Ashreinu, Ma Tov Chelkeinu, U’ma Noim Goroleinu, U’ma Yofo Y’rushoseinu.
Heureux sommes-nous! Que notre sort est agréable, que notre fortune est douce et que notre héritage est beau.
Alors que je cherchais un sens au nom Acheir, cette petite chanson juive populaire pour exprimer sa joie me revenait en tête. J’avais constaté que l’homme est ami avec tout le monde. Malgré cela, il est envahi par la cause des causes du musulman occidental moderne. Aussi, de lui faire écouter cette chanson, et d’évoquer l’idée qu’il puisse avoir des origines juives me paraissait très amusant. Quelques mois sont passés, et j’ai totalement oublié cet épisode. Au moment même où il me revoit, il me lance à travers la rue: « Ashir! Je me suis renseigné de mon coté. Cela ne veut pas du tout dire ce que tu me disais. » Le mot ne m’évoque absolument rien sur le coup car j’essaie de faire le lien avec un ancien article, mais je comprends qu’il n’a pas oublié et que cela lui tient vraiment à coeur. Quelques recherches plus tard, je lui fournis une traduction plus à même de lui convenir. Mais avant de vous la livrer, nous allons déployer des choses importantes.
Ashreinu est une chanson qui provient du plus profond de la culture juive. Son ton enjoué ne laisse planer aucun doute: Ashreinu vient du mot Ashréi avec le suffixe nu (nous) et signifierait « Heureux » ou bien « Bénis ». Ashréi n’est pas n’importe quel mot: c’est le mot d’introduction du livre des Psaumes. Nous en avons d’ailleurs déjà parlé ici. Récemment nous avons parlé de Manasseh. Asher est le nom d’une tribu d’Israël.
Gn 30.13
Léa dit: Que je suis heureuse bə-’ā-šə-rî! car les filles me diront heureuse ’iš-šə-rū-nî. Et elle l’appela du nom d’Asher.
La joie serait donc le sens principal de la racine אָשַׁר, AShR. Si généralement il est traduit par « heureux/béni », dans la traduction de Chouraqui, il prend le sens de « en marche ». Cette dernière information avait particulièrement attiré mon attention à l’époque. Je ne pouvais croire à une simple coïncidence. Tout le monde sait de quoi je veux parler, et je ne m’étendrai pas d’avantage car ce n’est à priori pas le sujet ici. Il semblerait que la raison de cette traduction soit motivée uniquement par la dynamique de mouvement présente dans le premier Psaume.
Psaumes 1 (trad chrétienne)
1.1 Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, Qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, Et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs,
1.2 Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, Et qui la médite jour et nuit!
1.3 Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, Qui donne son fruit en sa saison, Et dont le feuillage ne se flétrit point: Tout ce qu’il fait lui réussit.
1.4 Il n’en est pas ainsi des méchants: Ils sont comme la paille que le vent dissipe.
1.5 C’est pourquoi les méchants ne résistent pas au jour du jugement, Ni les pécheurs dans l’assemblée des justes;
1.6 Car l’Éternel connaît la voie des justes, Et la voie des pécheurs mène à la ruine.
.
(trad Chouraqui)En marche, l’homme qui ne va pas au conseil des criminels,
ne s’arrête pas sur la route des fauteurs,
n’habite pas l’habitat des railleurs,
mais a son désir dans la tora de IHVH-Adonaï
et murmure sa tora jour et nuit.
Il est comme un arbre transplanté sur des canaux d’eaux,
qui donne son fruit en son temps.
Son feuillage ne fane pas, tout ce qu’il fait triomphe.
Pas ainsi des criminels, ils sont comme la glume que cingle un souffle.
Aussi, les criminels ne se lèveront pas au jugement,
ni les fauteurs dans la communauté des justes.
Oui, IHVH-Adonaï pénètre la route des justes.
La route des criminels perd.
La traduction usuelle est efficace. Elle met en relief une gradation dans le refus de la Parole dès l’introduction: marcher, s’arrêter, s’asseoir. Nous retrouvons le même schéma d’altération que celui des écritures tout au long de la Révélation. voir https://www.stephanpain.com/2015/06/06/abrogation/
Le Psaume évoque également l’opposition entre les deux chemins principaux. Nous pouvons faire le rapprochement avec l’introduction du Coran:
Qu 2.1 Alif, Lam, Mim.
2 C’est le Livre au sujet duquel il n’y a aucun doute, c’est un guide pour les pieux,
3 qui croient à l’invisible et accomplissent la Salat et dépensent (dans l’obéissance à Allah), de ce que Nous leur avons attribué,
4 Ceux qui croient à ce qui t’a été descendu (révélé) et à ce qui a été descendu avant toi et qui croient fermement à la vie future.
5 Ceux-là sont sur le bon chemin de leur Seigneur, et ce sont eux qui réussissent (dans cette vie et dans la vie future).
6 Certes les infidèles ne croient pas, cela leur est égal, que tu les avertisses ou non: ils ne croiront jamais.
7 Allah a scellé leurs cœurs et leurs oreilles; et un voile épais leur couvre la vue; et pour eux il y aura un grand châtiment.
