La plupart du temps, j’entame les articles en ayant bien cerné mon sujet. J’avoue être assez friand de mener mes lecteurs dans une certaine tension jusqu’à la résolution finale. Un titre qui suggère sans dévoiler l’intrigue. Une introduction qui stimule la curiosité. Mais parfois, le fait de rédiger m’aide à structurer ma pensée et ainsi le but se révèle au fur et à mesure de l’écriture. Parfois même, quelques jours plus tard un nouvel élément va venir tout chambouler à ma plus grande joie. Vous le comprenez, cet article est entamé sans réellement savoir où il va mener. Une chose est sure, il s’agit d’un point de convergence: il s’agit de refermer des parenthèses qui ont été ouvertes il y a maintenant plusieurs années.
Premier Phénix
Le premier Phénix qui est apparu dans ma vie est à l’automne 2015 alors que ma mère venait de décéder quelques semaines plus tôt après une longue période de souffrance psychologique. Il est apparu sous la forme du nom d’une société spécialisé dans la redistribution des invendus alimentaires. L’association dans laquelle j’officiais en tant que bénévole s’était lancé dans un partenariat avec elle. La première ramasse se fit avec mon camion un peu fatigué. C’était le début d’une longue histoire qui s’est achevée au Ramadhan 2018. A l’époque, je n’avais pas prêté une plus grande attention que cela au nom Phénix. Avec le recul, on peut tout de même envisager que la collaboration avec cette entreprise était une sorte de renaissance par rapport au traumatisme du décès. Comme les choses se sont faites dans la durée, lorsque l’on est en train de les vivre, on ne peut pas forcément percevoir le processus. D’un coté, c’est une expérience positive pour moi car elle permet de me faire découvrir le don de soi aux autres. Mais de l’autre, je découvre un aspect peu reluisant de ce milieu: le coté mercantile et pas vraiment philanthrope. Cela consiste en un système de détournement de subventions bien huilé qui utilise le bénévolat des membres des associations qui travaillent pour les profits des supermarchés. Les invendus sont défiscalisés et les volumes de déchets réduits, donc leur cout de traitement. Cet enseignement ne se limite pas à ce domaine. Par analogie, nous pouvons dénoncer comme escroquerie intellectuelle ou financière divers problématiques basées sur la bienveillance/tolérance: écologie, féminisme, pluralité des genres, santé et mesures sanitaires, subventions dans le domaine du social, antiracisme, antifascisme…etc.
https://www.stephanpain.com/2016/03/15/ciao-putain/
Deuxième Phénix
Au cours de l’année 2018, je vais progressivement me rapprocher de l’eucharistie. Au début je me contente de manger l’hostie. Au cours de l’été, je vais me retrouver dans une communauté très fervente. C’est un endroit où toute l’assemblée se met en génuflexion durant l’eucharistie, geste quelque peu abandonné par les fidèles dans les églises usuelles. Je les accompagne dans ce mouvement. Au moment de ce que l’on appelle la transsubstantiation, je ressens quelque chose de très fort. C’est une véritable expérience mystique. Quelques temps passe. Puis je vais écrire l’article début septembre. Trois jours plus tard, je me rends avec un ami qui travaille dans l’automobile ancienne dans une concession. J’y découvre une voiture exposée qui a fait parti de mon enfance durant des années et que je n’avais jamais vu en vrai: la Thunderbird. Un Phénix en or s’étale sur tout le capot.
