Cet article est planifié pour être publié dans la nuit du samedi au dimanche, soit dans la 25ème nuit du mois de Ramadhan.
Ces articles sont comme une grande enquête dont les indices s’éparpillent sur des milliers d’années, sur des milliers de kilomètres, et avec des milliers de témoins. Si un crime a été commis, il faut chercher les coupables. Si une victime a été oubliée, alors faisons revivre sa mémoire.
Il m’a semblé que l’article ‘Achreinu ne devait pas être surchargé comme le sont certains. Considérons donc que cet article a pour point de départ d’être une annexe afin de dérouler la suite de l’enquête. Commençons par quelques images. Celles qui sont communément appelés figurines piliers judéennes présentent un motif récurrent. Une photo se trouve en courture. Il s’agit d’un buste de femme les mains portées sur la poitrine pour la mettre en avant. Le fait que le bas du corps, qui est la réelle origine de l’enfant porté, soit absent, laisse penser qu’il ne s’agit pas de célébrer la maternité. Mais il y a un autre détail typique de ces figurines: la coiffure. Généralement, lorsque l’on pense aux femmes de l’antiquité, on pense à un voile pour couvrir les cheveux. Ce qui fait dire que ces figurines ne sont pas la représentation d’une divinité est que les divinités sont d’avantage représentées avec des coiffes hautes. Ici, l’accent est clairement mis sur l’humilité. J’ai fini par trouver une coiffe similaire, à la même époque et très peu éloigné géographiquement: une lignée de prêtres égyptiens.
La chose saute aux yeux. Selon les données disponibles, ce type de coiffe, liée à ces prêtres, serait apparu durant la 18ème dynastie pour perdurer jusqu’à l’époque tardive égyptienne. A première vue, on pourrait croire que les femmes judéennes auraient emprunté cette coiffe aux prêtres égyptiens. Mais il est aussi tout à fait possible que ce soit l’inverse et que les origines de cette coiffe remonte à un temps bien plus reculé. En tous les cas, comme nous pouvons le constater, les égyptiens représentaient en statues leur prêtres, parfois statiques, parfois administrant le culte, mais il est certain qu’ils ne les adoraient pas. Les égyptiens n’étaient pas contraints par des règles monothéistes donc le problème n’est pas là. Y-a-t’il eu des dérives d’idolâtrie à l’égard des Ashérah des juives dans la période pré-exil? C’est tout à fait possible, mais ce n’était pas forcément la norme. Ce que tout cela m’inspire est une sorte de mouvement populaire de revendication portée par les femmes avant tout basé sur l’opposition au pouvoir centralisé du Temple. Il s’agissait avant tout de vénérer la mémoire d’une femme qui a posé une trace. Dans un premier temps, on pourrait penser qu’il s’agisse de commémorer la mémoire de la soeur de Moïse. En tant que chantre à la cour de Pharaon, il serait assez logique que la coiffe typique soit empruntée. Mais il se trouve que le terme « Yah et son Ashérah » a été précédé par « El et son Athirat ». La supposée parédre Athirat est liée aux arbres, à la fertilité, et la fraternité. Un motif se dessine: celui d’une femme antique liée au Dieu Unique. Non pas en tant que divinité annexe, mais comme guide pour se diriger vers lui. Le mot ougarite sur la racine AThR exprime l’idée de trace, dans le sens de l’héritage laissée. Ce mot se retrouve, comme nous l’avons vu dans le précédent article, dans l’arabe dans le même sens que trace. Le sens s’étend à la marche, la guidée. Constatons que la traduction d’Asher par « En marche » est donc bien basé sur du concret. Les cananéens ont hérité de la mémoire d’une femme exceptionnelle. En mettant toutes les choses en perspective, notre enquête nous mène vers Sarah, la Matriarche. Le passage le plus important la concernant est l’annonce qui lui est faite d’un fils né de ses entrailles. Ce passage est très complexe car il mêle une théophanie et l’apparition de trois envoyés par Dieu.