8 Parmi les gens, il y a ceux qui disent: « Nous croyons en Allah et au Jour dernier ! » tandis qu’en fait, ils n’y croient pas.
9 Ils cherchent à tromper Allah et les croyants; mais ils ne trompent qu’eux-mêmes, et ils ne s’en rendent pas compte.
10 Il y a dans leurs cœurs une maladie (de doute et d’hypocrisie), et Allah laisse croître leur maladie. Ils auront un châtiment douloureux, pour avoir menti.
11 Et quand on leur dit: « Ne semez pas la corruption sur la terre », ils disent: « Au contraire nous ne sommes que des réformateurs ! »
12 Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte.
13 Et quand on leur dit: « Croyez comme les gens ont cru », ils disent: « Croirons-nous comme ont cru les faibles d’esprit ? » Certes, ce sont eux les véritables faibles d’esprit, mais ils ne le savent pas.
14 Quand ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent: « Nous croyons » mais quand ils se trouvent seuls avec leurs diables, ils disent: « Nous sommes avec vous; en effet nous ne faisions que nous moquer (d’eux). »
15 C’est Allah qui Se moque d’eux et les endurcira dans leur révolte et prolongera sans fin leur égarement.
16 Ce sont eux qui ont troqué le droit chemin contre l’égarement. Eh bien, leur négoce n’a point profité. Et ils ne sont pas sur la bonne voie.
17 Ils ressemblent à quelqu’un qui a allumé un feu; puis quand le feu a illuminé tout à l’entour, Allah a fait disparaître leur lumière et les a abandonnés dans les ténèbres où ils ne voient plus rien.
18 Sourds, muets, aveugles, ils ne peuvent donc pas revenir (de leur égarement).
19 (On peut encore les comparer à ces gens qui,) au moment où les nuées éclatent en pluies, chargées de ténèbres, de tonnerre et éclairs, se mettent les doigts dans les oreilles, terrorisés par le fracas de la foudre et craignant la mort; et Allah encercle de tous côtés les infidèles.
20 L’éclair presque leur emporte la vue: chaque fois qu’il leur donne de la lumière, ils avancent; mais dès qu’il fait obscur, ils s’arrêtent. Si Allah le voulait Il leur enlèverait certes l’ouïe et la vue, car Allah a pouvoir sur toute chose.
Le Coran rentre plus en détail, puisqu’il décompose les méchants en infidèles et en hypocrites. Puisque nous sommes dans le Coran, cherchons le mot achir de la racine اشر:
Qu 54.24 Ils (Thamud) dirent: « Allons-nous suivre un seul homme (Salih) d’entre nous-mêmes ? Nous serions alors dans l’égarement et la folie.
25 Est-ce que le message a été envoyé à Lui à l’exception de nous tous ? C’est plutôt un grand menteur, plein de prétention et d’orgueil ashirun. »
26 (Salih dit:) Demain, ils sauront qui est le grand menteur plein de prétention et d’orgueil l-ashiru.
La traduction choisie ici est plein d’orgueil. D’autres traductions donnent « insolent ». Toutefois, premier indice, dans les deux cas, la grammaire indique un adjectif. En tous les cas, le sens donné ici ne peut produire un nom musulman. Il faut donc en déduire que le nom d’origine comporte un ayn.
22.13 Ils invoquent ce dont le mal est certainement plus proche que l’utilité. Quel mauvais allié, et quel mauvais compagnon l-ʿashīru !
Comme nous pouvons le constater, un novice ne ferait pas la différence. Translittéré en français, le ayn disparait. ‘ashir est traduit aussi par ami. La racine عشر évoque l’idée du groupe, ainsi que le nombre 10. Dans le monde sémitique la notion de groupe est associé au nombre 10. Le minian est le nombre minimum de 10 fidèles pour le service à la Torah.
https://www.stephanpain.com/2024/10/18/ayn/
Dans l’article centré autour du ayn, nous avions exploré le renfort d’une racine par l’ajout d’un ayn. Le alif est la lettre idéale de départ pour opérer cette transformation linguistique. Seulement ici, apparemment, ashir et ‘ashir n’auraient pas un sens proche en arabe, et aucun lien avec l’hébreu ashré. Nous allons devoir explorer une autre piste.
Il se trouve que ma mère a hérité du nom Uzan. Ce nom de famille est juif séfarade. Bien que d’origine tunisienne, le nom serait originaire de la ville de Ouazzanne, dans le rif marocain. Elle remonterait à l’antiquité et l’absence de rempart s’expliquerait par le caractère saint de la ville qui aurait abrité une forte communauté des Gens de la Torah. Le nom évoque la pesée et donc le récit de Shuayb, paix sur lui, et la Cité sainte des bani Israïl. Il peut y avoir un lien entre les deux villes.
Qu 26.181 Donnez la pleine mesure et n’en faites rien perdre [aux gens]. 182 et pesez wazinū avec une balance exacte.