Concernant l’eucharistie, si mon expérience est une sorte de renaissance, c’est aussi la prise conscience (sur la durée) que l’eucharistie n’est pas basé sur un changement de substance du pain et du vin mais sur une action directe de l’Esprit sur soi. Je vais finalement arrêter de manger l’hostie durant la période virus, et mon expérience de réception du flux divin va aller en augmentant avec les années. Par extension, nous pouvons dénoncer toutes les pratiques religieuses perverties qui ont perdu de leur sens, voire qui sont néfastes. La liste est longue là aussi.
https://www.stephanpain.com/2018/09/07/transsubstantiation/
Troisième Signe
Nous sommes vers la fin de 2019. Je découvre une communauté de Judéo-nazaréens. Ils se présentent comme fidèles à la Torah et disciple du Messie. Ils remettent en question à la fois la tradition rabbinique et catholique. Ils réinterprètent donc la Loi au travers des évangiles. Par exemple, ils expliquent, basé sur une énorme connaissance inconnu de la plupart des chrétiens, comment devrait être le calendrier. Je suis assez impressionné par cette façon d’aborder les choses, qui est typiquement rabbinique. Mais, face à des signes qui à moi me paraissent évident, et qu’ils relatent dans leur expérience personnelle, ils ne comprennent pas ce que Dieu veut leur dire. Il y a donc une dissymétrie entre théorie et pratique.
Dans la prière, je vais lire le Coran. A un moment, j’entends un grand bruit à coté de moi: la bougie se consume très rapidement. Je finis ma prière et éteint la bougie dont la flamme est devenu énorme. Je constate que ce phénomène a été causé par une sorte de boule formée par la mèche. Cette boule est en forme d’oiseau. on peut clairement distinguer le corps, le cou et le bec. Pendant l’incident, c’est un oiseau de feu. Le bruit a commencé alors que je lisais le verset 9.30 du Coran où il est question des juifs qui disent que ‘Uzayr est fils d’Allah.
https://www.stephanpain.com/2019/12/20/netivot-olam/
9.30 Les Juifs disent: « ‘Uzayr est fils d’Allah » et les Chrétiens disent: « Le Christ est fils d’Allah. »…
Quatrième
Nous sommes en mars 2023. Je décide de rejoindre une manifestation dans Paris sur le thème de la corruption des médias. Elle est organisée et constituée essentiellement par d’anciens Gilets jaunes. A la fin, un groupe qui comprend des membres connus de ce mouvement, qui interviennent dans des web tv ou qui ont leur propre chaine, se réunit dans un café parisien. Me voilà donc au coeur de la dissidence.
Quelques jours avant, j’avais mis le doigt sur quelque chose d’important: la date du 13 octobre. Je n’en avais parlé à personne. Ils avaient donc l’exclusivité.
13 octobre 1962: coup d’état au centre névralgique de l’église catholique. Des évêques forment une coalition pour s’emparer des débats du concile. L’église catholique vend son âme pour la modernité.
13 octobre 2006: création de l’état pseudo-islamique. Phase finale de destruction de l’Islam aux yeux du monde.
Les gens qui m’entourent sont surpris. Ils sont sensibles à ce genre de connexions. Mais la discussion prend fin rapidement. Les dissidents n’aiment pas trop être bousculés dans leurs convictions. Ce qui peut sembler paradoxal. Je me retrouve donc de nouveau seul dans mon coin après avoir été le centre de l’attention. Il y a des sous-bocks posés à coté de moi et j’en attrape un pour m’occuper l’esprit. C’est alors que je vois un Phénix: c’est un sous-bocks d’une marque de bière. Année de naissance: 1128. Je consulte alors le verset 11.28 du Coran. Le verset entre en résonance avec la situation.
https://www.stephanpain.com/2023/03/05/bx-elue-de-lannee/
11 : 28 – Il dit : « Ô mon peuple, ne voyez-vous pas que je m’appuie sur une preuve de mon Seigneur
et qu’Il m’a accordé une miséricorde de Sa part, mais vous y êtes aveugles?
Devons-nous vous l’imposer alors que vous y répugnez ?
