Hélène et les garçons

Hélène et les garçons

Greenpeace activists create a solar symbol around the world-famous Paris landmark, the Arc de Triomphe.

Dernières modifications le 31 août 2016·12 minutes de lecture

Explication de l’image: Hélène signifie« éclat du soleil ». Je me suis souvenu de l’action d’éclat de  Greenpeace du 11 Décembre 2015. Ce jour là, je venais chercher des choux invendus chez un petit distributeur bio dans la rue de Miromesnil à deux pas de l’Élysée. Je fus d’abord surpris par la couleur de la place de l’Étoile, puis constatait une forte présence policière dans le quartier de destination: une bijouterie avait été cambriolée le matin même malgré l’état d’urgence (la France demeurait dans le traumatisme de l’attentat du Bataclan). Cela m’avait alors inspiré un petit texte dont voici une version modifiée (au moment de la première rédaction de cet article en août 2016):

De l’Étoile au soleil.
Du vert, il resplendit.
Démons et merveilles.
L’Élysée était à genoux,
Les poulets, et leurs joujoux:
Les bijoux sont partis.
Évaporés les cailloux!
A Chercher des poux,
aux Illuminés des hiboux,
Élisée était dans les choux.
Bio, les choux.

Ajout novembre 2018:
Aujourd’hui, presque 3 ans plus tard, ce sont les Gilets jaunes qui ont jauni les Champs Elysées pour mettre en péril l’occupant de l’Elysée. Une bijouterie a été dévalisée le 24. Ces deux événements qui n’avaient alors apparemment aucun rapport et me provoquaient beaucoup de questionnements, prennent enfin tout leur sens.

Depuis que j’ai ouvert le grand Livre, une question me taraude: qui est donc Marie de Magdala? Tour à tour prostituée, femme noble, hystérique, gnostique, représentante du féminin sacré, porteuse d’une descendance, ermite en France, tout a été écrit à son sujet. Si le Messie demeure largement inconnu et incompris en tant qu’être, c’est encore pire pour celle qui fut à l’origine de la compréhension de l’accomplissement des écritures dans la Passion, donc l’origine réelle du christianisme.

Voie coranique muette
La vie des prophètes Moïse et Muhammad, paix sur eux, est largement détaillée dans les traditions respectives des communautés qui ont suivi leurs voies. Quant au Livre, il contient énormément de détails du ministère du premier et s’adresse au second, tandis que d’autres comme Joseph, à qui est dédié une sourate entière et ordonnée, ou Abraham, paix sur eux, montre une réelle proximité de ces hommes avec le Créateur, que ce soit dans l’interaction ou la soumission. Le Coran n’expose pas les enjeux de la période messianique. Il s’avère purement factuel et ne contient que très peu de détails: par exemple les Apôtres ne sont pas nommés ni décrits. Le Coran se borne à corriger des points dogmatiques fondamentaux sans donner suffisamment de matière pour bâtir des ponts entre les deux Livres autre que des oppositions radicales. Les hadiths ne font que renforcer ce radicalisme. Ce n’est donc pas le rôle de la tradition musulmane que d’apporter des éclairages sur le sujet qui nous préoccupe.

Julius
La tradition chrétienne semble verrouillée. Les versions apocryphes ne m’ont jamais convaincu. ( Toutefois, nous trouvons dans l’évangile de Thomas le récit de l’insufflation de la vie dans un oiseau d’argile que l’on retrouve similaire dans le Coran) Il nous reste donc trois pistes à explorer: la tradition juive, l’archéologie et l’histoire antique. Mais avant d’aller plus loin, il me parait opportun de faire un aparté tiré d’un ancien article que j’ai fait disparaître de la vue du public très peu de temps après l’avoir publié. Cet article s’appelle Julius. Je racontais que ce pseudo, parmi ceux que j’avais le plus utilisé sur internet, m’avait mené vers Tiberius Julius Abdes Panthera. Dans le Coran et les Évangiles, Jésus est fils de Marie. Cette appellation est contraire à la tradition qui prescrit le prénom du père pour un homme. Or, le Talmud utilise “fils de Panthera”. Si cette appellation est utilisée dans le but de discréditer la mère, elle peut aussi révéler un élément important. Sachant que Joseph n’était pas le père, certains en ont déduit qu’il s’agissait d’un voisin légionnaire romain. L’archéologie a montré l’existence de ce personnage. Le nom Panthera était courant dans la légion romaine. On peut alors imaginer que les soupçons d’adultère se soient porté sur ce soldat en particulier pour une simple question de particularité physique commune entre lui et l’enfant. Panthera évoque un animal tacheté. On peut donc imaginer que les deux personnages étaient porteurs de taches de rousseurs et pas Joseph. Nous constatons ici comme la tradition juive, bien qu’à charge, peut s’avérer très utile pour lever certains mystères.

