Publié le 6 juin 2015 – 916 mots
Modification le 18 janvier 2026 – 7140 mots
Le travail autour du cantique afin d’en révéler la véritable nature m’a contraint à citer cet article. Cela m’a permis de l’approfondir et de donner un sens à ce travail et de décortiquer méthodiquement le processus d’altération progressif des écritures au sein même du corpus global s’inscrivant dans la pleine volonté divine. Quant au texte initial de cet article datant de 2015, il est laissé tel quel malgré son ton un peu trop personnel, témoignage d’une certaine colère.
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Abrogation
(ancien titre de 2015)
Quant à ceux pour qui cette opposition fera naitre une envie irrépressible d’étudier, ils n’auront pour autre choix que de se tourner vers des écoles de pensée reconnues. Reconnues par l’argent et le pouvoir bien entendu.
Le système islamique est verrouillé. Il n’y a rien à faire. C’est un peu comme vouloir s’attaquer à la pensée des lumières dans l’Éducation Nationale.
Il me parait opportun de citer ici ces versets des Évangiles:
Mt 23.13 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer.
23.15 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte; et, quand il l’est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous.
23.24 Conducteurs aveugles! qui coulez le moucheron, et qui avalez le chameau.
En réalité, tout cela appartient au domaine de la pensée circulaire. Si l’arabe coranique est une langue qui contient de grandes variations de sens, c’est tout simplement que ces variations ont été introduites au cours du temps par les savants afin d’adapter l’interprétation du Coran à la pensée dominante dans la communauté musulmane. Il ne s’agit non pas d’apprendre à se servir d’une langue mais à consentir à se soumettre à la pensée dominante.
Ce serait bien mal juger Dieu que d’imaginer que ces manigances forgées au cours des siècles soient un obstacle pour qui veut atteindre Sa vérité. Ainsi, le Coran se verrouille lui-même. Pour qui en fait une lecture honnête et non orientée. La modification majeure tient dans un seul mot: nansakh. A lui seul, la modification du sens de ce mot sert de rustine à la pensée bancale de la pseudo « science » du hadith. Ce mot nous est présenté comme signifiant abrogé. On nous cite ce verset afin de justifier les « contradictions » du Coran et surtout des hadiths:
2.106 Quelque soit le verset que Nous « abrogeons » nansakh ou que Nous fassions oublier, Nous en apportons un meilleur ou un semblable. Ne sais-tu pas que Dieu est capable de toute chose ?
Le mot utilisé est donc nansakh. Nous le retrouvons sous une forme légèrement différente, yansakh, ici:
22.52 Nous n’avons envoyé, avant toi, ni messager ni prophète sans que le diable n’interfère dans ses souhaits. Dieu « abroge » fayansakhu ce que le Diable propose, et Dieu consolide Ses signes. Dieu est Connaissant, Sage.
Isolés ainsi, ces versets introduisent la doctrine de l’abrogation dans le texte coranique. Le souci, c’est que la phrase en 22.52 se poursuit:
22.53 Afin de faire, de ce que le diable propose, une épreuve pour ceux qui ont une maladie dans leur cœur et ceux qui ont leur cœur endurci. Les injustes sont dans une profonde dissension.
Si un texte proposé par le Diable est abrogé, comment peut-il devenir une épreuve pour ceux qui ont une maladie au coeur? Et surtout, les versets coraniques supposément abrogés ne peuvent pas avoir été inspirés par le diable. Sinon cela reviendrait à apporter du crédit à la pensée déployée dans « Les versets sataniques ».
En vérité, nansakh, dans le Coran, n’a qu’une seule signification: mettre par écrit/ consigner. C’est à dire l’exact opposé d’abroger. Une variation dans le sens? C’est une plaisanterie, j’espère. Oui, en effet, ceux qui ont introduit ce concept d’abrogation ont une terrible maladie au coeur. Et tous ceux qui ont perpétué l’idée de cette doctrine et ont bâti toute leur théologie dessus sont malades. Les faux hadiths sont l’épreuve manifeste décrite en 22.53 pour révéler les injustes. Il est du devoir de tout croyant sincère de rejeter ces choses inspirées par le Shaytan. Il est ainsi grand temps que le remède à la maladie fasse effet.
Mais le cancer peut-il se soigner?
Notes de 2015:
Pour approfondir la question:
Les liens ci-dessous sont donnés à titre de mémoire. En effet, le site a disparu du jour au lendemain. Il me semble avoir lu un commentaire de son ancien propriétaire et il déclarait ne plus rien à voir avec tout ça. On aurait juré qu’il était traumatisé par une menace. Quand on sait que Rashad Khalifa a été assassiné aux États-unis alors qu’il avait développé des thèses dans cet esprit, on comprend alors que nul n’est à l’abri de ceux qui s’imaginent être le bras armé du Créateur pour punir ceux qui oseraient se poser des questions. Qu’on soit ou non d’accord avec lui, cela ne justifie pas le meurtre. Quant à moi, je désapprouvais ses prédictions basées sur une espèce d’interprétation numérique du Coran.
le mot nansakh dans le Coran: http://www.droit-chemin.fr/La-signification-du-mot-nansakh.ashx
La doctrine de l’abrogation: http://www.droit-chemin.fr/Le-mensonge-de-labrogation-dans-le-Coran.ashx
Fin de l’article de 2015
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Qu 22.52 Nous n’avons envoyé, avant toi, ni Messager ni prophète qui n’ait espéré (fait des vœux pieux) sans que le Diable n’ait jeté (son mensonge) dans ses espoirs.
Allah laisse inscrire fayansakhu (à coté de sa Révélation) ce que le Diable jette, et Allah place sa sagesse (afin de discerner/juger) dans Ses versets – Allah est Omniscient et Sage – 53 afin de faire, de ce que jette le Diable, une tentation pour ceux qui ont une maladie au cœur et ceux qui ont le cœur dur.
Et les injustes sont certes dans un schisme profond.
54 Et afin que ceux à qui le savoir a été donné sachent que (le Coran) est en effet, la Vérité venant de ton Seigneur, qu’ils y croient alors, et que leurs cœurs s’y soumettent en toute humilité.
