OWO

Faire fi du droit international, pour le plus haut responsable de la nation au coeur du déploiement du Nouvel Ordre Mondial, signifie détruire symboliquement la pierre sommitale de  l’édifice moral universel imposé.

 

2026. Voilà maintenant que 10 ans se sont écoulés depuis ce mois de janvier 2016 où mes émotions prenaient le dessus et m’empêchaient de prendre du recul. Prétendre que je demeure dans un total contrôle serait abusif, mais il me semble que je sois en mesure d’analyser plus posément l’œuvre de la comédienne tubesque afin que cela serve mon propos sur la critique du christianisme et de la civilisation qui y est attachée. Ce n’est donc pas par une obsession pour la dame non dépassée, mais parce que les liens qui unissent le cantique à sa production s’avèrent profonds. De manière générale, disséquer un texte qui se construit dans l’opposition à la foi est riche d’enseignements. D’autant plus quand à l’inverse il s’en revendique ouvertement. Les enseignements traditionnels permettent de se prémunir des travers facilement détectables. Ici, l’objectif est de s’attaquer à des problématiques bien plus complexes et enfouies dans la psyché du croyant. Nous allons donc aborder chaque thème sur une base des citations du cantique, et trouver des correspondances dans des textes correspondants.

Il y a une chose primordiale à considérer et  à bien garder en tête. Analyser textuellement le cantique, ainsi que tout cantique biblique, prive d’une parti de sa portée. En effet, au temps de leur rédaction, les Psaumes étaient mis en musique et déclamés d’une manière adaptée. J’irais même jusqu’à suggérer qu’ils aient pu être joués. Il faut bien comprendre que les hommes n’ont pas tellement changés et que l’engouement pour le spectacle audiovisuelle a toujours supplanté la lecture. La religion du LIvre, c’est avant tout la religion de la Parole orale incarnée. Le matériau moderne est le texte issu de vidéos. La vidéo est un outil pour manipuler l’émotion. Si la dame se sert du cadrage, de la lumière, du montage, de ses costumes, de son jeu, pour faire vivre, c’est avant tout sa personnalité qui va donner corps au personnage. La beauté et le charisme jouent un rôle considérable sur le spectateur. Lorsque l’on considère tous ses paramètres, on se rend compte d’une certaine proximité entre les deux univers, si l’on considère que le cantique a pu être mis en scène d’une manière séductrice dans des cercles restreints. Ce qui ne semble pas du tout hors de propos. Une fois otée la forme, reste le fond, et c’est là que nous allons établir des ponts.

Le désir et la quête:

3.1 Sur ma couche, pendant les nuits, J’ai cherché celui que mon coeur aime; Je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé…
3.2 Je me lèverai, et je ferai le tour de la ville, Dans les rues et sur les places; Je chercherai celui que mon coeur aime… Je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé.
7.10 Je suis à mon bien-aimé, Et ses désirs se portent vers moi.

Dans le Cantique, le désir est à la fois intense et spirituel, il traverse la distance et l’absence.
(les textes des vidéos sont des extraits entrecoupés, pour les sources, voir les notes)

Cet obscur sujet de désir
Publié le 07 juin 2015
Tout sujet que je suis, je ne puis exister sans désirer un objet… je tourne autour et retourne toujours à l’objet de mon désir… cet obscur objet du désir qui m’inspire, m’attire et me renvoie à mon propre désir.
Qui veut gagner ton âme se perdra.
L’autre. L’autre désir… c’est lui l’obscur objet de mon désir… que je viserais toujours et que je n’atteindrais jamais… comme dans l’amour.
Que faut-il conclure ?
Que l’objet de notre désir, le vrai n’est pas un objet mais un être en liberté, un obscur sujet de désir.

Les textes de cette femme expriment un désir d’un « autre » ou d’un idéal inaccessible, avec la même alternance de fascination et de souffrance, ce qui crée une résonance avec le thème biblique de l’attente amoureuse ou spirituelle.

La dualité et la tension interne:

1.7 Dis-moi, ô toi que mon coeur aime, Où tu fais paître tes brebis, Où tu les fais reposer à midi; Car pourquoi serais-je comme une égarée Près des troupeaux de tes compagnons?

Il semblerait que soit évoquée ici l’assemblée des sages qui méditent sur les écritures. L’auteur serait donc en désaccord avec cette assemblée.

2.4 Il m’a fait entrer dans la maison du vin; Et la bannière qu’il déploie sur moi, c’est l’amour.
2.5 Soutenez-moi avec des gâteaux de raisins, Fortifiez-moi avec des pommes; Car je suis malade d’amour.

Une lecture trop rapide peut faire passer à coté de ces deux versets.  Toute cette histoire a commencé par le Signe clef: « Je suis malade ». Dans le contexte d’un cantique biblique, cette phrase est révélatrice de doute dans la foi. Cette maison du vin évoque une raison alternative, une vision imprimée sur les écritures qui va produire des enseignements qui entrent en conflit avec les enseignements traditionnels. L’amour est de tout temps le mot magique pour tout inverser, notamment dans les écritures. De nos jours, pour justifier l’injustifiable, certains vont manier l’amour ou le droit.

5.8 Je vous en conjure, filles de Jérusalem, Si vous trouvez mon bien-aimé, Que lui direz-vous?… Que je suis malade d’amour. –
5.9 Qu’a ton bien-aimé de plus qu’un autre, O la plus belle des femmes? Qu’a ton bien-aimé de plus qu’un autre, Pour que tu nous conjures ainsi?
5.10 Mon bien-aimé est blanc et vermeil; Il se distingue entre dix mille.
5.11 Sa tête est de l’or pur; Ses boucles sont flottantes, Noires comme le corbeau.

Noir, blanc et rouge. L’univers graphique est ici typiquement grecque et non biblique (merci à un influenceur en histoire qui se reconnaitra et qui est certainement plus ouvert d’esprit que ce que beaucoup prétendent). On remarque nettement la prédominance du rouge; vermeil, cramoisi, pourpre, le vin en tant que couleur, grappe de troëne, grenade. On retrouve cette couleur dans les vêtements impériaux ou des éléments rituels, mais aussi dans l’art et la littérature comme signe de vitalité et de distinction. La foi de l’auteur est altérée, le monde grec vient lui offrir des clefs de compréhension du monde. Il y a fort à penser qu’il s’agisse de la source de l’inspiration.  « Qu’a ton bien-aimé de plus qu’un autre ? » : C’est une question de réthorique grecque, au sens strict. Elle demande une différenciation par qualités, non par élection. Le verbe hiš·ba‘·tā·nū ici traduit par conjurer est shab’a, et il signifie jurer au sens de préter serment, donc de passer Alliance. Le narrateur inviterait donc son lecteur à changer d’Alliance.
L’évocation de la myriade ici nous renvoie à la divinité du mystère comme nous l’avons vu au travers de divers exemples dans l’article précédent. La beauté est bien celle de la connaissance.

1.5 Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem, Comme les tentes de Kédar, comme les pavillons de Salomon.
1.6 Ne prenez pas garde à mon teint noir: C’est le soleil qui m’a brûlée. Les fils de ma mère se sont irrités contre moi, Ils m’ont faite gardienne des vignes. Ma vigne, à moi, je ne l’ai pas gardée.