Genèse 17
Gn 17.1 Lorsque Abram fut âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, l’Éternel apparut à Abram, et lui dit: Je suis le Dieu tout puissant. Marche devant ma face, et sois intègre.
17.2 J’établirai mon alliance entre moi et toi, et je te multiplierai à l’infini.
17.3 Abram tomba sur sa face; et Dieu lui parla, en disant:
17.4 Voici mon alliance, que je fais avec toi. Tu deviendras père d’une multitude de nations.
17.5 On ne t’appellera plus Abram; mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d’une multitude de nations.
17.6 Je te rendrai fécond à l’infini, je ferai de toi des nations; et des rois sortiront de toi.
17.7 J’établirai mon alliance entre moi et toi, et tes descendants après toi, selon leurs générations: ce sera une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de ta postérité après toi.
17.8 Je te donnerai, et à tes descendants après toi, le pays que tu habites comme étranger, tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle, et je serai leur Dieu.
17.9 Dieu dit à Abraham: Toi, tu garderas mon alliance, toi et tes descendants après toi, selon leurs générations.
17.10 C’est ici mon alliance, que vous garderez entre moi et vous, et ta postérité après toi: tout mâle parmi vous sera circoncis.
17.11 Vous vous circoncirez; et ce sera un signe d’alliance entre moi et vous.
17.12 A l’âge de huit jours, tout mâle parmi vous sera circoncis, selon vos générations, qu’il soit né dans la maison, ou qu’il soit acquis à prix d’argent de tout fils d’étranger, sans appartenir à ta race.
17.13 On devra circoncire celui qui est né dans la maison et celui qui est acquis à prix d’argent; et mon alliance sera dans votre chair une alliance perpétuelle.
17.14 Un mâle incirconcis, qui n’aura pas été circoncis dans sa chair, sera exterminé du milieu de son peuple: il aura violé mon alliance.
17.15 Dieu dit à Abraham: Tu ne donneras plus à Saraï, ta femme, le nom de Saraï; mais son nom sera Sara.
17.16 Je la bénirai, et je te donnerai d’elle un fils; je la bénirai, et elle deviendra des nations; des rois de peuples sortiront d’elle.
17.17 Abraham tomba sur sa face; il rit, et dit en son coeur: Naîtrait-il un fils à un homme de cent ans? et Sara, âgée de quatre-vingt-dix ans, enfanterait-elle?
17.18 Et Abraham dit à Dieu: Oh! qu’Ismaël vive devant ta face!
17.19 Dieu dit: Certainement Sara, ta femme, t’enfantera un fils; et tu l’appelleras du nom d’Isaac. J’établirai mon alliance avec lui comme une alliance perpétuelle pour sa postérité après lui.
17.20 A l’égard d’Ismaël, je t’ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l’infini; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation.
17.21 J’établirai mon alliance avec Isaac, que Sara t’enfantera à cette époque-ci de l’année prochaine.
17.22 Lorsqu’il eut achevé de lui parler, Dieu s’éleva au-dessus d’Abraham.
17.23 Abraham prit Ismaël, son fils, tous ceux qui étaient nés dans sa maison et tous ceux qu’il avait acquis à prix d’argent, tous les mâles parmi les gens de la maison d’Abraham; et il les circoncit ce même jour, selon l’ordre que Dieu lui avait donné.
17.24 Abraham était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, lorsqu’il fut circoncis.
17.25 Ismaël, son fils, était âgé de treize ans lorsqu’il fut circoncis.
17.26 Ce même jour, Abraham fut circoncis, ainsi qu’Ismaël, son fils.
17.27 Et tous les gens de sa maison, nés dans sa maison, ou acquis à prix d’argent des étrangers, furent circoncis avec lui.
Genèse 18
18.1 L’Éternel lui apparut parmi les chênes de Mamré, comme il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour.
18.2 Il leva les yeux, et regarda: et voici, trois hommes étaient debout près de lui. Quand il les vit, il courut au-devant d’eux, depuis l’entrée de sa tente, et se prosterna en terre.