Allah guide certes vers le droit chemin ceux qui croient.
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L’oubli
ajout du 18 janvier 2026
Convenons que la conclusion de l’article de 2015 a une étrange résonnance avec l’actualité nationale sociétale. Ne s’agit-il pas ici de prononcer la sentence sur soi-même? Avec le recul, je reconnais que mon point de vue est un peu tranchant. Il est clair que cet article aurait pu me valoir de graves ennuis. Je pourrais être tenté d’adoucir et d’être un peu diplomate. Mais, me voilà de retour de nouveau sur cet article plus de 10 ans plus tard. Et si je suis contraint de faire une mise à jour, ce n’est certes pas pour l’infirmer ou pour diluer le propos dans le miel. Il est clair que les versets 22.52-53 endossent un poids énorme sur leurs épaules. Cet ensemble de mots est capable à lui seul de détruire des livres entiers d’enseignements religieux. Pas que dans l’Islam d’ailleurs. Rentrons dans le vif du sujet. Depuis 10 ans, j’ai amélioré ma technique de recherche en pratiquant des recoupements entre l’hébreu et l’arabe. Dans mon dernier article « OWO », il me fallait illustrer mon propos à l’aide de cette paire de versets. Mais quelque chose me chagrinait. J’avais l’impression qu’il manquait quelque chose. La racine arabe NSKh n’a pas d’équivalent direct en hébreu car le Kh n’existe pas. Il m’a donc fallu faire la liste de tous les mots hébreux commençant par un N. Le Chat a beau être sympathique, il a beau avoir fait des progrès, je demeure rancunier. Que l’adversaire et ses partisans se mettent une chose en tête: on ne peut pas arrêter un obsessionnel (en utilisant un vocabulaire soutenu). Tout cela pour dire que j’ai mis la main sur la racine hébraïque équivalente: NSh, נָשָׁה. En regardant rapidement dans le lexique, chacun constatera que NSh est traduit par oublier.
Aïe. Patatra. Tout ce travail de déconstruction anéanti par un simple lexique. Et l’IA n’a rien à voir là-dedans. Une erreur à l’ancienne. De la surinterprétation, somme toute. Ouf, le lexique hébreu aurait parlé, NSh signifierait oublier, son équivalent arabe NSKh aussi. Tout le monde pourrait dormir sur ses deux oreilles, la religion n’aurait pas été altérée par le Sheytan, Allah aurait tout effacé.
Il me faut rapporter un détail important. En analysant les textes de la femme de la cantate, je suis retombé sur une vidéo de 2016: Oubliez-moi. Je n’étais pas favorable à copier le texte. Je ne trouvais pas cela pertinent pour illustrer le propos malgré l’insistance à y revenir malgré tout. Tout s’explique à présent. L’actrice y est dans son lit, elle y simule la folie, pour ne pas changer, aidée d’une bande son centrale quelque peu hypnotique. Je me souviens que cette vidéo m’avait fortement impacté à l’époque, et on imagine que c’était l’effet voulu. Un mot frappe l’esprit: l’oubli. Peut-être aussi parce que c’est un jeu de mot. Pour le comprendre il faut rassembler ses neurones. Rien de hautement intellectuel, rassurons-nous. Il me semble opportun, étant donné la suite de cet article, d’en reproduire le texte ici plutôt que dans les notes:
Oubliez-moi
Publié le 24 septembre 2016
J’ai perdu la mémoire. Aucun espoir de la retrouver.
Je peux mettre une croix sur mon histoire.
J’ai du bruler une connexion.
Me bruler en essayant de me connecter à une flamme en dehors de ma portée.
Je me suis pour ainsi dire court-circuitée toute seule.
En aspirant à une plus grande intensité.
Et l’obscurité m’a rattrapée.
L’oubli.
L’oubli.
L’oubli.
(séquence musicale)
C’est peut-être ça le Paradis.
L’instant d’après efface l’instant d’avant.
L’innocence a enfin un sens.
Je suis seule, je n’aime personne. Personne ne m’aime.
Je peux vraiment m’endormir. Partir.
Je ne suis pas affaiblie.
Je suis infaillible.
Aucune trace.
Ma malédiction s’est transformée peu à peu en bénédiction.
Mon adieu en Salut.
Je me sens libre, vraiment libre.
Et puis je ne m’appelle pas. Je ne me rappelle pas.
Et quand on m’interpelle…
Personne ne répond à l’appel.
Manasseh – מְנַשֶּׁ֑ה
Contexte. Genèse. Récit de Joseph, paix sur lui. Chapitre 41 de la bascule. Le Pharaon voit son rêve être interprété. Joseph, paix sur lui, est nommé vizir sur tout le pays d’Égypte. Il prend une femme et a deux enfants. Les noms de ses deux enfants vont être attribués aux tribus qui sont les plus connues des 12 tribus. Elles vont devenir les plus grandes en population et en territoires: Manasseh et Éphraïm (ce dernier n’est rien de moins que l’autre nom d’Israël). Le verset qui suit est donc la nomination du fils ainé, selon la traduction habituelle:
Gn 41.50 Or, il naquit à Joseph, avant qu’arrivât la période de disette, deux fils, que lui donna Asenath, fille de Pôti Féra, prêtre d’On.
51 Joseph donna au premier-né le nom de Manasseh,
car, dit-il, Dieu m’a fait oublier toutes mes peines et toute la maison de mon père.
52 Au second, il donna le nom d’Éphraïm: « Car Dieu m’a fait fructifier dans le pays de ma misère. »
(ki nasani Elohim et kal ‘amali waet kal beyt abi)
Le verset, selon l’interprétation donnée, semblerait suggérer que Joseph, paix sur lui, tient à marquer sa gloire personnelle en nommant son fils pour qu’il soit témoin du changement de situation radical opéré par la main du Créateur. Seulement voilà, le verset ne s’arrête pas là. Et si on lit normalement, Dieu lui aurait fait oublier toute la maison de son père. Nous savons que de l’autre coté, Jacob, paix sur lui, se refuse à accepter la mort de son fils préféré. L’absence le ronge. Comment imaginer une seule seconde que Joseph, paix sur lui, puisse nommer son fils ainé pour marquer l’oubli de la maison de son père?
