Ce titre d’inspiration technique vous est offert en collaboration avec le Chat
Articles rédigés un 2 février ou en lien avec un évènement qui a eu lieu un 2 février:
https://www.stephanpain.com/2013/04/07/lhistoire-dezlemese/
https://www.stephanpain.com/2016/02/02/juste-une-illusion-18-janvier-2012/ (rédigé 4 ans après l’expérience vécue)
https://www.stephanpain.com/2020/02/02/du-nil-a-leuphrate/ (introduction du combat entre les oiseaux et les oiseaux de proie)
https://www.stephanpain.com/2022/02/02/84/ (rédigé le même jour que l’expérience)
https://www.stephanpain.com/2023/02/02/קֵנְאֵל/ (le nid des oiseaux)
https://www.stephanpain.com/2024/02/02/222/
https://www.stephanpain.com/2026/02/02/nouroun-ala-nour/
Avis au lecteur. Je ne saurais trop vous conseiller de vous installer confortablement en vue de la lecture de cet article.
2/2
Le 2 février est célébrée la fête de la présentation de Jésus au Temple, 40 jours après Noël, ainsi qu’il est rapporté ici:
Luc 2. 22
Et, quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, J. et Marie le portèrent à J., pour le présenter au Seigneur
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9sentation_de_J%C3%A9sus_au_Temple
L’essentiel de cet article va tourner autour du chapitre 22 du livre d’Ésaïe, paix sur lui. Le 22 est un nombre très particulier dans la Bible. C’est le nombre de lettres dans l’alphabet. Notre alphabet en compte 26 et l’arabe, 28. Le plus long Psaume, le 119, compte 176 versets, c’est à dire 8×22. Les 8 premiers versets commencent par la lettre alef , les 8 suivants par un bet, et ainsi de suite jusqu’au tav. Sur la croix est fait une référence explicite (rapportée dans le texte évangélique en araméen) au Psaume 22 (Mon Dieu, mon Dieu…) Voir: https://www.stephanpain.com/2015/12/22/mon-dieu-mon-dieu-pourquoi-mas-tu-abandonne/ Ainsi que ceci pour une analyse plus fouillée et récente: https://www.stephanpain.com/2024/10/18/ayn/
- Nombres 22: épisode inventé de Balaam, dont on retrouve encore des mentions dans le corpus chrétien https://www.stephanpain.com/2024/12/16/transfiguration/
- Josué 22: Les enfants de Ruben et de Gad, et la demi-tribu de Manassé établissent un autel et subissent le courroux d’Israël
- 1 Sam 22.18 Et le roi dit à _: « Approche, toi, et frappe les prêtres! » Et l’lduméen s’approcha et frappa les prêtres. Il fit mourir, ce jour-là, quatre-vingt-cinq hommes portant l’éphod de lin.
- 2 Sam 22.1 David prononça en l’honneur de l’Éternel les paroles de ce cantique, lorsque l’Éternel l’eut délivré de la main de tous ses ennemis et de la main de Saül.
- Ez 22.2 « O toi, fils de l’homme! Veux-tu faire le procès, le procès de cette ville de sang? Expose-lui toutes ses abominations.
Un Yod
Le 2 février de l’année 2024, je publiais un article nommé 222. https://www.stephanpain.com/2024/02/02/222/
Il était centré sur le verset 22.2 de la Genèse:
G 22.2 Il reprit: « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes; achemine-toi vers la terre de la vision, et offre le « en montée » sur une montagne que je te désignerai.
Ce verset peut se traduire également ainsi:
2 Il reprit « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes; achemine-toi vers la terre de (la) désobéissance et sacrifie-le sur la montagne que je te montrerai.
Le premier verset est issu de la version samaritaine dans lequel on retrouve le mot Moreh, qui se traduit par vision, tandis que la deuxième est dans la version juive, le mot est Moriah, qui se traduit normalement par désobéissance, mais qui est considéré comme un nom propre. Car comprenons bien que pour les institutions des 3 religions du Livre, il ne peut en être autrement. Les premiers parce qu’ils souhaitent y établir leur capitale, les deuxièmes car ils en attendent une version céleste pour certains et supportent activement les premiers pour les autres, et les troisièmes souhaitent y conserver leur troisième lieu saint d’où le Prophète, paix sur lui, serait parti vers les cieux.
Le livre entier
Les spécialistes de l’analyse biblique divergent sur la question du livre d’Ésaïe, paix sur lui. Si certains affirment que le livre n’est que de la main d’un seul homme, d’autres s’accordent sur trois époques de rédaction. Mais tous s’entendent pour distinguer 3 parties distinctes. La première s’étend du chapitre 1 au 39.
Théorie alternative.
Voici une autre théorie pour la composition. Je ne suis pas favorable à la théorie par bloc. Cependant, nous allons considérer que la première partie est un ensemble de textes révélés qui ont été assemblés par le prophète, paix sur lui, lui-même. Le reste de ses écrits a été assemblé avec des textes circonstanciés à des dates ultérieures par des scribes parmi ses disciples. Les parties circonstanciées tranchent avec les prophéties messianiques qui sont tournées vers les nations, ainsi que par des textes s’adressant au peuple des croyants sans préciser sa nature. Voici donc ma sélection de textes authentiques issus des chapitres 40 à 66. Ils sont illustrés avec un extrait pertinent, dont certains * sont cités dans l’Évangile. Les chapitres messianiques sont indiqués par un M.
