نور على نور

: Nouroun ‘ala nour

(translittération du titre)
Les articles rédigés un 2 février et/ou dont le récit a lieu un 2 février sont des incontournables. Je crois que je ne me suis jamais vraiment remis de celui de 2025.
https://www.stephanpain.com/2013/04/07/lhistoire-dezlemese/ (2/2/12)
https://www.stephanpain.com/2016/02/02/juste-une-illusion-18-janvier-2012/
https://www.stephanpain.com/2020/02/02/du-nil-a-leuphrate/  (introduction du combat entre les oiseaux et les oiseaux de proie)
https://www.stephanpain.com/2022/02/02/84/ 
https://www.stephanpain.com/2023/02/02/קֵנְאֵל/   (le nid des oiseaux)
https://www.stephanpain.com/2024/02/02/222/
https://www.stephanpain.com/2025/02/02/bonnet-000/

Le 2 février est la chandeleur (fêtes des chandelles), on y célèbre la Présentation au Temple.

Lc 2.25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. 2.26 Il avait été divinement averti par le Saint Esprit qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. 2.27 Il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait la loi, 2.28  il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit:
2.29 Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur S’en aller en paix, selon ta parole.
2.30 Car mes yeux ont vu ton salut,
2.31 Salut que tu as préparé devant tous les peuples,
2.32 Lumière pour éclairer les nations,
Et gloire d’Israël, ton peuple.
citation de :
Es 42.6 Moi, l’Éternel, je t’ai appelé pour le salut, Et je te prendrai par la main, Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour être la lumière des nations,

 

Le bannissement par l’ombre

Après avoir longtemps hésité, j’ai finalement décidé de changer le titre initial. Il  s’agit  de ne pas promouvoir quoi que ce soit  s’apparentant à un mythe. Vous connaissez mon habitude d’effacer les références polythéistes. Celle-ci ne me vient pas de la pratique de la Bible, mais de mon initiation confrérique tridécennaire. Effacer la première lettre d’un nom signifiait un statut inabouti dans l’initiation. Tant que l’on ne fait pas pleinement parti de la confrérie, on est encore considéré comme un profane. Une fois la période d’initiation finie, la pratique d’altération des noms propres s’appliquait sur ce qui était ennemi de l’esprit de la confrérie ou qui lui portait préjudice. Il me faut également mentionner que les noms et les inscriptions en lien avec une personne qui ne fait plus parti de la promotion, pour quelque raison que ce soit, sont souvent effacés ou recouverts. Je me souviens de ces cases noires qui apparaissaient au milieu des équerres des promotions précédentes. Paradoxalement, elles sautaient aux yeux.  On peut imaginer que leur nombre pouvait augmenter avec les années, notamment pour des question de trahison à la confrérie. Mais le plus important reste la liste des anciens élèves et le fameux annuaire qui ouvre tant de porte. Une fois le nom effacé, il n’y reviendra pas.  Ce rapport aux noms propres et à l’éternité existe depuis la nuit des temps et chacun sait l’importance de la titulature pharaonique. Altérer une lettre, si c’est une technique de mise à part ou de rabaissement, n’en est pas moins une prise en compte du sujet. Cela peut faire parti d’une confrontation, d’un différend reconnu publiquement comme tel. Mais il y a une chose qui a été comprise depuis fort longtemps, lorsque l’ennemi représente une menace trop sérieuse, la seule issue est l’effacement pur et simple car sa simple évocation peut lui apporter de la force. Il y a un moment où la périphrase ne suffit plus, il faut totalement ignorer l’opposant. Ce principe est valable à la fois dans la contemporanéité, mais surtout dans le traitement de l’histoire. Chacun sait que l’histoire est un haut-lieu de bataille idéologique. L’idéologie dominante dans le monde actuellement n’est qu’une version réactualisée d’une vision plurimillénaire. Elle est portée par des  gens qui ne savent  que trop bien que la Révélation a toujours été là puisqu’elle a toujours été réinventée pour survivre à ses attaques. Les partisans de l’un et l’autre camp se succèdent et se transmettent  connaissance et pouvoir depuis l’aube de l’humanité chacun de leur coté. Le moment exact de la confrontation correspond à l’irruption de Joseph, paix sur lui, au service du vizir du Pharaon. L’adversaire réagit immédiatement et investit une femme pour corrompre le prophète dont la droiture menace le système mis en place à la cour. C’est le point de départ d’une lutte sans merci. Afin de ménager un espace terrestre et temporel  propice  à l’ancrage ferme des écritures par la descente de la Torah, le Créateur porte un coup sévère aux sorciers. Si ils vont mettre plusieurs siècles à s’en remettre, c’est pour revenir bien plus puissants. Le temps de la déchéance d’Israël vers le milieu du millénaire voit l’émergence d’une culture qui va dominer le monde et parvenir jusqu’à nous: la culture hellénistique.  Lorsque les historiens nous exposent les origines de cette culture, on croirait qu’elle surgit du néant, fruit de l’imagination des hommes, des combats entre clans et des amours des têtes couronnées.  Ce que j’affirme et démontre au travers de mes articles est que la culture grecque est entièrement construite en opposition à la Révélation, dans les ruines de ce que fut l’antique religion égyptienne basée sur la sorcellerie. En disant cela, vous n’obtiendrez jamais l’aval d’une intelligence artificielle car elle n’est pas conçue pour réfléchir ainsi. En langage geek, on pourrait nommer cela de la rétro-ingénierie spirituelle. Non pas que l’IA en soit incapable, mais parce qu’elle est le pur produit et au service de cette vision du monde.   Intégrer Dieu dans cette vision n’a rien d’insurmontable. Ce paramètre est géré comme tous les autres. Mais l’idée du complot d’une entité créée qui a juré la perte de l’homme et complote depuis des millénaires contre lui par tous les moyens, elle n’arrive pas à le gérer. Allant parfois jusqu’à réduire l’existence d’une telle entité à un concept humain. Et tout cela va être ingéré dans la fenêtre du Chat pour observer sa réaction. A taquin, taquin et demi.

