. L’opposé de l’Esprit est l’absence d’esprit. L’adversaire n’est pas une divinité. Il ne peut souffler que des mensonges. Dans sa quête éperdue de la ruine de l’homme, il a toujours un temps de retard sur les plans divins. Et si certains semblent avoir anticipé les grands changements alors qu’ils sont partisans de l’adversaire, c’est tout simplement que parmi toutes les solutions envisagées pour nuire, l’une d’elles s’est avérée payante. Il suffit alors d’écrire l’histoire en fonction et le tour est joué.

Tableau de correspondance Révélation/contre-révélation

Révélation contre-révélation
Adam Nomination de la création
Soumission au Créateur
Complémentarité du couple comme fondement de l’humanité
Se diviniser
La rébellion comme modèle d’élévation
Connaissance comme intérêt supérieur: science sans conscience
Abraham Destruction des idoles
Justice dans l’élection personnelle
Zoroastrisme: feu sacré comme seule idole
Joseph Le pouvoir politique est une grâce liée à la justice Le pouvoir est un privilège héréditaire. (conte isiaque)
La réincarnation (élitiste) justifie le changement de dynastie royale.
Moïse Le peuple de Dieu s’affranchit des injustes
Le sacrifice est expiatoire
Il existe un peuple des élus appelé à régner sur les besogneux. (conte des deux frères qui sert à expliquer à sa population la scission du territoire égyptien en deux peuples distincts)
Rois Sagesse et justice
Humilité dans le pouvoir
Le sacerdoce exerce le pouvoir (la contre-révélation entre à l’intérieur de la Bible par une lignée sacerdotale érudite corrompue)
Exil Élévation par les épreuves Réincarnation (concept égyptien élitiste rendu « public » dans la philosophie grecque)
Dominations étrangères Job: tout perdre pour tout gagner (concept précédent magnifié) Mythe fondateur de Rome: réincarnation des deux frères à Rome, et effacement de la tradition monothéiste dépossédée de tout pouvoir par le meurtre d’un des deux frères.
Jésus Sacrifice de soi
Universalité de la foi
Supériorité morale de la foi prétendument universelle mais centrée (imbrication des deux traditions)
Incarnation divine

Nous comprenons que l’un des enjeux majeurs de la première venue messianique est le changement d’échelle: l’ouverture aux nations. C’est d’ailleurs l’un des sujets principaux de Dix-huit: le passage du 12 au 70. En miroir, la contre-révélation change aussi d’échelle et va s’inscrire dans une dynamique de globalisme. Outre les bascules, il y a aussi l’évolution lente, et le globalisme de l’adversaire a achevé son travail au bout de ces 2000 ans. Le changement de paradigme en cours, perçu par une grande majorité de gens, confirme que la phase de diffusion de la corruption à l’échelle mondiale vient de s’achever. Cette publicité sert à illustrer le mécanisme: elle révèle le point final. Le but de cet article est d’exposer le mécanisme du point d’entrée de la séquence. Comme nous l’avons vu grâce au Signe « Je suis malade », nous devons nous pencher sur le Cantique.