42 1 Voici mon serviteur, que je tiens par la main, mon élu, en qui mon âme se complaît; sur lui, j’ai répandu mon esprit, pour qu’il révèle aux nations ce qui est juste. M *
50 6 J’ai livré mon dos aux coups et mes joues aux violences; je n’ai point dérobé mon visage aux insultes et aux crachats. M
53 4 Et pourtant ce sont nos maladies dont il était chargé, nos souffrances qu’il portait, alors que nous, nous le prenions pour un malheureux atteint, frappé par Dieu, humilié. M
54 1 Réjouis-toi, femme stérile qui n’as point enfanté! (adressé à la Ummah)
55 4 Certes, je l’ai établi comme un témoin pour les nations, comme le guide et le législateur des peuples. M
56 7 car ma maison sera dénommée Maison des prières pour toutes les nations *
57 3 Mais vous, approchez-vous d’ici, enfants de la magicienne, race issue d’un père adultère et d’une mère prostituée!
58 6 Mais voici le jeûne que j’aime: c’est de rompre les chaînes de l’injustice, de dénouer les liens de tous les jougs,
59 15 Oui, la vérité a cédé la place, et quiconque s’écarte du mal passe pour dément; et l’Éternel a vu, à sa grande indignation, que c’en était fait du droit.
61 1 il m’a délégué pour guérir les cœurs brisés, pour annoncer la liberté aux captifs et la délivrance à ceux qui sont dans les chaînes; M *
Il est tout à fait possible d’aller encore plus loin en suggérant que les révélations d’Ésaïe, paix sur lui, se limitent à des ensembles courts de versets pour certains passages. Ceux-ci auraient été inclus dans des chapitres construits autour de thématiques réactualisées. Ainsi, ce que les chrétiens nomment les Cantiques du Serviteur (Es 42,1-9 ; Es 49,1-7 ; Es 50,4-11 ; Es 52,13 à Es 53,12) devraient donc être isolés de leur environnement. Cela peut présenter un certain avantage, mais cela ouvre la porte à faire dire au texte ce que l’on veut. Cette solution demande une rigueur extrême. Pour le passage messianique le plus connu, le chapitre 53, il me semble que 52.13-15 est une sorte de résumé. Voici une proposition de compilation en trois couches :
-
- Ésaïe (VIIIe siècle av. J.-C.) → Auteur originel du chapitre 53, poème messianique révélé.
- Un rédacteur exilique (VIe siècle av. J.-C.) → rédige le chapitre 52, inspiré dans l’esprit du maitre, exaltant le retour d’exil.
- Un compilateur post-exilique (Ve siècle av. J.-C.) → Ajoute 52:13-15 pour relier les deux parties, puis numérotation globale
Ésaïe chapitre 22 – première partie
Le chapitre qui nous intéresse se situe donc dans cette première partie rédigée sans contestation durant la vie du prophète et décrivant son temps et ses contemporains. Le chapitre 22 en lui-même se décompose en deux parties, la première s’adresse à la population d’une ville, 1-14, et la deuxième à un homme de pouvoir en particulier, 15-25. Lorsque le récit est composé, Israël est dans le traumatisme de la chute de Samarie et de la déportation de son élite. Cet évènement a eu lieu en -722. Si pour nous cette date prend une dimension particulière, ce n’est évidemment pas le cas dans le contexte. A ce moment là, Juda est à son tour menacé et la capitale va être assiégée en -701. Toujours dans le contexte, avant cette chute, Israël était donc divisé en deux royaumes: Juda et Samarie. Dans ces deux royaumes, deux temples, l’un à Moreh, l’autre à Moriah. Un simple Yod sépare les deux lieux censés abriter la présence de Dieu sur sa Terre. A ce moment, il ne reste donc plus que Juda. Moriah demeure. Nous comprenons alors que c’est le moment pour que certains décrètent qu’ils ont raison et que si Samarie a chuté, c’est parce que Dieu voulait que seul Moriah demeure. Le Yod était là pour rester pour l’éternité. Dans les ruines de Samarie, plus personne ne pouvait contester. Seulement voilà, la Vérité est là, dans le premier verset écrit par Ésaïe, paix sur lui, à ce moment exact:
Ésaïe – Chapitre 22
1 Oracle (de la) vallée (de la) Vision
Le Créateur est taquin. Par l’intermédiaire de son prophète, il tranche sur la question. Ici, le mot est ḥizzayon (חִזָּיוֹן), provient de la racine חזָה (ḥazah), qui signifie « voir » ou « contempler, » et se traduit par « vision » ou « révélation. » Ainsi le chapitre 22 d’Ésaïe répond au chapitre 22 de Genèse. La vision donnée à Abraham, paix sur lui, trouve un écho à la vision de Ésaïe, paix sur lui. Mais ce n’est pas tout. L’expression vallée de la Vision est un oxymore. Car dans Ésaïe 22, il n’y a pas d’ambiguïté sur le lieu, nous sommes bien dans la capitale de Juda. Mais la ville est bâtie, et en particulier son Temple et ses palais, sur des hauteurs. Les vallées sont déconsidérées. L’expression vallée de la Vision est un oxymore car le mot vallée indique un endroit bas et s’oppose à une vision transcendante. Le Créateur se moque de la ville et de ses habitants. Mais ce n’est pas fini car il y a aussi un jeu de mot. En anglais, le mot Sion, se dit Zion. Il faut savoir que Zion en hébreu est un terme vulgaire pour désigner la copulation, l’équivalent en français, en emploi mais pas en