Le noir ici évoque le mystère dans la symbolique grecque. La narratrice serait bien la déesse voilée sur son trône. La mère serait alors l’Égypte que l’auteur estime être le foyer origine d’Israël en escamotant la descente initiale de Joseph, paix sur lui, comme le font bon nombre de pseudo-ésotéristes moderne en s’appuyant sur des éléments tardifs d’emprunt attestés par l’archéologie. Les fils seraient les prophètes, et la vigne est Israël selon une métaphore très employée dans la Bible. La vigne perdue est l’Egypte en déclin après l’Exode. Le soleil est ici la divinité centrale de l’ennéade (9 dieux centraux égyptiens). Nous avions vu dans un ancien article que ce qui est traduit ici par « tentes de Kédar » décrirait d’avantage les tentures de la Kaaba, tandis que les voiles décriraient le Miskan. https://www.stephanpain.com/2023/03/10/faites-entrer-laccusee/
Il serait donc question des Maisons telles qu’elles sont instituées. Reconnaissons l’ironie de constater que c’est un ennemi de Dieu qui vient révéler ce genre d’information cruciale. Au moment de la rédaction, la simplicité du Miskan a laissé place à la complexité du temple égyptien, notamment les deux colonnes de l’entrée, typiques de la symbolique égyptienne. Pour résumer, la colonne est en lien avec les connaissances mathématiques de la sphéricité de la terre et de sa mesure par projection au sol. Mesurer un arc terrestre nécessite de mesurer l’ombre de midi de deux colonnes situées à une très longue distance sur le même méridien. L’auteur, en utilisant l’image du Miskan pour décrire le Temple altéré, trompe son lecteur de manière manifeste. Tout porte à croire que ce n’est pas le seul endroit.

Révélation et intuition:

Qui cherche, ne trouve pas !
Publié le 17 novembre 2014
Qui cherche ne trouve rien, s’il n’a pas déjà trouvé ce qu’il cherche. C’est dans les saintes écritures : « tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé ». Car il est impossible de chercher ce qu’on sait comme il est impossible de chercher ce qu’on ne sait pas. (…)
C’est Platon qui nous fit jadis la leçon : La vérité est déposée comme une marque au fond de l’âme. Le drame pour chacun, ce n’est pas l’ignorance, mais l’oubli. Souviens-toi ! Souviens-toi ! Tout ce que je viens de t’apprendre, tu le sais déjà. (…)
Le monde ment, mon âme ne me ment pas.

La femme prétend citer les écritures et l’éclésiaste (non copié). Une simple recherche nous indique que la citation d’introduction est faussement attribuée à Saint Augustin. Ce n’est donc pas du tout une part de l’écriture. En réalité, la réflexion ici se base sur la pensée grecque. L’intuition est au service de la raison. C’est le principe fondateur de Révélation qui est nié ici. Tout au plus, les écritures sont considérées comme des enseignements inspirés. C’est d’ailleurs la pensée dominante dans le monde chrétien occidental.
La Révélation et la philosophie grecque peuvent porter certains fruits. Mais sur certains points, elle ne peuvent pas être conciliées, l’une doit nécessairement se soumettre à l’autre. Mettre en avant l’intuition, affirmer que Dieu est une part de nous-mêmes sans qu’il nous soit nécessaire de travailler pour l’y faire venir, revient à placer la raison au dessus de la Révélation.
Il ne s’agit pas d’abolir la raison. Lorsqu’il s’agit d’interpréter les écritures, il faut alors raisonner. Mais pour raisonner correctement, il faut que son âme soit investie de part d’Esprit. Nous ne sommes pas des surhommes (selon le concept exposé plus tôt) et cet investissement n’est pas de notre volonté, mais d’une volonté qui nous transcende.

Dan 9.19 Seigneur, écoute! Seigneur, pardonne! Seigneur, sois attentif! agis et ne tarde pas, par amour pour toi, ô mon Dieu! Car ton nom est invoqué sur ta ville et sur ton peuple.
9.20 Je parlais encore, je priais, je confessais mon péché et le péché de mon peuple d’Israël, et je présentais mes supplications à l’Éternel, mon Dieu, en faveur de la sainte montagne de mon Dieu;
9.21 je parlais encore dans ma prière, quand l’homme, Gabriel, que j’avais vu précédemment dans une vision, s’approcha de moi d’un vol rapide, au moment de l’offrande du soir.
9.22 Il m’instruisit, et s’entretint avec moi. Il me dit: Daniel, je suis venu maintenant pour ouvrir ton intelligence.
9.23 Lorsque tu as commencé à prier, la parole est sortie, et je viens pour te l’annoncer; car tu es un bien-aimé. Sois attentif à la parole, et comprends la vision!

C’est parce que Daniel, paix sur lui, pratique assidument la prière, que Gabriel, paix sur lui, se présente à lui pour lui faire une Révélation et le qualifier de bien-aimé. Cela dit, étant donné le contexte, Ish Hamudot, semble plus proche du sens arabe HMD de la louange. Il est alors en mesure de rédiger son expérience. Elle va alors rejoindre le canon biblique par reconnaissance de sa prophétie par les générations qui vont lui succéder et attester de la véracité de ses miracles et de ses prédictions. Un simple poète ou un intellectuel peut produire du sens à partir des écritures ou s’en inspirer afin d’infléchir la direction prise par l’humanité, mais la portée de ses écrits ne correspond pas nécessairement au plan divin. Une époque charnière telle que la notre, où tout est possible par la technologie qui s’offre à nous, ouvre de très nombreuses perspectives. Ce sont dans ces moments critiques, que le Créateur choisit de guider l’humanité. Pour se faire, pas besoin de multiplier les sources, une seule suffit. Comme pour Daniel, paix sur lui, deux supports de légitimité: les miracles (temps de la rédaction) et l’accomplissement des prophéties (sur le temps long).

 

La dimension performative et sacrée du langage : Le Cantique utilise des images poétiques pour transmettre des vérités intérieures et spirituelles.

5.5 Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé; Et de mes mains a dégoutté la myrrhe, De mes doigts, la myrrhe répandue Sur la poignée du verrou.

On peut lire ce passage comme une fusion de l’intime et du rituel, où le geste physique et l’émotion se répondent : ouvrir la porte, c’est ouvrir son cœur et son âme, laisser transparaître le désir et l’attente. La « myrrhe » est à la fois offrande, parfum et signe de la présence de l’amour intérieur, qui n’est pas encore partagé, mais déjà intensément vécu.
Maintenant que nous avons la version académique produite par notre ami le Chat, nous allons en terre inconnue. La partie qui va suivre, est, je le concède, particulièrement dure à lire. La seule chose qui peut me guider ici est l’Esprit. Ce que j’affirme est que je ne parle par mon intelligence. Il est d’ailleurs inutile de me justifier d’avantage, car ceux dont il a été décidé qu’ils devaient me croire, n’auront certainement pas à se poser des question quant à mes propos. Je vais essayer de faire au mieux. Je corrigerai ultérieurement. Allons-y.

En plongeant dans les méandres de cette chaine, j’ai accédé à ce qu’il me parait être la solution à tout cela.

Abre los ojos.
9 mai 2013
Non, non, je n’ai pas envie d’être lucide. Être lucide ?
L’homme que j’aime éperdument est à l’autre bout du monde.
On communique à travers le journal que j’aurais dit chaque jour, pour être toujours en contact avec lui. C’est codé, bien sûr…
Et qu’est-ce que je découvre ? Il y a seulement quelques jours que je… je suis enceinte de cinq mois. Enceinte d’un homme qui n’a pas pu porter le doigt sur moi.

La femme est dans le déni. Elle est enceinte d’un homme. En descendant, un peu plus bas dans l’historique, je tombe sur une vidéo datée du 21 juillet 2013. Elle dénote par rapport aux autres de par sa longueur 24 mn. Mais c’est son titre qui me convaint le plus: « le cantate »: mot proche de cantique. La scène la plus malaisante est celle où elle relate le déroulement de son abus par un homme. Je n’ai pas saisi d’éventuel indice le concernant. Tel que cela est présenté, on a l’impression que c’est un inconnu. Mais elle apparait dédoublée, avec une voix altérée. Cela donne une ambiance de dissociation traumatique. Une grande partie de cette longue vidéo est habillée par diverses chansons d’un des groupes de rock français le plus connu, dont le chanteur a commis l’irréparable avec sa compagne et actrice. Tout le monde aura compris. Nous comprenons alors que l’homme n’est pas un inconnu pour elle et tout porte à croire qu’ils ont partagé une expérience similaire au couple célèbre. Le moment le plus insupportable est quand elle affirme (je n’ai pas vérifié) rapporter des propos de la défunte actrice. En résumé, elle consent à son martyr par amour. Inutile de trop rentrer dans  les détails. Superposition. Identification. Mortification. Et tout cela est encore en ligne plus de 13 ans après les faits.
Maintenant, nous allons dans le cantique. Un détail a attiré mon attention: le mot myrrhe revient 8 fois. Une rapide recherche m’a donné la solution. La myrrhe est liée à un mythe grec. Une déesse a été punie d’inceste. Inconsolable, elle s’est transformée en arbre à myrrhe. Ses larmes sont alors de la myrrhe qui coule.