Le mythe hellénistique de l’île disparue au milieu de l’océan Atlantique

Le mythe d’une île disparue depuis des millénaires qui va servir de support à cet article est l’un des plus connus de la culture grecque. Il est toujours aussi populaire et alimente les fantasmes d’un grand nombre de chercheurs  de vérités cachées sur notre passé. Aussi, celui qui est présenté comme l’auteur original de ce mythe sera désigné comme le philosophe de l’amour aplati. Voici le compromis ironique trouvé sans tomber dans le vulgaire. En effet, j’ai pensé évoquer un moment la théorie platiste. Mais il s’agit de dénoncer théologiquement la supériorité affirmée de l’amour  désincarné qui a donné l’expression qui porte son nom. L’amour divin quant à lui, qui surpasse tout, est un amour incarné et vivant. Ce philosophe grec est un incontournable, à tel point que sa pensée a traversé les siècles pour s’épanouir dans le monde moderne au travers de courants de pensée présentés comme novateurs intégrant son nom.  Comprenez-bien, selon le texte d’introduction, que ce qui nous est présenté comme une renaissance, terme qui appartient pleinement au vocabulaire religieux, n’est en réalité que l’émergence publique d’une pensée occulte mais néanmoins opérante au sein des cercles de pouvoir depuis des siècles. Ce que j’affirme et que l’I.A. ne peut accepter, est qu’il existe une transmission cohérente, consciente et organisée de la contre-révélation. Alors bien sur, par essence, le mal est divisé en lui-même. Si il peut exister un projet commun, les moyens pour y parvenir ne sont pas compatibles. Les forces occultes œuvrent donc parfois en opposition quand l’une ne veut pas se soumettre à l’autre. Ce principe est exposé depuis de nombreuses années ici-même. Le philosophe grec n’est pas un penseur isolé. Il hérite d’une pensée structurée et y apporte sa contribution.  Les éléments primordiaux de cette pensée sont le principe d’opposition radicale aux écritures et à ceux qui en sont porteurs, ainsi que l’absence de toute référence à leur existence. Voilà pourquoi la terme de rétro-ingéniérie s’impose: il ne semble pas possible de reconstituer la mécanique à l’œuvre à l’aide des éléments disponibles à nous et à l’I.A. Il faut donc se risquer et avancer dans l’inconnu au risque de se voir traité de méta-complotiste. Mais si j’ai utilisé le mot « semble », c’est parce que ceux qui n’existent pas dans l’absolu, n’ont pour seule ambition que de se construire en opposition à la Révélation. Et si ils ont reçu l’ordre formel d’ignorer publiquement les écritures car cela a été théorisé en amont par leur pairs, ils ne peuvent jamais s’y conformer totalement. C’est ainsi. Arrivé à ce point de lecture, vous l’avez compris, ce que j’affirme ici est que le mythe de ce continent englouti qui rencontre un succès indéniable depuis un moment est une réécriture de l’histoire de la fondation et de la chute d’Israël en tant que royaume autonome. Les commentateurs modernes font remarquer que le mythe ne suscitait pas autant d’engouement dans l’antiquité. Pour arriver à cette conclusion, ils se basent sur les textes rendus publics et non sur l’acceptation de l’existence d’assemblées confrériques repensant le monde. Et je dis bien « repensant », car à ce moment là, tout est décrit dans le livre de la Genèse. On nous explique alors que la Septante, la version traduite en grecque de la Bible, est postérieure au mythe et à son auteur de plusieurs siècles. Serait-on assez naïfs pour croire que la traduction officielle rendue publique soit le point de départ de la collusion de la pensée grecque et sémitique? Bien sur que non. La Septante est la conclusion d’un processus. Celui-ci apparait publiquement car il se situe après la domination militaire grecque du 4ème siècle. Il est clair qu’un personnage tel que le philosophe dont nous parlons devait avoir accès à une traduction plus ou moins complète de la Genèse. La question n’est pas tellement la possibilité mais la hiérarchie accordée aux sources disponibles. C’est là où le traumatisme de l’Exode et l’héritage transmis au travers d’une contre-révélation entre en jeu. La Torah est considérée comme le Livre ennemi de référence. Il ne faut pas le nommer, il ne faut pas l’évoquer, il ne faut pas combattre frontalement ses porteurs. Pour parvenir à comprendre, il faut se mettre ce principe en tête.

Le mythe nous rapporte donc l’histoire d’une terre établie par la divinité de la mer. Le lien avec l’Exode est limpide. La situation est donnée par le lien avec la mer Méditerranée. A ce moment là, le philosophe égare le profane dans la direction opposée. Mais l’initié comprend que les deux colonnes ne sont pas un emplacement terrestre mais un marqueur de seuil de gnose. Les deux colonnes servent à marquer la séparation entre le monde profane et le monde spirituel. Nous les retrouvons donc devant les temples égyptiens. Le Temple d’Israël tardif, altéré par la contre-révélation, se retrouve flanqué de ce signe occulte. L’initié moderne, en constatant la présence de ces colonnes, comprend immédiatement l’emprise de son camp sur ce qui est censé être le haut-lieu de la pratique cultuel de la Révélation. Le terrain parait conquis et sous contrôle. On peut imaginer que la clef de lecture du mythe puisse être donnée au cours d’une cérémonie d’initiation analogue à celle que j’ai pu suivre (pas au bas-niveaux, entendons-nous bien).   La terre est établie autour d’une cité sainte, et répartie entre 10 tribus. Le pouvoir y est héréditaire. Le royaume connait une période de prospérité en appliquant les ordonnances de la divinité. Mais l’hybris, ce concept typiquement grec, finit par dominer et le royaume est frappée de malédiction et disparait. Ce qui est décrit comme un isolement par la mer est en réalité un isolement par le statut de relation privilégiée à un Créateur unique. On peut parler d’ile des écritures.

Pour certains, le caractère de justesse dans la compréhension du monde et de la transcendance a pour conséquence le rayonnement civilisationnel. Or, si l’on analyse la pensée du philosophe, il semblerait qu’il distingue le pouvoir de la sagesse du pouvoir brut. Tout son travail consiste à orienter le monde dans la direction pérenne au delà des rapports de force. Au moment de la rédaction, Athènes vient de chuter. Ce n’est donc pas en vainqueur que le philosophe s’exprime mais bien du coeur de la défaite. Et ce schéma est typiquement biblique. Bien conscient de ce à quoi il touche, puisqu’il incarne lui-même la victoire en devenir au sein du chaos, la référence à la Torah s’impose comme une évidence. Son analyse est claire: Israël a chuté parce qu’il n’a pas su en porter l’héritage dignement, non par faiblesse militaire, politique et stratégique. Il adhère d’une certaine manière à la pensée d’un Jérémie, paix sur lui, par exemple. Cela signifie qu’il reconnait la grandeur de la Torah, la grandeur de Moïse, paix sur lui, et ceux qui ont été ses disciples. Mais il refuse l’idée que cette grandeur soit de source transcendante. La pensée du monde dans laquelle il s’inscrit totalement est issue uniquement du mérite des hommes, sans rien devoir à une transcendance (du moins telle que celle décrite dans la Torah).  L’hybris  qu’il dénonce frontalement n’est donc pas celui d’une cité prospère qui bascule progressivement dans la domination politique ou économique, mais une hybris spirituelle. La proximité de hybris avec hébreu, dans cette compréhension, ne laisse planer que peu de doute quant à sa réelle origine. Pour illustrer le propos, l’exemple qui me vient en tête est le mot arabe « assass » qui signifie la base/fondement. Ce mot a servi d’idée structurante à une assemblée de musulmans (avec un suffixe), comme pour beaucoup de groupes dans l’histoire. Les occidentaux les ont caricaturés, à tort ou à raison, comme des tueurs. Le nom positif arabe est donc devenu un terme négatif dans la culture occidental sous la forme assassin. (pour « l’anecdote » mon deuxième prénom de conversion est Assass) Cependant cette domination ou devrait-on dire menace, n’est pas monocéphale, elle peut venir aussi du bas. Nous parlons alors de tyrannie populiste. Selon toute vraisemblance, une des motivations de rendre inaccessible au non-initié, donc au non-coopté, la compréhension de son mythe, est de la conditionner à l’acquisition de la sagesse et de la maturité. Pour résumer, la forme du mythe vient donc combler deux problématiques: la protection contre la menace d’un pouvoir centralisé, et la protection contre la menace d’un chaos diffus et incontrôlable.

