L’école des grands Patrons

L’école des grands Patrons

Dernières modifications le 12 octobre 2016·9 minutes de lecture

En couverture: Oscar Peterson trio at the Jazz at the Philharmonic

La patience est l’arme des croyants. Je ne peux pas trouver mieux pour illustrer l’idée de cet article tant il a fallu de temps avant de comprendre le message de Dieu. Il m’aura fallu presque 5 ans avant de réunir deux articles apparemment disjoints. Ce n’est que ce matin, alors que j’étais tiré de mon sommeil par un coup de téléphone matinal que, pour une raison que j’ignore, je me suis mis à réfléchir sur l’énigme liée à la photo au dessus. En ayant la réponse, fin Septembre, de la signification du texte, j’étais déçu: il ne s’agissait pas d’hébreu, il n’y avait pas de message mystérieux. Une simple liste de musiciens qui avaient participé au Jazz at the Philharmonic. Une simple affiche du passage de l’émission à Tokyo. Me voilà rejeté une fois de plus à mes élucubrations et mes sur-interprétations. Il n’y avait donc pas de doigt de Dieu qui apparaissait à l’image. Qu’à cela ne tienne. Je me suis dit, voilà qui est du détail, laissons cette photo publique, à titre de souvenir, souvenir d’un moment de ma vie très mouvementée. Après tout, les gens doivent pouvoir témoigner de mon évolution et de mes combats. Puis je suis passé à autre chose. Il est grand temps de raconter toute l’histoire afin que chacun puisse comprendre.

Jacky (Jacques Pain, né en 1948) a été mon père de 2001 à 2015. Il est apparu dans ma vie parce que mon “demi-frère” Erik, en réalité mon neveu, voulait que toute la famille Pain soit présente à son mariage car il est un fervent catholique. Enfin, il a cessé d’être mon père, le jour de la mort de ma mère, et que je pouvais enfin avoir un signe clair de Dieu me confirmant l’intuition que j’avais eu plusieurs mois auparavant que mon père biologique était en réalité mon grand-père paternel, c’est à dire Jacques Pain (ils ont le même prénom, ce qui rend l’histoire encore plus troublante). Dans l’intervalle, il est venu dormir deux fois chez moi. La première fois était en 2005, je l’emmenais au concert de Jazzpel à l’Archipel alors qu’il était venu pour le salon du bateau de Paris. La deuxième était en Janvier 2012: il m’emmenait à Bercy pour voir la finale du championnat de France de hockey où jouait Erwan, un autre fils. J’en profitais alors pour lui faire découvrir les bols tibétains lors d’une séance mémorable de méditation. A ce moment là, j’étais en pleine effervescence mystique, il m’était un peu dur de faire la part des choses. Toutefois, plutôt que de parler de théologie pure et dure, j’avais ouvert la réflexion au travers du Jazz et de la quête spirituelle à travers lui. Il est un grand fan de Jazz et était lui-même trompettiste au début des années 70 avant de laisser de coté la vie de musicien pour s’assurer un avenir plus stable. Comme quoi, je peux aussi m’adapter à mon auditoire.

Le point central de ma pensée à cette époque était de décrire des cycles. Des cycles ternaires, comme en Jazz: naissance, vie et mort. Selon moi, la naissance du Jazz était incarnée par Louis Armstrong qui avait d’ailleurs été élevé dans une famille juive parce qu’orphelin. Sa mort et sa renaissance par Miles Davis.

Lorsque j’ai commencé à ressentir ce cycle de transmission lié au jazz sur le continent américain, j’ai suscité son intérêt. Nous cherchions alors ensemble ce que pouvait bien être la « vie » de ce cycle. Tout à coup, je me rappelais d’un DVD que l’on m’avait offert quelques années plutôt et qui prenait la poussière sur mon étagère. Au même moment le soleil transperça les nuages pour venir m’éclairer. Je me précipitais sur le DVD. Nous le regardons ensemble. Tout devient limpide. Et je vois le doigt. Mon cœur s’est arrêté de battre l’espace d’une seconde.

Le « doigt de Dieu » en haut à droite. Voir la vidéo pour comprendre l’effet produit

Dans cet extrait de l’article initial, je décris ce rayon de soleil soudain au moment de ma prise de conscience. C’est toujours aussi impressionnant. Je venais donc de comprendre que la vie du Jazz correspondait à sa présence à la télévision lors de l’émission de Norman Granz. De nos jours, cela reste une référence absolue en la matière, tant par la longévité du JATP, sa qualité et les grands noms qui y sont associés. L’émission en question est d’ailleurs présentée et est axée autour de Nat “King” Cole. Ce soir là le JATP s’est mué en un Nat King Cole show. Comme il le souligne au début, il s’agit de la première diffusion du JATP à la télévision américaine. Initialement la volonté de Granz était de sortir le jazz des clubs. Ce jour là son oeuvre vient de prendre une toute autre dimension: le jazz vient d’entrer dans les foyers. Peut-on rêver meilleur ambassadeur que Cole? Ce DVD m’avait été offert par Ésaïe. Si l’univers catholique m’avait quelque peu rebuté, j’avais été bien plus enthousiasmé par l’univers du Jazz et du Gospel dans lequel j’avais pénétré en rencontrant Ésaïe et Rachel. Cette façon de vivre sa foi, de livrer sa vie pour les autres, me correspondait bien mieux. Je me souviens du jour où Jazzpel était venu faire un concert à Grenoble. Ésaïe et Jacky s’était donc rencontré. Je croyais alors avoir construit quelque chose, fait quelque chose dans ma vie qui pouvait me rendre fier. A force de travail, je parvenais à de bons résultats en photo de Jazz. C’est une école de la patience.

