Occupy!

Occupy!

Dernières modifications le 4 décembre 2018·4 minutes de lecture

3 Mars 2012. Après avoir été chassés du parvis de l’Arche parce que le marché de Noël débutait, les Indignés ont du redoubler d’effort en matière d’inventivité. Parmi toutes les actions menées pendant les premiers mois de 2012, l’une d’elle est resté gravée dans ma mémoire pour son efficacité. Bien sur, j’avais déjà évoqué le sujet publiquement ici-même, mais il me semble que le temps est venu de raconter la journée telle que je l’ai vécue. J’ai trouvé deux vidéos pour revivre ce moment.
La première, de bonne qualité et illustrant bien la tension avec la police:
https://www.youtube.com/watch?v=ZTnnjNV-Nrk
La deuxième, moins bonne, mais plus pédagogique:
https://www.youtube.com/watch?v=Wh69JRxE47M

Sur les images apparait le noyau dur des Indignés. Ils sont capables de tout donner dans le désintérêt le plus total. J’ai eu cette chance de vivre cet instant avec eux, tout en restant en retrait comme pour assurer une sorte de lien physique entre les passants et eux. Il me semblait que c’était important dans la mesure où l’action était très rapide et qu’il fallait créer une dynamique d’observation. Les gens ont toujours plus tendance à s’arrêter lorsque un attroupement se fait devant un spectacle de rue. J’étais admiratif de leur audace et leur ténacité face aux forces de l’ordre. Tout en demeurant positifs et joyeux. Ce faisant, j’avais tout loisir d’observer la belle mécanique policière. Ils avaient tout le temps un temps de retard. Ils attendaient les ordres. Mais comment donner des ordres cohérents dans une situation aussi inédite? Il y avait une réelle faille. Aujourd’hui, nous voyons que cette faille mène les Gilets jaunes a inquiéter sérieusement le gouvernement. Trois banques plus tard, nos joyeux lurons s’installent sur les marches de l’église Notre-Dame de Lorette. L’action est un franc succès. La joie éclate.
L’instant d’après, les Indignés retombent dans leurs travers habituels: ils se mettent à débattre. Inévitablement, c’est toujours à ce moment là que l’idéologie clivante prend le pas sur l’action qui fédère. Hélas. Il faut se rappeler que c’est bien à cause de ces assemblées générales que je trouvais stériles, que je me suis mis à réfléchir de mon coté et que je suis revenu vers le Créateur. Qu’on ne se méprenne pas, je suis partisan du dialogue, mais je reste persuadé que des discussions au sein de groupes très restreints en interactivité, sont beaucoup plus productives qu’une assemblée unique où une seule personne monologue tandis que l’assemblée se contente de remuer les mains pour signifier son approbation.
C’est donc tout naturellement que j’ai monté les marches pour pénétrer dans l’église. Un policier des renseignements était caché là. Tout d’abord surpris de me voir, il me barre le chemin. Je lui explique alors que je suis tout seul et que les autres sont bien trop occupés à tenir une assemblée dehors. L’homme s’efface. Je fais alors le tour de l’église. J’ai besoin de calme.

Quelques temps plus tard, je ne saurais trop dire exactement, je me retrouvais sur la place du Châtelet. C’était une manifestation pour la Syrie. Beaucoup plus classique celle-là. La foule était dense et variée. A un moment, un homme m’adresse la parole. C’est le policier en civil qui se tenait dans l’entrée de l’église. Il me sourit et me dit en faisant référence aux indignés: “Vos amis ne sont pas là?”
Je réponds à son sourire en étendant le bras vers la foule derrière et en disant:
“Si, regardez: ils sont là!”

Messe de la Très sainte Consommation
https://www.youtube.com/watch?v=zIcf3xrb6Bk

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