Final
Nous voici le 8 décembre 2024. La Syrie vient de tomber après 13 ans de guerre civile. Le monde entier comprend que quelque chose décisif vient de se jouer en cet instant géo-politique si particulier. A peine quelques heures plus tôt, une grande partie des dirigeants se retrouvaient dans la cathédrale centrale de Paris pour y célébrer un événement qui ne semble pas concerner le peuple et encore moins les croyants. Cette cathédrale emblématique a été purifiée par le feu le 15 avril 2019, jour de la purification de la semaine sainte.
https://www.stephanpain.com/2019/04/16/jour-de-purification/
Il est donc normal qu’elle n’appartienne plus aux croyants, même si tout semble revenu à la normal en surface. Sur internet, tout le monde y va de son commentaire sur le destin du pays central du Sham. La perspective que le pays achève son basculement dans le chaos à la manière de nombreux autres pays avant lui, semble s’imposer. J’écoute les propos d’un prédicateur musulman qui argumente sur la confession de la famille régnante. Elle est considéré hérétique pour la plupart des théologiens. Le reproche principal qui est fait serait la déification d’Ali, paix sur lui. Voici le commentaire qui appuyait le propos, tel quel:
La croyance que Ali raduiya lloohu anhu est une divinité existait déjà du vivant de ce noble compagnon lui-même. Il a ordonné à son serviteur Qoumbour de lui faire une tranchée et d’y mette du feu et il les a brûlé vif. Abdou llaah Ibn Abbas raduiya lloohu anhumaa a approuvé leur meurtre mais il a désapprouvé le fait qu’ils soient brûlés. Il faut relire l’histoire de Ali ou celle de Abdou llooh Ibn Abbas dans siyarou a’lamin-noubalaï de l’imam ad-Dhahaby pour se rendre compte de ce que je dis in shaa llooh
La description d’Ali, paix sur lui, comme ordonnant de jeter au feu ces hommes me choque. Cela me renvoie à un hadith qui est souvent rapporté depuis les minbars à propos du Prophète, paix sur lui, et que j’ai déjà entendu lors d’un prêche du vendredi, qui aurait menacé de bruler les maisons de tous ceux qui ne viennent pas prier à la mosquée. On pourrait croire que ces récits sont affectionnés par une poignée de radicaux, mais étant donné leur popularité, force est de reconnaitre qu’ils ne sont pas critiqués. Je cherche alors une source à ce récit et me voilà sur un site salafi. L’histoire est rapportée de manière très précise, selon la pseudo-science du hadith. Aucune critique n’est mentionnée. La chose est entendue. Et comme si cela ne suffisait pas, il se trouve que le logo du site constitué de son nom en arabe, a la forme d’une flamme. Reconnaissons que tout cela possède une certaine cohérence pour le parti des adeptes de l’Ordre du feu. Ici, quand il est question d’Ordre, il s’agit plus de raisonner sous forme d’égrégore. Nous sommes face à un égrégore du feu.
Dernièrement mes préoccupations se concentraient sur la tentation durant la Passion et son lien avec une confrérie. Nous sommes face à un véritable casse-tête. Si les autorités romaines sont clairement identifiées comme appartenant à l’Ordre des oiseaux de proie, ce n’est pas le cas de tous les protagonistes. Considérant la nature des deux guerres judéo-romaine, consécutive de la période messianique, nous y reconnaissons la présence déterminante de l’Ordre du feu. Pouvons-nous en identifier certains membres dans le récit des évangiles? C’est alors que je me suis mis en tête de me documenter sur le Phénix. J’apprends que l’oiseau mythique apparait dans certaines traductions de la Bible:
Jb 29.18 Alors je disais : Je mourrai dans mon nid, Mes jours seront abondants comme le sable/Phénix (ḥōl: ח֗וֹל);
Le contexte est celui où Job, paix sur lui, décrit la vie prospère qu’il menait auparavant. Il conclut sa longue tirade sur la fin de vie qu’il espérait alors. La première partie indique qu’il aimerait mourir parmi les siens: son nid. La suite est plus compliquée à traduire. Celle que j’ai copié ici, avec le sable, est la plus courante. Sa tournure grammaticale semble indiquer un futur après la mort, ce qui est impossible. Cette expression liée au sable rappelle celle de la descendance d’Abraham, paix sur lui, en Gn 22.17. Après quelques réflexions, voici une traduction plus correcte, avec du futur antérieur:
Alors je disais : Je mourrai dans mon nid, Mes jours auront été abondants comme le sable;
Nous n’avons plus de suggestion d’immortalité. Mais malgré cela, et le fait que le mot ḥōl, systématiquement traduit par sable dans la Bible, certains se sont engouffré dans la brèche et n’ont pas hésité à lier cette déclaration d’une vie prétendument éternel avec l’animal mythique.