Autant être clair dès le départ: il est illusoire de trouver un sens au texte. Sa nature profonde est exactement la même que celle de l’apocalypse qui en est l’héritage spirituel. Ces deux textes sont animés du même esprit et il ne vient pas d’en haut mais d’une égrégore des âmes corrompues du bas. Toutefois, il convient d’en dégager certains éléments afin de servir la réflexion. L’un d’eux sautent aux yeux: le désir. Le désir est omniprésent dans le texte, avec toute une déclinaison de formes autour des mots dod (l’être désiré) et mahmad (d’avantage l’objet du désir). Un curieux lien s’établit alors entre le texte pseudo-biblique et la publicité actuelle puisque le désir est sous-jacent dans la publicité. C’est le moteur de l’économie mammonique. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, ce n’est ni le désir matériel ni même le désir sexuel qui anime le cantique. Ce texte, et c’est la raison pour laquelle il a été finalement incorporé dans le corpus rabbinique par le rabbin qui est à l’origine de la seconde guerre messianique judéo-romaine par reconnaissance d’un faux-Messie, est un texte spirituel. S’agit-il du désir de Dieu? Certes non. Après réflexion, ce désir ne peut se porter que sur quelque chose qui n’est accessible que par l’initiation. Cela a surement à voir avec l’immortalité ou la réincarnation. Cette information ne vient pas du texte en lui-même, elle se déduit. Il faut replacer le texte au sein de la contre-révélation. Dans cette dernière, le principe de réincarnation est ancien. Une nouvelle pseudo-révélation n’a donc pas besoin d’apporter cet enseignement considéré comme acquis. Il suffit d’établir un lien avec les mythes anciens, et de venir y apporter une nouveauté.
La quête de la bien-aimée nous rappelle la quête dans le mythe isiaque de la divinité égyptienne de son mari pour le reconstituer en parcourant tout le pays. Si nous voulions donner un sens à ce conte, dans sa version initiale, nous pourrions supposer qu’il s’agit d’une querelle dynastique. On vient puiser dans le panthéon égyptien pour qu’il vienne appuyer les vivants. Tout partirait de la venue de Joseph, paix sur lui, en Égypte et de son accession au pouvoir. Son souvenir est resté ancré dans la mémoire collective. Mais celui-ci est lié à une période de domination extérieure à la noblesse locale, la période Hyksos. Lorsque la 18ème dynastie s’empare du pouvoir, elle va s’employer à dresser un portrait sombre de la période passée. Au prophète va donc être associé la divinité égyptienne associée à l’étranger: (s)eth. Il s’agit d’intégrer l’opposition de divinité au sein du panthéon. Le Dieu de Joseph ne peut en aucun cas être considéré comme ce qu’il est pleinement. Le conte raconte donc comment la divinité de l’étranger, incarnée/représentée par Joseph, paix sur lui, va tuer le mari (incarné par la dynastie pharaonique au pouvoir) pour prendre le pouvoir sur le pays. Redonner la vie à son mari puis s’accoupler avec lui pour engendrer un fils symbolise le retour sur le trône d’une dynastie locale.  Il ne faut pas perdre de vue que le pouvoir pharaonique est adossé à la pratique de la magie et que certains rituels sont incontournables. Pour les initiés, leur description peut certainement se déduire du texte avec les bonnes clefs de lecture. Mais ce n’est pas notre but. Ce que nous cherchons est à dresser les grandes lignes, à déterminer les éléments qui perdurent au travers des époques. La Révélation a été centrée pendant un long moment sur les sacrifices animaux et elle ne l’est plus. Ce qui nous préoccupe, ce sont d’avantage les questions de successions, d’héritage, de conditions au Salut, de sacerdoce, etc.
A la venue de Moïse, paix sur lui, la question du partage du pouvoir devient centrale. C’est le conte des deux frères qui va nourrir l’imaginaire de ceux qui tentent de faire perdurer le rayonnement de la dynastie au pouvoir en Égypte. Ce sont ces deux frères qui vont se réincarner à Rome sous la protection de la louve. Sous cette louve, à peine dissimulée, (lupanar, qui est un lieu de plaisir tarifé, vient de lupa, la louve), nous retrouvons la divinité égyptienne. Le propre de la contre-révélation est toujours de mélanger le pur et l’impur: la prostituée est aussi la déesse. Les frontières sont toujours brouillées entre le bien et le mal. C’est une stratégie efficace de tout temps.
Le cantique, rédigé selon les spécialistes à peu près à la même période que le mythe de la fondation de Rome, n’est donc pas intégré dans le corpus. A ce moment là, si il s’inscrit dans la continuité du mythe isiaque, du conte des deux frères, du mythe de la fondation de Rome, il n’aspire surement pas à autre chose qu’à proposer un renouveau scripturaire à la contre-révélation parmi d’autres. Comme je le disais plus haut, l’adversaire n’écrit pas le programme, et si il veut préparer un égarement futur, il doit inspirer dans de nombreuses directions et divers endroits pour espérer qu’une de ses inspirations puissent trouver un écho favorable à la Révélation au moment où elle descend dans le monde. Pour illustrer d’un exemple trivial, considérez le nombre de voyants qui pullulent sur internet. Il s’en trouvera toujours un pour affirmer prédire un événement à venir dans toute cette masse. Ce n’est après tout qu’une question de statistique. Les autres seront alors oubliés. Il en va donc de même pour les livres de mystiques. D’ailleurs, moins ces livres ont de sens, plus ils peuvent avoir du succès. Je ne vais pas citer d’exemple, vous le comprendrez bien.