L’accession au pouvoir de Joseph, paix sur lui, en tant que Juste, va scinder en deux groupes principaux. Le premier est celui du négateur frontal de la Révélation selon deux tactiques différentes: chercher à le discréditer ou à l’englober dans sa théologie polythéiste, comme nous l’avons vu récemment. Le deuxième est celui de ceux qui se prétendent appartenir à la communauté du Livre, mais qui adhèrent à une spiritualité qui lui est extérieure. Joseph, paix sur lui, selon aussi deux directions, est alors ignoré dans leur théologie monothéiste ou bien parodié. Ainsi, nous avons vu que la reine narratrice du cantique, comme tous ceux qui se placent dans un point de vue similaire, l’efface pour faire naitre Israël de l’Égypte. Cette terre devient la matrice plutôt que la contre-matrice de l’Exode. Lorsque Israël se déploie en Canaan, les ennemis de l’intérieur sont encore très minoritaires. Cette inversion de sens du nom de Manasseh circule certainement au travers de récits de manière souterraine. Aucun enseignant « officiel » de la Parole ne commet cet erreur de sens. Nous comprenons que le moteur est la jalousie et la contestation de l’accès au pouvoir du prophète. Prétendre que Manasseh signifie « oubli » indique que pour accéder au pouvoir le prophète aurait trahi les siens. On retrouve exactement la même dynamique dans les discours modernes prétendument anti-impérialistes, anti-capitalistes, ou anti-cléricaux, qui ont tendance à amalgamer tout pouvoir religieux avec pouvoir impérial. C’est une contestation qui vient typiquement du bas et non du haut et qui s’adosse systématiquement sur une vision du monde binaire qui consiste à opposer les méchants riches aux gentils pauvres. Nous comprenons qu’il ne s’agit de substituer un impérialiste à un autre, une domination par une autre. On peut faire la remarque que le complotisme est partagé par des sphères politiques et/ou religieuses apparemment incompatibles. En me lisant, on pourrait aussi faire la remarque que j’ai une tendance au complotisme, à l’anti-cléricalisme, et animé par des réflexes similaires à tous ceux qui animent des groupes dissidents. J’assume pleinement de dire qu’il y a le bon et le mauvais complotisme. Tout est une question de référentiel. L’adversaire complote depuis la chute. Mais l’aversaire n’est qu’une créature. Il ne faut donc pas tomber dans le dualisme en opposant une force du mal équivalente à celle du Tout-Puissant. Si je dis cela, c’est parce que par la suite, nous allons voir que l’Esprit peut aussi parfois être insufflé dans l’âme des corrompus afin de servir les desseins divins. Si personne n’est parfait, personne n’est entièrement mauvais non plus. Et puis le Tout-Puissant fait ce qu’Il veut.
Mon travail consiste à rectifier l’interprétation afin de détruire le travail de l’adversaire:
Gn 41.51 Joseph donna au premier-né le nom de Manasseh,
car Dieu a inscrit en moi naššanî tous mes fardeaux et toute la maison de mon père.
Manasseh, מְנַשֶּׁ֑ה, signifie alors: « celui en qui cela est inscrit ».
Première étape de la corruption par le malin: inverser le sens des mots sans altérer le texte au sein d’une rumeur populaire et minoritaire.
Job
Un des trois hommes s’adresse à Job, paix sur lui, pour lui signifier le courroux de Dieu à son égard.
Job 11.1 Çophar de Naama prit la parole et dit:
11.2 Est-ce que ce flot de paroles n’appelle pas une réponse? Suffit-il d’être loquace pour avoir raison?
11.3 Ton verbiage réduirait-il les gens au silence, et prodiguerais-tu l’ironie, sans que personne te confonde?.
11.4 Tu dis: Ma manière de voir est juste, Et je suis pur à tes yeux.
11.5 Oh! si Dieu voulait parler, S’il ouvrait les lèvres pour te répondre,
11.6 Et s’Il te révélait les secrets de sa sagesse, car Son discernement a deux aspects, Sache donc que Dieu inscrit yaššeh sur toi selon ton iniquité.
11.7 Prétends-tu sonder les pensées de Dieu, Parvenir à la connaissance parfaite du Tout Puissant?
Dans la première rédaction, je ne me suis pas attardé sur ce verset car il me semblait plutôt évident. Nous allons voir qu’il y a beaucoup à tirer comme compréhension. Selon moi, les noms des personnages du livre de Job, paix sur lui, sont des pseudonymes pour éviter de livrer l’identité réelle des protagonistes. Il ne s’agit pas de la transcription d’une conversation. Les propos rapportés sont donc le fruit d’un travail de reconstruction sous l’impulsion de l’Esprit. L’enseignement principal de ce livre est à propos de l’élévation au travers des épreuves. Les intervenants, considérés comme justes par les leurs, n’en demeurent pas moins, à priori, étrangers à la Torah. Il s’agit donc d’illustrer des conceptions théistes fausses avec leur propos. Le plus radical d’entre eux est celui qui parle dans le chapitre 11. Et si nous faisons bien attention, nous remarquons que le moment décisif de chapitre est précisément ce verset 6. L’homme prétend comprendre Dieu mieux que Job, paix sur lui. Nous sommes en pleine inversion accusatoire. Elle va d’ailleurs être fermement rejetée par Dieu à la fin du livre. Et parce qu’il pense avoir compris la pensée divine, il affirme que les iniquités de Job, paix sur lui, lui ont été inscrites. A ce moment là de l’histoire, je le rappelle, nous sommes encore dans la période d’unification d’Israël. La tribu de Manasseh est dominante et la capitale est Sichem, en plein centre de son territoire (notée Shechem sur la carte fournie). Il n’y a donc aucune inversion du sens du mot Nasah. Et c’est bien l’Esprit qui a dicté ce mot à cet emplacement crucial. Car si nous sommes au coeur de l’enseignement du livre de Job, paix sur lui, nous sommes également au coeur de cet article. Il y a alors un enseignement qui dépasse le livre même pour nous parvenir. Comme je l’ai écrit, l’inversion du sens des mots pour des raisons politiques, est le point de départ de la corruption. Ici, nous sommes à l’étape suivante:
Deuxième étape: ce ne sont plus seulement les mots mais les doctrines. Les injustes prétendent mieux comprendre que les Justes la Parole. A ce moment là, ce sont juste des enseignements oraux corrompus qui expliquent le Livre, mais ils ne se sont pas encore immiscés dans le texte lui-même.
