Abrogation

Abrogation

Dès que l’on commence à émettre une critique sur l’Islam moderne, la réponse qui vient invariablement parmi d’autres est: « tu ne connais pas l’arabe. » En effet, à force d’ancrer dans les cerveaux que l’arabe est une langue subtile qui nécessite une étude approfondie et une grande connaissance du Coran et de la sunnah, plus personne n’ose affronter l’hydre, de peur d’être catalogué invariablement de mécréant. Sur la grande majorité des croyants, qui ne recherchent humblement que leur salut et n’ont pas l’envie de créer la fitna, cela fonctionnera pleinement et ils se soumettront gentiment aux savants. Il y a de grandes chances que pour ceux qui résisteront, la seule solution viable soit l’exil, c’est à dire le repli sur soi ou bien la recherche d’une approche alternative de l’Islam comme le soufisme. Ils ne feront alors que de passer de Charybde en Scylla.

Quant à ceux pour qui cette opposition fera naitre une envie irrépressible d’étudier, ils n’auront pour autre choix que de se tourner vers des écoles de pensée reconnues. Reconnues par l’argent et le pouvoir bien entendu.

Le système islamique est verrouillé. Il n’y a rien à faire. C’est un peu comme vouloir s’attaquer à la pensée des lumières dans l’Éducation Nationale.

Il me parait opportun de citer ici ces versets des  Évangiles:

Mt 23.13 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer.

23.15 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte; et, quand il l’est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous.

23.24 Conducteurs aveugles! qui coulez le moucheron, et qui avalez le chameau.

 

En réalité, tout cela appartient au domaine de la pensée circulaire. Si l’arabe coranique est une langue qui contient de grandes variations de sens, c’est tout simplement que ces variations ont été introduites au cours du temps par les savants afin d’adapter l’interprétation du Coran à la pensée dominante dans la communauté musulmane. Il ne s’agit non pas d’apprendre à se servir d’une langue mais à consentir à se soumettre à la pensée dominante.

Ce serait bien mal juger Dieu que d’imaginer que ces manigances forgées au cours des siècles soient un obstacle pour qui veut atteindre Sa vérité.

Ainsi, le Coran se verrouille lui-même. Pour qui en fait une lecture honnête et non orientée.

La modification majeure tient dans un seul mot: nansakh. A lui seul, la modification du sens de ce mot sert de rustine à la pensée bancale de la pseudo « science » du hadith. Ce mot nous est présenté comme signifiant abrogé. On nous cite ce verset afin de justifier les « contradictions » du Coran et surtout des hadiths:

2.106 Quelque soit le verset que Nous « abrogeons » ou que Nous fassions oublier, Nous en apportons un meilleur ou un semblable. Ne sais-tu pas que Dieu est capable de toute chose ?

Le mot utilisé est donc nansakh. Nous le retrouvons sous une forme légèrement différente, yansakh, ici:

22.52 Nous n’avons envoyé, avant toi, ni messager ni prophète sans que le diable n’interfère dans ses souhaits. Dieu « abroge » ce que le Diable propose, et Dieu consolide Ses signes. Dieu est Connaissant, Sage.

Isolés ainsi, ces versets introduisent la doctrine de l’abrogation dans le texte coranique.

Le souci, c’est que la phrase en 22.52 se poursuit:

22.53 Afin de faire, de ce que le diable propose, une épreuve pour ceux qui ont une maladie dans leur cœur et ceux qui ont leur cœur endurci. Les injustes sont dans une profonde dissension.

Si un verset est abrogé, comment peut-il devenir une épreuve pour ceux qui ont une maladie au coeur? Et surtout, les versets coraniques supposément abrogés ne peuvent pas avoir été inspirés par le diable. Sinon cela reviendrait à apporter du crédit à la pensée de Salman rushdie dans « Les versets sataniques ».

En verité, nansakh, dans le Coran, n’a qu’une seule signification: mettre par écrit/ consigner. C’est à dire l’exact opposé d’abroger.

Une variation dans le sens? C’est une plaisanterie, j’espère.

Oui, en effet, ceux qui ont introduit ce concept d’abrogation ont une terrible maladie au coeur. Et tous ceux qui ont perpétué l’idée de cette doctrine et ont bâti toute leur théologie dessus sont malades.

Les faux recueils de hadiths sont l’épreuve manifeste décrite en 22.53 pour révéler les injustes. Il est du devoir de tout croyant sincère de rejeter ces choses inspirées par le Shaytan.

Il est ainsi grand temps que le remède à la maladie fasse effet. Mais le cancer peut-il se soigner?

 

 

 

Pour approfondir la question:

le mot nansakh dans le Coran:

http://www.droit-chemin.fr/La-signification-du-mot-nansakh.ashx

 

La doctrine de l’abrogation:

http://www.droit-chemin.fr/Le-mensonge-de-labrogation-dans-le-Coran.ashx

 

Rappel:

http://www.info-bible.org/lsg/40.Matthieu.html#23

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