https://en.wikipedia.org/wiki/Chol_(Bible)
L’article en lien énumère les versions: CJB, LEB, NABRE, NRSV, NRSVA, NRSVACE, NRSVCE, WYC.
Ces versions sont toujours d’actualité. La présence de mythologie païenne dans la Bible aussi assumée est étonnant. Mais je devais admettre que l’animal apparaissait bien trop souvent dans ma vie. En reprenant les récits de chaque, une chose me sautait aux yeux: à chaque apparition de l’animal, je n’en tirais aucune conclusion. L’apparition dans la bougie était la plus impressionnante et aussi la plus précise. Mais il faudra attendre 4 ans, à la fin 2023, pour que je me risque à théoriser sur l’identité de ‘Uzayr.
https://www.stephanpain.com/2023/12/14/uzayr/
Voilà une grosse quantité d’informations. Et c’est loin d’être fini. Pour parvenir au bout de cette enquête, il va falloir être méthodique. Dans mon travail théologique, certains éléments originaux par rapport à la théologie classique sont apparus: les oiseaux, l’Ordre des oiseaux de proie, l’Ordre du Feu (ces éléments se retrouvent tous dans le chapitre 15 de Genèse).
https://www.stephanpain.com/2020/02/02/du-nil-a-leuphrate/
Un oiseau de feu semble être dans la continuité. Mais ce n’est pas aussi simple que cela. Dans les premières semaines du mouvement des Gilets jaunes, au beau milieu de l’effervescence, mon oeil droit s’était enflammé.
https://www.stephanpain.com/2019/11/13/ce-ptit-feu-il-va-incendier-le-monde/
Puis la cathédrale était en feu le jour prévu d’un discours présidentiel décisif lié au mouvement.
Enfin, cette phase s’est terminée au rond-point du Cannet des Maures. Le Hajj/pélerinage.
https://www.stephanpain.com/2019/10/28/pelerins/ (réactualisé)
Il nous faut à présent mener une étude sur le feu dans les évangiles.
Le feu dans les évangiles
Le mot feu (pur) apparait 71 fois dans le Nouveau Testament.
https://emcitv.com/bible/strong-biblique-grec-pur-4442-page-4.html#find
Illustrons chaque thème autour du feu avec un verset représentatif:
Métaphores:
Matthieu 7 : 19 Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu.
Jour du Jugement:
Matthieu 25 : 41 Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu (pur) éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges (messagers).
Feu de l’Esprit:
Matthieu 3 : 11 Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu.
Luc 12 : 49 Je suis venu jeter un feu (pur) sur la terre, et qu’ai-je à désirer, s’il est déjà allumé ?
Divers:
Matthieu 17 : 15 Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique, et qui souffre cruellement; il tombe souvent dans le feu (pur), et souvent dans l’eau.
Descente de l’Esprit
Actes 2 : 3 Des langues, semblables à des langues de feu (pur), leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux.
Le feu apparait ainsi dans divers autres écrits. Remarquons que l’Apocalypse l’utilise un grand nombre de fois, visiblement pour marquer les esprits. Mais, curieusement, outre une mention anecdotique d’une métaphore qui rappelle le feu de la Géhenne en 4E 15.6, le feu est absent du quatrième évangile. Rappelons au passage avant de poursuivre, que le feu est très présent dans le Coran également.
Pierre et le feu
La trahison suivie du chant du coq est un récit rapporté dans tous les évangiles. La scène se passe autour d’un feu. Mathieu ne mentionne pas le feu. Dans Luc 22 : 55/56, c’est le mot pur qui est utilisé.