Job 39.17
Le contexte est l’observation de l’autruche dans sa gestion des petits. L’auteur nous décrit un animal qui porte peu de considération à sa progéniture. Cela serait intrinsèque à cet animal.
39.14 Car elle abandonne ses œufs à la terre et les laisse chauffer sur le sable,
15 oubliant qu’un pied peut les fouler et la bête des champs les écraser.
16 Elle est dure pour ses petits, comme s’ils lui étaient étrangers: sa peine aura été en pure perte, et elle n’en a pas de regret.
17 Car Dieu lui a refusé la sagesse, Il ne lui a pas donné l’intelligence en partage.
Si dans ce contexte, il n’est pas possible de traduire par « inscrire » dans le sens positif de l’action (absence de lo), il n’est toutefois pas possible non plus d’évoquer le concept de l’oubli ou de l’abrogation puisque ce manque de sagesse serait une condition initiale à la création de l’animal. Reconnaissons que ce verset n’a pas une grande portée théologique dans le cas qui nous préoccupe et que le jugement porté sur l’animal parait bien émaner d’un humain pas forcément spécialiste de la faune.
Mais, cela n’est pas satisfaisant pour autant. En considérant tout le passage qui commence au début du chapitre 38, il s’agit de Dieu qui s’adresse à Job, paix sur lui, pour lui montrer comment il ne peut qu’être témoin de la création. Plusieurs animaux sont cités pour leurs caractéristiques absolues ou en rapport avec l’homme. Job, paix sur lui, est alors mis en perspective. Or, une chose saute rapidement aux yeux, le passage de quatre versets qui critique l’autruche dénote radicalement du propos global qui s’étale sur 71 versets des deux chapitres 38 et 39. En ôtant ces quatre versets où Dieu ne semble plus être le narrateur mais un tiers, cela devient plus cohérent.
39.9 Le buffle veut-il être à ton service? Passe-t-il la nuit vers ta crèche?
39.10 L’attaches-tu par une corde pour qu’il trace un sillon? Va-t-il après toi briser les mottes des vallées?
39.11 Te reposes-tu sur lui, parce que sa force est grande? Lui abandonnes-tu le soin de tes travaux?
39.12 Te fies-tu à lui pour la rentrée de ta récolte? Est-ce lui qui doit l’amasser dans ton aire?39.13 L’aile de l’autruche se déploie joyeuse; On dirait l’aile, le plumage de la cigogne.
***suppression de l’incise***
39.18 Quand elle se lève et prend sa course, Elle se rit du cheval et de son cavalier.39.19 Est-ce toi qui donnes la vigueur au cheval, Et qui revêts son cou d’une crinière flottante?
39.20 Le fais-tu bondir comme la sauterelle? Son fier hennissement répand la terreur.
39.21 Il creuse le sol et se réjouit de sa force, Il s’élance au-devant des armes;
39.22 Il se rit de la crainte, il n’a pas peur, Il ne recule pas en face de l’épée.
Il est donc fort probable que le verset qui contient le verbe nasah soit une incise postérieure. Le sens du verbe est altéré dans le vocabulaire du commentateur mais il est tout de même sous la garde de l’Esprit. Cela signifie que bien que son commentaire soit animé par une volonté étrangère, il est forcé à employer ce mot pour nous le faire parvenir en ce 21ème siècle.
Que des gens fassent des commentaires soit concevable, mais comment peuvent-ils se retrouver au même niveau que l’écriture? (ceci est une réaction personnelle de colère) Nous avons vu au cours de notre travail, que Job, paix sur lui, a fondé une école d’enseignement selon le principe « une pierre, 10 coups » afin de réparer les erreurs de sa jeunesse.
https://www.stephanpain.com/2025/03/12/1-pierre-10-coups/
Les écoles poursuivent leur action au long des générations, et l’esprit peut se perdre en route. C’est ainsi. Nous comprenons qu’elle a fini par disparaitre par la force des choses. Cette incise est le témoin d’un héritage perdu avant la transmission aux sages d’Israël. Rappellons au passage que cette école est située en Edom, l’incorporation dans le corpus a donc été tardive. Il est tout à fait envisageable que le texte comporte d’autres altérations. Le texte n’a pas vocation initiale à être eschatologique pour la venue d’un prophète postérieur, cela peut expliquer certaines libertés prises. Il ne faut donc pas voir ici de la malveillance ou de la torsion politique comme pour certains autres livres, mais il est clair que l’Esprit n’est pas à l’oeuvre dans ces altérations de manière globale. Les historiens qui expliquent de manière rationnelle que dans l’antiquité le rapport aux textes sacrés étaient différent de notre époque, ont pour les textes de la Révélation le même respect que ceux qui se sont permis ces altérations. Il n’y a pas plus de raison de protéger un texte saint moderne que la Torah à cette époque lointaine. D’ailleurs, c’est bien la Genèse, qui est le livre le plus ancien que nous ayons, qui est de loin le plus fiable de tout le corpus, bien avant les évangiles dont des pans entiers sont des tissus de mensonges. A cet effet, j’invite mes lecteurs à aller consulter ma proposition de correction pour le livre de la Genèse dans le menu supérieur. On peut reprocher beaucoup de choses aux musulmans, mais le miracle de la transmission inaltérée du Coran est à mettre au crédit d’un noyau de communauté authentique. Travailler avec un texte de référence est une facilité indéniable. Cela ne dispense pas les erreurs d’interprétation qui engendrent des erreurs doctrinales majeures, ce dont nous traitons ici-même.