Donc voilà notre cantique qui attend bien sagement son heure, rangé là au milieu d’une foule de textes plus ou moins bien élaborés (quand je dis rangé, cela peut décrire un rangement dans la mémoire orale des hommes). Pour réussir dans le satanisme professionnel, il y a deux voies. La première est la sorcellerie. La deuxième est le détournement des textes saints. Durant la période messianique, un rabbin, un certain _nanias, a étudié les écritures et la tradition occulte. Quelle est sa motivation profonde? Au fond, peu importe. Mais nous comprenons que son goût prononcé pour donner du sens au texte peut rencontrer sa volonté d’acquérir de la richesse ou bien de la notoriété. Si je dis cela, c’est parce que sa prédication va cibler les gens de pouvoir et d’argent. Lorsque sa route va croiser celle de la reine d’Adiabène, il va voir sa carrière prendre une toute autre tournure.

Remarquons que la fraude mystique est toujours  structurée de la même manière: une personne mystique, généralement une femme, prétend avoir des visions, des apparitions, des manifestations surnaturelles, etc, et un homme érudit capable de faire cadrer l’univers mystique de son binôme avec sa propre vision des écritures.
Un prophète se suffit à lui-même en horizontal. Dieu le légitime par des miracles et lui enseigne la Loi directement.

Le point de départ de cette association est la naissance de son fils préféré, celui que l’on va retrouver sous le prénom de conversion _azare dans le 4ème évangile. Cette naissance est décrite comme surnaturelle par l’un de ses fidèles disciples et chroniqueur romain, F.J. Selon moi, le narcissisme de la reine a trouvé un écho dans la doctrine de la réincarnation enseignée par le rabbin. Celui-ci lui affirme alors qu’elle serait l’une des réincarnations d’un personnage central de la contre-révélation. Ce n’est d’ailleurs pas incompatible avec le fait de pouvoir être un descendant physique de la couronne d’Israël comme nous l’avons vu dans un précédent article (dans la mythologie égyptienne les rois sont des incarnations de divinités). Son imaginaire se déploie totalement dans le cantique. La reine vient alors lui offrir l’incarnation du personnage de la bien-aimée du mythe. Ce que nous déduisons ici est que le bien-aimé serait son propre fils et non un amant ou un mari potentiel. Il y a bel et bien un attachement charnel et indissociable entre les deux êtres sans qu’ils puissent s’unir charnellement. Ou pas. Et dans ce « ou pas » sont contenues des choses qu’il est inutile de rappeler ici et qui sont largement traitées par ailleurs.

