vendredi 29 septembre 2023

Phoque-abstraction!

De la Phoque-abstraction à la Défense-d-éléphant-abstraction

Complément à l’article Pourim fest 1444
https://www.stephanpain.com/2023/03/07/pourim-fest-1444/

Dans cet ancien article, nous avons étudié le Haman du rouleau d’Esther. Nous comprenions alors la particularité de ce livre destiné à être un piège pour notre temps et pour tous ceux qui oeuvrent pour accomplir les écritures selon leurs aspirations plutôt que d’humblement accepter les épreuves imposées par le Créateur. Ces gens là commettent l’un des pires péchés, puisqu’ils veulent se faire égaux au Créateur. Ces gens là ont été de toutes les époques et ils ont la particularité de se répondre les uns les autres à travers le temps et l’espace. Ce qui facilite les choses parfois pour les reconnaître. Mais ce n’est pas forcément chose facile, car ils sont bien conscients de cela aussi, et ils s’appliquent à dissimuler les traces de leurs prédécesseurs pour mieux se protéger. Aujourd’hui, nous allons voir que malgré toutes les précautions, des indices majeurs nous sont accessibles si nous consentons quelques efforts.
Dans le Coran, il est dit que le corps du pharaon constitue un témoignage de sa fin tragique pour l’éternité. Or le Coran ne peut pas mentir.

10.90. Et Nous fîmes traverser la mer aux Enfants d’Israël. Pharaon et ses armées les poursuivirent avec acharnement et inimitié. Puis, quand la noyade l’eut atteint, il dit: «Je crois qu’il n’y a d’autre divinité que Celui en qui ont cru les enfants d’Israël. Et je suis du nombre des soumis».
91. [Allah dit]: Maintenant? Alors qu’auparavant tu as désobéi et que tu as été du nombre des corrupteurs!
92. Nous allons aujourd’hui épargner ton corps, afin que tu deviennes un signe à tes successeurs. Cependant beaucoup de gens ne prêtent aucune attention à Nos signes

Mais la chose ne devait pas être connue du plus grand nombre, seulement des hauts-initiés. Les successeurs du pharaon ne sont pas nombreux. C’est le reniement de la foi dans la pleine connaissance de Dieu. Quant au peuple, il conserve son libre-arbitre parce qu’il ne peut exister une preuve irréfutable de l’existence du Dieu unique. La foi ne se base pas sur les preuves. Il faut qu’il demeure une part d’interprétation. Ou bien de dissimulation. Il y a de cela quelques décennies, un scientifique français, le docteur Maurice Bucaille, fut amené à travailler sur certaines momies égyptiennes. Il concluait à la mort violente par noyade de celui qui correspond à l’analyse textuelle. Rien d’absolu cependant, car ses confrères, parmi ceux demeurant des scientifiques adeptes du polythéisme ancien, ont toujours eu la possibilité de conclure à une mort naturelle. Le fil ténu de la prophétie était toutefois accomplie et le docteur a pu livrer au monde son travail dans un livre afin d’en attester. Avec internet, tout croyant peut donc accéder à l’information si il est bien guidé. Au cours de ses travaux, il s’intéressa au personnage de Haman. Celui-ci a la particularité d’être absent du livre de l’Exode et d’apparaître dans le livre d’Esther. La raison est simple: les livres Exode, Lévitique et Nombres sont des recueils de prescriptions sacerdotales entremêlées et contextualisées par les chroniques prophétiques, le tout annoté de précisions exégétiques. Les récits ayant été transmis oralement selon différentes traditions. Certaines étaient tellement altérées qu’elles ont provoqués des répétitions et des problèmes chronologiques. Haman n’était pas connu des observateurs. Il faut bien comprendre que le nom d’Haman est cité de nombreuses fois à coté du mot pharaon dans le Coran. Le Coran est une révélation absolue: il rapporte des propos tenus inconnus des hébreux. Cette dissymétrie entre la Bible et le Coran éveille donc une vive curiosité et demeure une pierre d’achoppement entre les deux mondes, orient et occident. Haman est-il le méchant perse ou le méchant égyptien?
Le nom Haman n’est pas du perse, mais de l’égyptien. Le docteur finit par trouver sa trace répertoriée dans un dictionnaire allemand. L’affaire fit grand bruit et fut vivement débattue. Comprenez bien tout l’enjeu qui consiste à affirmer que l’on puisse citer un personnage attesté par l’archéologie dans un texte datant du 7ème siècle alors qu’à cette époque ce nom était inaccessible à la connaissance. Cela ne peut être que d’ordre divin. Toutefois, l’ampleur de sa tache globale empêcha le docteur d’aller au bout du travail sur l’inscription en particulier. Il était donc toujours possible de nier. A notre époque, grâce à internet et à la facilité d’accès à la lecture des hiéroglyphes et aux supports scripturaires, nous avons la capacité de prolonger son travail afin d’honorer sa mémoire.