sens, du mot qu’on utilise pour une femme qui monnaie ses charmes. Ainsi sans la vocalisation ‘i’ attachée au ḥ, l’expression pourrait devenir gai ḥazzayon et se traduire « la vallée de la copulation ». Mais nous pourrions opter pour une explication alternative en lien avec un article de 2024: https://www.stephanpain.com/2024/04/17/tawaf/ Il était expliqué que le mot Histofef était issu de l’assemblage de deux mots His et tofef, signifiant circumambuler en silence. Ici, nous aurions également le préfixe His, mais du fait de la présence du zayin, le סְ disparaitrait au profit d’un redoublement du Z (זָּיוֹן + הִסְ). Le mot signifierait alors, en tant que jeu de mot et non comme traduction littérale, « Copulation en silence » dans le sens que le silence (omerta) entourerait cette pratique et non pas qu’elle se ferait sans bruit. « la vallée de la copulation (passée sous) silence ». Dans la Septante, le verset est traduit par Sion. Que l’on se rassure, Sion s’écrit avec un Tsade qui se dit aussi Tzade, et non avec un Z. C’est surement la popularité de la prononciation Tz du Tsade qui a amené Zion comme traduction. Sion (צִיּוֹן) en hébreu biblique, selon la définition qui fait consensus, désigne la capitale de Juda ou une colline spécifique liée à la cité de David, paix sur lui. Les versets 9 et 11, qui mentionnent les piscines, font référence aux travaux menés par le roi pour préparer la ville à un siège (piscine de Siloé). A notre époque, nous en connaissons son célèbre tunnel qui traverse le mont du Temple sur plusieurs centaines de mètres (2 Rois 20:20). Le texte décrit une ville joyeuse, où l’on festoie alors qu’elle semble menacée par une armée. Finalement le livre des Rois rapporte que le roi étranger se contente d’un lourd tribut et que la ville est épargnée. Pourtant certains seraient en fuite. Cette première partie est constamment en tension entre deux situations contradictoires. Ce qui s’est passé durant le règne du roi contemporain d’Ésaïe, paix sur lui, semble être la préfiguration d’une époque à venir:
13 Or, voilà que chez vous tout est plaisir, allégresse, tuerie de bœufs, égorgement de moutons, mangerie de viandes, beuverie de vin: « Mangeons et buvons, dites-vous, car (dans un) demain nous mourrons. »
Le choix de traduction est pertinent, sachant que les verbes manger et boire sont à l’impératif dont le narrateur est Dieu lui-même. Il s’agit d’avantage d’un constat que d’une annonce de défi de la part des habitants, même si leur comportement va en ce sens. Le verbe mourir est clairement de la bouche des habitants. Ce verset est symptomatique de la tension, des contradictions et de l’opposition entre Dieu et les habitants dans ce chapitre.
Seconde partie
A présent, occupons-nous de la deuxième partie et de son personnage maudit par Dieu. En lecture simple, cette seconde partie ne semble avoir aucun lien de causalité avec la première, l’oracle sur la ville et le personnage ne sont pas liés. Il est souvent avancé à tort que celui-ci serait un certain Shebna:
Es 22.15 Ainsi parla le Seigneur, Éternel-Tsebaot: « Va (Ésaïe), transporte-toi auprès de ce haut dignitaire, auprès de Shebna, intendant du palais [pour lui dire]:
Or dans le livre des Rois, voici ce que nous lisons:
2 Rois 18.18 Ils mandèrent le roi; ce furent Elyaqim, fils de Ḥilqyyah, l’intendant du palais, Shebna, le secrétaire, et Yoah, fils d’Assaf, l’archiviste, qui se rendirent auprès d’eux.
Es 36.3 est équivalent. Nous y voyons que Elyaqim est en poste et Shebna aussi. Le haut dignitaire est une personne distincte de Shebna, mais se tient à coté de lui lorsque Ésaïe, paix sur lui, est envoyé à lui. Il n’est donc pas nommé dans le texte, ce qui est très rare dans la Bible, qui a tendance à donner tous les noms, y compris ceux des injustes (à part certaines exceptions où un surnom est donné comme ish-boshet) au contraire du Coran.
16 Que possèdes-tu à toi en ces lieux, qui t’appartient ici, pour t’y creuser un sépulcre? Il ose se creuser un sépulcre sur les hauteurs, se tailler une demeure dans le roc!
Nous voyons l’importance de la sépulture aux yeux du Créateur. Nous avons traité de ce sujet dans un article récent. https://www.stephanpain.com/2025/01/07/mes-os-et-ma-chair/ Mais, nous voyons aussi que l’accusation porte sur la construction d’un tombeau dans les hauteurs, ce qui évoque une élévation indue, voire une prétention au sacré. Or, ce tombeau est aussi qualifié de Miskan, un terme utilisé dans la Torah pour désigner le Tabernacle, la résidence de la présence divine (Sekina). Un tombeau est l’opposé d’un temple : le premier est le lieu des morts, le second celui du Dieu vivant. La contradiction implicite pourrait donc dénoncer un détournement du sacré : un faux temple, un sanctuaire qui ne célèbre pas la vie divine mais un culte de la mort. ce verset pourrait être une critique voilée d’une institution ou d’un individu usurpant la fonction spirituelle légitime, en transformant un lieu de culte en un monument à sa propre gloire.