18.3 Et il dit: Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe point, je te prie, loin de ton serviteur.
18.4 Permettez qu’on apporte un peu d’eau, pour vous laver les pieds; et reposez-vous sous cet arbre.
18.5 J’irai prendre un morceau de pain, pour fortifier votre coeur; après quoi, vous continuerez votre route; car c’est pour cela que vous passez près de votre serviteur. Ils répondirent: Fais comme tu l’as dit.
18.6 Abraham alla promptement dans sa tente vers Sara, et il dit: Vite, trois mesures de fleur de farine, pétris, et fais des gâteaux.
18.7 Et Abraham courut à son troupeau, prit un veau tendre et bon, et le donna à un serviteur, qui se hâta de l’apprêter.
18.8 Il prit encore de la crème et du lait, avec le veau qu’on avait apprêté, et il les mit devant eux. Il se tint lui-même à leurs côtés, sous l’arbre. Et ils mangèrent.
18.9 Alors ils lui dirent: Où est Sara, ta femme? Il répondit: Elle est là, dans la tente.
18.10 L’un d’entre eux dit: Je reviendrai vers toi à cette même époque; et voici, Sara, ta femme, aura un fils. Sara écoutait à l’entrée de la tente, qui était derrière lui.
18.11 Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge: et Sara ne pouvait plus espérer avoir des enfants.
18.12 Elle rit en elle-même, en disant: Maintenant que je suis vieille, aurais-je encore des désirs? Mon seigneur aussi est vieux.
18.13 L’Éternel dit à Abraham: Pourquoi donc Sara a-t-elle ri, en disant: Est-ce que vraiment j’aurais un enfant, moi qui suis vieille?
18.14 Y a-t-il rien qui soit étonnant de la part de l’Éternel? Au temps fixé je reviendrai vers toi, à cette même époque; et Sara aura un fils.
18.15 Sara mentit, en disant: Je n’ai pas ri. Car elle eut peur. Mais il dit: Au contraire, tu as ri.
18.16 Ces hommes se levèrent pour partir, et ils regardèrent du côté de Sodome. Abraham alla avec eux, pour les accompagner.
18.17 Alors l’Éternel dit: Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire?…
18.18 Abraham deviendra certainement une nation grande et puissante, et en lui seront bénies toutes les nations de la terre.
18.19 Car je l’ai choisi, afin qu’il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel, en pratiquant la droiture et la justice, et qu’ainsi l’Éternel accomplisse en faveur d’Abraham les promesses qu’il lui a faites…
18.20 Et l’Éternel dit: Le cri contre Sodome et Gomorrhe s’est accru, et leur péché est énorme.
18.21 C’est pourquoi je vais descendre, et je verrai s’ils ont agi entièrement selon le bruit venu jusqu’à moi; et si cela n’est pas, je le saurai.
18.22 Les hommes s’éloignèrent, et allèrent vers Sodome.
Dans le verset 18.3, Abraham, paix sur lui, s’adresse à l’un des hommes comme si il s’adressait au trio entier. C’est ainsi que je le comprends. Aucune trinité ici bien sur. Pour l’instant je conserve le passage où Abraham, paix sur lui, rit. Mais la question du rire est lié à Sarah, aussi ce passage semble extrapolé comme je le concluais dans un ancien article. En plus des passages grisés, j’ai choisi d’effacer la négociation. Dans le Coran, le récit est beaucoup plus simple. Le Créateur met fin immédiatement à toute négociation au sujet de la ville maudite. Ensuite on peut se dire que la théophanie consiste en une vision et que cette vision a pu avoir lieu pendant la visite des trois envoyés. Le verset 18.15 qui accuse Sarah de mensonge, est un mensonge introduit dans le texte.
Qu 11.69 Et Nos émissaires sont, certes, venus à Ibrahim avec la bonne nouvelle, en disant: « Salâm ! » Il dit: « Salâm ! », et il ne tarda pas à apporter un veau rôti.
70 Puis, lorsqu’il vit que leurs mains ne l’approchaient pas, il fut pris de suspicion à leur égard et ressentit de la peur vis-à-vis d’eux. Ils dirent: «N’aie pas peur, nous sommes envoyés au peuple de Lut.»
