Il suffira d’un Sin

Il suffira d’un Sin

Dernières modifications le 17 février 2017·12 minutes de lecture

Réédition de l’article du même nom du 3 Novembre 2013

En parcourant internet, on peut constater l’immense imagination des humains. Et lorsqu’il s’agit de livrer une interprétation à des symboles liés à la religion, elle est sans limite. Si la Kabbale du judaïsme peut mener à un complet égarement, les chrétiens ne sont pas en reste. Ainsi, ici et là, nous pouvons lire des théories fumeuses au sujet de la signification cachée de l’alpha et l’oméga. Ces deux lettres grecques se trouvent sur ce que l’on appelle le chrisme (symbole qui aurait donné la victoire à Constantin) et on retrouve leur mention dans le sens du tout (le début et la fin de toutes choses) dans le livre de l’Apocalypse dit de Jean. De notre point de vue, le lien entre le Chrisme et le tout parait évident. Pourtant, lorsque l’on se replace dans le contexte du Nouveau Testament, cela l’est beaucoup moins. En effet, l’expression originale utilisée pour illustrer le début et la fin dans la Bible, était constituée par les lettres Alef et Tav, respectivement première et dernière lettre de l’alphabet araméen et hébraïque. Si alpha est bien l’équivalent de Alef, oméga n’est pas du tout celui de Tav. Ainsi, toutes les théories tombent à l’eau. A croire que le symbolisme perd à la traduction.

Ceci étant dit, intéressons-nous au sens des mots ou plutôt des lettres, car chaque lettre de l’alphabet hébreu correspond à un mot. Alef, par exemple, signifie bœuf ou taureau. Ce mot est la base du dessin de la lettre en proto-hébraïque. Les dessins ont ensuite évolué suivant les époques, les lieux et les langues, pour parvenir jusqu’à nous totalement méconnaissables. Si Tav comme symbolisme de la fin, puisque qu’il ferme l’alphabet, est fortement répandu, il existe tout un tas d’explications plus ou moins alambiquées dans la Kabbale, juive, chrétienne et même musulmane. Or, Tav signifie signe, symbole ou une marque. Dans le domaine qui nous concerne, le signe est la base de la compréhension. En arabe, signe se dit ayat, ce qui signifie également verset. Dieu, au travers de Ses écrits sacrés nous exhortent constamment à prêter attention à ses Signes, ainsi qu’à ses versets. Il y a ici un double sens de compréhension totalement voulu. Dans son livre, Ézéchiel reprend la symbolique de la marque apposée sur les maisons des hébreux juste avant la sortie d’Égypte: une marque (le mot hébreu est Tav) sur le front de ceux qui seront épargnés (Eze 9.4).

Initialement, la parasha Bo (Exode 10.1 – 13.16), dont la dernière prescription est le sacrifice de l’agneau pour racheter les péchés, s’achève par cette phrase:

  • Ex 13.16 Ce sera comme un signe sur ta main et comme des fronteaux entre tes yeux; car c’est par sa main puissante que l’Éternel nous a fait sortir d’Égypte.

Dans ce passage clef de la Révélation, Dieu rappelait aux enfants d’Israël, une nouvelle fois, de prendre garde aux signes dans sa conclusion. Le signe est la marque du passage d’un paradigme à l’autre.

Je vais maintenant me livrer à un exercice qui ravira tous les kabbalistes, mais qui les remettra en place également. Nous partons donc de Tav ת

La lettre Pe פ signifie bouche. C’est par ce mot que l’on peut décrire la fonction de prophète dans la Torah. Ainsi Moïse fut la bouche de Dieu:

  • Ex 4.12 Maintenant, va, et je serai avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu diras.