Luc 22 : 55 Ils allumèrent du feu (pur) au milieu de la cour, et ils s’assirent. Pierre s’assit parmi eux.
Dans Marc, c’est le mot phos, généralement traduit par lumière. C’est la seule fois où il l’utilise.
Marc 14 : 54 Pierre le suivit de loin jusque dans l’intérieur de la cour du souverain sacrificateur; il s’assit avec les serviteurs, et il se chauffait près du feu (phos).
Mais le 4ème évangile mentionne le feu en utilisant le mot anthrakia. Il est traduit par brasier.
4E 18 : 18 Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier (anthrakia), car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait.
Le mot est utilisé une unique autre fois ici, où il est aussi question de Pierre:
4E 21 : 9 Lorsqu’ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés (anthrakia), du poisson dessus, et du pain.
Si bien que, même s’il mentionne la présence du feu, un autre mot est utilisé, qui éloigne du feu divin: c’est un simple feu alimentaire. Cela signifie qu’à aucun moment du quatrième évangile, il n’est fait mention du feu de la Géhenne, ni du feu purificateur, ni du feu de l’Esprit. Voilà qui a de quoi attirer notre attention. Au contraire, l’un des thèmes centraux est l’eau vive. C’est l’eau qui assume la charge de la purification. Si effectivement l’eau purificatrice existe ailleurs dans la Bible, l’absence du feu purificateur semble suspecte.
Comme nous venons de le voir, ce sont deux récits autour de Pierre où le brasier apparait. Le premier récit il tombe en disgrâce, et le deuxième il est réhabilité. A une nuance près, dans le futur il devra se soumettre à une tierce personne (comme nous avons vu dans un article précédent: https://www.stephanpain.com/2023/12/28/les-sans-roi/ ).
Une idée m’est alors venu en tête. Il faut bien comprendre que les différentes traditions évangéliques se sont côtoyés pendant un long moment avant d’être écrites. Si le quatrième évangile est plus tardif, il n’en demeure pas moins qu’il demeure attaché à un groupe présent depuis le temps apostolique. Il ne pouvait pas faire disparaitre les autres traditions. L’écriture a donc été composé en fonction du contenu des synoptiques. Pierre est très présent et l’épisode de sa trahison un moment clef de la Passion. Il n’est donc pas possible pour les rédacteurs de l’escamoter. Ils ont donc choisi de se réapproprier cette histoire. A l’aide du brasier, ils ont établi un pont avec le dernier chapitre, afin de minimiser la trahison de Pierre, d’en faire une trahison temporaire, puisqu’il revient à la toute fin. Le résultat escompté est en partie raté. En effet, si le haut-clergé catholique se revendique de Pierre par certaines prophéties qui lui sont liés personnellement, sa trahison ne le concerne pas. Le clergé a sélectionné les versets qui allaient dans son sens et pas les autres, alors que la triple trahison est notable.
Dans la perspective d’une guerre entre différentes écoles de pensées proto-chrétienne, nous pouvons comprendre l’intérêt de la secte johannique de tenter de minorer Pierre. Le choix porté pour un autre mot que le feu trahit un indice fondamental: la présence de l’Esprit. Le feu présent dans la cour du prêtre n’est pas un feu anodin: il nous renvoie au feu de l’Esprit. La trahison de Pierre se fait en présence de l’Esprit. Cela, les rédacteurs du quatrième évangile l’ont bien compris. A court terme, l’enjeu est de taille car au tout début du récit des Actes, comme cité au-dessus, l’Esprit entre en scène et tombe sur les apôtres. Et dans ce récit, il n’y a aucun personnage que l’on pourrait identifier comme le disciple bien-aimé. Les rédacteurs n’ont pas le choix, pour discréditer le livre des Actes, il faut le contrer dès son début. Ainsi le feu de l’Esprit annoncé par Jean Baptiste, paix sur lui, disparait, ainsi que sa manifestation. A la place, l’eau. L’eau éteint le feu, mais étant donné le contexte métaphorique, ce n’est pas forcément pertinent de le mentionner. Une chose est sure, tous les indices textuels nous indique qu’une guerre à la légitimité par la présence de l’Esprit se déroule entre les deux camps.