71 Sa femme était debout, et elle rit alors; Nous lui annonçâmes donc (la naissance d’) Ishaq, et après Ishaq, Ya’qub.
72 Elle dit: « Malheur à moi ! Vais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon mari, que voici, est un vieillard ? C’est là vraiment une chose étrange ! »
73 Ils dirent: « T’étonnes-tu de l’ordre d’Allah ? Que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur vous, gens de cette maison ! Il est vraiment, digne de louange et de glorification ! »
74 Lorsque l’effroi eut quitté Ibrahim et que la bonne nouvelle l’eut atteint, voilà qu’il discuta avec Nous (en faveur) du peuple de Lut (Loth).
75 Ibrahim était, certes, longanime, très implorant et repentant.
76 Ô Ibrahim, renonce à cela; car l’ordre de Ton Seigneur est déjà venu, et un châtiment irrévocable va leur arriver. »
77 Et quand Nos émissaires (Anges) vinrent à Lut, il fut chagriné pour eux, et en éprouva une grande gêne. Et il dit: « Voici un jour terrible. »
Ajib devrait être plutôt traduit par miraculeux, pour traduire l’émerveillement de Sarah. Si bien que lawaylata devrait plutôt exprimer quelque chose de positif, tout du moins pas dans le sens de malheur.
Gn 21.5 Abraham était âgé de cent ans, à la naissance d’Isaac, son fils.
21.6 Et Sara dit: Dieu m’a fait un sujet de rire; quiconque l’apprendra rira de moi.
21.7 Elle ajouta: Qui aurait dit à Abraham: Sara allaitera des enfants? Cependant je lui ai enfanté un fils dans sa vieillesse.
21.8 L’enfant grandit, et fut sevré; et Abraham fit un grand festin le jour où Isaac fut sevré.
La traduction pose problème. Il est impossible que Sarah soit en train d’annoncer un rire à son sujet pour les générations à venir. Tout d’abord « de » devrait être traduit par « avec », ainsi cela supprime la moquerie. Mais, le rire ne semble pas être l’idée qui se dégage de cette annonce. Nous retrouvons cette racine SHQ dans un Psaume. Elle y est placé en parallèle avec la racine RNN, que nous avons dans l’article précédent et que nous pourrions traduire par jubiler (de joie). SHQ ne décrit donc pas seulement l’exclamation spontanée du rire, mais aussi l’expression de la plus grande des joies (la spontanéité est remplacée par une sorte d’accomplissement).
Ps 126.1 Cantique des degrés.
Quand l’Éternel ramena les captifs de Sion, Nous étions comme ceux qui font un rêve.
126.2 Alors notre bouche était remplie de cris de joie (SHQ), Et notre langue de chants d’allégresse (RNN);
Alors on disait parmi les nations: L’Éternel a fait pour eux de grandes choses!
126.3 L’Éternel a fait pour nous de grandes choses; Nous sommes dans la joie.
126.4 Éternel, ramène nos captifs, Comme des ruisseaux dans le midi!
126.5 Ceux qui sèment avec larmes Moissonneront avec chants d’allégresse.
126.6 Celui qui marche en pleurant, quand il porte la semence, Revient avec allégresse, quand il porte ses gerbes.
Ce cantique n’étant pas attribué, la mention présente me parait appartenir d’avantage au commentaire afin de l’harmoniser avec le groupe auquel il a été attribué. Comme nous nous plaisons à laisser aller notre imagination, il est tout à fait envisageable que ce cantique puisse remonter au temps des Patriarches, ou plutot devrais-je dire au temps des Matriarches.
Voici que l’on peut livrer une toute nouvelle traduction. Ainsi, l’annonce de Sarah correspondrait à l’établissement de l’institution des Ashérah:
21.6 Et Sara dit: Dieu m’a fait un sujet de jubilation; quiconque l’apprendra jubilera avec moi (sur mes traces).
Paix sur les âmes investies de l’Esprit
Suite: sur la trace des coupables de l’oubli de Sarah