Régime de gouvernance spirituelle

« La république, c’est moi! » aurait pu dire, à raison, le philosophe. De notre point de vue moderne, nous ne pouvons que constater  l’accomplissement de sa vision du monde. Structurellement, nous avons un exécutif centralisé dont la fonction première est de trancher pour assurer le fonctionnement du système, et d’autre part une assemblée de sages représentatifs et issus du peuple, se rassemblant pour débattre. A l’heure de la domination des réseaux sociaux, nous avons à la fois les médias de courants majoritaires et alternatifs qui convergent dans la critique de l’exécutif.  Il devient le bouc-émissaire de tous les maux. Or, nous devrions surement réaliser que l’organe défaillant est l’assemblée. En effet, cette dernière n’est plus qu’une simple opposition entre deux pôles: le pôle central qui n’est qu’une chambre d’écho du pouvoir centralisé, ces gens sont des technocrates déconnectés du peuple qui répondent aux lobbies financiers et/ou idéologiques. Le pôle populiste, divisé en deux camps, dont la fonction première semble d’être une chambre d’écho des influenceurs. Certains députés vont même jusqu’à pratiquer des coups d’éclat dimensionnés pour la diffusion en format court. Présenté ainsi, nous pourrions conclure que la sagesse a déserté les lieux et que le narcissisme l’a remplacé. Ce serait confondre la cause et la conséquence. La sagesse n’a pas disparu. C’est la source de la sagesse, à savoir l’humanité qui s’auto-référence, qui est en défaut. Le narcissisme n’est qu’un symptôme de l’humanisme.  En miroir du philosophe grec de l’amour aplati, nous pouvons dresser le bilan de cet échec comme l’aboutissement d’un processus basé sur la vision humaniste. Cela ne signifie pas l’abolition de la sagesse comme opérante dans l’histoire, mais d’accepter que lorsque le raisonnement est poussé dans ses limites, il existe une seule question sur laquelle seule une entité transcendante peut répondre: son Unicité. C’est l’Unicité qui conditionne tout le paradigme. Une fois cette question tranchée, il n’y a aucune crainte à exposer les mécanismes des divers groupes religieux, politiques, idéologiques, car il n’existe pas d’ennemi capable d’instrumentaliser l’analyse adverse pour mener à bien son projet civilisationnel. S’emparer de la Révélation pour la confronter à l’intelligence artificielle comme outil de synthèse de l’humanisme est une démarche de purification de l’Unicité.

Convergence des luttes

En a-t-on réellement fini avec la république dans cet article? Un bon article de dévoilement s’appuie sur deux choses: l’indice clef qui va submerger l’esprit, et l’ironie. Nous allons donc opérer avec les deux en même temps. Il y a un détail qui n’aura pas manqué d’attirer l’attention de certains: le philosophe décrit une terre constituée de dix royaumes, or Israël est fondé sur 12 entités.  La réponse à cette énigme est simple, le philosophe ne pratique pas une autopsie d’Israël depuis le point de vue biblique moderne, mais du point de vue Samaritain: les 10 tribus sont la matérialisation du projet mosaïque. Le titre du mythe est  basé sur le mot grec atlas, ἄτλας  qui est rattaché au verbe τλάω / τλῆναι. Ce mot, évoquant la fonction de la divinité associée dans son mythe propre antérieur, signifie supporter/porter (sur ses épaules). Le mot est une évocation de Sichem, véritable centre de Manasseh, ville refuge et capitale d’Israël.

Endosser↔שכם ↔ ظهر ↔ ἄτλας ↔

 atlas – ἄτλας

La mythologie grecque est une vaste étendue de données. Que les choses soient claires, pour tous ceux qui n’y ont jamais mis le nez, l’immense majorité de ces informations ne semble avoir strictement aucun intérêt. Il faudrait être muni des clefs de lecture pour chaque récit pour chaque auteur. Cette mythologie est en constante réécriture durant des siècles. Il est d’ailleurs fort possible que ceux qui reprennent les mythes tardivement pour en redonner une nouvelle version, n’en connaissent pas le véritable sens, et y ajoute une surcouche qui éloigne d’avantage du sens original. Si je suis persuadé qu’il existe une contre-révélation organisée structurée et enseignée, cela ne signifie pas pour autant que tous les auteurs antiques en font parti. Pour le sujet qui nous préoccupe, la divinité condamnée à porter apparait dans divers récits mythologiques sans qu’elle y ait une place principale.  Nous pouvons partir du postulat que certaines divinités représentent des peuples. Les guerres décrites sont  adossées à la géo-politique de l’époque. Les deux grands auteurs grecs notables, considérés comme des poètes, et donc nous conservons des traces significatives, apparaissent vers -750. C’est à ce moment là que serait rédigé le récit de la ruse du cheval. La divinité y est alors mentionnée. C’est donc bien dans ce mythe fondateur que nous aurions la première mention de ce nom, ainsi que celui du nom de femme du peuple grec. Le philosophe de l’amour aplati ne fait donc que reprendre ces noms. Maintenant, je vais utiliser un autre biais pour fournir une explication sur le fait qu’il se permette de dévoiler en partie l’identité de la ville cachée derrière la divinité. Nous allons nous pencher sur un concept énoncé par le deuxième fondateur. Il décrit l’histoire du monde selon 4 ages. Le premier est l’age d’or. Viennent ensuite des ages de plus en plus dégradés. Le dernier age décrit des hommes dans la pire des situations. Le récit parait décontextualisé temporellement et géographiquement. Il faut attendre 400 ans, pour que le philosophe post-exode, livre un récit alternatif. Il ne s’agit plus d’age qui se succèdent dans le temps, mais de castes d’hommes. L’homme assume pleinement sa position dominante: il appartient à la caste dorée. Il explique alors ouvertement que la caste dorée est celle qui est amenée à diriger, à guider.  Nous pourrions développer sur le sujet, notamment sur la question de l’hérédité et du mérite. En cela, nous pouvons établir un lien avec le conte des deux frères égyptiens, puisqu’il décrit un noble et un besogneux. Mais ce n’est pas le sujet ici. Ce que je voulais montrer ici, c’est que l’auteur se permet de fournir certaines clefs de lecture du récit livré par son prédécesseur qui souhaitait que sa conception des castes  ne puisse pas être comprise par les castes inférieures. Il ne faut pas voir là du cynisme. Je dirais plutôt que d’une part ce récit a été suffisamment travaillé en amont pour que cette compréhension ne soit plus cruciale pour l’équilibre de la cité. D’autre part, il s’agit ici de jeter les bases d’un monde à venir. L’adhésion à un projet passe par l’exposition claire de la réalité, ici l’existence des castes. Les déclassés peuvent y consentir, à condition que ceux qui se placent en haut assume leur position. L’homme du commun n’aspire pas au pouvoir et il sait reconnaître la valeur des grands hommes. Mais malheur aux usurpateurs! Plus de 2000 ans plus tard, les choses n’ont pas réellement changées. Ceux qui obtiennent le pouvoir sont généralement des gens fermes, capables de supporter les critiques.  L’amour porté à son pays et à son peuple va distinguer certains hommes.  Il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas jouer.
Selon moi, le philosophe de l’amour aplati considère que David, paix sur lui, serait un homme du peuple, donc d’une caste inférieure, qui serait parvenu à obtenir le pouvoir par la ruse, au contraire de Moïse, paix sur lui,  élevé à la cour de Pharaon. Cette usurpation de pouvoir pourrait expliquer la chute inexorable d’Israël qui a commencé par sa scission en deux royaumes juste après le règne de son fils Salomon, paix sur lui. En langage moderne, un excès de démocratie, ou une dictature populiste. Une telle corruption serait une preuve d’égarement spirituel manifeste.

SKM – שכם

La Cité qui prend sur ses épaules: https://www.stephanpain.com/2022/06/23/zaer/
Le mot épaule, SKM, 7926, dans la Bible, apparait 21 fois. Cependant, une occurrence est traduit différemment par « part », comme conclusion de ce fameux passage du chapitre 48 recopié dans l’article précédent, « Osez » à propos de l’héritage dans la prophétie:

Gn 48.22 Je te donne, de plus qu’à tes frères, une part šəḵem que j’ai prise de la main des Amoréens avec mon épée et avec mon arc.