5.5 Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé; Et de mes mains a dégoutté la myrrhe, De mes doigts, la myrrhe répandue Sur la poignée du verrou.

Ce que nous lisons ici, mélé à cette quête spirituelle sur le sens de la vie, est une manière pour l’autrice (pour une fois, je vais utiliser ce mot de vocabulaire) de rendre public une part obscure de sa propre vie. Je suppose que l’expression poignée du verrou a quelque chose à voir avec la partie du corps souillé. Je fais ce que je peux. Il y a surement des gens qui saurons mieux comprendre ces métaphores, qui au fond ne sont pas forcément destinées à être comprises.
Voilà depuis un moment que l’idée que la reine d’Adiabène soit l’auteur du cantique m’est venu. Contrairement à notre époque, ce personnage féminin apocalyptique était de l’âge de la Vierge Marie, paix sur elle. Ce que je me dis, est que ce qui est rapporté dans les antiquités judaïques est un habillage d’un viol commis sur la reine. Le fruit de cet acte a été ce fameux fils baptisé Monogenes (avec un jeu de mot bien sur). Lorsque la reine a croisé la route de Marie, paix sur elle, elle a fait un transfert. Marie est devenue enceinte par l’action de l’Esprit. Cette femme, toute reine qu’elle fusse, enviait cette simple femme par ce récit hors-norme. Elle a donc choisi de se l’approprier, par tous les moyens. L’évangile des pseudo-Dodim, ce n’est pas un récit pour prendre le pouvoir, c’est un récit pour redéfinir un imaginaire, pour soigner un égo blessé. Qu’importe la vérité portée par la Vierge Marie et son fils, paix sur eux.

Cet article promet d’être  très long. A suivre donc.
Courage à tous pour les temps qui vont venir.

Paix sur les âmes investies d’une part de l’Esprit

 

Thème à suivre: L’exigence d’excellence et la transcendance : Le Cantique célèbre la beauté, la perfection relative, et l’intensité de l’expérience. Les textes contemporains mettent en avant la recherche d’une vérité ou d’une intensité supérieure, que ce soit dans la création artistique ou dans la vie, et reflètent une tension entre idéal et réalité.

Sources:

Mon œil
Publié le 05 mars 2016
Tu tiens ton clou entre le pouce et l’index
Et dans l’œil de l’autre, tu l’enfonces…
En tapant avec ton marteau, un, deux ou trois petits coups… ça ira.
Et tu verras que c’est toi et non lui qu’on blâmera
Parce qu’il a hélas le droit de te dévorer des yeux
Mais tu n’as pas le droit de lui taper dans l’œil !Parce que l’on considère à tort et à travers
Qu’il n’y a pas de vie sans envie
De vitalité sans avidité, de désir sans cupidité.
On ne doit pas forcer la réalité mais la renforcer
C’est ce que j’ai cru faire…
Je fus cruelle pour supporter la cruauté
Juste avec la justice, injuste avec l’injustice
Mais il parait que j’ai violé la Loi :
En opposant un poids lourd à un poids plume,
Mon marteau à son enclume.
Je reconnais, j’ai reconnu mon vilain forfait
La canaille dans son œil m’a parue plus gênante
Que la paille dans le mien.
Personne n’a encore compris, qu’on ne peut pas se voir avec ses propres yeux.
C’est l’apanage ou le privilège de Dieu.
Et même si au fond, j’ai raison ; je ne peux échapper à la sanction.
Je vais devoir subir un châtiment… un traitement équivalent à la teneur de mon égarement ; en vertu de la loi du Talion : œil pour œil, dent pour dent…
Et même si je ne faisais rien d’autre que résoudre mon problème, on n’a pas le droit de se faire justice soi-même.
L’autre m’a-t- on dit ne commencera son travail de deuil qu’APRES qu’on m’ait enfoncé un clou dans l’ œil.
Parce qu’il n’y a pas qu’un dommage, il y a aussi un intérêt…
Quand on a tort, il faut se faire une raison.
La raison du plus faible, c’est la meilleure… c’est la seule où l’on partage les leurres et les malheurs.
Et j’ai fini dans un asile psychiatrique. Parce que je n’arrêtais pas de répéter la chanson du mal aimé : mon clou, son œil. Son clou, mon cercueil.
J’étais possédée, dépossédée de moi-même, un marteau privé d’enclume.
Dans une pièce isolée, je répétais, répétais, répétais : mon, ma mes ; ton, ta, tes ; son, sa, ses !
Complètement torturée par tous les adjectifs possessifs sans oublier les pronoms qui ont usurpé notre nom : le mien, le tien, le sien…

Je n’étais plus en possession de tous mes moyens…je me perdais, je perdais toute chance de me retrouver. De m’y retrouver !
Pour me consoler, je me remémorais le mot de La Fontaine : « l’un ne possédait rien qui n’appartînt à l’autre ».
Moralité : mon clou n’était pas plus le mien que le sien. Et son œil, pas plus le sien que le mien.

L’idiot
Publié le 09 janvier 2016
L’idiot a cru en un sauveur
Mais n’a pas vu
Qu’il ne peut y avoir de Salut
Parce qu’il a été déchu avant l’heure
Il n’est tenu et retenu
Que par l’étendue de ses malheurs
Ce qui est, n’aurait pu être autrement
Qui prétend le contraire, lui ment
Le casse et la casse étaient prévus
Destinés à être, prédestinés
Il le découvre d’année en année.

L’idiot a cru en un monde meilleur
Mais n’a pas vu
Que tout bonheur est un leurre
Parce que même celui qui a la Foi
Ne cherche et ne trouve que soi
Même le plus ouvert finit par se refermer sur soi
Car nul n’a assez de cœur
Pour secourir un autre malheur
À part le sien, le tien, le mien
Il n’y a pas d’autre bien… il n’y a RIEN.

L’idiot a cru en une main tendue
Mais n’a pas vu
Que les esprits sont tous tordus
Par le calcul des intérêts
Et la crainte du jour d’après
Parce que le ciel est d’un vide essentiel
Toute union ne peut être qu’artificielle
Pour te crever il y a du monde
Il n’y a personne pour t’élever
On peut s’entretuer, pas s’entretenir
Se soumettre pas se soutenir.

L’idiot m’a demandé de l’illustrer
Avec des exemples concrets
Comme il vit à Jlm
J’ai tout de suite situé le problème
Parce que tu crois, lui dis-je
Qu’Israël s’est tiré d’affaires ?
Annexé des terres
Dépossédé des propriétaires
Indûment construit un état prospère
Avec une force de frappe et de sape sans équivalent dans la région
Que sa violence est de plus en plus approuvée par un Occident
Qui se sent menacé par les vagues du terrorisme arabo-islamiste ?

L’idiot croit que son pays a gagné
La guerre sur le plan militaire
Mais surtout la guerre de l’opinion planétaire
Qui va lui garantir la pérennité
En effet, les apparences plaident en ce sens
Car en Israël, le terrorisme et l’État ne font qu’un.
Le terrorisme, elle s’en sert
Pour légitimer son coup d’état permanent
Israël a presque tout …
Peut-être même qu’elle aura tout
Mais n’aura jamais la paix
Ni des âmes, ni des armes
Parce qu’elle est seule au monde
A faire de son État, une religion
A l’inverse de _aech qui veut faire de sa religion, un État.
Et si _aech veut que tout le monde prie Dieu
Israël veut que tout le monde prie Israël
Le seul lieu où l’État se prend pour Dieu.