Emphase
17 Voici, l’Éternel va t’empoigner avec vigueur, te faire tourner sur toi-même;
Il y a dans ce verset deux emphases sémitiques de suite. Voici le texte en hébreu, où l’on peut voir la répétition de deux racines:
הִנֵּה יְהוָה מְטַלְטֶלְךָ, טַלְטֵלָה גָּבֶר; וְעֹטְךָ, עָטֹה
Comme nous pouvons le constater, la première racine est déjà doublée en elle-même, puisqu’il s’agit de la forme TLTL de la racine TWL (à la manière du mot Golgotha transcription de l’araméen gulgūltá qui a donné gulgōlet en hébreu et qui vient de la racine doublée galal). Cette dernière se prononce tool, ce qui prendra tout son sens plus tard dans la suite de l’article. Taltelah: un jet. « Dieu va te jeter d’un jet vigoureux ». En hébreu moderne טלטל signifie « bielle » (de moteur), objet que certains aspirent à propulser dans la stratosphère (pour ceux qui ont la référence). La racine ‘atah, ici traduit par tourner, signifie généralement couvrir/envelopper, mais nous allons la prendre dans son sens de voiler. Cela confirme que quelque chose est voilé en lien avec tuwl.
18 il te roulera comme une pelote, te lancera comme une boule vers un pays aux vastes espaces (צָנוֹף יִצְנָפְךָ צְנֵפָה). Là, tu mourras, là iront tes chars somptueux, ô toi, honte de la maison de ton maître.
Dans le verset 18, juste après la double emphase sémitique, nous avons une emphase sémitique triple. Ajoutons également que le mot traduit par « là » répété deux fois, shammah, 8047, peut signifier aussi dévastation. Celui qui ne voit point l’emphase ici ne verra rien. Quadruple, double, triple. Tout ça pour un haut-dignitaire dont au mieux nous ne connaissons que le nom et au pire nous ne le connaissons pas? Je n’ai pas les outils pour déterminer s’il s’agit du seul exemple biblique d’une telle construction car le Chat n’est pas très doué en hébreu. La traduction ne peut qu’être approximative. Nous dirions quelque chose comme: « Il te roulera dans un tourbillon rondement comme une boule ». Nous reviendrons sur cette expression plus tard. Nous pouvons aussi voir dans ce verset la préfiguration d’un exil. Et un exil qui préfigure lui-même un autre exil. Notons que dans le verset 14, le verbe employé est Galah. Traduit par révélé « à mes oreilles », il a aussi le sens d’exiler. L’ordre d’exil (galout) peut donc être parvenu à ses oreilles. Il parait évident que le maître est l’adversaire.
19 Ainsi je te précipiterai de ton poste et te culbuterai de ta place. »
L’homme est privé de sa haute fonction et peut préfigurer un groupe d’hommes privés de leur fonction.
Changement
20 En ce jour, je ferai appel à mon serviteur Elyaqim, fils de Ḥilqyyâh.

Elyaqim signifie « Celui que Dieu a élevé ». Ḥilqyyah, peut se traduire selon certains par « Sentence de Dieu », dans le sens où lorsque Dieu rend son jugement, les gens sont répartis entre les bons et les mauvais. Mais voici une utilisation de la racine ḥalaq (חֵלֶק : h2506) dont le contexte est similaire:
Nb 18.20 Dieu dit encore à Aaron: « Tu ne posséderas point sur leur territoire, et aucun lot ne sera le tien parmi eux: c’est moi qui suis ton lot (חֶלְקְךָ)et ta possession au milieu des enfants d’Israël.
La racine est en lien avec le partage (des terres). Ḥilqyyah signifierait donc « celui dont la part est Yah » et désignerait plutôt un prêtre descendant d’Aaron, paix sur lui, ou « celui qui est du parti de Yah », synonyme alors de l’arabe Ḥizballah.
Qu 5.56. Et quiconque prend pour alliés Allah, Son messager et les croyants, [réussira] car c’est le parti d’Allah Ḥizballah qui sera victorieux.
Des sceaux de cet homme ont été trouvé par des archéologues, ainsi que ceux de son père. Sur ceux de son père il est écrit Yehozarah (fils de) Ḥilqyyah. Il est écrit sur le sceau en photo ci-contre: leElyaqim, (fils de) Yehozarah: hrzahy mqylal
https://www.latrompette.fr/articles/posts/l-empreinte-de-sceau-d-eliakim-fils-de-hilkija-a-t-elle-ete-decouverte
Elyaqim, fils de Yehozarah, fils de Ḥilqyyah. Le nom du père a été omis au profit du grand-père dans le texte. Nous allons comprendre la raison juste en dessous.
21 Je le revêtirai de ta tunique, fixerai autour de lui ta ceinture et remettrai ton pouvoir entre ses mains; il sera un père pour les habitants de J. et la maison de Juda.
Bien qu’il s’agisse seulement d’un haut-dignitaire, le texte suggère d’avantage un roi. Un autre chapitre 22 vient alors en tête: le chapitre 22 du livre 2 Rois. Nous avions étudié un passage qui décrit un roi de Juda, mort en -609, qui prétendait avoir trouvé le livre du Deutéronome.
2 Rois 22.8 A cette occasion, __, le grand-prêtre, dit à __, le secrétaire: « Le livre de la loi a été trouvé par moi dans le temple du Seigneur et il le remit à __, qui le lut.