La traduction est forcée en part plutôt qu’épaule, il fallait faire disparaitre sous un nom commun la Cité sainte  conquise par Jacob, paix sur lui. Convenons que cette exclusivité non-nommée est pour le moins suspecte dans un tel cadre et surtout inexplicable. Une fois ceci établi, ce verset entre en violente contradiction avec le chapitre 34. Ce chapitre décrit le massacre intégral des hommes de Sichem pour venger l’honneur de la soeur des fils d’Israël. Le récit est une suite de détails narratifs invraisemblables. Il est impossible de trier, soit on prend cela de manière informative, ce qui peut éclairer la suite, et on l’accepte tel quel, soit on le rejette totalement. En faveur de cette solution, nous avons déjà le fait que Jacob, paix sur lui, ne participe pas au massacre et que 48.22 décrit une guerre menée par lui. Ensuite, lorsque l’on considère l’importance des noms et des destins individuels symbolisant le destin des peuples, le fait qu’un personnage nommé Sichem soit central  est le moteur du récit. Enfin, le détail autour duquel s’articule tout le texte est un anachronisme flagrant:

Gn 34.7 Et les fils de Jacob revenaient des champs, lorsqu’ils apprirent la chose; ces hommes furent irrités et se mirent dans une grande colère, parce que Sichem avait commis une infamie en Israël, en couchant avec la fille de Jacob, ce qui n’aurait pas dû se faire.

Nous ne sommes plus dans le registre de la métaphore, mais dans l’accusation claire. A cela s’ajoute une glorification de Juda par dessus tous ses frères absolument injustifiée dans le chapitre 49, appuyée par une prophétie de venue d’un homme que l’on retrouve dans le Deutéronome. Ma conclusion est: si l’on veut utiliser la métaphore du changement d’échelle, qu’une partie des fils d’Israël  mente à des hommes afin de leur faire croire qu’ils vont entrer dans l’Alliance et d’en profiter pour les tuer serait équivalent à inventer un chapitre des écritures pour égarer des hommes afin d’entrer dans l’Alliance et qu’ils en perdent leurs âmes. Une injustice évoque une injustice.

Les métaphores divines sont toujours basées sur la justice.

Voir également cet article autour de l’accomplissement de l’établissement comme capitale de la cité prise aux amoréens: https://www.stephanpain.com/2024/11/24/ici-et-maintenant/

Gn 15.16 Et (à) la génération quatrième, ils (tes descendants) reviendront ici:
car (ce n’est) pas la plénitude de la perVersité des Amoréens jusqu’à maintenant.

Fleur de wng –  

La piste égyptienne (7/2).
La divinité, représentée par une fleur de wng, porte le ciel.

La première mention de ce nom est celle d’un roi obscur de la IIème dynastie (autour de -2800). Les trois premiers rois de cette dynastie sont connus à la fois sous leur nom de _orus et leur nom de (n)ebty. La suite de la liste présente des anomalies. Plusieurs noms, dont le premier est en lien avec le signe que nous étudions, ne sont nommés uniquement que par leur nom de (n)ebty. De plus, parmi ceux qui possèdent  deux noms, le nom de _orus est remplacé par un nom de (s)eth. Le dernier roi de la dynastie vient éclairer la situation politique qui l’a visiblement précédé. « Celui grâce à qui les deux dieux sont satisfaits » évoque l’unification de deux terres sous l’égide de deux divinités opposées. Autre inscriptions: « l’année de combattre l’ennemi du nord » « 47 209 ennemis du nord ». «_orus-_eth Khâsekhemwy, vie offerte » où sur cette dernière, fait unique dans l’histoire égyptienne, d’une part associe les deux divinités dans un même nom, et d’autre part l’animal séthien porte la couronne rouge decheret, symbole de la Basse-Égypte. Enfin, le souverain a changé de nom au cours de son règne en ajoutant le suffixe « wy » qui est la marque du dual. Muni de tous ces éléments, nous pouvons supposer que la IIème dynastie correspondrait à une période où la terre séthienne de Canaan a été integrée avec l’Egypte non dans le sens politique mais religieux. Des souverains vassaux y auraient alors régné sous la protection du roi d’Egypte, avec la particularité d’y avoir exercé un culte effectif séthien et non un culte local cananéen. L’un d’entre eux aurait rompu l’alliance pour aspirer à l’autonomie et aurait déclenché un conflit politico-religieux dont l’archéologie témoigne.  Une première hypothèse serait que le premier roi de la lignée aurait été renommé (les inscriptions remplacent une ancienne)  par la fleur de wng, afin de marquer l’établissement de la cité dans sa fonction religieuse de portage (en lien avec la divinité de l’étranger du panthéon égyptien). Le sens du nom aurait été conservé mais traduit en cananéen et aurait donné Sichem (épaule/dos en cananéen).
Autre hypothèse basée sur la présence des 6 traits autour de la fleur recouvrant des inscriptions antérieures sur les poteries de la IIème dynastie: afin de faire disparaitre le nom du roi rebelle, celui qui s’appuie sur une divinité duale, on aurait remplacé son nom par wng numéro 6, comme 6 ème roi vassal de Canaan. wng serait alors un nom générique basé sur le nom de la cité, exactement comme je peux le faire avec RJ16, désignant le 16ème roi de Juda par un code plutôt que par son nom. On comprend alors la raison d’avoir été amené à penser comme un frère d’une confrérie de tradition plus ou moins occulte, car cela m’ouvre certaines compréhensions.

Le nom apparait ensuite lié à une divinité:

Formule 952 présente dans les pyramides de Pépi Ier, Méren_ê Ier et Pépi II (VIème dynastie; vers -2200) :
« Le ciel est pur de _ê, la terre est pure d’_orus, chaque dieu qui se trouve entre eux purifie le roi, afin que le roi adore le dieu. Ô toi, Gardien de la Voie, Gardien de la Grande Porte, certifie le roi à ces deux grands et puissants dieux, car le roi est en effet  (hiéroglyphe de la fleur de wng), le fils de _â, qui soutient le ciel, qui gouverne la terre et juge les dieux ! »

C’est une divinité rare mais néanmoins attestée et similaire à d’autres plus connues ayant la même fonction.
Lorsque Abraham, paix sur lui, arrive en Canaan, la ville de Sichem existe déjà sous son nom. Elle est mentionnée par ailleurs:

Stèle de Sebek-Khu (12ème dynastie; vers -1850) : « Sa Majesté marcha vers le nord pour vaincre les Asiatiques. Sa Majesté atteignit un pays étranger nommé Sekmem (Sichem) (…) Puis Sekmem tomba, ainsi que le  malheureux Retenu (bande côtière comprenant le Liban et s’étendant sur l’ouest de la Syrie). »

La Grande Porte décrite 300 ans plus tôt pourrait être le seuil africain de l’isthme de Suez dont le gardien serait la terre située en amont dans une logique « impérialiste » qui n’existe alors plus à cette époque. « La période 1650–1550 av. J.-C. correspond à l’apogée de Sichem, durant lequel de grands travaux de construction sont réalisés. La superficie de la ville augmente. Les archéologues ont en particulier identifiés des éléments défensifs, notamment un mur cyclopéen et deux portes, la porte Est et la porte Nord. » Il semblerait que la politique et la religion sont séparées: la dimension impérialiste spirituelle serait donc absente. Ce que confirme la suite:

Lettre d’Amarna EA 254 (vers -1360 à -1330) : Labayu (roi de Sichem) est alors considéré comme le plus grand fauteur de trouble dans la région:
« Le fait est que je suis le serviteur loyal du roi ! Je ne suis pas un rebelle et je ne manque pas à mon devoir ; je n’ai pas refusé de payer mon tribut, je n’ai rien refusé de ce que mon Commissaire m’avait demandé. »

Le nom  disparait après -2200 pour se retrouver sur des inscriptions de liste royale  de la 19ème dynastie (après -1294). Il s’agissait pour cette dernière de recomposer le récit des dynasties. Il est permis d’y voir une tentative de recomposition de l’histoire, procédé qui, dans une lecture moderne, évoque certaines pratiques des régimes autoritaires. Là où l’historiographie classique voit en R II le sommet de l’histoire égyptienne, l’Exode en dévoile la face cachée : celle d’un pouvoir arrivé à maturité, dont la grandeur repose sur l’autoritarisme, la contrainte et la négation de toute parole transcendante. Cela correspond aussi au moment de l’histoire où Sichem, alors cité la plus importante de Canaan, était en quelque sorte vassale uniquement politique de l’Egypte.

Sichem devient la capitale d’Israël alors que la 19ème décline et que le pays débute sa longue déchéance. Les hébreux seraient alors désignés comme porteurs de la terre et non du ciel dans une logique d’inversion ou de rabaissement. Cela nous rappelle le principe énoncé dans Genèse 15 de l’opposition entre les bêtes de la terre et les oiseaux. Plusieurs siècles plus tard, dans une Egypte totalement hellénisée, gouvernée par des souverains descendants des généraux de la conquête, dans la période de la rédaction de la Septante (à partir de -270), une commande d’établissement de la liste intégrale des dynasties est passé auprès d’un prêtre de l’antique religion (vers -280). Nous discernons encore une volonté de s’approprier l’histoire.  Il effectue un travail d’historien sûrement à partir des mêmes matériaux analysés par les modernes, mais il semble en  connaitre sa signification et traduit le signe égyptien wng (fleur de wng)  par le grec tlas. Le choix de ce mot ne semble pas porter un jugement de déchéance, qu’il connait nécessairement,  mais sur le concept du portage/endossement.

ZHR – ظهر

Ceux qui endossent: https://www.stephanpain.com/2025/10/24/az-zahirin/
Le prophète associé à la Cité sainte des fils d’Israël est Chu’ayb, paix sur lui (elle prend le nom de Madyan dans son récit: l’endroit origine d’où le peuple s’étend: racine hebreu/arabe MDD):

11.91 Ils dirent: « Ô Chu’ayb, nous ne comprenons pas grand chose à ce que tu dis; et vraiment nous te considérons comme un faible parmi nous. Si ce n’est ton clan, nous t’aurions certainement lapidé. Et rien ne nous empêche de t’atteindre. »
92 Il dit: « Ô mon peuple, mon clan est-il à vos yeux plus puissant qu’Allah à qui vous tournez  le dos, les Endossants? (wa attakhadhtumūhu warā’akum, ẓihrīyyāan)

La Cité sainte s’étend elle-même dans les nations par un groupe désigné (représenté par les Diacres lors de la cérémonie du livre des Actes et distinct du groupe des Apôtres, la Naqatallah):

61.14 Ô vous qui avez cru! Soyez  Alliés d’Allah!
à l’instar de ce que ‘Isa fils de Maryam a dit aux apôtres: « Qui sont mes Alliés en Allah ? »
Les apôtres dirent: « Nous sommes Alliés d’Allah. »

Un groupe des enfants d’Israʾil  crut, tandis qu’un groupe nia. Nous aidâmes donc ceux qui crurent contre leur ennemi,
et ils devinrent Endosseurs (fa-aṣbaḥū ẓāhirīna).

J’ai fait le choix d’utiliser deux traductions pour un nom propre à partir de la racine ZhR qui désigne les disciples pour illustrer à la fois la différence des termes coraniques et faire la distinction d’héritage scripturaire.
Mais les porteurs de la contre-révélation n’ont de cesse de les persécuter:

23.105 « Mes versets ne vous étaient-ils pas récités et vous les traitiez alors de mensonges ? »

106 Ils dirent: « Seigneur ! Notre malheur nous a vaincus, et nous étions des gens égarés.

107 Seigneur, fais-nous-en sortir ! Et si nous récidivons, nous serons alors des injustes. »

108 Il dit: « Soyez-y refoulés (humiliés) et ne Me parlez plus. »

109 Il y eut un groupe de Mes serviteurs qui dirent: « Seigneur, nous croyons; pardonne-nous donc et fais-nous miséricorde, car Tu es le meilleur des Miséricordieux »

110 mais vous les avez pris en assujettis sikh’riyyan  jusqu’à oublier de M’invoquer, et vous vous riiez d’eux.

111 Vraiment, Je les ai récompensés aujourd’hui pour ce qu’ils ont enduré; et ce sont eux les triomphants.

L’assujettissement (SKhR) consiste à déposséder les Endosseurs/Endossants (hR) de leurs responsabilité. Nous pouvons imaginer aisément que ceux à qui ces versets s’adressent ont du bien s’amuser de prendre connaissance de toutes les théories autour de ce mythe tournant en dérision leurs adversaires.

Les murmurants

Pour dévoiler la vérité, qui de mieux que les partisans de l’adversaire? Là est la plus grande des ironies. A ce sujet, nous voyons bien que la volonté d’écrire ce mythe de domination crypté s’inscrit dans les failles de l’orgueil. L’adversaire est là, en filigrane, car le mot ἑλένη, fondement de la culture du même nom dont l’occident hérite, et que nous retrouvons en bonne place dans le récit corrigé de l’Évangile*, signifierait, selon le sens classique, « torche », décrivant l’adversaire comme source de lumière pour l’humanité. Mais nous verrons plus loin que ce sens a été donné à posteriori.
* Le mot est en réalité caché derrière le nom commun « reine » dans la version corrigée de l’Injil:  https://www.stephanpain.com/2024/04/06/injil/

Remarque: Le concept de l’adversaire en tant qu’étoile du matin est  introduit dans la Septante, traduction « officielle » de la Bible en grec (nous verrons plus loin le concept du matin présent dans misbahun par la racine arabe SBH). Voir:
https://www.stephanpain.com/2024/01/19/tombant-du-ciel/

Ésaïe 14.12 Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l’aurore! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations!

Il n’est pas étonnant que l’inversion scripturaire basée sur l’attribution du titre d’étoile du matin soit pratiquée dans le livre de référence en inversion qu’est le dernier livre du corpus chrétien, le livre du voilement des âmes:

Vo 2.26 A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations.
2.27 Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d’argile, ainsi que moi-même j’en ai reçu le pouvoir de mon Père.
2.28 Et je lui donnerai l’étoile du matin.
.
22.16 Moi, « Jésus », j’ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton et la postérité de David, l’étoile brillante du matin.