Troisième étape: des commentaires frauduleux de jugement sur la sagesse divine déployée dans la création se placent en marge du texte pour être ensuite intégrés.
Ésaïe
Esaïe, paix sur lui, est un prophète bien antérieur à la période de l’exil. Israël est donc encore pleinement dans sa période de bénédiction. Le chapitre 22 révèle que des injustes parviennent à se hisser à de hautes responsabilités mais que les prophètes sont encore entendus pour les défaire.
Es 44.21 Souviens-toi de ces choses, ô Jacob! O Israël! car tu es mon serviteur;
Je t’ai formé, tu es mon serviteur; Israël, je ne t’inscrirai pas lo ṯinnāšênî.
44.22 J’efface tes transgressions comme un nuage, Et tes péchés comme une nuée;
Reviens à moi, Car je t’ai racheté.
Il y a bien un לֹ֥א, lo, devant le verbe ṯinnāšênî (NSh).
Reprenons plus posément cette analyse. Dans l’article Bonnet 000, nous avions mené une mini-étude sur le livre d’Esaïe, paix sur lui. https://www.stephanpain.com/2025/02/02/bonnet-000/ En désaccord avec la théorie majoritaire qui affirme que le livre s’organise en 3 blocs de rédaction, je suis plutôt favorable à l’entrelacement des chapitres corrompus avec les chapitres véridiques. Vous pouvez consulter la liste des chapitres que je conserve pour les parties 2 et 3. Pour effectuer ce choix, je me base essentiellement sur les citations évangéliques. J’en déduis alors que tout le chapitre qui contient la citation est bon. Dans cette liste, il y a donc un trou entre le 42 et le 50. Reconnaissons que la lecture de certains versets s’avère pénible tant ils semblent dissonants avec la Torah. Si je devais ne retenir qu’un exemple:
44.28 Je dis de roi de Perse: Il est mon berger, Et il accomplira toute ma volonté; Il dira de la capitale de Juda: Qu’elle soit rebâtie! Et du temple: Qu’il soit fondé!
Esaïe 45.1 Ainsi parle l’Éternel à son oint, à roi de Perse:
Pour des raisons évidentes, je ne vais pas recopier le nom de ce roi de Perse polythéiste présenté ici comme messie (limsiho= à son oint). Remarquons que la traduction chrétienne n’a pas osé employer ce terme. Que nous soyons envoyé sur ce chapitre en particulier, dans la dynamique présente, est pertinent, dans le sens où la présence de cette prophétie et de ce titre invalide totalement non seulement le chapitre, mais l’ensemble des chapitres autour. Ironiquement, comme je le faisais remarquer dans la première version de l’étude, le verbe nasah peut tout aussi bien être traduit par oublier ou inscrire car il se trouve entre les versets 21 et 22. Le 21 évoque le souvenir, donc le non-oubli, le 22 évoque l’effacement des péchés donc la non-inscription. La confusion de sens du mot ne change pas le sens global. Ce n’est pas un hasard du tout. La raison est fort simple. La période de rédaction initiale correspond au moment de la chute de Samarie vers -722, donc de la disgrace de la tribu de Manasseh. La capitale d’Israël, Sichem, était située au centre de son territoire, ainsi que le Temple. Effacer le souvenir de Manasseh correspond à la captation d’Israël, du remplacement de sa capitale, de son Temple, par la couronne judéenne. L’inversion du sens du nom Manasseh est alors généralisée auprès des gardiens des écritures et enseignée ainsi au peuple.
Quatrième étape: Les injustes incorporent des chapitres entiers qui servent leurs interets politiques dans le livre d’un prophète légitime.
Jérémie
Nous sommes exactement dans le sujet abordé par l’article initial. Dans ce chapitre, Dieu, par l’intermédiaire de Jérémie, paix sur lui, fait connaitre sa colère sur les faux prophètes. Si le vocabulaire est différent, reconnaissons que l’introduction initiale de cet article où je laissais transparaitre ma colère à l’égard des gardiens des écritures, ne parait finalement pas tant en décalage avec la Parole:
23.1 Malheur aux pasteurs qui détruisent et dispersent Le troupeau de mon pâturage! dit l’Éternel.
23.2 C’est pourquoi ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël, Sur les pasteurs qui paissent mon peuple: Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées, Vous n’en avez pas pris soin; Voici, je vous châtierai à cause de la méchanceté de vos actions, Dit l’Éternel.
23.3 Et je rassemblerai le reste de mes brebis De tous les pays où je les ai chassées; Je les ramènerai dans leur pâturage; Elles seront fécondes et multiplieront.
23.4 J’établirai sur elles des pasteurs qui les paîtront; Elles n’auront plus de crainte, plus de terreur, Et il n’en manquera aucune, dit l’Éternel.
(…)23.11 Prophètes et sacrificateurs sont corrompus; Même dans ma maison j’ai trouvé leur méchanceté, Dit l’Éternel.
23.12 C’est pourquoi leur chemin sera glissant et ténébreux, Ils seront poussés et ils tomberont; Car je ferai venir sur eux le malheur, L’année où je les châtierai, dit l’Éternel.
23.13 Dans les prophètes de Samarie j’ai vu de l’extravagance; Ils ont prophétisé par Baal, Ils ont égaré mon peuple d’Israël.
23.14 Mais dans les prophètes de Jérusalem j’ai vu des choses horribles; Ils sont adultères, ils marchent dans le mensonge; Ils fortifient les mains des méchants, Afin qu’aucun ne revienne de sa méchanceté; Ils sont tous à mes yeux comme Sodome, Et les habitants de Jérusalem comme Gomorrhe.
23.15 C’est pourquoi ainsi parle l’Éternel des armées sur les prophètes: Voici, je vais les nourrir d’absinthe, Et je leur ferai boire des eaux empoisonnées; Car c’est par les prophètes de Jérusalem Que l’impiété s’est répandue dans tout le pays.
23.16 Ainsi parle l’Éternel des armées: N’écoutez pas les paroles des prophètes qui vous prophétisent! Ils vous entraînent à des choses de néant; Ils disent les visions de leur coeur, Et non ce qui vient de la bouche de l’Éternel.