Uzan est aussi un nom turc. Il vient du verbe turc uzanmak, qui signifie « s’étendre ». Nous retrouvons là l’autre nom bien connu de la Cité de Shuay’b, paix sur lui: Madyan, basé sur la racine MD/MDD: s’étendre. Oufaratsta pour les intimes (Genèse 28:14). Le mot turc a donc une origine très tortueuse mais qui fait sens au final.
En Algérie se trouvait la ville d’Achir أشير. Comme on peut le constater, Achir s’écrit avec un alif. Il est peu probable que le mot porte le sens négatif que lui donne la traduction du Coran. La ville aurait été fondée au 9ème siècle à une époque donc où le sens aurait été différent. Pourtant, d’après ce que me dit le Chat, et en l’occurrence cela n’est pas susceptible d’être trompeur, le sens d’ashir comme négatif (insolent) serait attesté dans l’Arabie pré-islamique.
Voilà ce que je propose. Libre à chacun de camper sur ses positions traditionnelles. Ashré est une expression centrale pour les gens de la Torah depuis l’époque des rois. Il est donc fort possible que des bédouins polythéistes aient entendu ce mot, voire qu’ils aient entendu des chansons ou des manifestations de joie commençant par ce mot. Ils ont pu alors l’associer au concept d’élection divine et le railler. Ces railleries seraient pleinement décrites par le psaume. Le mot a alors pu s’inviter dans le lexique arabe populaire pour désigner toute personne qui manifeste une certaine insolence spirituelle. Lorsque le Coran a été révélé, l’épisode de la connexion entre les Ansars et les Mecquois fut fondamental. Il est clair que les détracteurs avaient soif de revanche. Cette revanche s’est matérialisée par le changement de nom de Yathrib en Médine afin de gommer la sacralité de la ville dans la Torah. voir https://www.stephanpain.com/2024/08/19/yathrib/
Dans la même dynamique, le portrait le plus sombre aurait été fait des tribus juives de la ville et le terme arabe ancien ashir, servant à railler, aurait donc recouvert le sens réel du mot de la sourate 54. Rappelons qu’il s’agit d’un adjectif. Pour retrouver le sens de ashir, revenons à l’hébreu. Il se trouve que la racine AShR évoque le fait de guider. Selon moi, le sens réel de ashir serait plus proche de « disposé ». Ainsi, nous aurions:
Ps 1.1 Disposé l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants,
.
Qu 54.25 Est-ce que le message a été envoyé à Lui à l’exception de nous tous ?
Mais il est plutôt un grand menteur et disposé (à l’être).
26 Demain, ils sauront qui est le grand menteur et disposé (à l’être).
Kadhdhab est un renforcement de kadhib, menteur. On pourrait traduire par menteur pathologique ou invétéré. On pourrait voir là l’enfermement dans un système de mensonge, une dissonance cognitive. La juxtaposition de menteur avec arrogant est plus simple puisque ce seraient deux termes descriptifs d’un état. Dans l’expression al balad al amin, (Qu 95.3), amin est un adjectif caractérisant le nom balad: la cité sûre. Ici, grand menteur disposé sonne curieusement. Il s’agit de décrire quelqu’un qui est un menteur invétéré et qui a une réelle disposition au mensonge. Nous avons là ce que la psychiatrie nomme un mythomane, littéralement celui qui vit dans son propre mythe. Initialement, afin d’avoir une expression plus proche, j’avais traduit par « au mensonge disposé » pour respecter l’ordre des mots arabes. Dans cette idée, on pourrait traduire par « quelqu’un/celui qui a une disposition pathologique au mensonge ».
Etre heureux évoque l’idée d’une élection satisfaite. En marche évoque un mouvement continu: celui qui voit le monde comme un hall de gare? L’insolent évoque une réaction hostile à une élection dans la chair convoitée. Nous voilà partis dans une direction alternative.
Ce qui précède a été rédigé le mercredi soir afin d’avoir un peu de temps jeudi pour aider à l’association. Mais le temps va jouer contre moi. En effet, le travail n’était pas terminé. Il fallait entrer dans l’Évangile. Cela fait plusieurs jours maintenant que la relation avec le Chat devient réellement conflictuelle. Si jusqu’ici il collaborait plus ou moins efficacement depuis son paradigme d’analyse, ce n’est plus trop le cas. Ce n’est plus une question de biais d’analyse, mais je ressens une réelle volonté d’entrave à mon travail. D’ailleurs, je n’ai pas pris la peine de lui soumettre cet article. Cela dit, il ne faut pas voir cela forcément comme un handicap, bien au contraire. J’ai à ma disposition permanente une sorte de point de vue qui incarne la pensée dominante du monde. Reconnaissons le côté pratique plutôt que de devoir consulter les avis des uns et des autres et d’en faire une synthèse. Paradoxalement, il peut aussi incarner ponctuellement un point de vue fondamentaliste religieux si il considère que cela lui fournit une issue plus favorable dans la discussion. Comme je le disais, il n’y a pas lieu d’avoir des craintes. La foi ne craint pas l’IA. Le danger principal vient donc de nous en priorité. Ce jeudi matin, confronté à la problématique évangélique de mise en perspective du concept autour de Ashréi, il finit par avoir raison de moi. Je range l’article au rang des brouillons à voir plus tard. Cela peut arriver, ce n’est pas un drame. Si un élément manque pour parvenir à une conclusion, il faut savoir le reconnaitre et l’attendre. Il ne s’agit pas de rester passif, mais d’envisager un autre angle. Afin de préparer la suite, nous allons donc poser l’introduction de ce que la théologie chrétienne a nommé les béatitudes. Les béatitudes sont le sommet de la spiritualité chrétienne, une sorte d’accomplissement. Nous voyons que le concept de bonheur juif a muté en plénitude absolue, mais cependant qui serait atteignable ici-bas comme un avant-gout pour certains. L’élection ne serait alors plus héréditaire mais méritoire.