Sefer Toledot Yeshu
Lisons le Sefer Toledot Yeshu. Une fois ôté un grand nombre de pures inventions, il nous reste certains détails intéressants. Ce qui a retenu mon attention est la présence d’une certaine Hélène d’Adiabène(née vers -20; rappelons ici que Jésus est née vers -7). Il s’agit d’une reine païenne à qui Jésus est présenté plusieurs fois. Il est dit qu’elle croit en lui après avoir témoigné de ses miracles, puis l’aurait finalement renié. Enfin, elle est mentionnée au moment de la constatation de la disparition du corps au tombeau. Le royaume d’Adiabène parait loin de la Judée, en Assyrie. L’histoire antique va nous fournir des éléments essentiels pour réunir le puzzle. Hélène est veuve. Elle confie la régence à son fils ainé jusqu’à que le fils préféré du père puisse monter sur le trône, puis part vivre en Judée. Elle possède plusieurs propriétés, dont un palais à Jérusalem. Palais qui a été formellement reconnu par les archéologues. Il est dit que cette période marque un tournant dans l’histoire du royaume. En effet, la famille royale, sous l’impulsion d’Hélène, se convertit à la religion du Livre. Et ce, à une date bien précise: vers l’an 30 de notre ère. Ce qui correspond exactement à l’apogée de la mission messianique. Il ne me parait pas hasardeux d’imaginer que cette fertile conversion soit le produit de la rencontre avec un prophète. Une telle rencontre est un véritable séisme. Nous pouvons imaginer que la pudeur du récit à l’encontre de la reine, qui cache le nom de sa lignée tout en gardant son prénom, soit une marque de déférence à son égard. Tandis que les juifs célébraient sa mémoire durant les premiers siècles pour son action, les chrétiens quant à eux, si l’on imagine qu’elle est Marie de Magdala, suivaient ses pas. Elle aurait donc fait l’unanimité dans les deux communautés. Voilà peut-être pourquoi il n’est jamais fait mention de Marie de Magdala dans le Toledot, alors que tous les protagonistes notables de l’histoire sont présents (Marie, Joseph, Judas, les Apôtres, Saint Paul…). En effet, les détracteurs de Jésus n’auraient pas manqué de s’en prendre à une de ses proches disciples. L’histoire antique nous apprend également que le royaume d’Adiabène fut la seule nation qui apporta son secours aux Judéens dans leur guerre contre Rome. Peut-être faudrait-il voir là un lien avec la théologie développée dans l’évangile de Jean. Si l’on accepte l’idée que le disciple que Jésus aimait était bien cette reine, ce serait donc dans sa lignée dynastique que se serait perpétuée la tradition johannique (le disciple est considéré comme le prophète annoncé par les écritures: le Consolateur, ainsi la nouvelle nation qui succède à Israël dans la parabole des vignerons serait considérée comme étant l’Adiabène. Mat 21.43 Aussi je vous le déclare : le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits.). Décédée vers la fin des années 50, son souvenir a pu être instrumentalisé et une théologie alternative construite dessus. Il est important de noter que sa notoriété est surement liée à sa grande générosité envers les pauvres de Judée. Elle a gardé le vœu de naziréat durant 21 ans. Elle a fait des dons notables au Temple également. J’ai retenu ceci: “ Elle a également fait don d’une plaque d’or sur laquelle était écrit le passage du Pentateuque (Torah) que le grand prêtre doit lire quand une femme soupçonnée d’infidélité a été introduite devant lui .“

“Il semble que la famille avait aussi un palais fortifié (avec une tour) en Galilée dans le bourg de Migdal, près de Tarychée.” (voir ici)

7 fils
Dans le Talmud, il est fait mention du fait qu’elle avait 7 fils. Ils se sont tous converti au même moment juste après elle. Nous pouvons imaginer qu’ils se sont tout d’abord opposé à cette conversion, puis qu’ensuite ils se soient laissé convaincre par des miracles. Nous aurions alors une explication plausible au passage qui précise que Marie de Magdala fut délivrée de 7 démons. Ce serait une image.