La mystification, même au nom de l’Éternel ne peut être éternelle.
La terre peut être, mais la paix ne peut être promise.

Clé 3G
Publié le 02 juillet 2017

Et un soir, la Grâce vous rend une petite visite.
Sur le coup, vous êtes sur le cul… vous ne comprenez pas ce qui vous arrive ni ce qui vous vaut cette petite visite… impromptue…
C’est inespéré et quelque part immérité : la Grâce est là… à vos pieds… ou à vos côtés. En un mot : à votre portée…
Vous lui dîtes : pourquoi ? Pourquoi moi ?
Elle vous répond que c’est gratuit.
Vous ne devez rien… vous recevez…
Une Grâce livrée gratuitement est difficile à comprendre, impossible à rendre… vous vous contentez de dire merci.
Et vous comprendrez plus tard que votre Gratitude était la seule bonne attitude à avoir pour rendre grâce.
Un merci : cela suffit, a suffi pour échapper à toute pesanteur et vous envoler gracieusement vers un niveau un peu plus élevé de conscience et de consistance.
Grâce, gratuité et gratitude…
Il n’y a pas de restes en dehors de ces trois gestes.

Agapé
Publié le 13 mars 2016
Il paraît qu’une charité bien ordonnée commence par soi-même. Si c’était le cas, je la préférerais désordonnée… passionnée plutôt qu’arraisonnée.
– Une charité bien ordonnée commence par soi-même. Si c’était le cas, c’est un peu idiot de le rappeler, tout ego le sait et ne cesse de se l’appliquer.
– Une charité bien ordonnée commence par soi-même. Si c’était le cas, je serais au fond de moi-même irritée d’apprendre que ma morale est limitée et sans longue portée… une morale pour des niais qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
– Une charité bien ordonnée commence par soi-même. Si c’était le cas, c’est la morale qui saperait les fondements de la morale, c’est la morale qui se moquerait de la morale en la réduisant à quelque chose de très peu reluisant : l’instinct animal.
– Une charité bien ordonnée commence par soi-même. Si c’était le cas, j’assimilerais désormais tout ordre à un présupposé, tout principe à une arrière- pensée et toute morale à un intérêt. On ne parlerait plus de conflit de devoirs mais de conflit d’intérêts. La morale recule devant le calcul. Comme quoi, il n’y a pas plus malin que les mesquins, ni plus mesquin que les malins.
– Une charité bien ordonnée commence par soi-même. Si c’était le cas, je vous rassure d’emblée, elle ne commence pas seulement, elle recommence toujours selon ses convenances et finit par soi-même parce que l’égoïsme est partout le même, il n’a jamais fini de commencer parce qu’il n’en a jamais assez.
– Une charité bien ordonnée commence par soi-même. Si c’était le cas, elle cesserait d’être ce qu’elle est : charitable… aimable… amiable. Les Grecs distinguaient entre « Eros, Philia et Agapé » pour indiquer qu’Agapé, la charité n’est pas la base mais le sommet de l’amour : celui de celui qui s’oublie. Encore une fois, pour l’amour de soi, nul n’a besoin de loi.
– Une charité bien ordonnée commence par soi-même. Si c’était le cas, ce ne serait pas le commencement mais la fin de la morale. Avec la bénédiction de toutes les mains sales. On atteindrait un fond immoral exprimé sous forme de préférence nationale : les miens d’abord et les autres par dessus bord.
– Une charité bien ordonnée commence par soi-même. Si c’était le cas, on dirait au revoir à la morale : il n’y aurait plus de devoir-être, mais des êtres imbus de leur pouvoir être qui se marchent les uns sur les autres en vertu de leur bon vouloir. C’est bien la morale de toute histoire, la morale dans l’histoire. Comme quoi le mal nous est beaucoup plus familier que le bien. Parce qu’on n’a pas besoin de le faire, il est déjà fait. Le mal de proximité, de promiscuité plutôt que le bien qui reste étranger.
– Une charité bien ordonnée commence par soi-même. Si c’était le cas, même le frère nierait son frère. C’est le diable qui serait favorisé et non le bon Dieu. On dresserait un mur pour séparer l’identité de la différence. On creuserait un fossé pour empêcher nos enfants de jouer ensemble. On dessinerait une grande frontière entre le ciel et la terre.

Un mot pour conclure sans levain ni levure : permettez-moi de substituer à la médiocratie de l’heure, l’aristocratie du cœur en citant quelqu’un:

« c’est à celui qui donne de remercier celui qui a bien voulu recevoir ».
Merci.

Le « MOI » de R
Publié le 08 mars 2016
Nous avons une fâcheuse tendance
à nous focaliser sur l’existence
plutôt que sur l’essence…
au point de les confondre.
Et cette confusion est lourde de conséquence.

Celui qui se met en colère
est aussitôt traité de colérique.
Celui qui avale quelques gouttes d’alcool
est pris pour un alcoolique.
Celui qui aime le sexe
est tenu pour un obsédé sexuel
pathétique voire pathologique.
Tous les moyens sont bons pour qualifier
ou disqualifier l’autre…
comme si pour l’approcher,
il nous fallait avoir quelque chose
à lui reprocher…
et qu’on ne peut s’y fier
avant de l’avoir identifié.

Ainsi vont les hommes…
Qui sont-ils au fond ?
Quelle est leur nature profonde ?
Leur identité remarquable ?
Leur caractère dominant ?
Leur trait saillant ?
À travers ce qu’ils font,
nous croyons cerner ce qu’ils sont.
À tort !
Et comme « le faire »
ne peut être détaché de « l’être »,
nous finissons toujours par les fixer
et les asphyxier.
On tient celui qui nous a menti
pour un menteur.
On se dit que son mensonge
n’est pas un accident
mais une substance ou un extrait de naissance.
C’est très courant
comme mode de fonctionnement
ou de dysfonctionnement.

Pour avoir une prise sans surprise
sur les êtres et les choses
on fige l’existence
au lieu de s’ouvrir à l’essence
On existentialise
dans tous les sens
avec le risque constant
de passer à côté,
de forcer le trait ou de fausser le portrait.

Il faut se garder des mauvaises sauvegardes
en apprenant par exemple
à distinguer l’existence de la vermine,
de l’essence de la vermine.
Ce qui est « valable » un jour,
ne l’est pas toujours.
On peut se comporter comme une vermine
tout en étant d’essence divine…
hélas et heureusement.

Quand on se gargarise avec l’existence
on peut perdre de vue l’essence…
l’essentiel… le fond du ciel.

A titre d’exemple :
T R est un rebelle
arabo-musulman
mais tout rebelle arabo-musulman,
n’est pas TR

Ce qui nous dérange en lui,
c’est qu’il nous dérange.
Pourquoi ?
Parce qu’il est lui et nous à la fois
et ça ne nous arrange pas…
parce que nous avons déjà du mal à être nous,
pour ne pas supporter quelqu’un
qui nous comprend plus que nous-mêmes.

Ce qu’il est,
c’est ce que nous sommes tous au fond de nous :
voisins du ciel.
On ne peut nous identifier les uns, les autres,
autrement qu’en disant que nous sommes
de race et de destination divine.
Il n’y a pas d’autre essence que celle-là,
même si nos existences
le passent sous silence.

Oui, j’ai bien entendu votre objection :
qu’est-ce qui m’autorise à parier
sur sa prétendue essence divine ?

Réponse :
C’est sa profonde aversion pour la vermine.

Et pourquoi
n’a t-il pas alors un droit de cité en France ?

Réponse :
Parce que la France
ne réclame pour l’islam
que des contre-exemples…
à ne pas suivre.