Au moment de la première venue du Messie, les justes ont reçu la marque sur le front. Bien sur, tout ceci est du domaine de l’invisible. Ce sont ceux-là qui entendent et comprennent la Parole qui provient la bouche du prophète, donc de Dieu. Accolons ces deux lettres Pe et Tav. Nous obtenons le mot פת , Path, qui signifie morceau, et en contexte biblique, de pain. Il est parfois utilisé seul pour signifier pain (dans Job 31.17). Le pain, dans l’Évangile, prend une toute autre dimension, puisqu’il devient nourriture spirituel. Le pain est la Parole. Cette Parole doit donc être débarrassée des mensonges introduits au cours des siècles. Le mensonge est symbolisé par le levain. Voilà qui explique la prescription de l’éradication du levain des foyers durant Pessah.

Ajoutons ר au début, la tête. C’est par la tête que l’on nait. Nous trouvons le mot רפת (repheth: Habakuk 3.17) qui signifie étable. L’Évangile décrit la naissance du Messie à sa première venue, dans une étable. Sa condition de vie est la pauvreté. Mais la racine raphah signifie surtout: Laisser, paresseux, abandonner, délaisser, négliger, etc… Cette fois, il n’est pas question de pauvreté matérielle, mais de pauvreté spirituelle. Dieu a abandonné le Messie à sa naissance. Il le tient loin de Lui.

Les chrétiens se sont beaucoup appuyés sur le fait que Bethléem (בֵּית לָחֶם ) signifie la « maison בֵּית du pain לָחֶם  » pour légitimer leurs écrits et leur compréhension de l’accomplissement des prophéties. Mais il existe une autre maison du pain.

Enfin ajoutons צ au début de ce mot. La lettre tsade signifie véridique(siddiq en arabe, le sad est équivalent au tsade). La vérité est le fruit du dévoilement messianique. Nous obtenons le mot Tsarfat (qui a donné le nom de famille Sarfati)צרפת qui signifie le pays France. Pays qui est souvent représenté par la baguette de pain. La France est en quelque sorte la maison du pain.

A vrai dire, ce petit assemblage n’a pas pour ambition de convaincre qui que ce soit. Il ne s’agit pas d’une preuve, mais de prendre tous ceux qui font dire au texte ce qu’ils veulent à leur propre jeu. On peut aussi lui faire dire cela. Et ce n’est d’ailleurs pas fini. A présent, pratiquons la guématrie dont les rabbins sont très friands (somme de la valeur numérique des lettres). La guématrie du mot France (la somme des lettres tsade resh pé et tav) est de 770, tout comme Beit Mashia’h בית משיח = la maison de Mashiach (le pays du messie). Je n’invite personne à pratiquer la guématrie. Les Loubavitch ne jurent que par le nombre 770 et voient la France comme l’origine de la rédemption. Vous trouverez mon numéro de téléphone fixe dans l’annuaire: il finit par 770. Mais je suis taquin.

Les Loubavitch nous invitent à inverser le Pe et Tsade de Tsarfat. Nous obtenons: פרצת oufaratsta qui signifie « Tu t’étendras » et qui possède donc la même guématrie.

  • « Ta descendance sera comme la poussière de la terre, tu t’étendras (oufaratsta) vers la mer et vers l’orient, et vers le nord et vers le sud. Et seront bénies en toi toutes les familles de la terre, et en ta descendance » ( Genèse 28, 14).

C’est le verset où le Créateur annonce la bonne nouvelle de la terre promise. Il s’agit donc de la base de la foi des enfants d’Israël. Ce verset est le moteur de la volonté de tout juif de retourner à Jérusalem, qu’il pense être la Cité sainte instaurée par le Créateur pour son Temple. A lui tout seul, il va être la cause d’une grande partie de la géopolitique moderne. La place de la France dans l’eschatologie Loubavitch a été centrale pendant un long moment. Il y a eu depuis, un certain retour en arrière. Il subsiste malgré tout de nombreuses traces sur internet. Ne serait-ce que le nom de leur site internet: viveleroi770.com (qui contenait autrefois toutes les explications autour de l’anagramme entre oufaratsta et Tsarfat).

