avant qu’Abraham fût, je suis.

avant qu’Abraham fût, je suis.

Jean 8.58

Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis.

S’il y a bien un verset qui est brandi par les partisans de l’idée que le Messie est Dieu, c’est bien celui-ci. Et en effet, décontextualisé et hors de toute volonté d’en rechercher la véritable signification, ce verset indique que celui qui prononce cette parole a été créé avant Abraham, et est donc, logiquement, éternel.

J’ai longtemps cru que ces mots étaient une pure invention. Il n’en est rien. Cette parole est authentique et le but de cet article est de vous exposer sa réelle signification. Tout d’abord, je tiens à souligner que les théologiens chrétiens sont prompts à trouver des prophéties sur la venue du Messie partout dans les anciennes écritures, et parfois là où il n’en est rien. Je cite souvent l’exemple de l’Emmanuel du livre d’Esaïe. Emmanuel signifie « Dieu est avec nous ». C’est le nom d’un enfant qui naît au moment où les enfants d’Israël reprennent le dessus sur leurs adversaires. Le nom de l’enfant est un signe en lui-même. C’est une prophétie accomplie et qui n’a aucun lien avec la venue du Messie. Il suffit pour s’en convaincre de lire Esaïe. Puisqu’ils ont parcouru la Bible entièrement à la recherche de légitimité, ces théologiens ont forcément du tomber sur la solution. En 2000 ans, il est impossible que personne n’ait compris. Il y a donc eu une réelle volonté d’occultation, afin de ne pas revenir sur des décisions prises par les pères de l’église romaine. Car cela en serait fini du charisme d’infaillibilité de ceux qui se prétendent représentants exclusifs de Dieu. L’enfermement dans le mensonge. Cela rappelle un épisode plus récent de l’histoire où il est question de gaz…

En plus d’éclairer cette déclaration, le passage de la Bible apporte un nouveau point de vue sur les termes: mon père, le Père, le fils de l’homme. Ainsi que des prophéties, des révélations. Que demander de plus?

Je n’ai pas plus de matière textuel pour ménager le suspens. Aussi, je vais donc devoir livrer la réponse maintenant. Ah si! J’ai tout de même une petite parenthèse à faire qui sert mon propos global. Si l’on remonte quelques versets plus hauts, voici les échanges avec les pharisiens:

8.48 Les Juifs lui répondirent: N’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon?

8.49 Jésus répliqua: Je n’ai point de démon; mais j’honore mon Père, et vous m’outragez.

8.50 Je ne cherche point ma gloire; il en est un qui la cherche et qui juge.

8.51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort.

8.52 Maintenant, lui dirent les Juifs, nous connaissons que tu as un démon.

Les pharisiens l’accusent d’être un samaritain car il s’attaque à leur Temple. Dans l’esprit d’un juif d’il y a 2000 ans, annoncer la fin du culte au Temple de Jérusalem signifie que la personne ne reconnait que celui du mont Garizim et est donc de fait un samaritain. Mais le Messie vient annoncer la fin du culte au Temple tout court, où qu’il soit. Et ça, ils ne pouvaient pas l’entendre. Il ne nie pas être samaritain, car l’accusation n’a aucun fondement. C’est un peu comme, de nos jours, annoncer la fin de la loi selon la Sunnah, et être accusé d’être chiite par des salafistes. Alors qu’en réalité, il s’agit juste d’annoncer la volonté de Dieu. De la même manière que le conflit était dépassé à ce moment là, entre les deux temples, la division sunnis/shias est dépassée, à présent. J’ai d’ailleurs récemment déclaré, parce que je suis taquin, que je n’étais pas chiite, parce que je n’avais pas le temps. Il s’agirait plutôt, pour être précis, de dire que je n’ai plus le temps. Je referme la parenthèse.

Pour comprendre pleinement le fameux « je suis », il vous faut lire le livre des Proverbes. http://www.info-bible.org/lsg/20.Proverbes.html

Pas question de se contenter d’extraits. Je vous invite donc à le lire intégralement. Il faut s’imprégner de l’esprit de ce texte écrit par Salomon, paix sur lui. Toutefois, voici ce qui doit être retenu:

8.22 L’Éternel m’a créée la première de ses oeuvres, Avant ses oeuvres les plus anciennes.

(lire jusqu’à 8.31)

C’est bien Salomon qui parle. Il n’est pas Dieu. Dés le début du livre, il s’adresse à « son fils ». En effet, l’expression « mon/mes fils » est répétée 21 fois dans la première partie des proverbes (celle qui nous préoccupe: chapitres 1 à 9).