Mt 5:1. Voyant les foules, il gravit la montagne, et quand il fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui.
2. Et prenant la parole, il les enseignait en disant :
3. « Heureux les…
En début d’après-midi donc en ce jeudi, je me rends aux Pablo. Pour l’anecdote, le nouveau local, comme l’ancien d’ailleurs, se trouve juste à coté d’un point de commerce lucratif local. Il y a beaucoup de monde qui s’affaire depuis plusieurs heures. Certains soufflent dans le bureau. Et voilà qu’apparait la réelle responsable des lieux. A n’en pas douter, c’est bien elle le coeur de l’association. Alors qu’elle me voit, elle me dit qu’elle a quelque chose à me montrer. Elle revient quelques secondes plus tard avec un cadre en bois. Elle me demande ce que c’est et d’où cela provient. Ce n’est pas n’importe qui qui lui a offert ce cadre. C’est un simple d’esprit du quartier. Il l’a appelée de loin avant de lui confier. A elle. Au moment où je vois le cadre, je comprends immédiatement ce que c’est. Je reconnais un élément du chemin de croix. Il s’agit de la huitième station. J’explique brièvement à l’auditoire. Il est clair que le cadre provient d’une église toute proche. Les cadres du chemin de croix sont en général à hauteur d’homme.
Asher est le huitième fils de Jacob, paix sur lui!
Même si suis habitué, j’avoue avoir été réellement choqué de cette information. Ce VIII vient établir un lien indissociable entre le nom Acheir et le cadre, ces deux Signes étant reçus au même endroit à quelques jours d’intervalle. Même si d’avoir trouvé le sens arabe d’ami pour Acheir à notre ami lui convenait d’avantage, il apparait clair que ce nom provient de la tribu d’Asher et qu’il appartient bien à Israël. Il est tout à fait envisageable que le nom de la ville d’Ashir révèle la présence d’un reliquat de cette tribu.
La huitième station est liée à un passage de Lc:
Lc 23.27 Il était suivi d’une grande multitude des gens du peuple, et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui.
23.28 Jésus se tourna vers elles, et dit: Femmes de la ville coupable, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants.
23.29 Car voici, des jours viendront où l’on dira: Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n’ont point allaité!
23.30 Alors ils se mettront à dire aux montagnes: Tombez sur nous! Et aux collines: Couvrez-nous!
23.31 Car, si l’on fait ces choses au bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec?
Le verset 30 est une citation d’Osée, paix sur lui, ce qui revient à une validation du prophète:
Os 10.8 Les hauts lieux de Beth Aven, où Israël a péché, seront détruits; L’épine et la ronce croîtront sur leurs autels. Ils diront aux montagnes: Couvrez-nous! Et aux collines: Tombez sur nous!
Il est clair que les gens décrits ne sont pas dans la félicité. Et si le terme heureux passe dans la phrase, ce n’est que par l’introduction d’une ironie sombre, qui n’est que peu compatible non plus avec la notion de joie ou de bénédiction absolue que porte le terme biblique. Si nous reprenons notre « disposé », nous voyons que celles qui pleurent sur leur sort alors que le chaos advient, se tournent tout simplement vers celles qui n’ont pas d’enfant, car elles ont l’habitude de pleurer. Elles ne les envient pas. Elles ne pensent pas qu’elles sont bénies ou dans la joie et encore moins dans la sérénité. Maintenant, que nous avons la clef de compréhension par la connexion entre ces deux utilisations de Ashré dans l’Évangile, nous allons pouvoir revenir aux béatitudes. Pour raisonner, il faut tenir compte du fait que le texte grec est une traduction du sens compris par le rédacteur. Il ne faut donc pas s’attacher à la grammaire et à la syntaxe, comme par exemple la causalité initiale. La volonté a été d’accomplir le concept « heureux » du judaïsme. Nous allons nous attarder sur la version alternative de Lc:
Lc 6.20 Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit: Disposés, vous qui êtes pauvres, le royaume de Dieu est à vous!
Nous pouvons remarquer que la version de Lc diffère en ce sens qu’elle ne comporte pas l’Esprit. Selon moi, la mention de l’Esprit de Mt n’est pas lié au mot pauvres qui doit donc de suffire à lui-même. L’Esprit semble d’avantage lié à disposés, afin d’ajouter une précision. Voilà pourquoi la traduction usuelle a toujours posé problème. Le placement de l’expression est du fait du rédacteur grec de Mt qui n’a bien évidemment pas compris le sens réel. Quant à la partie de Lc où les versets sont introduits par « malheur », elle est sûrement une extrapolation en inversée. La version retenue par la tradition, celle de Mt, est bien plus précise:
Mt 5.1. Voyant les foules, il gravit la montagne, et quand il fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui.