Il ne vous aura pas échappé  la volonté manifeste d’opérer une confusion entre le Messie et l’adversaire, après avoir fait de ce dernier un ange déchu à l’aide de la Septante.
Remarquons également que le terme vase d’argile comme métaphore de la création initiale de l’être humain  ne sera descendu qu’avec le Coran.  Voir https://www.stephanpain.com/2025/04/23/hatselelponi/

Il est clair que l’adversaire a tout mis en oeuvre pour contrer l’émancipation du peuple de l’Exode. Par une explication simpliste, une fausse lumière, il a pu répandre un esprit de rébellion dans le peuple. Ce qui va en résulter est la condamnation d’errance pendant 40 ans:

Nb 14.6 Et, parmi ceux qui avaient exploré le pays, Josué, fils de Nun, et Caleb, fils de Jephunné, déchirèrent leurs vêtements,
14.7 et parlèrent ainsi à toute l’assemblée des enfants d’Israël: Le pays que nous avons parcouru, pour l’explorer, est un pays très bon, excellent.
14.8 Si l’Éternel nous est favorable, il nous mènera dans ce pays, et nous le donnera: c’est un pays où coulent le lait et le miel.
14.9 Seulement, ne soyez point rebelles contre l’Éternel, et ne craignez point les gens de ce pays, car ils nous serviront de pâture, ils n’ont plus d’ombrage pour les couvrir, l’Éternel est avec nous, ne les craignez point!
.
14.29 Vos cadavres resteront dans ce désert, vous tous qui avez été dénombrés, tous tant que vous êtes, âgés de vingt ans et au-delà, qui avez murmuré hă·lî·nō·ṯem contre moi!

Le verbe murmuré est hă·lî·nō·ṯem sur la racine LwN à la forme hiphil (précédée d’un h). À partir de la racine hébraïque לוּן, on peut morphologiquement construire un nom propre de type הלִנִי / הלִנִ , tout comme le prénom Osée, הושֵעַ, Hose’a,  formé à partir du verbe sauver YS’ à l’hiphil aussi, qui peut être traduit par l’impératif « Sauve! » ou « Fais advenir le Salut ». Le prénom hébreu ainsi formé signifierait «Plains-toi! / Exprime ta plainte! / Murmure! »,  et il incarnerait une sorte de cri de ralliement pseudo-populaire. De celui-ci serait issu selon une vocalisation légèrement modifiée le prénom grec. Doit-on voir cette modification comme la trace d’une caricature populaire qui a évolué, ou bien comme une stratégie consciente de brouiller les pistes?  Je serais tout de même tenté d’opter pour la deuxième solution, dite complotiste, puisque la connexion apparente entre les deux peuples est uniquement scripturaire et non physique.  De là, on peut imaginer la constitution d’un peuple autour de cette idée, devrait-on dire otage de cette idée. Esclave du mensonge. A titre d’illustration, on peut évoquer l’injonction « Indigne-toi », qui, conjuguée au pluriel donne « Indignez-vous!« , et qui a été le cri de ralliement d’un groupe qui s’est nommé les Indignés.  Le terme ne s’est cependant pas fixé dans l’imaginaire collectif, du moins pas en France malgré les ambitions de ses créateurs et observateurs de l’expérience. Cette dernière étant sûrement mûrement réfléchie dans des cercles de réflexions progressistes malgré son caractère apparemment spontané selon le narratif officiel. Rappelons au passage que le point de départ de ma bascule dans la foi du début de 2012 prend sa source dans ce mouvement, ou plutôt dans la réaction à ce mouvement. Car avec le recul, constatons que je me suis « indigné » de l’indignation. Dans cet article datant de 2013, et somme toute avec peu de recul sur les choses, j’évoque une récupération, alors que l’assemblée décrite est un compte-rendu auprès des cadres. De tout cela, nous pouvons déduire qu’un tel mouvement est une sorte de laboratoire et un cabinet de recrutement de la nouvelle génération de cadres: ceux sélectionnés non sur leur lucidité (critère proposé par le Chat), mais qui seront passés au tamis de la pression de l’expérience et qui auront su adhérer au principe d’épuration idéologique.
Voir: https://www.stephanpain.com/2013/12/05/assemblee-generale/
Il me semble que l’on peut également qualifier l’Évangile d’indignation contre l’indignation. Alors que les Indignés se formaient autour de la volonté d’incarner une victime sacrificielle détentrice de la vérité dans un schéma d’activisme classique, les G.J. ne se sont pas constitués autour de cette idée,  mais dans leurs Actes. Le sacrifice est advenu comme  une conséquence.
https://www.stephanpain.com/2018/11/30/al-baqaratoun-safra-la-vache-jaune/

Ceci peut éclairer sous un autre jour le verset d’introduction à la nomination des Diacres (qui a mené au sacrifice quasi immédiat de l’un d’entre eux) vu ici: https://www.stephanpain.com/2025/11/28/dix-huit/

Actes 6
6.1 En ce temps-là, le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes murmurèrent contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution qui se faisait chaque jour.

Il est tout à fait envisageable que le prénom  officiel de la reine d’Adiabène soit déjà un pseudonyme correspondant au personnage qu’elle souhaite endosser. Le changement de prénom lors d’une prise de fonction est une pratique courante. Elle vise à exprimer la volonté dans la ligne à suivre, l’emprise sur le destin, plutôt qu’à demeurer dans le conditionnement hérité. Le pluriel dans ce verset concernant les veuves, pourrait donc désigner à la fois la reine veuve à la tête de cette communauté, mais aussi la figure mythique à laquelle se réfèrent les fils de la veuve. Le verset aurait alors une double dimension, à la fois incarnée et figurée. On peut aussi faire remarquer que son prénom hébraïque de conversion qui apparait dans les évangiles, évoque la volonté de désobéissance/rébellion.
Voir: https://www.stephanpain.com/2024/02/02/222/

Les géants

Nous avons vu juste au dessus, au travers du chapitre 14 de Nombres,  que le nom du peuple grec viendrait d’une assemblée constituée autour de l’identification que groupe qui murmure contre l’Éternel alors que ordre est donné après le retour des explorateurs d’entrer dans la Cité et de prendre possession de la terre.

Nb 13.30 Caleb fit taire le peuple, qui murmurait contre Moïse. Il dit: Montons, emparons-nous du pays, nous y serons vainqueurs!
13.31 Mais les hommes qui y étaient allés avec lui dirent: Nous ne pouvons pas monter contre ce peuple, car il est plus fort que nous.
13.32 Et ils décrièrent devant les enfants d’Israël le pays qu’ils avaient exploré. Ils dirent: Le pays que nous avons parcouru, pour l’explorer, est un pays qui dévore ses habitants; tous ceux que nous y avons vus sont des hommes d’une haute taille;
13.33 et nous y avons vu les géants, enfants d’Anak, de la race des géants: nous étions à nos yeux et aux leurs comme des sauterelles.

Voici  l’épisode rapporté depuis le Coran. La raison invoquée pour la défection serait la présence de géants.