A présent, plongeons-nous dans le Coran. Les kabbalistes s’y expriment aussi avec délectation.
Le 19 est le gardien du texte tel qu’annoncé dans le verset 74:30.

  • 74:30 19 se trouve au-dessus.
    74:31 Nous n’avons assignés que des anges comme gardiens de l’Enfer et nous n’avons fixé leur nombre que (…)

Internet regorge de sites et de vidéos sur le sujet du 19 dans le Coran. Certains partent très loin et s’égarent, livrent des prophéties. En réalité, grâce au codage numérique à base de 19, il semblerait qu’il soit possible de confirmer les exceptions orthographiques. Non pas les erreurs des copieurs, mais les particularités du texte original. Ces particularités sont soit destinées à ajouter du sens à un mot, soit à attirer l’attention sur un mot en particulier. 19 n’a donc rien d’un nombre magique ou sacré qui permettrait d’expliquer toutes choses ou la clef de la compréhension, mais une simple somme de contrôle (checksum) destinée à verrouiller le texte contre les erreurs. Le 19 est également couplé avec les initiales des 29 sourates. Récemment j’ai attiré votre attention sur celles qui reviennent le plus souvent: Alif Lam Mim. Ces dernières forment un mot qui est alama: douleur (pain en anglais).
La sourate 7 reprend ce code et y ajoute un Sad. Il s’agit de l’unique sourate avec cette combinaison Alif Lam Mim Sad. Notre attention est donc portée sur le Sad. En effet, au verset 7:69 se trouve le mot bastah(prononcé bastatan dans une phrase) ainsi écrit:

Un petit Sin est noté au dessus du Sad dans le Coran

Le mot est orthographié avec un Sad alors qu’il s’écrit normalement avec un Sin. Le nombre de Sad total est alors divisible par 19, mais il est indiqué au dessus que le mot se prononce comme s’il s’agissait d’un sin . Que l’on accepte ou non le principe de verrouillage numérique du texte par le 19, cela ne change en rien le fait que le mot bastah se distingue des autres.

Il est à noter que Sad et Sin sont deux formes équivalentes à la lettre S. Il n’est pas facile de les distinguer à l’oral lorsqu’elles ne sont pas associées avec un son de voyelle (soukoun) comme c’est le cas ici puisque l’accentuation liée au sad se fait sur la voyelle, voire impossible. Ce qui rend cette exception orthographique transparente à la récitation.

Voici le verset en question:

  • 7:69 Est-ce trop étonnant qu’un rappel vous vienne de votre Seigneur à travers un homme issu de vous, pour qu’il vous avertisse?
    Et rappelez-vous qu’Il vous a fait succéder au peuple de Noé, et croitre en une création étendue (sur la terre){ceci est mon interprétation personnelle différente de la traduction classique}
    Ainsi, rappelez-vous donc les bienfaits de Dieu, afin que vous réussissiez.

La racine BST est liée à une paume ouverte ou l’action d’un bras étendu. Action liée à la création dans le contexte de la phrase. A l’époque où je découvrais le lien entre oufaratsta dans Exode et bastah dans le Coran, je m’étais retrouvé, par un enchainement de situations, dans un cours d’exégèse coranique entre intellectuels d’inspiration soufi à la mosquée de Paris. Ils débattaient sur l’étymologie et le sens profond d’un verset. Il était question de la main de Dieu qui s’étend pour donner et reprendre. Mon voisin de gauche, pour illustrer son propos, avait répété plusieurs fois « bast » en effectuant le geste d’étendre son bras sur l’avant pour que l’assemblée saisisse bien le concept.