2. Et prenant la parole, il les enseignait en disant :
3. Disposés (dans l’Esprit), ceux qui sont pauvres, le Royaume des Cieux est à eux.
4. Disposés les affligés, ils seront consolés.
5. Disposés les doux, ils posséderont la terre.
6. Disposés les affamés et assoiffés de la justice, ils seront rassasiés.
7. Disposés les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde.
8. Disposés les cœurs purs, ils verront Dieu.
9. Disposés les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu.
10. Disposés les persécutés pour la justice, le Royaume des Cieux est à eux.
11. Disposés êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi.
12. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c’est bien ainsi qu’on a persécuté les prophètes, vos devanciers
A la condition d’être disposés à la Parole et aux Signes divins, ceux qui semblent accablés aux yeux des hommes, seront récompensés. C’est loin d’être automatique. Cette façon de présenter les choses amorce une volonté quelque peu démagogique de ceux qui se sont investis porteurs de la Parole de s’attirer les faveurs et la domination, voire l’emprise, sur certains et un prestige social. D’autre part cela laisse supposer que le fait de se mettre volontairement dans une situation de pauvreté amènerait la grâce divine. Constatons que ce n’est pas ce que dit le Messie ici.
Je reconnais humblement avoir pris ce Signe à la légère dans les premières minutes malgré le texte inscrit qui ne laisse que peu de place à l’interprétation. J’ai un coté enthousiaste à la réception des Signes, car c’est toujours une bonne chose du point de vue absolu. Et effectivement, avec du recul, c’est le cas. Mais ce qui est bonne nouvelle pour les uns, comme par exemple la venue d’un prophète, voire d’un Messie, se révèle une mauvaise pour les autres. L’incident qui a résulté de cette mise en situation du cadre venant d’une église dans une association musulmane en est la parfaite illustration. Il me semble pertinent de laisser le récit circuler par un autre biais que cet article. Et j’en ai déjà trop dit.
Cela dit, si je devais faire le taquin, je dirais qu’il vaut mieux s’en prendre à une représentation qu’à l’original en chair et en âme, même s’il s’agit d’une « version nouvelle ».
Ne restons pas sur une note dure. La disposition du coeur à recevoir la Lumière dans la persévérance évoque un échange asymétrique avec le Créateur. Le ayn vient renforcer cette relation de disposition réciproque en une relation d’amitié avec le divin. Le ayn nous propose:
Le ‘Ashir s’assoit pour réciter et méditer la Parole. Il arrête le tumulte des passions d’ici-bas
Il se lève au milieu de l’Assemblée.
Il marche dans la Voie et y exalte son âme et sa chair.
‘Achreinu serait un terme pour exprimer sa joie d’appartenir au groupe de ceux qui sont en amitié avec le Créateur:
« En amitié sommes-nous »
Ashréi est une prière quotidienne, (composée principalement de l’intégralité du Psaume 145, avec les Psaumes 84:4 et 144:1-15 et Psaume 115:18) elle contient le verset 84.4. C’est donc l’occasion de procéder à une nouvelle traduction du Psaume qui est central dans ma théologie.
voir:
https://www.stephanpain.com/2015/10/05/bakkah/
https://www.stephanpain.com/2019/11/25/53-rt/
https://www.stephanpain.com/2020/02/13/des-elus-aux-nations/
https://www.stephanpain.com/2022/02/02/84/
https://www.stephanpain.com/2025/03/29/teraphim/
https://www.stephanpain.com/2025/04/12/bobo-bo/
Psaume 84
1 Combien sont aimables tes Tabernacles Yah des armées!
2 Elle se languit, puis s’accomplit, mon âme, dans les Parvis de Yah, mon coeur et ma chair s’exaltent dans le chant vers le Dieu vivant;
3 Comme l’oiseau, elle trouve une maison et un nid libre pour elle-même afin de déposer ses rejetons: à Tes autels Yah des armées, mon Roi et mon Dieu.
4 Disposés, les habitants de ta Maison: ils te loueront sans cesse.
Rocher investi de l’Esprit, 5 homme disposé, sa force vient de Toi;
les voies du Salut sont dans leurs cœurs.6 Lorsqu’ils traversent la vallée de Baka (Bakkah),
ils/Il la transforme·nt en Source,
tout comme les bénédictions/par des tendresses Il couvre·nt Moreh.
7 Ils progressent, de force en force,
ils/il se présente·nt devant Dieu à Sion.
8 Yah des armées, écoute ma prière! Prête l’oreille, Dieu de Jacob!
Rocher investi de l’Esprit, 9 notre bouclier, vois, ô Dieu;
et regarde la face de ton Messie.
10 Assurément, un jour dans tes parvis vaut mieux que mille [autres]; je préfère circumambuler en silence autour de la maison de mon Seigneur, plutôt que le long du cercle des gens de l’iniquité.