Consum
Publié le 27 janvier 2016
Je suis arrivée avant l’heure
Me suis installée à la terrasse d’un café
Je n’avais pas sur moi le moindre centime pour commander
J’attendais quelqu’un…
Mais le garçon m’a priée gentiment de débarrasser le plancher
Sommée de consommer… Il était désolé
Mais pas autant que je l’étais.
C’était sa mission sans rémission :
Remplir les verres et vider les travers !
À peine une heure plus tard
J’appris l’affreuse nouvelle :
Les clients du café que je venais de quitter furent abattus à bout portant par un tueur…
Par un apprenti terroriste qui s’est aussi donné la mort, par dessus le marché…
Parce qu’il s’agit bel et bien d’un marché
Où certains sont invités à l’ouvrir
Quand d’autres sont priés de la fermer.
Le sort m’a épargnée… et pourtant je n’étais pas soulagée
J’étais doublement terrorisée !
Tout autant par les criminels asociaux
Que par la société qu’on ne peut qu’incriminer.
Une société de consommation qui n’a plus rien d’une société
Où tout ce qui ne se consomme pas n’est pas objet digne d’intérêt
Où tout ce qui ne se consume pas n’est pas un sujet digne de respect.
Tous les liens humains sont brisés, il n’y a plus que des rapports…
Un système d’objets et des problèmes insolubles pour nous autres damnés.
Et même la triste nouvelle de la mort de ces innocents est devenue un produit de consommation.
Une vulgaire marchandise, un cliché vendu aux médias sur la place du marché…une photo, une vidéo, un œil témoin :
Tout est monnayé pour relayer l’évènement avec rentabilité. Le rentabiliser.
La terreur est rentable
Notre existence est jetable !
Il est fort à parier que ce sera toujours la guerre qui l’emportera sur la paix, non à cause de ce qu’elle coûte mais à cause de ce qu’elle rapporte… des larmes et des armes.
Un café s’il vous plaît, c’est ce que j’aurais peut-être dit, si je savais que c’était la société qui allait me le payer.

Rien ne se dé…cide…cide…cide
Publié le 09 mars 2015
Rien ne se dé… cide…cide…cide.
Pour un homme d’être un homme, pour une femme d’être une femme… pas d’autre chemin que celui du destin… et il est liberticide.
Vous avez promis d’être fidèle et de ne pas faillir à votre promesse mais une beauté plus belle a compromis votre altesse.
Vous l’avez compris : il ne faut jamais jurer de rien… et pour commencer : jamais dire jamais.

Vous vouliez refaire le monde mais le monde ne s’est pas laissé faire. Pire, il vous a défait, appris la défaite.
Vous l’avez compris : les jeux sont faits, il ne faut pas s’en faire parce que l’histoire, on ne peut pas la refaire.

Vous faisiez l’éloge de la volonté, celle qui surmonte les difficultés et vient à bout de toutes les cécités, mais un petit caillou vous a fait trébucher juste avant d’atteindre le sommet.
Vous l’avez compris : ceux qui ont la vertu n’ont pas de Fortune… ceux qui ont la fortune n’ont pas de vertu. Infortune de la vertu ! Ouverture qui n’ouvre sur rien d’autre que sur le vide… sur le Cid de Corneille.

Vous vous croyiez maître et possesseur de votre vie, que vous l’aviez choisie avant de vous apercevoir que c’est elle qui vous a choisi, que vous n’avez pas le choix mais seulement l’embarras… et la mort ne serait dans ce cas, qu’un bon débarras.
Vous l’avez compris : on ne peut pas s’échapper, quand tout vous échappe… vous courez, vous courez mais le temps vous rattrape … parce que la vie ne sera jamais de votre avis.

Vous vous dites en croyant au mythe de la feuille blanche : « mais c’est moi qui écris ». Et quand vous vous relisez, vous avez vite fait de vous dire que vous n’avez fait que copier coller les grandes lignes d’un message que vous n’avez pas fini de décoder.
Vous l’avez compris : il est toujours déjà écrit !
Vous ne pouvez pas le réécrire, mais tout au plus, le découvrir.

Rien ne se dé-cide… cide…cide… tout s’élucide.
Avec ou sans vos suicides et vos déicides.

Porc-trait
Publié le 16 mars 2015
Tu pollues l’air que l’on respire
Tu inspires le pur, tu expires l’impur
Tu pompes l’oxygène et tu craches de l’hydrogène
Avec toi l’atmosphère est toujours malsaine.
C’est… irrespirable !
Parce que tu passes ton temps à mentir
Et tu mens comme tu respires
De mal en pis et ça empire
Le bien que tu avales
Le mal que tu déballes et qui provient de l’intérieur de toi,
De ton être viscéral
Tout en toi est mauvais
Le vrai comme l’ivraie
Non, tu n’es pas fou, ni fêlé mais souillé par le péché
On dirait que Dieu t’a tout retiré
Excepté la vie… ou ce qu’il en reste
Un peu de végétal, un peu d’animal sans rien de vertical
C’est le mal, une sorte de machin, de machine
À déplorer le temps
À réciter Cioran lorsqu’il écrit : « l’inconvénient d’être né »
Une machine machinée
Parce que le machiniste ne sait pas, ne sait plus la faire fonctionner
Problème d’assimilation… de gestion, de digestion.
Chez toi, y a pas moyen de distinguer nourriture et pourriture
Même lorsque tu manges, tu déranges.
Il n’y a ni mets
Ni de table dressée
Mais des aliments que tu transformes en excréments
Le monstre a dévoré tout le fruit, sans en restituer le jus
Tout ce qu’il a reproduit, c’est un monstre comme lui.
Tu es… hideux
Pas physiquement, mais mentalement
Dans ton cerveau
Rien de vrai, rien de beau
Tout est faux
Tes complexes et ton sexe sont répugnants
Là ce sont tes excréments
Que tu transformes en aliments
Un corps… encore et encore
Sans l’ombre d’un sentiment
L’amour, tu ne sauras jamais ce que c’est…
Ce n’est pas Cupidon
Rien d’avide… rien de cupide
C’est de l’acide
Comme une idée
Que tu es incapable d’idéaliser.
Et parce que tu es bête
Tu ne pénètreras jamais à l’intérieur de ma tête.

Ma muse
Publié le 23 avril 2015
Je suis l’inspiratrice
Ça ne vous inspire rien
Parce que c’est moi qui vous inspire
Qui vous donne ou vous retire l’envie d’écrire
L’envie de vivre ou de mourir
La femme, l’infâme, la maîtresse
De votre pauvreté, de votre richesse
Je n’enseigne pas la vertu
Je ne condamne pas le vice
Parce que je me sens une force libératrice
Je ne vous tue pas, je vous situe
Pour que votre maison soit plus belle
Et votre raison plus que jamais rebelle
Au lieu de maudire, apprenez à écrire
Comme quelqu’un qui a quelque chose à dire
Et qui écrit pour dire
Qu’il ne tient pas à le dire.
La littérature n’est qu’un jeu d’écriture
Une tartine, du beurre, de la confiture
Devant la feuille blanche
Ce n’est pas la plume, c’est l’âme qui tranche
Tout le réel puise dans l’imaginaire
Car tout signe est arbitraire
Il n’y a pas d’objet idéal
C’est votre désir, le sujet principal…

Écrivez si vous le désirez
Écrivez que vous me désirez
Et comme je ne vous désire pas
Ça vous donnera envie d’écrire
Souffrir peut vous suffire
Pour concourir et vous reconquérir
Souffrez !

Zarathoustra au Népal
Publié le 26 avril 2015
Suis-je une prophète ?
Une rêveuse ?
Une femme ivre ?
Une interprète des songes ?
Une cloche de minuit ?
Une goutte de rosée ?
Une vapeur et un parfum d’éternité ?
Ne l’entendez-vous pas ?
Ne le sentez-vous pas ?
À l’instant mon monde est parvenu à sa perfection,
minuit c’est aussi midi.
La douleur est aussi un plaisir,
la malédiction est aussi bénédiction,
la nuit est aussi soleil,

– allez-vous- en, ou bien apprenez-le : un sage est aussi un fou.