23.17 Ils disent à ceux qui me méprisent: L’Éternel a dit: Vous aurez la paix; Et ils disent à tous ceux qui suivent les penchants de leur coeur: Il ne vous arrivera aucun mal.
23.18 Qui donc a assisté au conseil de l’Éternel Pour voir, pour écouter sa parole? Qui a prêté l’oreille à sa parole, qui l’a entendue?
23.19 Voici, la tempête de l’Éternel, la fureur éclate, L’orage se précipite, Il fond sur la tête des méchants.
23.20 La colère de l’Éternel ne se calmera pas, Jusqu’à ce qu’il ait accompli, exécuté les desseins de son coeur. Vous le comprendrez dans la suite des temps.
23.21 Je n’ai point envoyé ces prophètes, et ils ont couru; Je ne leur ai point parlé, et ils ont prophétisé.
23.22 S’ils avaient assisté à mon conseil, Ils auraient dû faire entendre mes paroles à mon peuple, Et les faire revenir de leur mauvaise voie, De la méchanceté de leurs actions.
23.23 Ne suis-je un Dieu que de près, dit l’Éternel, Et ne suis-je pas aussi un Dieu de loin?
23.24 Quelqu’un se tiendra-t-il dans un lieu caché, Sans que je le voie? dit l’Éternel. Ne remplis-je pas, moi, les cieux et la terre? dit l’Éternel.
23.25 J’ai entendu ce que disent les prophètes Qui prophétisent en mon nom le mensonge, disant: J’ai eu un songe! j’ai eu un songe!
23.26 Jusques à quand ces prophètes veulent-ils prophétiser le mensonge, Prophétiser la tromperie de leur coeur?
23.27 Ils pensent faire oublier mon nom à mon peuple Par les songes que chacun d’eux raconte à son prochain, Comme leurs pères ont oublié mon nom pour Baal.
23.28 Que le prophète qui a eu un songe raconte ce songe, Et que celui qui a entendu ma parole rapporte fidèlement ma parole. Pourquoi mêler la paille au froment? dit l’Éternel.
23.29 Ma parole n’est-elle pas comme un feu, dit l’Éternel, Et comme un marteau qui brise le roc?
23.30 C’est pourquoi voici, dit l’Éternel, j’en veux aux prophètes Qui se dérobent mes paroles l’un à l’autre.
23.31 Voici, dit l’Éternel, j’en veux aux prophètes qui prennent leur propre parole et la donnent pour ma parole.
23.32 Voici, dit l’Éternel, j’en veux à ceux qui prophétisent des songes faux, qui les racontent, et qui égarent mon peuple par leurs mensonges et par leur témérité; Je ne les ai point envoyés, je ne leur ai point donné d’ordre, et ils ne sont d’aucune utilité à ce peuple, dit l’Éternel.
23.33 Si ce peuple, ou un prophète, ou un sacrificateur te demande: « Quel est l’oracle de l’Éternel? »
Tu leur diras quel est cet oracle: Je vous rejetterai, dit l’Éternel.
23.34 Et le prophète, le sacrificateur, ou celui du peuple qui dira: « Oracle de l’Éternel », Je le châtierai, lui et sa maison.
23.35 Voici comme vous vous exprimerez en parlant entre vous: « Quelle réponse a faite l’Eternel? Quelle est la parole prononcée par l’Eternel? »
23.36 Mais le mot « oracle » de l’Eternel (Massa), vous n’en ferez plus mention; car la parole [de l’Eternel] communiquée à l’homme est bien un oracle (Massa), mais vous dénaturez les paroles du Dieu vivant, de l’Eternel-Cebaot, notre Dieu.
23.37 Voici donc ce que vous pourrez dire au prophète: « Quelle réponse t’a faite l’Eternel? Quelle est la parole prononcée par l’Eternel? »
23.38 Mais si vous parlez de Massa de l’Eternel, assurément alors l’Eternel dira: « Puisque vous employez cette expression de Massa de l’Eternel, malgré cette défense que je vous ai fait adresser: Ne dites pas Massa de l’Eternel,23.39 A cause de cela voici, je vous inscrirai dans l’inscrit,
Et je vous abandonnerai, vous et la ville Que j’avais donnée à vous et à vos pères,
Je vous rejetterai loin de ma face;23.40 Je mettrai sur vous un opprobre éternel Et une honte éternelle, Qui ne s’oublieront pas lo ṯiššāḵêaḥ. »
23.39: laken hinni wənāšîṯî etken nāšō, (…)
Voici est la traduction de hinni. Nasiti est donc la forme conjuguée de la racine NSh. Pour complexifier, naso serait sur la racine NSA, נָשָׁא (notation: A=alef) selon le lexique de Biblehub. Mais ce dernier entre en confrontation avec les deux IA que j’utilise car elles sont certainement alimentées à la même source. Les IA mentionnent un jeu de mot avec le mot oracle: Massa qui est issu lui aussi de la racine NSA, mais celle-ci ne signifie pas « tromper » comme la racine NSA listée par le lexique, mais NSA qui signifie « porter, soulever, enlever, pardonner ». L’idée portée par le jeu de mot évoqué serait la réponse divine de nassa apportée à la prétention de certain de déclarer Massa (oracle).
Il est clair qu’étant donné l’enjeu, il est tout à fait normal que le sens réel soit caché sous une tonne de couches. Les traductions neutralisent totalement le mot naso en en faisant surement/assurément/tout à fait. Il existe une troisième possibilité: naso serait l’infinitif de la racine NSh et constituerait une emphase sémitique en duo avec la forme nasiti afin de renforcer l’action décrite qui est, comme on peut le constater en mettant cette problématique en avant, primordiale pour tout le Livre. Les IA ne sont pas favorables à cette solution et lui préfèrent l’idée de charge. Or la charge est incompatible avec l’oubli.
J’ai choisi de traduire initialement ainsi: A cause de cela voici, je vous inscrirai à charge, Et je vous abandonnerai,
mais, j’opte pour la solution alternative par emphase (traduction approchée du sens): je vous inscrirai dans l’inscrit.