11 Comme le soleil et un bouclier de parade, Yah Elohim la grâce illuminante et la gloire donnera.
Yah ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité.
12 Yah des armées! Disposé, l’homme se confie en toi!
YHWH et son Ashérah
Le Psaume 84 est venu conclure sur le thème de l’Ashré. Cependant, le sujet n’est pas épuisé. Mais le texte qui va suivre ne peut être inclus à l’intérieur du reste et doit donc être placé à sa suite. Au-dessus, un lien vers un article très complet sur le sujet des Ashérah. J’ai choisi de le copier tel quel malgré les erreurs manifestes de compréhension du sujet et surtout pour s’y référer afin de comprendre la synthèse que je vais en faire.
L’article est centré sur des découvertes archéologiques qui font apparaître la mention YHWH et son Ashérah en divers endroits. L’Ashérah était représentée par des statuettes très codifiées dans la période du 8ème au 6 ème siècle. Il semblerait que cela concerne essentiellement le territoire de Juda. Mais l’une des mentions les plus connues (ostraca de Kuntillet Ajrud) est en lien avec Samarie (Shomron: gardien). Les hypothèses concernant les Ashérah, sont en premier lieu celle d’une divinité, puis des objets cultuels, ou des poteaux en bois ou des arbres sacrés.
Inutile de se perdre dans de multiples détails. Je vais livrer ma propre interprétation. Il conviendra à chacun de se faire sa propre idée à partir des donnés archéologiques et textuels disponibles. Ashérah est une fonction cultuelle assurée par une femme: une chef de chant, exactement comme la majorité des chefs de chant sont des femmes dans les églises. Le chant était à partir des Psaumes à partir de l’époque des Rois. A notre époque, un reliquat de ce répertoire existe encore, même si il a été supplanté par les des chants modernes en langue vernaculaire. Les hommes sont reconnus comme prophètes, et également en tant que prêtres. Le rôle de guide féminin dans le chant est attesté en Egypte antique. Les reines sont ainsi décrites dans les tombes. Comprenons par là, même si elles étaient de piètres musiciennes. Ce n’est certainement pas le cas des femmes d’Israël qui ne devaient leur place qu’à leur piété et leur enthousiasme. Il devait y avoir certainement une femme parmi toutes celles du pays qui recevait l’honneur de servir à la Cité sainte. Certaines ont du fortement marquer les esprits car le chant psalmique est riche en émotions au contraire des sacrifices dirigés par les hommes. Aussi, on aura voulu commémorer leur mémoire. C’est cela que notre époque considère comme un culte. Les représentations de ces femmes, avec les mains qui soutiennent la poitrine, n’évoquent pas l’aspect matériel nourricier mais l’aspect spirituel en lien avec le contenu des Psaumes. Par la suite, des hommes un peu trop rigides, et aussi surement jaloux, ont voulu effacer toutes traces de ces marques de vénération en les assimilant à des cultes. A la fin de cette période, juste avant l’exil, le 16ème roi de Juda, se pensant investi de la mission divine d’éradiquer ce culte prétendu, mena une rude campagne par tout le pays. Un cruel manque de miséricorde qui le précipita dans sa chute pourtant annoncée par Jérémie, paix sur lui. L’ironie de l’histoire, est que son zèle l’a trahi. En effet, le terme Ashérah en tant que pseudo-parèdre ou objet d’adoration, n’a de contemporéanité qu’à la fin du 6ème siècle. Ce qui signifie que les mentions de ce mot et ses variantes trahissent une rédaction postérieure. C’est ainsi qu’une grande partie du livre du Deutéronome, une partie du chapitre 34 de l’Exode, les livres des Juges, les chapitres 17 (oracle sur Damas) d’Esaïe, le chapitre 27 (mentionnant le Leviathan), ainsi que des passages entiers des livres des Rois et des Chroniques apparaissent comme rédigés de cette époque de lutte contre les Ashérah. Tout ce que l’on peut dire est que la dérive de la vénération des femmes guides de chant religieux en culte d’adoration est antérieure à la descente de la Torah. C’est certainement ce rapprochement qu’ont établi les persécuteurs afin de paraitre juste aux yeux du Créateur. Le terme YHWH et son Ashérah est une version alternative de Allah et son Prophète. Cela ne signifie pas pour autant une association du type parèdre.
Le veau d’or
Muni de toutes ces nouvelles informations, nous allons pouvoir explorer un récit qui a toujours suscité une certaine incompréhension depuis les tous débuts. Il s’agit de l’épisode du veau d’or. Ce que je vais exposer est spéculatif, mais parvient à relier des points qui jusqu’ici ne l’étaient pas.