Avez-vous jamais dit « oui » à un plaisir ?
Ô mes amis, alors vous avez en même temps dit « oui » à toute douleur.
Toutes choses sont enchaînées, enchevêtrées, amoureuses, les unes des autres –

– si vous avez jamais voulu qu’une fois fût deux fois, si vous avez jamais dit : « Tu me plais, bonheur ! Moment ! Instant ! »
Alors vous avez voulu que tout revienne !
– Tout de nouveau, tout éternellement, tout relié, enchevêtré, amoureux,
ô c’est ainsi que vous avez aimé le monde, –
– vous qui êtes éternels, vous l’aimez éternellement et toujours : et à la douleur aussi vous dîtes : passe, mais reviens !
Car tout plaisir veut
– l’éternité !

 

Lucia
Publié le 17 mai 2015
Elle : tu es amoureux, dis moi pas que ce n’est pas vrai ???
Lui : arrête, on dirait Jamel
Elle : vas-y fais comme si j’avais Alzheimer, que je ne retenais rien… regarde je m’empare de ma mémoire et je la jette aux oubliettes…
Lui : c’est Lucia
Elle : Lucia de Lammermoor, vas-y accouche
Lui : ce n’est pas ça
Elle : c’est quoi alors ?
Lui : je crois que je l’aime
Elle : un jour tu l’aimes, un jour tu ne l’aime pas, tu y crois ou tu n’y crois pas ?
Lui : je ne dis pas que je l’aime, je dis que je le crois
Elle : et ça te fait quoi comme effet ?
Lui : ça me fait chier, des tonnes
Elle : tu ne l’aimes pas dans ce cas
Lui : si mais je n’aime pas voir tout le monde dessus
Elle : tu veux dire qu’elle a beaucoup de succès
Lui : oh oui toute l’école ne jure que par elle
Elle : parce qu’elle est belle, trop belle ?
Lui : je ne sais pas… elle a quelque chose
Elle : elle te plait, c’est ça le plus important
Lui : elle plaît c’est tout ce qu’elle sait faire
Elle : et pourquoi tu boudes ton plaisir ?
Lui : parce que je ne crois pas qu’il soit partagé
Elle : tu lui a déjà fait part de tes sentiments ?
Lui : oui mais elle fait comme si elle n’a rien entendu
Elle : elle fait la sourde oreille ? c’est ça ?
Lui : je ne sais pas ce qu’elle fait !
Elle : elle est peut-être… bête ?
Lui : tu plaisantes ! Elle tient tête à tout le monde
Elle : elle est belle et intelligente, tant mieux
Lui : elle est futée… elle sait ce qu’elle fait
Elle : et qu’est-ce que tu en sais ?
Lui : on lui mange tous dans la main
Elle : et elle vous donne quoi à manger, si ce n’est pas trop indiscret ?
Lui :rien c’est pour ça qu’elle nous tient
Elle : et tu fais partie des prétendants et tu rêves d’être l’heureux élu ?
Lui : elle en a un déjà qu’elle tient en laisse comme un chien
Elle : elle a quelqu’un ?
Lui : oui qui l’aime et qu’elle aime
Elle : dans ce cas il faut la laisser vivre sa vie
Lui : Chacun se dit : pourquoi pas moi ?
Elle : mais ce n’est pas une putain
Lui : qu’est-ce que tu en sais ? Non, je rigole
Elle : laisse-tomber elle finira peut-être par se retourner sur toi
Lui : c’est pas comme ça que ça se passe
Elle : tu sais, la beauté, la vraie on ne peut pas se l’arracher on n’a aucun intérêt à se la disputer… il faut la laisser être et se contenter de la contempler !
Lui : tu as une idée ?
Elle : oui écris lui un petit mot
Lui : pour lui dire ce qu’elle sait déjà ?
Elle : non un truc plus onirique, plus romantique
Lui : quel style ?
Elle : il existe quelque part dans ma tête un pays où tu es reine, où je suis roi, où le soleil ne se lève que pour éclairer ton doux visage… si tu connais ce pays, si lorsque tu fermes les yeux tu vois la même chose que moi… souris-moi, je saurai alors que cette reine c’est peut-être toi.
Lui : c’est une belle histoire mais elle ne l’avalera pas
Elle: toi tu as une autre idée en tête ?
Lui : oui je vais la voir et lui dire que je ne cherche pas à être son petit ami, qu’elle en a déjà un… mais son associé, son camarade de cordée
Elle mais elle acceptera d’office, elle n’a rien à y perdre
Lui : Et si elle accepte, je finirai par la faire craquer
Elle : rien ne dit que tu y arriverais
Lui : j’y arriverai parce que je ne suis pas pressé d’y arriver
Elle : rien n’est moins sûr !
Lui : je sais où je vais et je connais les filles, un peu plus que son petit ami
Elle : j’ai bien compris. C’est ce qu’on appelle un hold-up
Lui : elle ne lui appartient pas plus à lui qu’à moi
Elle : je ne trouve pas ça bête mais malhonnête
Lui : sans te manquer de respect, ton histoire romantique n’est pas très honnête non plus !
Elle : à malin, malin et demi… je retire ce que j’ai dit !
Lui : tu as vraiment enregistré ?
Elle : tu as peur que Lucia découvre le pot aux roses ?
Lui : non elle ne parle pas français
Elle : tu me rappelles Icare, celui qui s’est brulé les ailes en s’approchant trop près du soleil
Lui : je n’ai pas d’ailes, donc tout le risque est pour elle

Cet obscur sujet de désir
Publié le 07 juin 2015
Tout sujet que je suis, je ne puis exister sans désirer un objet… je tourne autour et retourne toujours à l’objet de mon désir… cet obscur objet du désir qui m’inspire, m’attire et me renvoie à mon propre désir.
Pour du miel, on accepte l’absinthe, c’est ce qui fait de toute vie, de toute envie un LABYRINTHE.
On n’en sort pas. Jamais… ou pour y retourner. Même les plus braves sont esclaves de leurs désirs… désirs d’objets obscurs où toute lumière rencontre un mur.
Et on tombe sous le sens, comme sur un champ de bataille, victimes de notre insistance, de notre MANQUE de consistance parce qu’on la désire tous à en mourir cette putain d’existence.
Et pourquoi la désire-t-on autant ?
Parce qu’on désire toujours et depuis toujours ce qui nous manque… toute qualité qui nous fait défaut… jamais la fleur qui se présente, mais celle qui s’absente…
Pas de désir, pas d’amour sans cette absence envoûtante.
Un être vous manque et vous êtes en manque, à vous taper la tête contre le mur de votre obscur objet de désir… C’est peine perdue pour toi comme pour moi.
Qui veut gagner ton âme se perdra.
Parce qu’avec toute âme, je m’y perds, tu t’y perds, on s’y perd…
Il ne faut surtout pas jouer à ce petit jeu : on n’a rien à y gagner, tout à y perdre…
y perdre son âme : voilà le drame.
C’est toujours comme ça : quand on part du désir on n’en revient toujours pas.
Point de non retour, propre ou impropre à tous les amours.
Et pourtant, je croyais en savoir plus long sur mon désir que sur moi-même. Il faut croire que non.
Je ne dis pas non. Je dis que c’est un non-dit. Qu’il y a crime même si on nous annonce qu’il n’a pas eu lieu… qu’il y a non-lieu !
Le désir a désiré et nul n’a pu l’en empêcher, ni le repêcher après son péché.
Qu’est-ce qui s’est passé ?
Pourquoi la terre s’est mise soudain à trembler ?
Parce que j’ai désiré ce que je n’ai pas.
Parce que j’ai désiré ce que je ne suis pas.
Parce que je n’ai jamais su, ni pu désirer autre chose que ce qui me manquait.
Et qu’est-ce qui me manquait ?
L’autre. L’autre désir… c’est lui l’obscur objet de mon désir… que je viserais toujours et que je n’atteindrais jamais… comme dans l’amour.
Parce que mon cœur de cible n’a pas de cœur ou parce que le cœur ne peut être une cible…
On ne l’atteint pas. On ne peut l’atteindre… parce qu’il est libre ou susceptible de l’être, susceptible de le devenir, donc il ne peut en aucun cas être un objet, fut-ce de mon désir. C’est raté.
Que faut-il conclure ?
Que l’objet de notre désir, le vrai n’est pas un objet mais un être en liberté, un obscur sujet de désir.