Il se trouve que le nom du prêtre qui fait la découverte est le même que celui du grand-père d’Elyaqim, qui apparaissait de manière insistante dans le texte. Nous comprenons pourquoi: ce n’était certes pas pour en faire l’éloge. Voici la réponse par anticipation à ce verset, cette fois dans la première partie, qui si nous le comprenons bien, est étroitement liée à la seconde dans le contexte préfiguré, là où dans l’interprétation littérale aucun lien n’apparait:
Es 22.8 Et quand l’ennemi a enlevé ainsi le voile de Juda, tu mets alors ton espoir dans l’arsenal de la maison de la Forêt. (rabbinat)
Les dernières défenses de Juda sont forcées, et ce jour-là tu tournes les regards vers l’arsenal de la maison de la forêt. (Segond 21)
Dans le contexte guerrier, la traduction Segond 21 est plus précise et fait apparaitre une domination militaire de l’envahisseur. Cette domination n’a eu lieu que 100 ans plus tard. On peut alors en déduire l’existence d’un hypothétique arsenal. La traduction du rabbinat laisse apparaitre la raison de cette chute: le voile de la trahison initiale de Juda est tombé par l’introduction d’un faux livre. Pour se démarquer de Samarie et de son Temple, dont l’élite vient d’être déporté par le roi assyrien, le grand-prêtre introduit un faux livre supplémentaire. La Maison de la Forêt est l’autre nom de Sichem, dans la Bible: Qiryat Ye’arim, Ye’arim signifie forêts, je vous renvoie à l’article en lien https://www.stephanpain.com/2023/03/31/eli-et-larche/
dans le Coran: Al layka.
Qu 15.78 Les habitants de Laïka, eux aussi, étaient dénaturés
79 Nous les avons châtiés. Leur cité, comme l’autre, se trouve sur un chemin connu.
Plus de détails ici: https://www.stephanpain.com/2023/03/10/faites-entrer-laccusee/
Sichem signifie « épaule », à retenir pour la suite: https://www.stephanpain.com/2022/06/23/zaer/
Nous pourrions traduire la deuxième partie ainsi:
8 et ce jour-là tu tournes les regards vers le Bouclier de la Maison (Temple) de la forêt
Parce que le décret sur Juda s’est achevé sur la destruction de son Temple, alors il est invité à considérer celui de Samarie. La chute de Samarie est racontée en détails dans 2 Rois 17 (omise dans 2 Ch), et il n’est pas fait mention de la destruction de son Temple, mais il est fait mention de ses nombreux hauts-lieux. Voici un verset qui expose la théologie de la Justice entre les deux royaumes selon le point de vue judéen:
2 Rois 17.18 Dieu s’irrita fortement contre Israël et les repoussa de devant sa face: ils ne resta que la tribu de Juda.
Ce n’est que lorsque les deux royaumes ont chuté que l’on peut constater (porter ses regards) sur le Temple qui demeure. Mais si ce Temple est resté tel que prescrit dans la Torah, c’est à dire un Miskan fait de toiles, alors il est impossible d’en retrouver la trace, même pour le meilleur des archéologues. Surtout si au 4ème siècle un temple de pierre a été construit pour singer les Judéens. Le sommet du mont Garizim a été pendant de longs siècles le lieu de sacrifices d’animaux car 300 000 fragment d’os y ont été retrouvés.
Son Bouclier est sa modestie.
Poursuivons avec:
22.14 Mais l’arrêt de l’Éternel-Tsebaot a été révélé à mes oreilles: « Ah! je le jure, ce péché ne vous sera point pardonné, jusqu’à votre mort, » telle est la déclaration du Seigneur, Éternel-Tsebaot.
annonce ce péché immense de consulter une sorcière:
2 Rois 22.14 Le sacrificateur , , , et , allèrent auprès de la prop..tesse .., femme de .. , fils de , fils de , gardien des vêtements.
Puis l’ordre du Seigneur:
Es 22.15 Ainsi parla le Seigneur, Éternel-Tsebaot: « Va (Ésaïe), transporte-toi auprès de ce haut dignitaire, auprès de Shebna, intendant du palais [pour lui dire]:
préfigure la fausse prophétie inventée par la sorcière:
15 elle leur répliqua: « Voici ce qu’a dit l’Éternel, Dieu d’Israël: Annoncez à l’homme qui vous a envoyés auprès de moi
Le livre des Rois a été écrit bien plus tard. Si le choix du nombre de chapitre a été motivé par la volonté de se servir du 22, force est de reconnaitre que ses rédacteurs n’ont pas compris la prophétie cachée dans Ésaïe 22. A moins que ce nombre n’a été attribué à ce chapitre que plus tard. Car oui, Elyaqim a bien pris la place d’un homme désavoué, mais il était le précurseur d’un autre homme qui a été élevé par Dieu pour prendre une place, et qui est bien celle d’un roi, celle-là. Nous supposons qu’il s’agit du roi de 2 Rois 22, mais nous devons nous en assurer. Et nous ne savons pas qui serait le roi qui prend sa place. La réponse est apportée par le verset suivant. Ce n’est pas n’importe lequel, le 22.22:
La Clef
Livre d’Ésaïe 22.22
Je poserai la clef de la maison de David sur son épaule:
il ouvrira et personne ne fermera, il fermera et personne n’ouvrira.
פָתַח, Fataḥ signifie ouvrir et délier. Un verset qui en rappelle un autre, beaucoup plus connu celui-là:
Évangile selon Mathieu 16.19
Je te donnerai les clefs du royaume des cieux:
ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.
Il s’agit du Messie qui donne les clefs du royaume à Pierre, le premier membre de l’Église en tant que corps du Roi! Le choix d’Elyaqim (El a élevé) et de Ḥilqyyah (Yah partage/rend sa sentence) s’explique par:
Qu 4.158. mais Allah l’a (le Messie) élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage.