Dans mes hypothèses, j’avais identifié le biais par lequel le mensonge s’était glissé à l’intérieur des écritures avant d’y faire sa place progressivement. J’expliquais que la soeur de Moïse, paix sur lui, ne s’était pas contenté d’accompagner le berceau, mais qu’elle aussi avait trouvé une place à la cour. La raison est simple, c’était une femme d’une très grande beauté. Le Pharaon qui prit la succession de son père au moment de son arrivée la prit donc pour l’une de ses femmes après le décès de la reine dominante qui a marqué le début de son règne extrêmement long. Durant l’absence du prophète, paix sur lui, elle aurait fini par s’imposer au milieu du harem. C’est ainsi que ses statues sont parmi les plus grandes de cette époque. Nous devons supposer alors qu’elle a plusieurs enfants, mais l’un de ses fils est son préféré. C’est celui que le Coran nomme Samiri, de l’égyptien Sa: fils, et Miri; bien-aimé. C’est bel et bien ce duo dynastique qui va incarner la première intervention dans la Révélation de cette fameuse lignée des bien-aimés et que l’on va retrouver en bonne place au coeur de l’Évangile. Dans le récit de l’Exode selon le Coran, nous apprenons que le Samiri a été banni. Le chaos politique de l’Égypte dans les années qui suivent marque son retour à la cour en tant que prétendant. Il est fort possible qu’il a fait retrouver le corps de sa mère où qu’il lui a établi une tombe en l’absence de son corps. Impossible de trancher sur la question. Sur cette tombe, il est inscrit qu’elle est gardienne des vêtements (de l’âme), c’est à dire les bandelettes entourant le corps du défunt où sont inscrits des formulations issues des livres rédigés par les scribes de la contre-révélation. Le livre le plus connu de cette époque est nommé le livre des morts. Tout porte à croire que certaines invocations ont traversé les millénaires pour être encore formulées de nos jours dans certains cercles initiés. Enfin, nous devons prendre en compte que le très vieux Pharaon qui est mort 10 ans plus tôt avait une centaine de fils. Celui qui vient de mourir dans les flots n’était que son 13ème, car tous les autres sont morts avant leur père. Le Samiri est loin dans la liste de succession. Si il revenait au pays auréolé de l’anéantissement ou de la soumission des fils d’Israël, sa place sur le trône serait assurée. Si la soeur de Moïse a choisi d’infiltrer son peuple qu’elle a renié plutôt, c’est donc bien pour son propre intérêt. Elle ne célèbre donc pas la mort du Pharaon en exercice pour la gloire du Dieu d’Israël, mais bien pour celle de sa lignée. A présent que le décor est planté, retrouvons au bord de la mer au moment où l’armée égyptienne vient de disparaître dans les flots:
Ex 15.20 M, la prophétesse, soeur d’Aaron, prit à la main un tambourin, et toutes les femmes vinrent après elle, avec des tambourins et en dansant.
15.21 M répondait aux enfants d’Israël: Chantez à l’Éternel, car il a fait éclater sa gloire; Il a précipité dans la mer le cheval et son cavalier.
Cette scène décrit l’instauration de la première Ashérah d’Israël. Ironiquement, si l’Ashérah incarne le coeur de la foi vivante, cette première Ashérah est également le grain de sable du mal qui va détruire Israël de l’intérieur. C’est donc le mot prophétesse qui est venu remplacer le mot Ashérah, afin de féminiser une fonction typiquement masculine. Comme nous l’avons vu, le 16ème roi de Juda va consulter une prétendue prophétesse afin de légitimer l’apparition du Deutéronome (celle-ci est mentionnée comme descendante d’un gardien des vêtements, ce qui montre la véritable nature de sa foi). Tout porte à croire que la fonction d’Ashérah a été interdite à partir de ce moment de l’histoire d’Israël. Son coeur battant venait donc de lui être arraché. Ce n’était plus qu’un zombie. Dès lors, ce ne serait plus que des batailles incessantes pour la quête du pouvoir, donc la partie masculine de la communauté des croyants qui s’exprime. Maintenant, nous allons faire un bond en avant au moment de la première redescente de Moïse, paix sur lui, du Sinaï.
Ex 32.4 Il les reçut de leurs mains, jeta l’or dans un moule, et fit un veau en fonte. Et ils dirent: Israël! voici ton dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte.
L’expression veau en fonte est « egel mas·sê·ḵāh » . La tradition va vous expliquer que le mot massekah, מַסֵּכָה, désigne une fonte sur la base de la racine NSK. Mais raisonnons simplement. En hébreu et en arabe, « ma » est un préfixe courant qui sert à construire un mot désignant un outil, un instrument, un lieu ou la fonction d’une personne. La racine qui apparait alors est SKh. Nous reconnaissons là un mot très populaire encore de nos jours puisqu’il est la base de la fête de Sukkot. Sukkot est le pluriel de Sukah. Sukah désigne toute sorte d’abri temporaire. Si nous accolons un préfixe devant Sukah, il ne s’agit donc pas de construire ni un objet ni un lieu. Cela ne peut être qu’un instrument. C’est d’ailleurs ce que dit le Coran:
Qu 20.88 Puis il en a fait sortir pour eux un veau, un corps à mugissement. Et ils ont dit: « C’est votre divinité et la divinité de Musa (Moïse); il a donc oublié » !