Du marxisme à l’islamisme
Publié le 05 octobre 2015
Quitte à ne plus rien y comprendre, je vais tenter de vous surprendre en associant deux éléments qui ont la réputation d’avoir été toujours dissociés : marxisme et islamisme.
On me reprochera de faire ce genre de rapprochement… mais qui peut se vanter d’être vierge de tout reproche ? Au-dessus de tout soupçon? Personne.

Le marxisme prétend être en mesure de nous débarrasser de l’exploitation de l’homme par l’homme. Comment ?
En opérant une critique radicale de tout le SYSTÈME en place.
Il nous invite à faire table rase de nos actuels interfaces en considérant que l’individu est moins important que la masse…
Car c’est l’individu, égoïste, individualiste qui sape les fondements de tout l’édifice.
Le marxiste constate, il fait un constat dépourvu d’artifices selon lequel, l’homme n’est pas heureux. Pourquoi? Parce qu’on l’a empêché de l’être, de faire tout ce qu’il peut. Parce qu’on l’a toujours empêché d’être lui-même. On l’a séparé, divisé d’avec lui-même… en un mot aliéné, rendu étranger à lui-même. Voici l’essence du déficit, la cause de la faillite : une aliénation, plusieurs aliénations qui l’empêcheront toujours de voir les choses comme elles sont.

En premier, l’aliénation économique : c’est l’exploitation majeure qui fait de lui l’esclave d’un système d’objets où tout s’achète et tout se vend, y compris son intégrité, sa créativité, sa liberté. La planète devient un immense centre commercial où les producteurs se vendent à qui mieux-mieux, et les consommateurs se consument à petit feu.

En deuxième : l’aliénation financière où l’ont voit très clairement le capital décapiter même les capitaines. Où l’économie virtuelle s’empare de l’économie réelle.
Of course, on vend du vent pour racheter les âmes qui ne sont pas du tout cotées en bourse !
Le capitalisme a triomphé et ce sont paradoxalement ses victimes qui lui font un triomphe.

En troisième : l’aliénation sociale, oui parce que nous n’avons pas fini avec la lutte des classes. Au lieu d’ôter l’eau de la bouche des privilégiés, nous nous sommes mis à rêver de privilèges. La pauvreté n’a pas diminué, c’est la volonté de s’enrichir qui a augmenté. Bientôt les pauvres n’auront plus que les riches à se mettre sous la dent. Mais comme ils sont trop nombreux, nous crèverons tous de faim!
En quatrième : l’aliénation politique.
Plus de valeurs du tout, ce sont les intérêts qui gouvernent le tout. Les politiques ne sont plus les gardiens mais les marchands du temple.
Ce ne sont plus les employeurs mais les employés d’un marché dont ils ne détiennent plus ni les secrets, ni les clés.

En cinquième : l’aliénation idéologique.
Comme par hasard, on n’entend plus parler de mass-médias parce que le monde est à la masse ou à la ramasse. Il n’y a plus d’idées. Il n’y a plus que des idoles pour dicter notre conduite et nous injecter le goût de la réussite. La vie on ne la vit plus. On se la raconte. On ne la vise plus. On la visionne. Il n’y a plus de monde, mais une vision du monde ! plus de logis mais une idéologie pour s’abriter contre vents et marées.

En sixième : l’aliénation culturelle.
On ne cultive plus son jardin depuis le jour où on a transformé la culture en marchandise.
Il n’y a plus de contenu mais seulement des véhicules pour vous faire parcourir le monde en 90 secondes. Tout est instrumentalisé.
Avec Wikipédia, c’est immédiat.
Le monde vagabonde!

En septième : l’aliénation religieuse
Pour le marxisme, comme chacun le sait, la religion est l’opium du peuple.
Dieu n’ôte pas la misère mais vous donne la force de vous laisser faire.
Soleil illusoire qui vous empêche de voir le soleil réel.
C’est la fameuse ou fumeuse pomme de discorde entre marxistes et islamistes.
Car l’islamisme prétend le contraire : que c’est ce soleil prétendument illusoire qui peut nous épargner les coups de soleil réel… du réel.
Car il ne suffit pas de dénombrer les aliénations pour réduire leur nombre, ni de dénoncer les illusions pour renouer avec une claire vision des choses… il faut une Révolution pour venir à bout du désordre établi.
Mais cette Révolution n’a aucune chance d’aboutir sans recours à la transcendance.
Pour mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme, il faut l’appui de Dieu.
Pour abolir l’état actuel le communisme n’y est jamais parvenu… c’est l’islamisme qui prétend être à même d’y parvenir.

Bonne année à tous les damnés de la terre !
Publié le 03 janvier 2015
Je ne crois pas avoir construit mon personnage, c’est lui qui m’a construit.
J’ai tout au plus instruit un procès…
Le procès d’une personne qui vit avec son temps sans le subir pour autant.
Je dirais même que je le transcende avec une parole qui libère de toutes sortes de contraintes, de la liberté même.
Non, je ne crains pas l’illusion peut-être parce que je ne me fais aucune illusion sur mes propres illusions comme la Justice, la Paix ou le progrès.
J’ai la prétention de bien distinguer entre réalité et actualité… entre faits et fatalité, entre Désir et Vérité.
Je crois ou j’y crois fermement, à l’œuvre d’une volonté pour transformer l’être, le paraitre et le devenir de l’humanité.
À un idéal réalisé plutôt qu’à une réalité idéalisée ou cristallisée.
Rendre beau : je ne conçois pas autrement la beauté.
Être vrai : je ne perçois pas autrement l’amour de la vérité
Rien n’est parfait en effet mais l’art ne réclame pas le parfait, il exige le plus que parfait, en un mot : l’excellence.
L’excellence qui n’est rien d’autre qu’un niveau de conscience, le plus élevé mais qui reste toujours à la portée de celui qui cherche à s’élever, à élever le niveau général… en faisant bien, y compris le mal !
Je ne suis pas religieuse, ni irrespectueuse. Je suis… dangereuse.
Je vis et je réfléchis dangereusement sans fil et sans filet, toujours à partir de rien, chercher la bonne cause pour trouver quelque chose à partager avec les autres. Ils sont très peu nombreux mais leur nombre importe peu… il suffit d’un ou de deux pour triompher de la pénombre… pour que la magie opère et qu’on mette fin à la guerre.
Nous n’avons pas le pouvoir mais le vouloir pour cesser de nous raconter des histoires.
Bonne année… à tous les damnés de la terre !