Le verset 38 de la Sourate al-Qasas :
Et Pharaon dit : “Ô notables, je ne connais pas de divinité pour vous, autre que moi.
Haman, allume-moi du feu sur l’argile
puis construis-moi une tour
peut-être alors monterai-je jusqu’au Dieu de Moïse.
Je pense plutôt qu’il est du nombre des menteurs.”

Haman est l’exécutant des grands travaux du Pharaon. C’est un personnage clef puisqu’il est responsable des monuments destinés à offrir un écrin aux mentions scripturaires ainsi qu’aux reliques participant à inscrire le souvenir du pharaon dans l’éternité. Ses fils sont ses lieutenants. Ils se succèdent de génération en génération. Ils sont la partie opérative. Les fils d’Haman. L’analogie est claire.
Après avoir consulté le Dictionnaire des noms de personnel égyptien de Hermann Ranke, Die ägyptischen Personennamen, datant de 1935, le Dr Maurice Bucaille trouve le nom Haman avec une note «Chef des ouvriers des carrières». » Cette même note renvoie au travail de 1906 d’un certain Wreszinski.
Vorsteherder steinbruch arbeiter
est-il écrit dans la note manuscrite affichée en haut de cette page.

Un article sur le Coran qui parle de Haman avant la traduction des hyéroglyphes:
https://iqna.ir/fr/news/3466554/le-coran-parle-de-h%C3%A2m%C3%A2n-avant-la-traduction-des-hi%C3%A9roglyphes

Des détracteurs ont donc nié que le nom inscrit parmi la désignation donnée par Ranke du personnage puisse être Haman. Celle-ci comporte 3 éléments. Le premier est la fonction du personnage, qui serait donc chef des ouvriers. Le deuxième est le nom du dieu auquel il est dédié précédé de la préposition « de » (n: N35). En l’occurrence, il s’agit d’un dieu majeur du panthéon égyptien. Cela pourrait signifier  que le personnage est rattaché de par sa fonction à un dieu donc à un temple en particulier plutôt qu’au pharaon donc au pays tout entier. Mais nous allons voir plus bas que ce n’est pas le cas.
Il y aurait un souci avec les voyelles. Cet argument est invalide, car les voyelles coraniques diffèrent dans de nombreux noms de la Bible. Firaoun en est un bon exemple. De toute manière, les voyelles utilisées dans les transcriptions des noms ne sont que des suppositions modernes. Les noms nous sont parvenus altérés par le grec ancien.
Ensuite, il est dit que le h (ha) coranique de Haman diffère du de la mention hiéroglyphique. Dans la Bible, c’est la lettre équivalente: hé. L’égyptien n’est pas une langue sémitique, et même si l’on peut établir des ponts, il convient de ne pas faire une translittération directe lettres à lettres. Une différence de type de h n’est pas significative.
Enfin, le point le plus important est que le nom rapporté est ḥmn-ḥ(?). Les détracteurs font remarquer que Bucaille omet le ḥ final en prétendant qu’il s’agit d’un déterminatif, ce qui n’est pas possible puisqu’il y a deux caractères. Cela est vrai, les déterminatifs sont généralement des symboles isolés. Mais l’égyptien, comme toute langue, possède des exceptions.