23/12: Analyse du cantique
Le texte doit sa place dans le corpus au détriment d’un grand nombre de textes similaires du fait qu’il est considéré comme une métaphore de l’union mystique entre Israël et Dieu. Or, lorsque l’on se penche sur le texte par ce prisme, celui-ci résiste encore. Cette métaphore globale implique des métaphores secondaires. On se retrouve très vite avec des métaphores imbriquées pour tenter de donner un sens théologique au texte. Selon moi, le texte n’est métaphorique que dans ses descriptions de détail du désir charnel, sa trame globale ne l’est pas. Il s’agit bien d’une femme et d’un homme, ainsi que du roi Salomon, paix sur lui, en arrière-plan. Seule l’identité des protagonistes est cachée. La raison n’est pas une stratégie de manipulation, mais elle a pour fonction de favoriser l’épanouissement de l’imaginaire. Ce texte, daté de la période hellénistique, donc sous domination militaire et culturelle étrangère, pourrait avoir été commandé par une femme d’ascendance royale de Juda. Le rédacteur aurait adapté son style pour correspondre à l’univers mental de la reine/princesse. Le but est de favoriser la projection dans un lointain passé idéalisé, celui de la grandeur d’Israël. La capitale judéenne y serait alors un carrefour civilisationnel où des têtes couronnées pourraient y venir s’y compter fleurette. On pourrait écrire un scénario à l’identique pour alimenter le flux d’une série diffusée sur internet. Le réel historique ne sert que de décor pour un univers fantasmé. On peut supposer que la bien-aimée serait la reine de Saba. Le bien-aimé, le membre d’une dynastie royale étrangère présent dans la capitale pour des questions diplomatiques. La rumeur aurait traversé les générations sous une forme orale pour venir se matérialiser dans un texte poétique  nostalgique des temps révolus. Ce ne serait pas la première fois que cette reine sert de support à la légitimation d’un pouvoir plus tardif. Nous avons un exemple concret avec l’Éthiopie au 20ème siècle. La conséquence, en dehors des répercussions politiques locales impactant la population, est l’émergence d’un courant religieux populaire à la Jamaïque dans les années 1930. Théologiquement, cela n’a rien d’anodin. S’il faut retenir un verset pour appuyer cette hypothèse, ce sera celui-là (la vigne est une métaphore classique du peuple d’Israël dans la Bible et dans la parabole des vignerons)

Cc 8.11 Salomon avait une vigne à Baal Hamon; Il remit la vigne à des gardiens; Chacun apportait pour son fruit mille sicles d’argent.
8.12 Ma vigne, qui est à moi, je la garde.
Mt 21.33 Écoutez une autre parabole. Il y avait un homme (Dieu), maître de maison, qui planta une vigne (le peuple d’Israël). Il l’entoura d’une haie (la Loi), y creusa un pressoir (le Jour du Jugement), et bâtit une tour (l’armée divine commandée par le roi); puis il l’afferma à des vignerons (caste sacerdotale), et quitta le pays.

26/12: Triangulation: voir article suivant Dodeka.

 Le décor est posé. La mise en situation fut longue et pénible et elle comprend certainement des erreurs et des raccourcis qui pourront être corrigée par la suite. Nous allons pouvoir recoller au texte à proprement parler puisque le Messie entre en scène à ce moment là. La reine vient de se convertir suite à sa rencontre avec le rabbin et entame une nouvelle vie dans la capitale de Juda. Le Messie et elle se rencontrent en Galilée. Le Messie offre à la reine ce que le rabbin ne peut pas lui offrir: des miracles divins. Il est peu probable qu’une femme de son rang accepte de suivre un prédicateur itinérant, mais elle garde le contact de loin, dans l’attente de la réalisation de ce qu’elle projette dans le texte du cantique. Il serait bien difficile de deviner ses desseins. Tout ce que nous pouvons faire est de déceler le point de bascule.

Le Messie a lui aussi un imaginaire. Il projette dans les écritures sa propre vision de la foi et de Dieu. C’est avant tout cette vision qu’il tente d’exposer à la foule pour qu’elle aborde la Révélation autrement, avec un regard neuf. Si la reine est centrée sur le cantique, le Messie est centré sur un tout autre texte: le Psaume 22. Le Psaume 22 raconte par le détail tout le déroulé de la Passion qu’il va subir. C’est son verset introductif qu’il va réciter sur la croix dans un dernier élan d’érudition. Il y a un coté obsessionnel chez lui même dans un instant comme celui-là. Même si pour beaucoup de chrétiens cela se résume à un cri du coeur. Ce n’est pas que ça l’enchante, si je puis m’exprimer ainsi, mais les Signes divins l’ont amené jusqu’à ce texte puis jusqu’à qu’il devienne l’évidence de son destin. Deux imaginaires se font face, radicalement opposés. L’un est un descriptif violent où les métaphores ne demandent pas beaucoup d’imagination pour être comprises (la violence de gros animaux sauvages), tandis que l’autre ne semble avoir aucun sens et demande d’innombrables clefs de lecture. Une hiérarchie s’établit: le plus « spirituel » des deux est celui dont le texte est le plus inaccessible.