159. Il n’y aura personne, parmi les gens du Livre, qui n’aura pas foi en lui avant sa mort.
Et au Jour de la Résurrection (du partage entre les bons et les mauvais), il sera témoin contre eux.
Nous sommes passés de la maison de David au royaume des cieux dans une théologie de préfiguration. A ce point, nous pouvons revenir sur le verset 16. Remarquons, que ce verset est connecté au 17 et 18, car il contient une triple répétition « ici » ainsi que « à lui ». Ensuite nous scindons le verset en deux parties distinctes: la première est interrogative, la deuxième affirmative et répond à la première. En considérant que le Messie vient d’apparaitre dans le texte pour s’opposer à une entité injuste, nous pouvons émettre l’idée que la partie affirmative décrit les actions du Messie. A la question « pour t’y creuser un sépulcre? », « il creuse au haut-lieu son sépulcre » signifie qu’il condamne le sanctuaire (haut-lieu, marom, n’est pas dans la question). Puis la suite indique le verbe ḥaqaq conjugué traduit par « tailler ». Mais c’est l’unique occurrence de ce verbe dans ce sens, il signifie d’avantage inscrire pour quelques cas ou plutôt légiférer/ordonner/commander. On pourrait considérer de conserver le verbe ḥaqaq conjugué à la troisième personne mais ḥoqeqi est utilisé tel quel dans le verset Ps 108.9 où le ‘i’ est le possessif pour signifier « mon Sceptre ». Le verset pourrait alors se traduire ainsi:
22.16 Que possèdes-tu à toi ici, qui t’appartient (à toi) ici , pour creuser un sépulcre à toi ici?
Il creuse au haut-lieu son sépulcre, mon Décret/Sceptre par (le) Rocher (sera) un (nouveau) Miskan (délivré) à lui.
Nous aurions alors le décret divin de condamnation du Temple et son remplacement par le Rocher. Le Sceptre implique le pouvoir décrit par le verset des clefs données à Pierre. Sachant que le livre d’Ésaïe, paix sur lui, a été disséqué par les chrétiens, il est étonnant que ce passage n’ait pas été plus mis en avant. Le fait que la souffrance n’y apparait pas clairement n’est pas forcément un handicap dans une interprétation chrétienne qui s’affranchit souvent de certaines contraintes (exemple: Es 7.14 isolé de son contexte: la jeune fille du texte qui préfigure la Vierge, paix sur elle). Ce qui pose d’avantage problème est la fin du chapitre, que nous verrons plus loin. Les thèmes messianiques cachés du chapitre 22 viennent compléter parfaitement ceux qui sont abordés au chapitre 53 où la malédiction de la ville, du Temple et des prêtres n’est pas traitée.
Nous comprenons alors que le roi de Juda qui a été tué à la bataille contre le Pharaon en -609 est le dernier véritable roi de Juda. Même incomplète, la description des circonstances de sa mort ressemble à ce qui est décrit ici. Après lui, Juda a été sous l’emprise de l’Égypte. C’est le pharaon qui a nommé un de ses fils sur le trône. Celui-ci se nommant Elyaqim, il a été renommé, ce qui laisse à penser que le chapitre 22 d’Ésaïe perturbait tout de même l’élite de l’époque. Ensuite, c’est le roi babylonien qui a pris le contrôle de Juda. La rébellion du souverain contre l’autorité du roi a conduit à la destruction de la capitale de Juda et à l’exil par punition. Aucun roi ne fut légitime par la suite. Le siège de la cité juste avant l’exil est rapporté dans le chapitre 2 Rois 25. Voici un passage:
2 Rois 25.4 Alors la brèche fut faite à la ville; et tous les gens de guerre s’enfuirent de nuit par le chemin de la porte entre les deux murs près du jardin du roi, pendant que les Chaldéens environnaient la ville. Les fuyards prirent le chemin de la plaine.
qui serait l’accomplissement de cette annonce, car la situation au 8ème siècle n’a pas tant dégénéré:
Es 22.3 Tes chefs qui s’enfuient de concert sont pris sans être frappés par l’arc; ceux des tiens qui sont atteints sont capturés tous à la fois, tandis qu’ils se sauvent au loin.
La couronne a donc été prise du roi maudit juste avant l’exil et remise au Messie 600 ans plus tard. Elle a toutefois changé de nature comme en atteste la différence entre les deux versets des clefs précités.
23 Je le planterai solidement comme un clou dans un endroit sûr, et il deviendra un trône de gloire pour la maison de son père.
Elyaqim est établi solidement dans sa charge. Ce verset évoque la crucifixion qui fait entrer le Messie dans la gloire du Père.
24 Tout l’honneur de la maison de son père sera suspendu à lui les rejetons directs comme les branches éloignées, les plus petits ustensiles, depuis les bassins de métal jusqu’aux vases d’argile.
La gloire rejaillira sur les membres de sa famille élargie. Pour le Messie, le verset 24 évoque des disciples sur toute la terre et de toutes conditions sociales.
25 En ce jour, dit l’Éternel-Tsebaot, le clou planté dans un endroit solide cédera, il sera abattu et tombera, et avec lui sera ruinée toute la charge qu’il supporte.