Quant à la fin du chapitre, elle est claire: la honte éternelle ne peut être effacée. Lo ṯiššāḵêaḥ: le verbe oublier ne fait aucun doute ici. Leurs écrits sont donc bel et bien inscrits. Comme nous l’avons vu, Jérémie, paix sur lui, est le premier prophète de toute la Révélation qui se voit opposé à un faux-prophète (parmi plusieurs présents à la cour) qui réussit à incorporer ses écrits au canon biblique. Cependant ce livre est très secondaire car il est d’une part très court et d’autre part il ne concerne pas Israël directement. Son utilisation théologique a du être circonstanciée à sa période de rédaction et n’a eu aucune portée ultérieure. Tout cela va bien changer quelques décennies plus tard, comme nous allons le voir. Dès lors que l’on a accepté cette idée d’introduction de livres corrompus, il faut l’appliquer à tous les corpus du monothéisme. Ce qui motive cette compréhension est la constatation de la continuité des écritures et non d’une rupture brutale. Les chrétiens, y compris ceux qui ont voulu revenir aux sources en réformant le culte, n’ont jamais remis en question le canon biblique. Ils se sont mis en opposition essentiellement sur la question de la fonction de Messie avec les partisans de la Torah et ont considéré qu’ils devaient dépasser cette dernière. Ce faisant, ils se sont comportés comme les accusateurs de Job, paix sur lui.
Bien entendu cette compréhension ne peut se faire qu’en connectant la Bible et le Coran de notre point de vue. Dans le contexte exclusivement biblique de cette époque, c’est bien le sens de l’oubli des générations considérées comme fautives qui s’impose mais il est circonstancié à l’Israël pré-exil. Ceux qui vont porter la Révélation post-exil ne se sentent pas concernés. Ils n’ont donc pas pour ambition d’éradiquer le mensonge introduit.
Voir: https://www.stephanpain.com/2025/02/22/victime-et-bourreau/
https://www.stephanpain.com/2025/03/05/un-jour-sans-fin/
Lm 3.17
Le sens est sans contestation possible oublier.
Le consensus de la recherche sur la question du livre des Lamentations s’accorde sur l’idée que Jérémie, paix sur lui, n’en serait pas l’auteur. Certains affirment même qu’il s’agit d’une création scripturaire en opposition à lui. Le ou les auteurs seraient donc parmi les premiers concernés par la mise en garde précédente. Nous ne sommes plus face à une incise postérieure, ni à des chapitres incorporés, mais à un livre entier.
Remarque: la présence du verbe nasah dans ce livre étranger à la Parole s’explique, comme je le disais plus haut, par le fait que l’Esprit s’impose aussi sur les négateurs.
Cinquième étape: insertion de livre mensongers mais secondaires dans le corpus juste avant l’exil.
Sixième étape, période d’exil, le faux-prophète prend le pas sur le vrai, Daniel, paix sur lui.
Septième étape, post-exil, fin de la prophétie en Israël. Les faux-prophètes sont seuls à s’installer dans le corpus.
Fin de la période couverte par l’hébreu nasah.
Huitième étape, à l’époque messianique, plutôt qu’être un renouvellement des écritures, prolongement du processus par des fondements scripturaires corrompus. Le prophète ne peut pas laisser d’écrit achevé. Toute la Parole est encapsulée dans des récits inventés, ponctuée par des commentaires exegétiques parfois erronés. L’évangile est morcelé en divers morceaux incompatibles entre eux et incohérents avec l’histoire. La structure même en 4 livres est issue de la contre-théologie déployée par le faux-prophète exilique. Voir: https://www.stephanpain.com/2025/01/07/mes-os-et-ma-chair/
L’eucharistie est dédoublée bien/mal comme nous l’avons vu.
https://www.stephanpain.com/2025/11/28/dix-huit/
Tout cela peut expliquer pourquoi l’adversaire n’est pas si affecté que ça par la Venue (préfiguration par Joseph).
https://www.stephanpain.com/prefiguration-par-joseph/
Mais le plan de Dieu est: sauvegarde de l’authenticité de la Parole par un groupe d’élus pour la transmettre jusqu’au sceau de la prophétie, Muhammad, paix sur lui. Une fois le sceau posé sur la Révélation plus aucun groupe n’assure la transmission globale. En très peu de temps le corpus islamique va devenir un outil politique. Dans la problématique qui nous concerne, le corpus corrompu va prendre le pas législatif sur le Livre, notamment dans la définition de la prière en tant que pilier de la foi. Elle se voit divisée par deux en tant qu’outil rituel de délivrance du malin.
Schéma proposé
Nous avions étudié auparavant le principe d’alternance des périodes de vaches grasses et maigres dans la Révélation.
https://www.stephanpain.com/2025/03/05/un-jour-sans-fin/
Dans cet article, vous trouverez une frise chronologique de l’état de la communauté des croyants et son rapport au monde. La première Venue messianique correspond au départ d’un nouveau cycle faste. Cependant, comme nous venons de le voir, l’altération du corpus poursuit sa progression dans la continuité. Il y a donc deux processus de dégradation qui se chevauchent. L’un est cyclique, l’autre continu. La charnière de la seconde Venue correspond à un nouveau cycle faste de la communauté, mais le dévoilement stoppe la dégradation continue. La question: est-ce de manière publique ou cachée? Étant donné les versets à partir de Qu 2.74 « Puis, et en dépit de tout cela, vos cœurs se sont endurcis; », tout porte à croire que les effets de la corruption continueront à se faire sentir.