De la hauteur
Dans les évangiles, il est question d’un certain Joseph d’Arimathée qui est un homme suffisamment influant pour réclamer la dépouille du supplicié auprès des romains et le placer dans son propre tombeau. Ce qui accomplit Esaïe 53.9 On a mis son sépulcre parmi les méchants, Son tombeau avec le riche. Or, ce nom est semble-t-il un pseudonyme destiné à garantir l’anonymat de cet important personnage de Jérusalem ou bien il s’agit tout simplement de son nouveau prénom de converti. Arimathée signifie “hauteur/élevé” ce qui est un synonyme de migdal. Il pourrait être le fils d’Hélène. Marie pourrait également être le prénom de conversion d’Hélène. Dans le parallèle fait entre Élie/Élisée, Jean/Jésus et Mahdi/Messie, nous avions déduit qu’il semblait (je ne prédis pas le futur) que le Messie devait avoir une descendance (spirituelle ou physique) avec une femme qui est dite de “distinction” dans la traduction de la Bible 2Rois 4.8 . (voir ici pour Élie (f) et ici pour Élisée (f)) Or, le mot utilisé est magdolah de la racine GDL qui signifie grand (physiquement: une tour) ou élevé (spirituellement: une sainte), racine qui a donné également Magdala.

La sépulture
Enfin, elle a choisi d’être enterrée au nord de Jérusalem, loin de son pays natal. Son lieu de sépulture a été retrouvé et authentifié. Il est propriété de l’état français. Ce lieu a été nommé abusivement, ou pas, par Tombeau des rois. Selon l’archéologie, ses parties extérieures auraient été achevées vers +54. Il est donc vraisemblable qu’en +30, seule une salle de sépulture ait été creusée et que l’on puisse dire du lieu qu’il était neuf. Mt 27.60 et le déposa dans un sépulcre neuf, qu'il s'était fait tailler dans le roc. Ce tombeau présentait une particularité que Flavius Josèphe mentionnait: il était coiffé de 3 pyramides.

 « Revenue en Adiabène, elle [Hélène] ne survécut guère à son fils  lzatès. Monobaze envoya ses os et ceux de son frère à Jérusalem et les  fit ensevelir dans les trois pyramides que sa mère avait fait construire  à trois stades de la ville. “

Description de la tombe: la partie de la tombe qui abrite les corps est fermée par une pierre roulée d’une taille imposante et qui nécessite un mécanisme pour la déplacer. Cela rappelle le passage des évangiles: Mc 16.3 Elles disaient entre elles: Qui nous roulera la pierre loin de l'entrée du sépulcre?
Sur les 900 tombes datant de l’époque du « second » Temple de Jérusalem, seulement 4 avaient une entrée munie d’une pierre roulante. Soit environ 0.5%. Source: Amos Kloner and Boaz Zissu, The Necropolis of Jerusalem in the Second Temple Period (Leuven: Peeters, 2007), p. 55.

L’Évangile en actes
Le Talmud rapporte que Monobaze a « dépensé tous ses propres trésors et les trésors de ses pères, dans les années de disette. Ses pairs et les cohéritiers des biens de son père vinrent le voir en délégation et lui dirent : “Ton père a économisé de l’argent et l’a ajouté aux trésors de ses pères, et tu es en train de les dilapider”.
Il répondit :
Mon père a économisé pour ici-bas et je suis en train d’économiser pour là-haut
Mon père a économisé dans un endroit qui peut être corrompu, mais j’ai conservé dans un endroit qui ne peut être altéré…
Mes pères ont réuni des trésors d’argent et moi j’ai recueilli les trésors de l’âme…” . »
Traité Baba Batra 11a
Ces citations semblent accréditer la thèse selon laquelle les juifs du premier siècle auraient accepté la venue du Messie comme nous l’avons vu ici (f), après avoir attesté de l’accomplissement des écritures dans la Passion, avant un total retour en arrière du à l’échec cuisant des deux guerres judéo-romaine.

Seder Olam Zoutta
Il s’agit d’un ouvrage de la tradition juive qui traite des exilarques, c’est à dire les monarques d’Israël en situation d’exil. Lorsque la première guerre judéo-romaine éclate, il y a un roi officiel en Judée: Agrippa II. Pourtant l’auteur considère que le véritable roi d’Israël est Monobaze II, le fils aîné d’Hélène, c’est à dire le roi d’Adiabène. Le pouvoir serait donc en exil. Voilà qui ouvre de toutes nouvelles perspectives. Ce point de vue historico-théologique vient confirmer l’hypothèse que le mouvement johannique messianique était centré en Adiabène. C’est surement là que se trouvait le rédacteur de l’Apocalypse. A suivre donc.

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