C’est l’Éternel qui a parlé. (traduction usuelle)
בַּיּוֹם הַהוּא, נְאֻם יְהוָה צְבָאוֹת, תָּמוּשׁ הַיָּתֵד, הַתְּקוּעָה בְּמָקוֹם נֶאֱמָן; וְנִגְדְּעָה וְנָפְלָה, וְנִכְרַת הַמַּשָּׂא אֲשֶׁר-עָלֶיהָ
כִּי יְהוָה, דִּבֵּר
L’interprétation donnée par la traduction pose problème.
Bayowm hahu → Comment, dans le même jour, le clou/pieu (ce qui enracine le personnage dans sa fonction), peut provoquer la gloire et la chute?
Tamuš hayated → « le clou sera arrachée » peut aussi se traduire par « Il touchera le clou ». (Gn 27.21, ămušḵā, Isaac touche Jacob, paix sur eux.)
bemaqom neeman → « dans un lieu sûr »
wanigda’ah wanafla wanikrat → « et sera coupée et tombera et sera coupée »
hamassa → « la charge » ou « le fardeau » mais aussi « prophétie, oracle, décret divin » (Es 22.1: massa est le mot d’introduction)
asher ‘aleha → « qui était sur elle » (clou est un féminin)
Ainsi le verset se traduirait:
Es 22.25
En ce jour, dit l’Éternel-Tsebaot, Il touchera le clou planté dans un endroit solide,
et sera abattu et tombera, et sera coupé le décret (divin) qui est dessus.
C’est l’Éternel qui a parlé.
Dans le contexte du vivant d’Ésaïe, paix sur lui, nous comprenons que le reproche sur la question de la sépulture fait au haut-dignitaire insinue qu’il se serait attribué une fonction religieuse, ce qui aurait provoqué une malédiction à son encontre. Dieu vient poser son doigt sur le clou pour annuler la charge usurpée, limiter Elyaqim à sa charge à la cour et mettre fin au décret de malédiction pesant sur la fonction.
En projetant en contexte messianique. Une mort crucifié signifiait une malédiction. L’action divine vient annuler le décret de malédiction. Le verset s’achève sur « C’est l’Éternel qui a parlé » pour enfoncer le clou, si je peux me permettre cette expression. Si les chrétiens partent du principe que ce décret a été annulé, il est tout de même normal que cette question cruciale soit ancrée dans l’écriture. C’est d’ailleurs la raison principale qui me fait rejeter la résurrection physique du Messie telle qu’elle est enseignée par les chrétiens car celle-ci n’a aucun fondement scripturaire, sinon d’une tradition polythéiste. Remarquons que ce décret est marqué par une triple annulation de trois verbes synonymes: wanigda’ah wanafla wanikrat. La première annulation pourrait concerner la malédiction portée par la mort par lapidation au Temple de Zacharie (hypothèse temporaire). Cette triple annulation fait écho à la triple emphase vue plus tôt au verset 18.
Tableau récapitulatif
Avant de revenir sur l’emphase du chapitre, établissons un tableau, en voici la structure:
| Ésaïe 22 | Accomplissement direct (0) |
Prophétie I | Prophétie II | Prophétie III | |
| A: Cité 1-14 |
-701 2 Ch 32 |
-597;-586 <≠> 2 Rois 25 |
⇔ +70 | ||
| B: Injuste(s) 15-19 |
Avant -701 non rapporté |
-609 ⇔ 2 Rois 25 |
⇔ +70 | ⇔ +21ᵉᵐᵉ | |
| C: Envoyé 20-25 |
Avant -701 non rapporté |
– | +30 | ⇔ +21ᵉᵐᵉ |
Pour des questions de mise en page, les colonnes ci-dessous ne sont pas affectées à des périodes particulières. Pour le tableau complet, et une compréhension facilitée, consulter la page annexe dédiée: https://www.stephanpain.com/esaie-22/
Certains points y sont traités de manière exclusive dans les cases.
| 1. Vallée de la Vision | Genèse 22.2: la terre de la vision | « la vallée de la copulation (passée sous) silence » ⇒ |
| 2. Pas de combats | 2 Chroniques 32 Pas de combats (+) | 2 Rois 25 Combats (-) |
| 3. chefs qui s’enfuient | 2 Ch 32 personne ne s’enfuit (-) | 2 Rois 25.4 tous les gens de guerre s’enfuirent de nuit (+) |
| 4. larmes amères | 2 Ch 32 Réjouissance (-) | 2 Rois 25 Larmes (+) |
| 5. jour de ruine décrété | 2 Ch 32.22 Pas de ruine en -701 (-) | 2 Rois 25.9 Ruine en -586 (+) |
| 6. Elam et Qir | – | X |
| 7. chars et cavaliers | – | X |
| 8. voile de Juda enlevé arsenal de la Maison de la Forêt. |
Juda demeure après la disparition de Samarie (Juda dévoilé) (+)(+) | 2 Rois 22.8: Le livre de la loi a été trouvé (Juda voilé dans l’absolu) (-) 2 Rois 25.11 Juda disparait à son tour (-) |
| 9. Piscine inférieure | 2 Rois 20,20, 2 Ch 32 piscine de Siloé (+) | ⇒Tunnel vers la piscine de Siloé (de l’Évangile) (-) |
| 10. fortifier les remparts | 2 Ch 32.5 Il rebâtit toutes les brèches de la muraille (+) | 2 Rois 25.10 remparts démolis (-) |
| 11. la vieille Piscine Mais vous ne regardez pas vers Celui |
2 Rois 20:20 le tunnel relie les deux piscines (+) Aveuglement de la disgrâce (+) |
Piscine: métaphore fin purification (-586) (-) Regard vers la future Rédemption (tunnel) (-) |