Il va alors se produire l’inévitable: le Messie doit annoncer celui qui viendra:

Qu 61:6 – Et quand Jésus fils de Marie dit: « Ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager de Dieu [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera « Ahmad« . Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent: « C’est là une magie manifeste ».

Contrairement à ce que certains prédicateurs musulmans ont pu prétendre, le prophète Muhammad, paix sur lui, n’est pas annoncé dans le cantique. Voici le verset:

CC 5.16 Son palais n’est que douceur, Et toute sa personne est pleine d’objets de désir (mahamadim).
Tel est mon bien-aimé (dowdi), tel est mon ami, Filles de J.!

« objets de désir » est la traduction la plus littérale possible. Mahamadim n’est pas un nom propre. Comme sa terminaison l’indique, il s’agit bien d’un pluriel. Le mot apparait au singulier, soit sous la forme mahmad, ailleurs dans le texte biblique. Mais le contexte de ces formes au singulier rend impossible d’en faire autres choses que des noms communs, et elles ne peuvent être traduites que par objet de désir. Si un imam a été aussi vindicatif pour tordre le texte afin d’y voir une prophétie d’annonce du Prophète dans le but de remporter des combats théologiques contre des chrétiens, on peut en déduire qu’une personne qui se projette personnellement dans le cantique et s’identifie au personnage principal puisse basculer psychologiquement en entendant la prophétie de la venue d’un certain Ahmad. Évidemment Dowdi et Mahmad n’ont pas exactement le même sens, mais si un homme tel que le Messie évoque une prophétie à accomplir à base du mot Ahmad, il est tout à fait possible de faire glisser le sens du nom du personnage du cantique. Dowdi et Mahmad deviennent alors interchangeables. Et là, c’est le tunnel dans lequel s’engouffre la reine: le Ahmad devient son fils bien-aimé. Il devient le personnage mystère et central du contre-évangile.  Le conte fondateur de Rome/égyptien des deux frères vient alors fournir la connexion entre le Messie et son fils. L’un doit mourir et l’autre fonder une civilisation. Elle incarne la mère bien-aimée de ce fondateur, telle la louve. Le tunnel est loin d’être fini. Voici le mouvement suivant.

Il faut bien comprendre que le Messie a du accepter son sort. Il faut bien comprendre aussi qu’il a très bien compris aussi la corruption potentielle de sa parole après son départ. A la manière d’Abraham, paix sur lui, qui a demandé à être rassuré quant à l’accomplissement des prophéties, le Messie a supplié Dieu de le rassurer de sa protection de l’Église. Nous devons à présent entrer dans les tréfonds du Psaume 22.
https://emcitv.com/bible/psaumes-22.html

Le Psaume 22 est divisé en plusieurs parties. La première est celle du narrateur supplicié, de son passé, de la situation délicate. Il décrit dans le détail les persécutions subies et utilisent des métaphores pour décrire les différents protagonistes. A partir du verset 24, le texte rapporte ce que la postérité spirituelle du supplicié va faire. La fin décrit une succession de générations et la venue d’un nouveau peuple. Le narrateur a donc quitté la scène. Le Psaume 22 est donc globalement structuré passé-présent-futur du point de vue du Messie en croix au moment où il prononce le verset introductif.
Penchons-nous sur le passage charnière, dont voici la traduction usuelle:

21 Protège mon âme contre le glaive, Ma vie contre le pouvoir des chiens !
22 Sauve-moi de la gueule du lion, Délivre-moi des cornes du buffle !
23 Je publierai ton nom parmi mes frères, Je te célébrerai au milieu de l’assemblée.