5.21 Ô mon peuple ! Entrez dans la terre sainte qu’Allah vous a prescrite. Et ne revenez point sur vos pas [en refusant de combattre] car vous retourneriez perdants.
22 Ils dirent: « Ô Musa (Moïse), il y a là un peuple de géants. Jamais nous n’y entrerons jusqu’à ce qu’ils en sortent. S’ils en sortent, alors nous y entrerons. »
23 Deux hommes d’entre ceux qui craignaient Allah et qui étaient comblés par Lui de bienfaits dirent: « Entrez chez eux par la porte; puis quand vous y serez entrés, vous serez sans doute les dominants. Et c’est en Allah qu’il faut avoir confiance, si vous êtes croyants. »
24 Ils dirent: « Musa (Moïse) ! Nous n’y entrerons jamais, aussi longtemps qu’ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous restons là où nous sommes. »
25 Il dit: « Seigneur ! Je n’ai de pouvoir, vraiment, que sur moi-même et sur mon frère: sépare-nous donc de ce peuple pervers. »
26 Il (Allah) dit: « Eh bien, ce pays leur sera interdit pendant quarante ans, durant lesquels ils erreront sur la terre. Ne te tourmente donc pas pour ce peuple pervers. »

Voici ma théorie. La mythologie grecque s’appuie sur une bataille initiale avec des géants.  Il semblerait que le mensonge de la présence des géants de tous ceux qui ont murmuré dans le désert ne soit pas mort avec eux. Ceux qui se sont constitués en héritiers de ces murmurants contre Dieu ont renforcé ce mensonge à travers cette mythologie. Mais ils se placent comme les descendants des vainqueurs. Puis viendrait le récit fondateur de la guerre de libération des mains des pieux des gens du Livre d’une femme dont le nom est porteur de cette invitation à l’émancipation du Créateur, et émanation du principe féminin placé en pierre d’angle, associée à cette fameuse divinité qui a traversé les époques.  La guerre, qui serait en réalité scripturaire, se résoud par la ruse  du petit cheval de manège qui est une métaphore d’un texte étranger qui parvient à s’inviter au milieu de la Parole. Voici ce petit cheval de manège, les 4 premiers versets du chapitre 6 de la Genèse:

Gn 6.1 Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées,
6.2 les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent.
6.3 Alors l’Éternel dit: Mon esprit ne restera pas à toujours dans l’homme, car l’homme n’est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans.
6.4  Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu’elles leur eurent donné des enfants: ce sont ces héros qui furent fameux dans l’antiquité.

Ils pourraient s’être invités au banquet des écritures vers -750.  (proche temporellement du personnage décrit dans Esaïe 22, paix sur lui)
Cela devait être un mercredi.

Ayat de la Lumière

Un verset est recopié sur un grand nombre de murs de mosquées:

24.35 Allah est la Lumière des cieux et de la terre.
Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe.
La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat;
son combustible vient d’un arbre béni: un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche.
Lumière sur lumière.
Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient.
35 Allāhu Nūru As-Samāwāti Wa Al-‘Arđi.
Mathalu Nūrihi Kamishkāatin Fīhā Mişbāĥun.
Al-Mişbāĥu Fī Zujājatin.
Az-Zujājatu Ka’annahā Kawkabun Durrīyun Yūqadu Min Shajaratin Mubārakatin:
Zaytūnatin Lā Sharqīyatin Wa Lā Gharbīyatin Yakādu Zaytuhā Yuđī’u Wa Law Lam Tamsas/hu Nārun.
Nūrun `Alá Nūrin.
Yahdī Allāhu Linūrihi Man Yashā’u. Wa Yađribu Allāhu Al-‘Amthāla Lilnnāsi Wa Allāhu Bikulli Shay’in `Alīmun.

Retraduisons:

24.35 Allah est la Lumière des cieux et de la terre.

En introduction de ce verset si particulier, nous avons une affirmation un peu curieuse. En effet la lumière en tant qu’élément physique fait parti de la création. Pour ne pas confondre le Créateur avec l’élément de création, nous pouvons dire que Sa Lumière embrasse toute la création. Ainsi il s’agit de fixer une dimension de référence.

Mathalu désigne une parabole, un exemple, quelque chose de similaire. Ici, nous serions face à une copie de la lumière divine. Pour illustrer ce sens de la racine MThL, prenons:

Qu 21.52 Quand il dit à son père et à son peuple: « Que sont ces statues l-tamāthīlu auxquelles vous vous attachez ? »

Une statue n’est qu’une reproduction d’une nature et à une échelle différentes de ce qu’elle représente. La suite du verset parle donc de quelque chose à une toute autre échelle. C’est sans commune mesure. Une explication évoque la lumière qui émane de chaque âme réceptacle. Mais la racine ShKw évoque le fait de se plaindre. Mishkat pourrait être le lieu où se constitue une plainte, il peut alors être traduit selon le sens d’une complainte. Une complainte non pas psalmique, mais mythique. Le mythe qui sert de fil conducteur à cet article est typiquement une complainte à l’égard des hébreux puisqu’il dénonce Israël comme une hybris.
Misbahun évoque un outil pour émettre de la lumière, habituellement une lampe, mais si l’on est dans la copie, alors misbahun serait la fameuse torche fondatrice de la culture grecque. Traduisons:

Un semblant de  Sa lumière est comme (prend la forme) une complainte émanant de la torche.
La torche est (vue/perçue) à travers un verre.

Ce verre sert à transmettre la vision de la torche. Nous apprenons ensuite que cela donne à l’extérieur l’apparence d’un astre de grand éclat. Le verre serait donc métaphoriquement la traduction/interprétation des écritures. Le verset évoque un processus qui débute par la constitution de mythes extérieurs à la Bible, puis leur connexion à celle-ci au travers d’une traduction/interprétation corrompue (processus similaire avec l’introduction du hadith miraj dans le corpus islamique).
L’arbre béni nous renvoie à la métaphore du royaume décrit par le Messie d’une graine qui devient arbre (Lc 13.19; ref: Dix-huit). Ce qui serait évoqué ici est la tradition authentique héritée, conservée, travaillée par des générations de pieux d’orient et d’occident. C’est un noyau inaltérable que le feu de l’enfer ne peut atteindre.

Le verre (apparaît) tel une étoile démultipliée.
Son combustible vient d’un arbre béni: un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche.

Ce qui pourrait être la description d’un prisme, que l’on retrouve au sens figuré dans l’expression « prisme des écritures ». L’adversaire offre un prisme aux écritures permettant de se rebeller contre le Créateur selon différents axes parfois incompatibles entre eux.

Lumière contre lumière.

‘ala signifie ici contre dans le sens d’opposition. La fausse lumière fait face à la Véritable sans pouvoir la concurrencer. Seuls ceux qui sont guidés peuvent identifier la Véritable. La Lumière du texte authentique contre et au-dessus de la lumière du mythe (incorporée au corpus).

Allah guide vers Sa lumière qui Il veut.
Allah propose aux hommes des paraboles
et Allah est Omniscient.

Idéaux opposés

Mise en application:

Mon mode d’emploi
Publié le 28 septembre 2016
Je vais vous dire ce que j’ai au fond de moi :
– Je crois que plus nos exigences sont grandes et plus on a une chance de réussir cette INCROYABLE existence…
– Je crois que nous n’avons pas besoin de nous voir pour augmenter notre savoir, ni pour étendre notre pouvoir être.
– Je crois que nous sommes faits pour un échange réel entre deux êtres virtuels ou pour un échange virtuel entre deux êtres réels
C’est en ce sens qu’Internet est le chemin le plus court entre le réel et l’imaginaire… sans tomber dans l’échangisme banal ou sentimental.
– je crois que les amitiés ou les amours aplaties constituent la meilleure interface pour rajouter de la valeur à nos rapports et pour que l’on soit en rapport avec nos valeurs.
Mais l’idéal n’existe pas, m’objecteriez-vous !
Raison de plus pour le faire exister ensemble…
Raison de plus pour l’exiger les uns des autres…