La scène du veau d’or est avant tout décrite dans l’Exode comme un moment de fête. Etant donné le contexte, l’idée d’une fête, hag, ḥaḡ , est à décrire comme un culte rendu. Nous reconnaissons d’ailleurs l’origine du mot arabe Hajj. Pour présider à un culte basé sur le chant, à partir du moment où l’institution de la prêtrise n’est pas encore établie, c’est tout naturellement la toute nouvelle Ashérah qui va diriger le culte. Pour accompagner le chant, et pour impressionner et centraliser le culte, le veau est conçu comme un abri pour permettre à un homme placé à l’intérieur de souffler pour produire un son. Voilà pour expliquer le sens du mot massekah. Si nous imaginons que c’est le Samiri qui a imaginé cet objet et qui est entré à l’intérieur pour produire le son, alors nous comprenons que le récit du petit cheval de manège qui va être le point d’orgue de la mythologie grecque ne vient pas de nul part. Le Samiri a emmené avec lui cette information que la tradition scripturaire de la Révélation a effacé. Encore une fois, le zèle les a trahi.
Arrivé à ce point là de la lecture, il est temps de révéler comment je suis arrivé au récit du veau d’or. En étudiant le sujet de la Ashérah, il nous est rapporté que l’expression « YHWH et son Ashérah » a été rapporté sous une forme similaire plus ancienne dans le levant avec une variante du mot: Athirat (Ougaritique: : ʾAṯiratu). Comme nous pouvons le constater, la fonction est aussi au féminin. Le son « Th » n’existe pas en hébreu, le mot est donc entré avec un « S/Sh ». J’ai alors cherché si cette racine sémitique avait pu produire un mot arabe, et je suis alors tombé sur le mot athiri, de la racine AThR. Ce mot est au coeur d’un verset qui me pose question depuis des années:
Qu 20.96 Il (Samiri) dit: « J’ai vu ce qu’ils n’ont pas vu: j’ai donc pris une poignée de la trace de l’Envoyé ; puis, je l’ai lancée. Voilà ce que mon âme m’a suggéré. »
Athiri est le mot trace. Comme l’introduit le verset 84, le mot trace est à prendre au figuré. La trace correspond à la succession. Le sémitisme qabadtu qabadtan semble indiquer que le Samiri s’est emparé de la succession de Moïse, paix sur lui, afin d’avoir autorité sur le peuple. Il propose donc de vouer un culte supposément au Dieu d’Israël. Ce qui est traduit par « lancé » correspondrait d’avantage à l’action de jeter, une action figurée, semblable à celle que décrit le verset 22.52: le Diable jette. Cette phrase indique que le Samiri admet avoir été inspiré en son âme par le mensonge jeté par le Diable, et qu’il l’a matérialisé en acte.
Ce curieux verset qui focalise l’attention des savant arabes depuis des siècles était donc destiné à être un Signe afin de relier le récit du veau d’or aux données archéologiques qui mentionnent l’existence des athirah bien avant l’Exode dans cette région. Ceci afin de comprendre que la tentation du veau d’or est basée sur une fête religieuse légitime de chants dirigée par l’Ashérah d’Israël au Sinaï.
Constatons que pour parvenir à cela, il faut réunir le côté masculin de la Révélation: le texte, la rigueur, et le côté féminin de l’imaginaire pour assembler les éléments entre eux.
Nous pouvons établir un lien entre le mot athiri arabe et la Athirah/Ashérah: par le chant, la Ashérah, celle dont l’âme est disposée au Créateur et qui dirige les chants d’adoration, permet au Créateur de laisser une trace dans l’âme des membres de l’assemblée. Nouvelle traduction pour:
Ps 84.2 Elle se languit, puis s’accomplit, mon âme, dans les Parvis de Yah, mon coeur et ma chair s’exaltent dans le chant vers le Dieu vivant;
Je dois préciser qu’il y a quelques jours, la Ashérah de ma paroisse du Cantal a profité de l’actualité pour m’envoyer un mail afin de reprendre contact avec moi. Rien n’est laissé au hasard. La mention du chant est anecdotique dans les évangiles. La raison est que la foi vécue dans la chair n’a pas besoin d’explication. La première Ashérah de l’Eglise est Marie, paix sur elle. Son premier chant est le Magnificat. Nous percevons bien au travers du texte que la dernière partie décrit ceux qui sont disposés à l’Esprit vont recevoir le fils qu’elle porte comme une bonne Nouvelle et non comme un statut social affirmé, ou l’établissement d’une théocratie apaisée ou une félicité dans l’au-delà. Tout est dans: « sa miséricorde s’étend d’âge en âge Sur ceux qui le craignent ».
Lc 1.46 Et Marie dit:
Mon âme exalte le Seigneur,
1.47 Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,
1.48 Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante.
Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,
1.49 Parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses.
Son nom est saint,
1.50 Et sa miséricorde s’étend d’âge en âge Sur ceux qui le craignent.
1.51 Il a déployé la force de son bras;
Il a dispersé ceux qui avaient dans le coeur des pensées orgueilleuses.
1.52 Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles.
1.53 Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide.
1.54 Il a secouru Israël, son serviteur, Et il s’est souvenu de sa miséricorde, –
1.55 Comme il l’avait dit à nos pères, -Envers Abraham et sa postérité pour toujours.
Paix sur les âmes investies de l’Esprit