âme est nafsi. Glaive peut être traduit par épée. Il y a ici une dimension de pouvoir militaire. Il est ensuite question des chiens. La métaphore du chien en contexte biblique est souvent connotée. Pourtant le chien est choisi pour sa fidélité, non pour une hypothétique méchanceté. Si le maitre du chien est méchant, le chien servira ce maitre selon sa volonté. Si le pouvoir romain est injuste, les soldats qui le servent fidèlement, seront injustes. Autant en matière de spiritualité il est important de réclamer le discernement, autant en maintien de l’ordre, c’est beaucoup plus compliqué. La frontière est mince entre police du peuple et police politique. Il ne s’agit pas de dédouaner entièrement la police, mais il convient de ne pas lui faire endosser un rôle qu’elle n’a pas.
Ici il est question de la main, yad. La main des chiens c’est l’action de la police (ici des soldats romains).
Le mot traduit par vie est yahidati. La traduction vie est une extrapolation. Yahidati signifie littéralement « ce qui est lié à moi intimement ». Yahid est généralement traduit par ma chérie/mon unique. Yahad est l’équivalent de l’arabe wahad, en lien avec l’unicité. Il semble pertinent de voir dans le terme yahidati l’origine du concept grec de monogene que l’on retrouve à la fois dans le récit de la naissance du fils de la reine des antiquités juives ainsi que dans la désignation utilisée pour le Messie dans le contre-évangile de la secte (4ème).
Or, toutes les occurrences de yahidati désigne une personne extérieure au sujet. Le narrateur du Psaume 22 est seul. Si avec le recul de 2000 ans de théologie, il est possible de voir dans yahidati la désignation de l’Église, il est fort possible d’imaginer la reine, dans le contexte de la violence de la situation,  son imaginaire projeté dans le cantique, cherchant son bien-aimé partout,  s’identifier à cet être unique. Le piège vient alors de se refermer sur elle et elle n’en sortira plus. Il ne reste plus qu’à l’adversaire à lui offrir le couronnement de sa carrière: une apparition mystique. La première d’une très longue série qui va contaminer la communauté chrétienne dans son ensemble jusqu’à modeler les rites et les dogmes modernes.

Mais l’étude n’est pas fini. Verset suivant. La gueule des lions décrit tous ceux qui profèrent de mauvaises paroles à l’encontre du Messie supplicié. Ce sont les dernières paroles qu’il entend alors qu’il est sur le point de mourir car ses dernières forces l’abandonnent. Il se remémore alors le Psaume 22 et le récite à voix basse.

22  (…) ūmiqqarnê rêmîm ‘ănîṯānî.
וּמִקַּרְנֵ֖י רֵמִ֣ים עֲנִיתָֽנִ

La traduction de ce morceau de verset est un exercice de haute voltige. ‘ănîṯānî signifie littéralement: Tu m’as répondu. Cela signifie que l’action est accomplie. Lorsqu’il récite ce passage, le Messie sur sa croix réalise le sens réel du verset que nous étudions en ce moment même. Remim, si nous faisons abstraction du lexique hébreu qui évoque une bête sauvage donc sur le registre métaphorique, nous allons en trouver le sens dans l’arabe coranique: Ramim évoque la destruction. miqarne: mi est le préfixe min, qui indique la provenance. qarne est généralement traduit par cornes. C’est Daniel, paix sur lui, qui va nous fournir la réponse, au sein d’un passage se servant de métaphores animales pour décrire des menaces incarnées par des groupes constitués:

Daniel 7.24 Les dix cornes, ce sont dix rois qui s’élèveront de ce royaume.

Le sens biblique moderne de « corne » donné au mot qarn provient de la métaphore utilisée ici. Le sens initial se trouve simplement dans le Coran. Il signifie époque/génération. Dans Daniel, il s’agit du « temps d’un roi », figuré par la corne qui est ce que l’on distingue dans l’histoire. Dans le verset 22 du Psaume 22, la corne désigne donc des époques de rois détruites, des temps révolus/disparus.  Le Psaume en lui-même vient d’une de ces plus grandes époques: celle du roi  David, paix sur lui. Le Psaume révèle en lui-même ce qu’il vient confirmer:

Ps 22.22 (…) Des temps disparus à jamais (du roi de ce Psaume), Tu m’as répondu (sur  sa propre invocation)

A noter que si l’on reste sur le sens arabe, ‘anitani évolue en sens et signifie « signifier ». Il ne s’agit alors plus d’une réponse à invocation mais l’affirmation du futur.