Esaïe et Rachel au Caveau de la Huchette – 2005 – Face arrière de l’album Let them talk

Comme je vous le disais donc, ce doigt de Dieu sur l’image indiquait une liste de musiciens en japonais. En réalité, ce doigt venait illustrer le signe du matin même. Mais je n’avais pas fait le lien entre les deux. Quelques heures plus tôt, il faisait encore nuit et Jacky dormait à poing fermés. Je fus tiré de mon sommeil. Dans ces cas là, je ne me pose pas de question, je sais que c’est la volonté du Créateur. Il n’y a pas moyen de chercher une explication rationnelle sur le bruit environnant ou le menu de la veille. Je le ressens profondément. Habituellement, dans ces cas là, je me contente d’allumer l’ordinateur pour m’occuper. Mais ce jour là, je ne suis pas seul, je décide alors, une fois n’est pas coutume, de m’habiller en ce dimanche matin et de marcher dehors dans le froid de Janvier. Je me suis alors dirigé vers le bois. Mais, juste avant d’arriver, j’ai tourné dans une rue puis dans une autre. Arrivé à la hauteur d’une petite porte grillagée, je quitte la rue pour pénétrer dans ce qui est surement une propriété privée mais qui, je vous rassure, est abandonnée et qu’aucun grillage ne vient cloisonner. Il faut bien comprendre qu’à ce moment là, je n’ai fait aucun détour, je suis venu directement à cet endroit, et je n’y étais jamais venu de ma vie auparavant. Me voilà donc face à cette petite maison délabrée au milieu du bois. L’endroit parait souvent squatté. Surement par des jeunes. Comme mu par un instinct, je soulève une planche adossée à un mur. Il est inscrit Jésus dessous. Je prend du recul et je lis: Jaim Jésus. Je comprends que je ne suis pas arrivé ici par hasard. Je prends alors une photo:

Un squatt au milieu de la forêt.

Quelques jours plus tard, mon ami Khalifa, que j’ai rencontré chez les Indignés, m’invite au resto chinois près de chez lui. Il ne connaissait pas l’existence de cette photo. En guise d’illustration, voici une photo de Décembre 2012, soit plusieurs mois plus tard. Son obsession pour les restos chinois nous avait fait nous retrouver dans cet autre là après avoir tourné un moment dans ce quartier proche de Beaubourg. Voici que son nom me sautait aux yeux.

Le Temple Céleste, 9 rue Volta, Paris 3ème

J’en profite alors pour aller montrer la photo au personnel du premier (celui de Janvier). Les serveuses sont très surprises, car les caractères ne sont plus utilisés de nos jours et les premiers ne semblent pas être du chinois. Néanmoins, elles traduisent par: L’école des grands Patrons.

Aujourd’hui, en Octobre 2016, j’ai donc enfin compris que l’école des grands Patrons était en réalité le Jazz at the Philharmonic. C’est cette fois en japonais que les noms des plus grands jazzmen étaient inscrits sur l’image pointée par le “doigt de Dieu”. Par contre, elles ne comprenaient pas les trois premiers caractères. Selon moi, le deuxième est un ange au dessus de l’Amérique du Sud. Le troisième ressemble vaguement à des tables de la Loi surmontés par un propitiatoire. Quant au premier, il ressemble vaguement à un serpent.

Ce n’est qu’en Mai 2013, que je fais le lien entre cette école et l’école d’Élie. L’école d’Élie était une grotte perdue. Cette école a été ensuite reprise par Élisée, son disciple. Je rédige alors un texte pour expliquer le parallèle entre les tandems Élie/Élisée et Jean le Baptiste/Jésus. Malheureusement, je ne parviens pas à tout comprendre car je demeure focalisé sur l’endroit de la découverte, c’est à dire cette maison abandonnée. En réalité, cette école n’est donc pas un lieu physique mais une assemblée de gens morts dont le souvenir demeure gravé dans les esprits des hommes. Si je me suis abreuvé à la source des grands Patrons par mon travail photo, Dieudonné, quant à lui, est un musicien de Jazz. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Gilad Atzmon est un jazzman.

Je ne me trompais donc pas tant que cela finalement en faisant le lien entre l’école et lui. Il ne me manquait juste qu’à saisir la nature des enseignements de cette école. Voilà qui est chose faite à présent. Il n’est donc plus besoin de jouer aux devinettes. Place aux jeux de mots assumés. Aux jeux de mots divins bien sur.

Élie est Dieudonné.

Notes:
Un vent nouveau – Dieudonné et Noémie
La photo
Elie est…
Jo Jones
Le morceau d’où est tirée la photo (le “doigt” à 18s)
La vidéo complète de l’émission Nat King Cole show (26 min)
JATP
Temple céleste

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