Bastah بسطة est donc synonyme de oufaratsta פרצת. Généralement, dans le verset coranique, il est extrêmement mal traduit par « qu’Il accrut votre corps en hauteur (et puissance) » qui crée la confusion dans les esprits, en évoquant une race de géant, et éloigne du sens originel proche de celui de Genèse qui désigne un accroissement horizontal plutôt que vertical. Les versets du Coran et de la Torah semble étroitement liés l’un à l’autre.
Suivant les règles de l’arabe, il se prononce bastah lorsque le mot est isolé de la phrase ou lorsqu’il est situé en fin de phrase.
Basta signifie « assez! » dans le langage populaire et provient de l’italien et a été repris tel quel, ainsi qu’en espagnol. C’est le cri de ralliement des Indignés, un mouvement de contestation populaire qui est né spontanément à Madrid en réaction à la situation de crise actuelle.
A l’inverse, le prénom Saphwan (rocher) que j’ai pris comme deuxième prénom le jour de ma conversion devrait s’écrire صفوان, donc avec un Sad au début et non un Sin. (lire cet article: https://www.facebook.com/notes/stephan-pain/king-assassin-craig-nitty/10151523618932645/) J’ai choisi de l’orthographier avec un Sin: سفوان. Ainsi si l’on considère les initiales de mon nom complet en arabe, c’est la racine MSH مسح qui apparait. Cette racine est liée aux ablutions et au fait de oindre (avec de l’huile). Notons que Sin signifie péché en anglais et sad, triste.

Quant au bras qui s’étend, cela devrait évoquer à chacun un message très clair et populaire envoyé aux ennemis de Dieu. Lors de la première rédaction de cet article, je n’avais pas fait le lien avec la quenelle. C’est un internaute qui a fait immédiatement le rapprochement dans les commentaires.

Il suffira d’un Sin (Signe) un matin, d’un bras et d’un mouvement populaire de contestation qui s’étendent.

Notes

Il suffira d’un signe, un matin
Un matin tout tranquille et serein
Quelque chose d’infime, c’est certain
C’est écrit dans nos livres, en latin

Il est légitime de s’étonner que Jean-Jacques Goldman, juif de naissance, dans cette chanson qui pourrait évoquer le temps de la rédemption, mentionne le latin comme langue des écritures. Le latin est spécifique au christianisme.

Verset 7.69:
Traduction classique: http://www.islam-fr.com/coran/arabe/sourate-7-al-a-raf-le-mur-d-a-raf.html#159
Traduction alternative: http://www.amehorizon.fr/coran-sourate-7-al-a-raf-al-a-raf_7.html

Autre verset concerné par le sin au dessus de la racine BaSadTā :
2. :
2.245. Quiconque prête à Allah de bon prêt, Il le lui rendra multiplié plusieurs fois. Allah restreint ou étend ( wayabṣuṭu ) (Ses faveurs). Et c’est à Lui que vous retournerez.
Dans ce verset, l’opposition avec le verbe restreindre renforce le sens d’extension.
Ce sont donc les deux seuls versets concernés par cette particularité. Le 7.69 parle du renouvellement de la création après Noé. C’est à dire le début de notre civilisation. Tandis que 2.245 parle du moment du deuxième Apocalypse. C’est à dire sa renaissance.

Vive le roi 770: http://www.viveleroi770.com/
La Délivrance viendra de France: https://www.youtube.com/watch?v=WI1vpFEc5aE

Somme de contrôle:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Somme_de_contr%C3%B4le

Pat Israël (pain d’Israël):
https://en.wikipedia.org/wiki/Pas_Yisroel

1. Psaumes 132:
14 C’est le lieu de mon repos pour toujours; j’y habiterai, car je l’ai désirée (אִוִּתִיהָ).
15 Je répandrai de riches bénédictions sur sa subsistance, je rassasierai ses pauvres de pain (pain לָחֶם).
16 Je revêtirai de salut ses prêtres, et ses fidèles pousseront des cris d’allégresse (chant יְרַנֵּנוּ).
17 Là je ferai grandir la puissance de David, je préparerai un flambeau à mon Oint (à mon messie לִמְשִׁיחִי).
18 Je revêtirai de honte ses ennemis, et sur lui brillera sa couronne. (couronne נִזְרוֹ).
http://www.mechon-mamre.org/p/pt/pt26d2.htm

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