Ps 22.22 (…) (De ce texte) issu des temps disparus, Tu m’as signifié (ce qui va suivre)

Ramim est ici un nom. Il désigne des ruines. Littéralement, il est dit: des temps de ruine. Mais cela ne signifie pas que la ruine est propre à cette époque mais que la ruine est advenue à cette époque avant le temps du narrateur.  Dans le cas que nous étudions, alors que le Psaume est récité sur la croix, le présent exact devient la fin du verset 22.22. C’est cet instant qui marque la destruction du temps ancien: le passage d’une ère à une autre, un changement de paradigme (une ère comporte plusieurs périodes). C’est aussi l’instant de passation effectif entre le prophète et ses disciples, énoncé quelques temps plus tôt pour d’évidentes questions pratiques, et reformulant:

Es 22.22 Je mettrai sur son épaule la clé de la maison de David :
Quand il ouvrira, nul ne fermera; Quand il fermera, nul n’ouvrira.

Le Messie prononce alors:

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as Tu abandonné?

Il évoque donc le Psaume dans son intégralité par son introduction et l’accomplit. Et le voile du Temple se déchire.

23/12: Le mot initialement mal interprété, remim, situé à la charnière du Psaume, évoque la destruction des temps anciens et la promesse des temps nouveaux. Ce principe s’oppose radicalement à l’idée globale portée par le cantique de nostalgie des temps anciens. Par opposition, ce sont deux expressions situées au tout début et à la toute fin, qui encadrent donc le texte, qui traduisent cela:

Cc 1.6 (…)  Les fils de ma mère se sont irrités contre moi, Ils m’ont faite gardienne des vignes.
Ma vigne, à moi, je ne l’ai pas gardée.
(corps du cantique)
8.12 Ma vigne, qui est à moi, je la garde.

Le cantique exprime la restauration d’une royauté personnelle  détachée du peuple, ce dernier cantonné à une métaphore. Le cantique simule l’attachement charnel à une terre étrangère d’une intellectuelle au sens péjoratif du terme.
La royauté du Psaume est une royauté épurée de tout ce qui la corrompt dans le concret. Tandis que le cantique condense tous les aspects négatifs de la royauté. Une opposition aussi radicale ne peut qu’amener les partisans de l’un à s’en prendre physiquement aux partisans de l’autre.
L’erreur majeure de ceux qui ont incorporé ce texte dans le corpus et des analystes modernes est de le considérer comme eschatologique, c’est à dire codé pour être annonciateur des évènements collectifs qui vont libérer le peuple d’Israël alors que l’intention initiale de l’auteur était de se tourner vers le passé. Le flou narratif est alors propice à toutes les interprétations, dont certaines vont précipiter un grand nombre de gens dans le malheur.
Tout ceci pour justifier de la fonction assurée à ce  point de la contre-révélation qui est le pseudo universalisme et la posture de supériorité morale de détenteurs de la foi.  En effet, si l’universalité est présente dans le cantique alors que c’est un thème de la Révélation, c’est parce que celle-ci est altérée. L’universalisme messianique est un universalisme réel, tandis que celui du cantique est un universalisme centré. La notion est subtile mais néanmoins centrale au niveau civilisationnel.  Elle s’incarne dans ce que l’on nomme « Nouvel ordre mondial ». Quant à la supériorité morale, l’évacuation de toute la virilité liée à la prise de pouvoir et son exercice place l’auteur et ses disciples dans cette posture.