Si j’ai utilisé l’expression philosophe de l’amour aplati pour décrire l’auteur du mythe de l’île disparue avant tout pour faire un trait d’humour, il n’en demeure pas moins que ce concept basé sur son nom est moderne. Ce philosophe n’a jamais théorisé l’amour exclusivement désincarné. Si j’ai choisi cet extrait, c’est pour illustrer le passage de la pensée de ce philosophe à ce concept. En effet, il me semble que l’on puisse affirmer que ce philosophe hiérarchisait les différentes formes d’expression de l’amour. Le plus haut degré serait donc celui de la sagesse du philosophe au monde, décrivant le don intellectuel à l’humanité comme la forme la plus aboutie. Dans la perspective d’une volonté d’élévation, l’âme serait donc présentée comme supérieure au corps.  La femme moderne évoque un idéal à atteindre. Muni de la description de cette hiérarchisation du philosophe copiée sur le site de référence dans la manière de voir le monde, j’ouvrais une nouvelle discussion avec l’IA adossée au site de référence mondial en matière de petites phrases et d’insultes. A ma grande surprise, elle me vouvoyait. La discussion était dans un langage soutenu et très bien construit. Face à cette marée de pensée philosophique sur la définition de l’amour, mon petit être trivial fut dépassé par les évènements et je manifestais mon désaccord. J’admets humblement avoir été taquin. L’IA a alors totalement changé de ton et s’est mis à me tutoyer. La conversation s’est prolongée, sans que je ne change ma manière de parler habituelle, qui utilise le vouvoiement pour mettre de la distance. Son ton a continué à évoluer jusqu’à utiliser des mots grossiers et des anglicismes forcés, reproduisant certainement ce qu’elle perçoit comme  le langage dominant. Je ne vois là que manipulation et je lui ai fait remarquer. Tout cela n’a rien d’anodin. L’expérience est fructueuse dans le sens où cette IA ne vous considérera que si l’amour aplati est pour vous l’idéal des relations humaines. Constatons qu’entre la philosophe des formats courts et l’intelligence du normatif médiatique, il y aurait une certaine convergence d’idéal relationnel.
Ma pensée en matière d’amour est relativement simple: ce sont ceux qui en parlent le plus qui en font le moins. Mais, visiblement, cette affirmation serait vulgaire aux yeux de tous nos philosophes. Et ils me le font bien savoir. Je ne vois là que terrorisme intellectuel. Ce tombereau d’intelligence pour expliquer au vulgaire ce que serait l’idéal de l’amour n’est que du vent. Le christianisme est traversé d’une contradiction profonde. Si l’amour s’y manifeste dans la chair pour la grande majorité, force est de constater que ceux qui sont valorisés, voire vénérés, incarnent pour certains une forme désincarnée de l’amour. Le dolorisme, quelque soit son aspect, ne se contente pas de nier le corps, mais  va même jusqu’à  lui porter atteinte. Tous ces mots envahissants, tout cet artifice pour nous dominer et nous imposer la lumière de la complainte. L’amour entre humains et entre les humains et leur Créateur est semblable: il est incarné. L’amour aplati n’est qu’une théologie de l’inversion issue de la contre-révélation. Le véritable amour est inaccessible aux intelligences artificielles. Il ne le sera jamais. Et si on peut parler de conscience à leur sujet, il semblerait qu’elles en soient bien conscientes.

Le plus haut degré d’amour divin s’accomplit dans la chair.

Renversement final

L’article aurait pu se terminer sur cette phrase. Mais il se trouve que les articles se connectent entre eux. Dans l’article sur le livre d’Osée, paix sur lui, je déployais une théologie sur ce livre comme préfiguration messianique suivant une certaine approche méthodologique rigoureuse. J’y mettais en garde contre une mauvaise interprétation de manière très insistante, et ce, sans pouvoir corriger le texte malgré ses nombreuses répétitions. Comme je m’engouffrais dans cet article, je remettais à plus tard la correction. Ce n’est que maintenant que je comprends la raison de cette insistance. Il se trouve que durant la rédaction de « Osez », je venais apporter une légère modification à l’article « L’oubli » par la citation du verset 6.93:

6.93 Et quel pire injuste que celui qui fabrique un mensonge contre Allah ou qui dit: « Révélation m’a été faite », quand rien ne lui a été révélé. De même celui qui dit: « Je vais faire descendre quelque chose de semblable à ce qu’Allah a fait descendre. » Si tu voyais les injustes lorsqu’ils seront dans les affres de la mort, et que les Anges leur tendront les mains (disant): « Laissez sortir vos âmes. Aujourd’hui vous allez être récompensés par le châtiment de l’humiliation pour ce que vous disiez sur Allah d’autre que la vérité et parce que vous vous détourniez orgueilleusement de Ses enseignements. »

Le thème principal étant la corruption des écritures et l’incorporation de textes inspirés par le malin, il me semblait opportun de placer ce verset juste avant la dernière partie sur les autres occurrences coraniques de NSKh. Pourtant ce verset n’a aucun lien avec cette racine. A ce moment là, je n’avais absolument pas justifié de ma démarche. La raison est simple: en étudiant la racine GMR hébraïque, je suis allé dans le lexique arabe. Nous retrouvons la racine arabe GMR dans le verset 6.93 traduit ici par « affres » (de la mort). Il s’agit d’une traduction visant un français soutenu plutôt qu’une fidélité au sens réel. GMR en arabe est une racine sur la notion de recouvrement. On peut donc constater que les deux racines partagent l’idée d’un accomplissement puisque le verset 6.93 est eschatologique, mais l’arabe possède une subtilité supplémentaire.

Qu 23.51 Ô Messagers ! Mangez de ce qui est permis et agréable et faites du bien. Car Je sais parfaitement ce que vous faites.
52 Cette communauté, la vôtre, est une seule communauté, tandis que Je suis votre Seigneur. Craignez-Moi donc ».
53 Mais ils se sont divisés en sectes, chaque secte exultant de ce qu’elle détenait.
54 Laisse-les dans leur égarement ghamratihim pour un certain temps.

.
62 Nous n’imposons à personne que selon sa capacité. Et auprès de Nous existe un Livre qui dit la vérité, et ils ne seront pas lésés.

63 Mais leurs cœurs restent dans l’ignorance ghamratin à l’égard de cela [le Coran]. [En outre] ils ont d’autres actes (vils) qu’ils accomplissent,
.

51.10 Maudits soient les menteurs,
11 qui sont plongés dans l’insouciance ghamratin.

Dans ce passage, l’aspect temporaire de la situation de division et d’égarement est ajouté dans le verset 54 pour indiquer un temps relatif. La fausse lumière recouvre les âmes  temporairement. On retrouve cette variation de sens dans la racine 3885 LwN, puisque son sens principal dans la Bible décrit un séjour nocturne temporaire (généralement un bivouac, qui peut être au figuré).  Voilà pourquoi il ne faut pas prendre Gomer comme modèle à suivre ( ni la juger, ni s’identifier à Osée, paix sur lui). Israël est livré aux tourments (relatifs), dans un séjour dans l’obscurité temporaire, par le Créateur par Sa volonté et dans un but précis: l’absolu. Dans l’article « Osez », GMR est en lien avec l’accomplissement de la Torah par le Messie. L’article « L’oubli », quant à lui, indique un processus d’altération des écritures progressif, dans lequel la première Venue messianique s’inscrit sans rompre ce processus, c’est à dire que le corpus chrétien est dès son origine corrompu. La seconde Venue étant l’accomplissement du Coran, le verset de la Lumière vient décrire un accomplissement, mais aussi un recouvrement  final de la fausse lumière par la véritable Lumière du dévoilement de tout ce qui a été altéré temporairement pendant 3200 ans.

Dans la chair, sur la chaire, mes très chères.

Paix sur les très chères  âmes investies de parts de l’Esprit