Ceci étant dit, adoptons un angle différent. Dans un article très ancien, j’expliquais que les reniements étaient une prophétie annonçant le futur du trône de Pierre.
https://www.stephanpain.com/2014/07/02/les-trois-reniements-et-le-chant-du-coq/
Si le détail du feu n’a pas échappé au rédacteurs anciens, nous devons aussi le prendre en compte. Si Pierre a trahi, il l’a fait à coté du feu. J’ai tout d’abord émis l’hypothèse que le feu en question pouvait être celui de l’Ordre du feu, mais cela n’était pas cohérent. Il s’agit bien du feu divin. Cela est confirmé par cette unique emploi du mot phos (lumière) dans Marc qui est un terme employé principalement pour décrire la lumière divine dans Mat. Le mot d’origine devait être l’araméen nur qui peut se traduire feu ou lumière. Ce qui signifie que les diverses trahisons du haut-clergé catholique, qu’il parait impossible de réduire à uniquement trois, se sont fait à coté du feu de l’Esprit. Si je dis cela, c’est que cette entité a déclaré l’infaillibilité papale. C’est à dire que tout point théologique majeur serait fait dans l’Esprit. Caramba, encore raté!
Après cette petite touche d’humour, inévitable dans un instant aussi lourd, reprenons notre souffle, car nous sommes loin d’en avoir fini avec cet article. Nous l’avons débuté avec l’oiseau de feu, un oiseau éternel qui se régénère dans le feu. Nous avons vu que cet oiseau mythologique s’est glissé dans les écritures suggérant qu’un prophète puisse acquérir l’immortalité ici-bas. Citons deux passages représentatifs des deux sectes concurrentes:
4E 3:16 : « Car Dieu a tant aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. »
1 Corinthiens 15:54 : La victoire sur la mort est rendue possible par la résurrection en Christ, pas par une quelconque capacité humaine ou naturelle.
En théologie classique, ces deux versets, conformes à la doctrine monothéiste, annonce la vie éternelle dans l’au-delà. Pourtant, à y regarder de plus près, la tournure des deux phrases pourrait tout aussi bien annoncer une vie immortelle sur terre. Cette idée de victoire sur la mort pourrait, appuyée par une personne se faisant passer pour érudit ainsi que par le passage de Job altéré vu plutôt, persuader un fidèle que la vie ici-bas n’aurait pas de fin. Entendons-nous bien, lorsque je dis fidèle, il est clair que les boniments sont plus rentables avec une personne importante ou aisée. Pour mieux comprendre une problématique, il faut parfois prendre beaucoup de recul. Nous allons donc quitter le cadre du monothéisme.
Bouddisme
Il ne s’agit pas d’un scénario fictif. Pour illustrer ce concept d’une secte élitiste immortelle qui croit en sa réincarnation cyclique, il suffit de se tourner vers le bouddhisme tibétain. Les hauts-responsables, lorsqu’ils meurent, sont cherchés au travers de leurs réincarnations dans tout le pays. Après la mort d’un lama important, des oracles ou des visions guident les moines dans leur quête pour trouver son successeur, souvent un enfant. L’enfant identifié doit démontrer sa capacité à reconnaître des objets ayant appartenu au défunt lama, validant ainsi son statut de réincarnation. On affirme qu’ils se sont réincarnés pour prolonger leur mission de guidance des fidèles. Il y a une différence sur cette question entre la réforme bouddiste et la matrice hindouiste. Dans l’hindouisme, la réincarnation est universelle et soumise au karma. La réforme bouddhiste, si elle supprime les castes en apparence, a introduit une dynamique différente, où certains individus atteignent un niveau de réalisation spirituelle leur permettant de guider activement leur cycle de réincarnation.