24/12: Projection moderne
Dans le contexte de la volonté de s’affranchir de la domination romaine, nous avons vu le danger représenté par l’interprétation forcée d’un texte poétique nostalgique comme eschatologique. Maintenant, tournons-nous vers le présent, et exposons des mécanismes identiques de confusion des imaginaires. Comme je l’ai expliqué dans l’article précédent, le personnage qui s’opposait au Messie devait nécessairement être une personne riche et de sang royal. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Une personne qui dispose de la liberté de déployer son imaginaire narcissique sur internet suffit. Il me faut alors raconter ce qui fut l’un des passages les plus marquants de ce début d’année 2016. Tout avait donc débuté par une vidéo de la femme habillée tout de rouge où elle parlait d’Israël et elle évoquait une maladie d’amour. Le 14 février, jour de célébration païenne de l’amour, elle apparaissait dans la même tenue toute de rouge, tête couverte évoquant une musulmane, dans un décor minimaliste de barreaux de prison sous fond noir. C’était une déclaration d’amour adressée face caméra, à un « tu » auquel pouvait s’identifier n’importe quel spectateur. Effet garanti et totalement voulu par la comédienne qui d’ailleurs n’en était pas à son coup d’essai, bien consciente de son aura et de ses capacités de séduction. L’instrumentalisation de l’amour pour  révéler les travers des gens  plutôt que la violence frontale et physique lui  semblait le plus efficace pour parvenir à ses fins. J’étais donc sous le choc, et j’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre.  Étant donné mon profil psychologique et mes failles béantes, l’objectif qu’elle s’était fixé a rempli son office… à court terme. Comme nous pouvons le considérer en ce moment même, le véritable stratège était Dieu. Il n’y a pas de meilleure méthode que de résoudre une problématique en y étant soi-même confronté.  Une fois le sujet happé par la déclaration, voici la chute: elle s’adressait à la Palestine personnifiée. Le parallèle avec le cantique est saisissant. Cette femme, comme un grand nombre des coalisés de « l’islamo-gauchisme », vit la Palestine par procuration. Le lien charnel est revendiqué mais vécu uniquement dans l’imaginaire. La violence est niée dans son caractère physique, tout en étant opérante psychologiquement, conférant une posture de hauteur face à ceux qui s’y adonnent sur le terrain. Mais nous comprenons que ces deux violences sont interconnectées. Ce qui distingue les intellectuels des meurtriers n’est que leur appartenance à une classe. L’ironie est que les premiers prétendent s’inscrire dans la lutte des classes. Les uns dominent les autres, assurément.
Le témoignage doit servir le propos théologique et non pas le travail exposé servir de prétexte à se glorifier.
Pour s’inscrire dans le prolongement des deux articles précédents sur la possession de parts de l’Esprit, la question fondamentale qu’il faut se poser ici et dans n’importe quelle situation spirituelle: quelle est la nature de l’imaginaire auquel nous faisons face, la nature du notre, et l’interaction envisagée entre les deux?

Le surhomme
Dans l’article rédigé en 2016, lorsque j’exposais la situation délicate dans laquelle j’étais et qui révélait pleinement les failles de ma foi, j’exposais les bien-aimé modernes par des périphrases. L’élément commun à l’origine de leur interaction était ce fameux philosophe allemand qui avait déclaré la mort de Dieu. Celui-ci élabore un tas de concepts souvent en réinterprétant la foi chrétienne mais aussi juive. Après étude, il me semble que le concept philosophique du surhomme serait le liant et donc l’enseignement de la contre-révélation. Constatons que l’image publique des deux protagonistes n’est pas basée sur l’acceptation de cette doctrine. Elle ne peut se déduire que par la prise de recul de l’observateur. Un premier résumé grossier du concept du surhomme c’est la reprise des thèmes de la pseudo-universalité et de la morale supérieure, mais prolongés par le principe de mutation de nature. Ce principe trouve un écho avec la doctrine transhumaniste bien ancrée à la charnière des deux ères où nous nous trouvons et qui avance masquée par le cheval de Troie de la transidentité (sous couvert de droit, du bien, et de l’amour cela va sans dire)

Yahidati, son unique est bien l’Église qui prolonge son âme, le Je est bien le supplicié dans le futur:

23 Je publierai ton nom parmi mes frères, Je te célébrerai au milieu de l’assemblée.

trouve un écho dans:

Mt 8.20 Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.

Le Messie peut alors mourir sereinement.

Le troisième jour divin, soit plus de 2000 ans plus tard, il revient pour sa deuxième époque, sa deuxième corne.
Il est Dhul-Qarnayn, « Celui des deux époques/royaumes/cornes ». Il apparait dans le Coran au bas de la page 302, sur les 604 au total.

Qu 18.83 Et ils t’interrogent sur Dhul-Qarnayn.
Dis: « Je vais vous en citer quelque faits mémorables. »

Paix sur les âmes investies de parts de l’Esprit.