L’égyptologue Wreszinski, dont Ranke a repris le travail pour établir son dictionnaire,  a rapporté l’inscription en 1906 depuis une pierre cassée en deux provenant d’une tombe, mais n’a pas réussi à la transcrire correctement. En effet, il a ajouté un (?) pour signifier son incompréhension. Si bien que ce n’est pas seulement un ḥ qui parasite le mot. Les deux mots ne sont donc pas traduits. Or, lorsque l’on considère les listes de noms de centaines de pharaons accessibles sur wiki, et que chaque pharaon possède jusqu’à 5 noms, et que la vaste majorité de ces noms sont correctement traduits, on ne peut que s’étonner de cette imprécision concernant ce nom en particulier.
Nous avons donc: ḥmn-ḥ?  (V28-Y5:N35-F18:Y1).
En parcourant la liste des hiéroglyphes, je suis tombé sur ceci:
F18, la défense d’éléphant, de valeur bḥ:
https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9fense_d%27%C3%A9l%C3%A9phant_(hi%C3%A9roglyphe_%C3%A9gyptien_F18)
Y1, le papyrus scellé, de valeur mḏȝt ou dmḏ:
https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Papyrus_roll_(hieroglyph)
Y1 que l’on voit en dessous de F18, peut être utilisé en tant que symbole normal mais il indique généralement l’abstraction en tant que déterminatif. Nous n’allons inviter personne à avoir des pratiques douteuses à l’égard du principe porté par ce déterminatif, ni à qualifier ce présent article d’oeuvre d’art, toutefois, force est de reconnaître qu’il est ici employé dans une règle d’exception et il se trouve qu’il transforme F18 en ḥw. Accèder à cette connaissance d’expert du sujet nous est permis par internet. On pourrait alors supposer que le mot devient le nom d’un dieu symbolisant la parole créatrice comme il est mentionné dans l’article wiki. C’est là qu’on le trouve sous cette forme. (Au passage, nous pourrions être tenté d’établir un lien entre le mot Hou, le souffle/verbe créateur égyptien, et le Rouḥ, le souffle créateur du Dieu unique.) Mais en réalité, les conventions de rédaction des noms obligent à mettre les noms de divinité devant. Il ne s’agit donc pas d’un nom de divinité en tant que tel mais du principe divin uniquement. Le nom de divinité central n’est donc pas rattachée à la fonction mais plutôt à la partie qui nous intéresse.  Le nom serait donc un nom théophore, comme il en existait énormément à la cour du pharaon. Le nom apparaît donc dans le Coran, amputé du nom de cette divinité.

ms F31 et s S29

De la même manière que le dieu du Nil contenu dans le nom de Moise, paix sur lui, a été escamoté dans la Bible et le Coran. Messe signifie « né de ». Une suite/ préfixe est attendue comme dans _amses II.
Il devait être de la forme __ -Messe ou Messou, en hébreu Mosse, en arabe Moussa.

ˁȝ:aA:O29
r
r D21
n N35

Aaron, paix sur lui, est composé de aA qui signifie grand et de ron qui signifie nom: ˁȝrn: aArn. Il devait forcément être associé à un nom de divinité pour avoir un sens.
Ainsi son nom était: « Le nom de (divinité) est grand »: aaron-__.
Au passage, nous constatons que le Coran ajoute un h et que le double a disparaît.

Sauf qu’ici, la construction serait un peu plus complexe puisque ce n’est pas seulement le nom de la divinité qui est accolé, mais aussi un principe. Nous retrouvons cette forme de composition dans le nom de  Nesout-bity du pharaon bien connu du début d’Exode: wsr-mȝˁ.t-_ˁ, Ousermaât_ê, qui peut se traduire par « La justice de _ê est puissante ». Le mot maât, nom de divinité incarnant la justice, est ici utilisé en tant que qualificatif. Le nom de la divinité, bien que prononcé  et donc translittéré en dernier, est inscrit en premier dans la pierre.

Le nom complet se prononcerait ainsi:
Haman-Hou-_mon.
Ce qui signifierait quelque chose comme Haman du verbe créateur d’_mon.

Il est normal, encore une fois,  que dans le Coran il n’apparaisse que sous une forme raccourcie.
Le mot de liaison « n » placé juste avant le nom central de divinité signifie en réalité que le chef de chantier est celui de Haman, et non que Haman est chef de chantier. Cela signifie que Haman a des chefs de chantier sous ses ordres. Ceci va être confirmé officiellement, comme nous allons le voir juste après.
Il est clair que le mot Haman signifie quelque chose qui prend sa place dans l’expression ainsi créée. Après  une longue recherche, un nom de divinité de Haute-Egypte du nom de Hémen existe de manière anecdotique. Il est possible qu’il s’agisse d’une simple hypothèse par impossibilité de trouver un sens.   Aucune traduction n’est accessible simplement pour l’instant. Dans le Coran, il existe des mots associés au Rouh: nous avons le Rouh al qoudous, l’Esprit saint, ainsi que Rouh al amin, l’Esprit loyal/fidèle. Nous pourrions être tenté de rapprocher le mot haman de al amin. Le nom signifierait alors « l’esprit loyal d’_mon ». Le concept de fidélité peut avoir été divinisé de manière anecdotique.