Ce système fonctionne, mais il a des limites. Il ne fonctionne qu’en vase clos. Dans le contexte du mondialisme, qui s’accompagne souvent de l’essor du scepticisme scientifique, où les fidèles peuvent se nourrir à d’autre traditions spirituelles, ces croyances peuvent s’avérer fragiles et ne pas résister à la confrontation. Des modèles plus inclusifs, universels ou rationnels peuvent séduire les fidèles. Dans un cadre mondialiste, un système basé sur un groupe restreint d’individus cooptés, opérant dans l’ombre et reliant ses membres par des idéaux partagés ou des intérêts communs, peut se révéler plus résilient.
- Absence de visibilité directe: Un groupe occulte n’est pas soumis aux mêmes critiques ou attentes que les structures spirituelles publiques.
- Flexibilité doctrinale: Contrairement à une religion en vase clos, un groupe occulte peut recruter parmi plusieurs traditions et systèmes de pensée, consolidant son pouvoir. Le quatrième évangile est un précurseur en la matière dans sa démarche de récupération de diverses traditions religieuses. Une pseudo-attache à la Torah pour la partie exotérique, et des influences égyptiennes, perses, et grecques pour la partie ésotérique. De nombreuses loges considèrent ce livre comme leur référence.
- Solidité interne: La sélection des membres par cooptation renforce la loyauté et l’engagement, tout en limitant les risques de dissidence interne.
- Solidité externe: le bouddisme tibétain a été fermement combattu par le pouvoir central chinois. Une confrérie est moins sensible aux régimes autoritaires.
Transhumanisme et quête d’immortalité
Le transhumanisme cherche à dépasser les limites biologiques humaines à travers des avancées technologiques : allongement de la durée de vie, augmentation cognitive, fusion homme-machine, etc. Cette quête peut être interprétée comme une tentative moderne et matérialiste d’atteindre des idéaux qui, autrefois, relevaient du domaine religieux ou spirituel. Ces efforts semblent alignés avec des promesses d’immortalité terrestre. Si l’élite croit en une immortalité cyclique ou une transcendance humaine, le transhumanisme offre une voie scientifique pour valider ces idées au grand jour. Ces idées deviennent acceptables pour un public séculier.
Là où la religion trie par la droiture morale. Cette nouvelle forme d’élitisme assumée peut s’affranchir des dogmes religieux et cohabiter voire les dominer. Sur la base notamment de la preuve de la supériorité de l’homme sur le divin par la maitrise de la vie. tout cela serait un mensonge, mais aucune preuve ne pourrait être apportée pour nier cette immortalité de certains. Le poids de la communauté scientifique adossée sur des réussites concrètes suffirait à maintenir l’illusion. Le peuple accepterait cet état de fait. Sa seule prétention serait de singer/s’inspirer les riches pour espérer acquérir eux aussi l’immortalité, et la religion et la morale passeraient de fait au second plan, voire escamotées.
Et c’est là où nous en venons à la différence entre la crémation et l’inhumation. La crémation est issu en occident des milieux maçonnique, tandis que l’inhumation est intrinsèque à la foi monothéiste. Nous voyons la forte hausse durant ces dernières années de la crémation, incompatible avec la croyance en la résurrection corporelle, y compris chez les croyants. Ne pourrait on pas relier la crémation au mythe du phénix?
On peut imaginer la volonté de crémation dans l’attente d’un jour pouvoir acquérir la réelle immortalité acquise par l’accomplissement d’une vie réussie. « Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. » Cette phrase résume tout cela.
L’oiseau s’enflamme
Considérons les oiseaux de proie d’une part et le feu de l’autre. La première rencontre de ces deux entités se produit à Babylone. La troisième apparition du Phénix dans ma vie, nous renvoie à la période messianique. Nous distinguons deux entités: le temple et son monde centralisé et de l’autre le monde des synagogues et de la lutte zélote décentralisée. Les zélotes, acteurs essentiels de la révolte juive contre Rome, et le Temple, symbole du judaïsme centralisé, étaient des opposés spirituels qui, malgré leur antagonisme, ont disparu ensemble dans le cataclysme de 70 ap. J.-C. Cette disparition conjointe illustre une dynamique d’autodestruction mutuelle et de transformation radicale. C’est le feu qui détruit le Temple. L’oiseau s’enflamme une première fois car les oiseaux de proie et le feu se sont détruit l’un l’autre.