1.8 Écoute, mon fils, l’instruction de ton père…

4.1 Écoutez, mes fils, l’instruction d’un père, Et soyez attentifs, pour connaître la sagesse;

8.4 Hommes, c’est à vous que je crie, Et ma voix s’adresse aux fils de l’homme.

La distinction est marquée entre ceux qui ne lisent pas et suivent aveuglément, et les fils de l’homme à qui il parle au travers de ce livre. Les fils de l’homme sont les fils spirituels de l’homme qui a gagné une part dans le royaume céleste. Cela nous éclaire sur l’identité du personnage cité dans le Coran sous le nom de al kifl ou Dhul-kifl. Kifl signifie une part. 21:85  38:48

Al kifl serait un nom attribut de l’homme qui est en paix par une partie de la compréhension de la sagesse divine, et cet homme est de toute éternité, là avant même la création des hommes.  Salomon, la paix sur lui est le premier qui parle de ce concept et pose la première pierre du Temple céleste. Il n’est pas l’homme, mais le fils de l’homme. Et tous ceux qui accepteront son message de paix deviendront à leur tour des fils de l’homme.

Quand le Messie vient pour la première fois, dans un pays en proie à une farouche volonté d’en découdre physiquement avec les romains, il déclare que la violence ne mènera qu’à la damnation. En comprenant et en diffusant le message du livre des Proverbes (il ne fait donc que lire ce qui a déjà été révélé et ne révèle rien de nouveau à ce sujet), il devient à son tour fils de l’homme, il n’est plus parmi les hommes ignorants.

Nous comprenons alors que quand il dit « mon père », il parle de Salomon, dont il est le fils spirituel de par la compréhension de son message adressé à l’éternité. Quand il dit « le Père » ou « notre Père », il parle de Dieu. Bien sur, l’ambiguïté est un piège pour sonder les cœurs des croyants, de même que le « je suis ». Car celui qui cherche la signification avec un cœur pur, la trouvera simplement.

Pro 8.30 J’étais à l’œuvre auprès de lui, Et je faisais tous les jours ses délices, Jouant sans cesse en sa présence,

8.31 Jouant sur le globe de sa terre, Et trouvant mon bonheur parmi les fils de l’homme.

8.32 Et maintenant, mes fils, écoutez-moi, Et heureux ceux qui observent mes voies!

8.33 Écoutez l’instruction, pour devenir sages, Ne la rejetez pas.

8.34 Heureux l’homme qui m’écoute, Qui veille chaque jour à mes portes, Et qui en garde les poteaux!

8.35 Car celui qui me trouve a trouvé la vie, Et il obtient la faveur de l’Éternel.

8.36 Mais celui qui pèche contre moi nuit à son âme; Tous ceux qui me haïssent aiment la mort.

Dans ces versets, nous retrouvons le coeur de l’enseignement de Jésus, qui n’est que le prolongement de celui de Salomon. Incarner à son tour le fils de l’homme, c’est être le chemin, la vérité et la vie.  Le verset de Mathieu:

Mat 8.51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort.

est en total écho à ceux-là. Il est donc logique qu’après avoir suscité l’attention autour de ces enseignements, il conclue en donnant un indice clair sur « l’identité » de l’auteur par le fameux verset « je suis ».

Il est intéressant de s’attarder sur:

Pro 3.5 Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, Et ne t’appuie pas sur ta sagesse;

3.6 Reconnais-le dans toutes tes voies, Et il aplanira tes sentiers.

3.7 Ne sois point sage à tes propres yeux, Crains l’Éternel, et détourne-toi du mal

S’abandonner en Dieu, voir Sa main partout, est une sorte de folie douce. C’est pourtant la voie à suivre.

Mais le livre des Proverbes recèle plusieurs messages cachés. Le lecteur est mise en garde contre la prostituée (ch 5,6 et 7).

5.3 Car les lèvres de l’étrangère distillent le miel, Et son palais est plus doux que l’huile;

5.4 Mais à la fin elle est amère comme l’absinthe, Aiguë comme un glaive à deux tranchants.

5.5 Ses pieds descendent vers la mort, Ses pas atteignent le séjour des morts.

Il s’agit de Babylone. Cela a d’ailleurs été compris par de nombreux exégèses. La civilisation qui va briller quelques siècles plus tard va corrompre l’esprit des fils d’Israël lors de leur exil par son faste. D’ailleurs, les textes sur Salomon rédigé à cette période vont le décrire comme couvert d’or, ce qui est une corruption totale de la réalité.