Voir https://www.stephanpain.com/2024/12/20/jour-du-jugement/
Les racines NSKh et NSh sont des racines peu utilisées. La racine arabe NSKh est utilisée 4 fois dans le Coran, dont deux pour des versets primordiaux concernant les mensonges inspirés par l’adversaire et sur lesquelles sont bâties des points de doctrine fondateurs, à savoir la doctrine de l’abrogation des versets à l’intérieur du Coran (qui permet de hiérarchiser entre eux des versets voir de neutraliser certains versets à l’aide de hadiths). Si nous écartons les deux mentions hébraïques de NSh de Jb 39.17 (incise tardive) et Lamentations, nous avons 5 utilisations (en comptant naso), dont l’une traite des faux-prophètes qui parle au nom de Dieu, une autre de la création du nom de la plus grande tribu d’Israël signifiant son souvenir, et une autre de la non-inscription des péchés d’Israël. Plutôt que d’être un handicap pour l’étude, cette rareté est au contraire révélatrice car elle pose un verset biblique en réponse à un verset coranique fondamental.
Retour au Coran
Cet article s’est ouvert sur le Coran, revenons-y pour lui porter sa conclusion. Rappel:
6.93 Et quel pire injuste que celui qui fabrique un mensonge contre Allah ou qui dit: « Révélation m’a été faite », quand rien ne lui a été révélé. De même celui qui dit: « Je vais faire descendre quelque chose de semblable à ce qu’Allah a fait descendre. » Si tu voyais les injustes lorsqu’ils seront dans les affres de la mort, et que les Anges leur tendront les mains (disant): « Laissez sortir vos âmes. Aujourd’hui vous allez être récompensés par le châtiment de l’humiliation pour ce que vous disiez sur Allah d’autre que la vérité et parce que vous vous détourniez orgueilleusement de Ses enseignements. »
Avant de se tourner vers les occurrences de NSKh non traitée, revenons un instant sur le verset 2.106, qu’il parait judicieux de citer avec le précédent plutôt que l’isoler:
2.105 Ni les mécréants parmi les gens du Livre, ni les Associateurs n’aiment qu’on fasse descendre sur vous un bienfait de la part de votre Seigneur, alors qu’Allah réserve à qui Il veut sa Miséricorde. Et c’est Allah le Détenteur de l’abondante grâce.
106 Si Nous inscrivons une ayah quelconque ou que Nous la fassions oublier, Nous en apportons une meilleure bikhayrin, ou une semblable mith’lihā. Ne sais-tu pas qu’Allah est Omnipotent ?
nati bikhayrin min’hā aw mith’lihā.
Le sujet introduit est un bienfait descendu. Si j’ai conservé ayah, c’est parce que le mot a deux sens très clair dans tout le Coran. Si cela signifie verset, cela signifie également Signe (ou miracle). Nul ne peut contester qu’un Signe est un bienfait céleste. Ensuite, un verset ou un Signe peut être une bénédiction ou une malédiction. Ensuite, il est écrit « bikhayr », ce qui n’est pas la formulation normale pour faire une comparaison. Il s’agit plutôt d’aller vers le bien. Enfin, nous retrouvons le terme bimith’lihā ici:
10.27 Et ceux qui ont commis de mauvaises actions, la rétribution d’une mauvaise action sera l’équivalent.
Il ne s’agit pas de comparer deux choses semblables, mais de faire correspondre deux choses.
Le verset devient:
106 Tout Signe que Nous inscrivons, ou que Nous fassions oublier, Nous en faisons venir, à partir de lui, un bien, ou son (rétribution punitive) équivalente.
Ne sais-tu pas qu’Allah est Omnipotent ?
Que le Signe soit transmis aux générations futures ou non, il aura des conséquences de malédiction ou de bénédiction suivant le cas à ceux qui en sont contemporains (le bien des uns devient le malheur des autres dans le prolongement du verset 105).
Voyons les autres occurrences.
Moïse, paix sur lui, avait la tête dans le ciel. On imagine le choc que la scène du veau d’or a pu être pour lui. Et surtout sa colère. Une telle redescente est impardonnable. Il jette les tablettes et attrape la tête de son frère.
Qu 7.154 Et quand la colère de Musa (Moïse) se fut calmée, il prit les tablettes. Il y avait dans leur inscription nus’khatihā guide et miséricorde à l’intention de ceux qui craignent leur Seigneur.
La présence de ce verset n’est pas anodine, c’est l’inscription fondatrice des écritures.
A l’autre bout, la sourate de l’agenouillée, l’Heure ( Et voilà qu’apparait le mot central de ce passage décisif: le verbe oublier: nasiya (نَسِىَ) de la racine nūn sīn yā ,نسي , NSY):
Paix sur les âmes investies de parts de l’Esprit.
Qu 45.27 À Allah appartient le royaume des cieux et de la terre.
Et le jour où l’Heure arrivera, ce jour-là, les imposteurs seront perdus.
28 Et tu verras chaque communauté agenouillée.
Chaque communauté sera appelée vers son livre.
On vous rétribuera aujourd’hui selon ce que vous œuvriez.
29 Voilà Notre Livre.
Il parle de vous en toute vérité car Nous enregistrions nastansikhu [tout] ce que vous faisiez. »
30 Ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, leur Seigneur les fera entrer dans Sa miséricorde.
Voilà le succès évident.
31 Et quant à ceux qui ont mécru [il sera dit]: « Mes versets ne vous étaient-ils pas récités ? Mais vous vous enfliez d’orgueil et vous étiez des gens criminels. »
32 Et quand on disait: « La promesse d’Allah est vérité; et l’Heure n’est pas l’objet d’un doute », vous disiez: « Nous ne savons pas ce que c’est que l’Heure; et nous ne faisions à son sujet que de simples conjectures et nous ne sommes pas convaincus [qu’elle arrivera]. »
33 Et leur apparaîtra [la laideur] de leurs mauvaises actions.
Et ce dont ils se moquaient les cernera.
34 Et on leur dira: « Aujourd’hui Nous vous oublions nansākum comme vous avez oublié nasītum la rencontre de votre jour que voici.
Votre refuge est le Feu; et vous n’aurez point de secoureurs.
35 Cela parce que vous preniez en raillerie les versets d’Allah et que la vie d’ici-bas vous trompait. »
Ce jour-là on ne les en fera pas sortir et on ne les excusera pas non plus.36 Louange à Allah,
Seigneur des cieux et Seigneur de la terre:
Seigneur de l’univers.37 Et à Lui la grandeur dans les cieux et la terre.
Et c’est Lui le Puissant, le Sage.