Changement d’échelle. Nous partons du troisième phénix (temple – zélotes), celui-ci va donner naissance à terme au catholicisme d’un coté (le nouveau temple) et de l’autre l’islam sunnite conquérant (nouveau zélote). Ces deux mouvements vont évoluer indépendamment, jusqu’à devenir interconnectés comme ils le furent à leurs origines. Voici comment. Ce qui motive la dérive progressiste conciliaire c’est le constat d’échec du traditionalisme islamique qui s’incarne pleinement dans les mouvements djihadistes. Ils servent d’épouvantail pour rassembler les croyants. De même par opposition, l’impulsion d’un mouvement mondial de l’Islam sur le monde peut être justifié par le constat de la dérive morale du monde chrétien. Les discours radicaux des deux côtés se nourrissent ainsi mutuellement, exacerbant la polarisation et le sectarisme. Le feu du quatrième Phénix, global celui-là, s’alimente. A la différence près, qu’il ne semble pas que quelque chose puisse naitre de nouveau de tout ca. Tout du moins c’est l’analyse que nous pouvons en avoir de notre point de vue, spatial et temporel.
Ahasverus
Le Phénix est l’emblème d’un renouvellement éternel par la destruction. Après chaque mort, il renaît, un cycle constant de réinitialisation et de transformation. Cela peut symboliser, d’un côté, les révolutions et les dynamiques spirituelles où, à travers une phase de crise, un nouvel ordre ou sens émerge. Dans ce sens, il est lié à l’idée de transition et de transformation continue. Ahasvérus, le Juif Errant, est une figure qui, au contraire, incarne une errance interminable. Condamné à vivre sans fin, il est lié à une quête sans fin, une recherche de sens qui ne trouve jamais de repos ou de solution définitive. Son errance symbolise l’inachèvement et la recherche incessante, mais sans aboutissement.
https://www.stephanpain.com/2023/04/06/cinq-gens-du-doigt/
https://www.stephanpain.com/2024/11/28/comme-un-voleur/
Nous avons vu que Ahasverus serait une image de l’adversaire. Mais comme nous le voyons, il y a une opposition entre le Phénix et lui. L’adversaire n’existe que par la volonté du Créateur. L’adversaire n’agit que dans l’opposition et il aime singer la Révélation et ses protagonistes. L’image du Phénix est bien plus glorieuse que la sienne. Il lui est tentant de se l’approprier.
Une personne cherchant à promouvoir les doctrines d’Ahasverus, même en étant consciente des failles de ce concept, pourrait utiliser la métaphore du Phénix pour faire des promesses qui, au final, ne seraient jamais tenues. Bien mieux que la métaphore: l’adversaire serait un Phénix. Tout adepte aurait la promesse des mêmes capacités.
Le feu n’est pas absent de la doctrine johannique, il est réservé à un groupe restreint. L’apocalypse vient corriger cette absence, mais il est trop tard pour reprendre le pouvoir pour les siècles suivants.
Le mensonge principal que nous retiendrons nous est donné par le sous-bock de la dernière apparition de l’oiseau enflammé: Le secours de la Colère. Par ceci, l’adversaire semble promettre qu’il peut éviter à ses adeptes le feu de la Colère divine. Il s’agissait de clarifier la situation après tant de mois écoulés. Certains auraient pu penser que je militais ou que j’étais soumis à l’adversaire.
Allah est le meilleur des complotistes.
Baas: البعث
Notes
Religion, ésotérisme et pouvoir militaire
https://www.stephanpain.com/2024/03/30/de-sang-et-deau/