La suite le confirme puisqu’elle décrit une captivité:

6.3 Fais donc ceci, mon fils, dégage-toi, Puisque tu es tombé au pouvoir de ton prochain;

Enfin, pour comprendre la prophétie la plus importante, il faut considérer qu’un indice nous est donné par ce que fait le Messie immédiatement après avoir prononcé « je suis ». Il redonne la vue à un aveugle et lui demande de se laver les yeux à la piscine de Siloé.

Mat 9.6 Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle,

9.7 et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé. Il y alla, se lava, et s’en retourna voyant clair.

Cette piscine est le point d’arrivée de l’eau qui a été détournée de la source de Gihon grâce à un tunnel passant sous la cité dite « de David ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tunnel_d%27%C3%89z%C3%A9chias

Comme je l’écrivais sur mon mur, un tunnel beaucoup plus ancien a été mis à jour. Un tunnel qui aurait été construit il y a environ 38 siècles selon la datation apportée. C’est à dire, quelques temps après le ministère d’Abraham et la destruction de Sodome.

Puits de Warren: http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fbible.archeologie.free.fr%2Ftunneljerusalem.html&title=%C2%AB%C2%A0Un%20tunnel%20sous%20J%C3%A9rusalem%C2%A0%C2%BB

Ceci étant précisé, penchons-nous sur l’opposition entre la sagesse et la folie dans les chapitres 8 et 9.

Le texte nous donne des précisions géographiques sur la sagesse tout d’abord:

8.2 C’est au sommet des hauteurs près de la route, C’est à la croisée des chemins qu’elle se place;

8.3 A côté des portes, à l’entrée de la ville, A l’intérieur des portes, elle fait entendre ses cris:

Une montagne qui domine une cité qui est sur une route connue. Cela vous rappelle quelque chose? Voir la phase:

Une précision: il y a une croisée de chemin. Cela pourrait être bien Jérusalem. Mais vient aussitôt un autre indice: des portes.

Pour ceux qui ont suivi les travaux archéologiques d’Israël Finkelstein, celui-ci, s’appuyant sur un verset de la Bible (1 Rois  9.15), montre que les portes en tenaille de Gezer Meggido et Hatsor sont l’oeuvre du même souverain bâtisseur (même époque, même architecture).

Or, observons les emplacements de ces trois places fortes (en vert):

Si Sichem (en bleu) et Jérusalem (en rouge) sont bien situées toutes deux  à la croisée de routes, on observe nettement que dans la configuration des trois portes citées dans 1 Rois, c’est bien Sichem qui occupe une position centrale et stratégique.

Enfin le chapitre 9 vient conclure la partie prophétique par la révélation majeure de l’emplacement de la cité de la folie (où vivent les ennemis des fils de l’homme):

9.13 La folie est une femme bruyante, Stupide et ne sachant rien.

Par opposition à la ville de la sagesse, la ville de la folie

9.14 Elle s’assied à l’entrée de sa maison, Sur un siège, dans les hauteurs de la ville,

Son temple est en hauteur aussi

9.15 Pour crier aux passants, Qui vont droit leur chemin:

Une route connue passe au pied de la cité, une route qui longe quelque chose. Ce quelque chose pourrait bien être le Jourdain.

9.16 Que celui qui est stupide entre ici! Elle dit à celui qui est dépourvu de sens:

Ceux qui suivent les mensonges s’établissent en ce lieu

9.17 Les eaux dérobées sont douces, Et le pain du mystère est agréable!

Ici, il est fait mention des eaux de la source de Gihon. La raison du détournement de cette source cache un secret. Autrefois la ville de Sodome était naturellement abreuvée par le Cédron et le Gihon. Une fois détruite, la vie n’était plus possible dans la vallée. Il a fallu donc construire sur les hauteurs et détourner l’une des sources en creusant la montagne. 

9.18 Et il ne sait pas que là sont les morts, Et que ses invités sont dans les vallées du séjour des morts.

Ici, il est fait allusion aux deux vallées qui encerclent Jérusalem et qui sont des endroits maudits (l’une d’elle s’appelle tout simplement vallée de la Géhenne). Les morts sont les damnés enfouis sous les ruines de Sodome et Gomorrhe et recouverts de multiples couches de boue dans les deux vallées (la boue de Mathieu 9.6).

Si vous ne me croyez  pas quant à Sichem et Jérusalem, qui sont respectivement Madyan et Sodome, la ville bénie et la ville maudite, alors peut-être croirez-vous Salomon, paix sur lui?

Note:
La Bible dévoilée

https://youtu.be/7NMpChyGzmc?t=1h3m8s

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