Il faut se mettre en tête que les passionnés d’égyptologie ne sont, par définition, pas adeptes du monothéisme. En tant qu’érudits ou interconnectés avec des érudits, ils ne peuvent ignorer la double existence du mot Haman dans les écritures. La liste établie dans le livre n’était pas destinée au grand public. Cette découverte est donc une anomalie. D’ailleurs, le problème est corrigé pour nos amis de la science et de la raison, car voici la traduction officielle qui est donnée de l’inscription de la tombe:

(1) Offrande que le roi donne à _siris, premier des occidentaux, maître de l’infini, souverain d’éternité, afin qu’il accorde tout ce qui est offert sur sa table d’offrandes, la douce brise du vent du nord, de belles funérailles pour son vieil âge, au Ka du surveillant des maçons d’_mon Hemen-hetep, juste de voix.
(2) Offrande que le roi donne au désert occidental et à _monet, dame du ciel, pour qu’elle offre nourriture, aliments, toutes sortes d’offrandes, toutes choses bonnes et pures, au Ka du surveillant des maçons d’_mon Hemen-hetep, juste de voix.
(3) Son fils _u-hotep.
(4) La maîtresse de la maison Nefret-noub.

Localisation actuelle: KUNSTHISTORISCHES MUSEUM [09/001]
Numéro d’inventaire international: 09/001/5136
Numéro d’inventaire: 5821/5822

Poste de porte appartenant à Hemen-hetep
Poutres de pierre provenant d’une porte et comportant deux colonnes d’hiéroglyphes.
Datation: NOUVEL EMPIRE:  XIXème DYNASTIE >   XXème DYNASTIE <
Reinisch, S., Die ägyptischen Denkmäler in Miramar (1865) 255, Nr. 18, Tf. 39A.
Wreszinski, W., Aegyptische Inschriften aus dem k.k. Hofmuseum in Wien (1906) 130: Nr. I.34.

http://www.globalegyptianmuseum.org/record.aspx?id=5136&lan=F

Note: la période qui nous préoccupe correspond à la fin de la  XIXème dynastie.
La phrase est correctement traduite dans sa structure et fait apparaître la hiérarchie réelle absente de la mention du dictionnaire qui faisait disparaître le contexte. Il suffit de voir les symboles N35 qui se répètent entre chaque groupe d’éléments. Le nom de divinité demeure isolé au milieu du texte et c’est une anomalie que le traducteur n’a pas cherché à résoudre ni à indiquer. Nous constatons que les symboles F18 et Y1 sont traduits abusivement par hetep, qui est un mot classique et qui signifie « est satisfait » (R4:X1*Q3). Il est impossible d’obtenir une telle traduction sans mentir délibérément. Il est systématiquement accolé à un nom de divinité. Ce qui n’est pas possible ici car il y en a déjà un présent juste avant. Haman ne peut donc être un nom de divinité. Le texte joue sur la confusion par le public entre les deux noms car on reconnait un nom répandu parmi les pharaons. La consonne initiale est pourtant différente. D’ailleurs, ces questions de consonnes qui disparaissent dans les translittérations en français arrangent fortement tous ceux qui aiment bricoler les écritures pour servir leur propos. Suivez mon regard. Sans traduire soi-même les symboles, il est donc impossible d’accéder à l’information. Mais tous ceux qui sont parvenus jusqu’ici ont tous les outils nécessaires. Et aucun chat d’IA ne vous aidera en cela. Au contraire, il fera tout pour vous maintenir dans l’ignorance.

Voici la partie qui contient les mentions:

Le nom apparaît deux fois en bas sous la forme hmn-hw-imn

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_totale_des_hi%C3%A9roglyphes_selon_la_classification_Gardiner
Apprendre à écrire le fameux nom avec l’orthographe correcte M17-Y5:N35-R4:X1*Q3:
https://www.youtube.com/watch?v=heHTwdZMA5w
Recomposez l’inscription réelle grâce au code V28-Y5:N35-F18:Y1:
https://projetrosette.info/page.php?Id=697

Bon courage à tous et paix sur vous.