Qui cherche, ne trouve pas !
Publié le 17 novembre 2014
Qui cherche ne trouve rien, s’il n’a pas déjà trouvé ce qu’il cherche. C’est dans les saintes écritures : « tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé ». Car il est impossible de chercher ce qu’on sait comme il est impossible de chercher ce qu’on ne sait pas.
Car ce qu’on sait, comment le sachant, peut-on le chercher ?
Et ce qu’on ne sait pas, comment peut-on le chercher, ne sachant même pas quoi chercher ?
Ce n’est pas très compliqué, depuis l’ecclésiaste, on le sait : il y a un rapport entre vérité et vanité.
Vanité, tout est vanité et recherche du vent : celui de la vérité vraie.
Parce que nous dit le grec ancien, si toute recherche de la vérité est vaine, c’est parce qu’on cherche ailleurs, ce qui est ici, dehors ce qui est dedans et à l’extérieur ce qui est à l’intérieur.
C’est Platon qui nous fit jadis la leçon :
La vérité est déposée comme une marque au fond de l’âme. Le drame pour chacun, ce n’est pas l’ignorance, mais l’oubli. Souviens-toi ! Souviens-toi ! Tout ce que je viens de t’apprendre, tu le sais déjà. Il faut sans cesse recourir au souvenir, à la mémoire, pas à l’imagination !
Écouter, tendre l’oreille à son entendement. L’âme est plus vieille que le monde, elle est déjà passée par là… il suffit de se le rappeler… même pas besoin que quelqu’un vous le rappelle… tu le sais, tu le savais, tu l’as toujours su… depuis toujours et pour toujours : l’âme sait battre la mesure et combattre la démesure. Nul n’a besoin de le lui apprendre : elle sait qu’elle sait… mais ne sait plus ce qu’elle sait… faut-il sans cesse se le répéter ? Qu’il faut soutenir l’ordre et fuir le désordre. Préférer en toutes circonstances, la mesure à la démesure. Le oui au déni.
On le sait. On l’a toujours su : que la vérité est à découvrir et qu’elle n’est découverte que lorsque c’est moi qui la découvre.
Entendons-nous bien : je ne peux m’entendre avec vous que si je m’entends avec moi-même… que si j’entends mon propre entendement.
Le monde ment, mon âme ne me ment pas.
La circonférence est partout mais le centre est au fond de soi.
Il faut que je me concentre là-dessus et je vous invite à en faire autant pour ne plus tourner en rond, aux portes de vous-mêmes…
Je ferme les yeux. Je ré-ouvre les yeux. Et qu’est-ce que je découvre ?
Un homme en train d’égorger un autre homme… c’est peut être ça la vérité sur l’homme… qui ne cherche pas l’amour mais cherche la haine… et la trouve.

Ô folie !
Publié le 29 septembre 2014
Je suis schizophrène
Deux forces contraires luttent en moi : L’une me dit ce que je suis… L’autre, ce que je ne suis pas
Laquelle des deux m’aliène ? Laquelle des deux est la mienne ?

Je suis schizophrène

C’est peut-être pour cette raison que je me mets en scène
Que je révèle dans mon être, dans tout être, ce qu’il y a de plus obscène
Hamlet… me prend la tête : être ou ne pas être ?
Ce n’est pas la question, mais la réponse à toutes les questions
Je suis celle que je ne suis pas. Je ne suis pas celle que je suis
Toujours en train de jouer la comédie. De me jouer la comédie de l’existence
Parce que je ne suis pas ce que je suis.
Je suis ce que je ne suis pas… un être tissé ou ratissé par le néant
Je suis celle qui se fait mais aussi celle qui se défait : là sous vos yeux. Entre projet et rejet. Ce n’est pas de la comédie… c’est une tragi-comédie… une tragédie
Je suis toujours incapable de conjuguer le verbe être à la première personne du singulier
Et puis ce conflit m’épuise… je ne sais plus où donner de la tête
Ça y est ! Non ça n’y est pas !
Ça m’insupporte d’être tiraillée, toujours en ballotage défavorable
Je sais que c’est perdu… nous le savons tous.
Mais nous ne savons pas comment on va perdre
Quel élément, quel évènement va provoquer notre perte et nous précipiter dans le néant.
Ça ne nous empêche pas de continuer de faire semblant, comme attirés par notre propre perte… aspirés par notre propre vide…
Ça se prolonge… c’est étrange : il y en a jamais assez d’être…. on passe notre temps à gonfler la bulle en craignant ou en espérant qu’elle nous éclate en pleine figure… on en a assez de ne pas en avoir assez…
Assez d’être insatisfaits… on voudrait presque cesser d’être… de s’éteindre pour mettre fin à cette lutte sans fin.

Je suis schizophrène

Parce que je ne pense même pas ce que je pense ou plutôt je ne veux pas le penser… d’où le conflit… la séparation entre moi et moi-même… l’impossible réparation… avec un moi divisé c’est toujours irréparable…Je suis une vilaine schizophrène… je ne suis pas belle… je suis duelle
Je ne sais pas si c’est banal ou original mais je suis ma propre rivale
Comment s’en débarrasser ? De qui ? De celle que je suis ? Ou de celle que je ne suis pas ?
Et puis, nul ne peut m’aider. Parce que vous ne voyez pas celle que je suis mais seulement celle que je ne suis pas. C’est elle que vous soutenez, pas moi. C’est elle qui vous a charmé. Pas moi.
Je n’ai ni sa logique, ni sa magie… je suis… quelque chose qui ne ressemble à rien.
Je m’en vais… vous quitter comme se sont quittés Hamlet et Ophélie… je sais ce que je dis… je suis Hamlet… je ne suis pas Ophélie… j’existe, elle n’a jamais existé… et pour cause, c’est toujours le malade qui fait exister la maladie… l’enfer, le paradis.

Abre los ojos.
9 mai 2013
Abre los ojos. Open your eyes. Open your eyes. Open your eyes. Open your eyes.

Non, non, je n’ai pas envie d’être lucide. Être lucide ? Non, je n’ai pas envie d’être lucide, de voir le jour en pleine nuit. Je n’en ai pas envie. Je n’ai pas envie de faire la part des choses, ni de me débarrasser de mes névroses. Je n’en ai pas envie. Je n’ai pas envie de prendre conscience, ni de reprendre conscience. Il n’y a pas pire, pire que l’empire des sens : ne sentir que le sensible, ne voir que le visible, n’entendre que l’audible.

Non, je n’ai pas envie de reconnaître mes limites, de composer avec les lois de la nature, ou de me soumettre aux exploits de la culture. Je n’ai pas envie de céder aux injonctions de la science et aux conjonctions de la littérature. Non, vraiment, je n’ai pas envie de céder le peu de liberté dont je me crois capable. Dire non à l’évidence… Non, ce n’est pas un suicide, non. C’est une autre façon d’être lucide.

L’homme que j’aime éperdument est à l’autre bout du monde. C’est un expatrié par la force des choses, au cœur du Pacifique. Cela fait 11 mois et 12 jours que je ne l’ai pas revu. Je l’attends toujours. À chaque battement de cil, je me dis que c’est peut-être lui, qu’il est revenu, l’enfant prodigue. Non, non, on ne se téléphone pas, parce que le téléphone rend sourd. On communique à travers le journal que j’aurais dit chaque jour, pour être toujours en contact avec lui. C’est codé, bien sûr, c’est même très bien foutu, cousu, non pas de fil blanc. C’est mon cri d’amour, qu’il est le seul à intercepter. Mes traits, mon portrait au jour le jour… oui, bien sûr, il m’écrit en retour des messages qu’il glisse parmi les commentaires, et je suis la seule à pouvoir déchiffrer. Vous croyez qu’il fait partie des services secrets ? C’est un agent double, ou un espion, qui a rempli quelque part une mission.

Figurez-vous que l’âme humaine est beaucoup plus artificielle, plus proche du ciel. Ces énigmes sont encore plus insolubles que n’importe quel appareil d’État. C’est d’ailleurs le vrai sens du mot « mystère » : ne paraît pas ce qui est. Ce qui est ne paraît pas. Double mystère : l’être et la vérité sont dissimulés à tout jamais. Non, ce n’est pas littéraire, comme mystère. Figurez-vous qu’il y a des médailles sans revers, des cercles carrés, des parallèles qui finissent par se rencontrer.

L’homme de ma vie est à une distance infinie. Je dors le jour et je pleure la nuit, indisposée par cette absence qui se prolonge. Et qu’est-ce que je découvre ? Il y a seulement quelques jours que je… je suis enceinte de cinq mois. Enceinte d’un homme qui n’a pas pu porter le doigt sur moi. Donc c’est étrange. Non, comment interpréter ça ? Non, non, je ne vous demande surtout pas de me croire. Je m’en balance, en fait. Je me fous royalement de ce que l’on pense. C’est mon énigme à moi, c’est mon problème, mon système, le truc que personne ne peut partager avec personne.

Non, je ne suis pas vierge. J’ai déjà un garçon conçu comme tout le monde. Mais là, j’attends une fille conçue comme… personne.

Open your eyes