| 12. à vous lamenter | (-) | (+) |
| 13. Mangeons et buvons, demain nous mourrons | 2 Ch 32.11 Vaine menace d’une famine (+) Pas de prise de la ville/morts en -701 (-) (verset clef du croisement) |
2 Rois 25.3 famine provoquée par le siège de -597 (-) Mort du roi (-609), morts (-597,-586) (+) |
| 14. ce péché ne vous sera point pardonné | 2 Rois 22.14 Ils allèrent auprès de la « prop..tesse » (+) ⇓ |
Galout: exil |
| Parties déliées au temps d’Esaïe | Parties liées (-609⇓/-597; -586⇑) | Parties déliées +30; +70 ⇑ / +21ᵉᵐᵉ ⇓ |
| 15. Va auprès de ce haut dignitaire | ⇑ 2 Rois 22.15 elle leur répliqua: Annoncez au roi |
Messie face aux oiseaux de proie ⇒ |
| 16. Il ose se creuser un sépulcre sur les hauteurs | Il creuse au haut-lieu son sépulcre, mon Décret/Sceptre par (le) Rocher (sera) un (nouveau) Miskan (délivré) à lui. Mt 24; Lc 21; Mc 13 |
leka foh x3: à toi ici ⇒ |
| 17. te faire tourner sur toi-même | TWL x4; ‘TH x2: couvrir ⇒ |
|
| 18. comme une boule vers un pays aux vastes espaces. Là, tu mourras | 2 Rois 25 Mort à Meggido du roi sur son char en -609 | TzNF x3; sammah x2: ici/là (lieu) ⇒ |
| 19. je te précipiterai de ton poste | 2 Rois 25 Dernier roi de Juda | ⇒ chute ⇒ |
| Parties liées au temps d’Ésaïe | Parties déliées (-609/-586⇑; +30/+70⇓) | Parties liées +21ᵉᵐᵉ |
| 20. mon serviteur Elyakim | Celui que Dieu a élevé: Messie | Qu 4.158 |
| 21. Je remettrai ton pouvoir entre ses mains | ||
| 22. la clef de la maison de David | Mathieu 16.19 les clefs du royaume des cieux (à l’Église) | ⇒ Nouveau transfert des clefs |
| 23. comme un clou dans un mur résistant (rabbinat) | Crucifixion: cloué à un pylône solide | l’âme clouée à un mur traumatique |
| 24. l’honneur de la maison de son père | Gloire du Père | |
| 25. avec lui sera ruinée le décret qu’il supporte. C’est l’Éternel qui a parlé. | Annulation du décret de malédiction |
L’utilisation d’une mise en tableau de l’analyse s’avère encore une fois fructueuse. En employant des (+) et (-) pour indiquer ce qui s’accomplit ou non sous Ésaïe, paix sur lui, un principe de croisement apparait: une opposition claire entre les situations en -701 et – 609/-586. Tous les éléments notables se retrouvent donc en opposition, sauf pour les deux piscines des versets 9 et 11. Un élément relie ces deux piscines: le tunnel construit avant le siège de -701. De notre point de vue, l’ensemble 9+11 évoque Pessah. Voir: https://www.stephanpain.com/2021/01/10/nine-eleven/
Or, il n’y a aucun élément en lien avec les piscines dans la période qui précède l’exil à Babylone. Siloé est construit sur la racine SLH qui signifie « être envoyé au loin ». C’est ce qui décrit l’exil. L’eau purifie et nous comprenons que la terre n’est plus purifiée (nous avons vu récemment l’importance de la notion de purification de la terre et de fin d’exil dans la théologie exilique: https://www.stephanpain.com/2025/01/27/la-quete-du-rale/ ). C’est la venue de Jean Baptiste, paix sur lui, le précurseur, qui rétablie la purification. Entre les deux époques, 600 ans se sont écoulés, soit un long tunnel de temps. A présent, jetons un oeil sur le verset 11:
9 Piscine inférieure
11 (..)vieille Piscine; mais vous n’avez pas de regard pour Celui qui est cause de tout cela, et vous ne savez pas reconnaître Celui qui l’a préparé de loin.
Voici ce que nous trouvons au bout du tunnel:
4E 9.11 Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : “Va à Siloé et lave-toi.” J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. »
Les rédacteurs johanniques ont donc bien construit cet épisode de l’aveugle à Siloé à partir de Ésaïe 22 en utilisant la répétition textuelle du thème de la vision tout au long de ce chapitre 9, qui compte 41 versets tous dédiés à ce récit et dont la (pesante) longueur révèle l’importance, qui indique une préfiguration messianique (d’un personnage tierce). Ils ont effectué la même analyse que la notre. Il est à noter que Es 22.22 est cité en Ap 3.7 sans que cela ne mène nul part d’ailleurs à part sur la fameuse synagogue de .atan. Mais la préfiguration n’apparait pas clairement et cela n’est pas enseigné par les chrétiens de manière publique, il s’agit donc bien de Gnose. Ici, pas de Gnose, juste quelques stratagèmes pour dévoiler sereinement certains sujets délicats. Voir l’article: https://www.stephanpain.com/2024/10/10/siloe/
Le palais de la reine est adossé à la piscine. L’auteur suggère qu’elle est envoyée aux croyants. Il propose à ses lecteurs de dévoiler leurs yeux à la piscine et ainsi d’inverser le verset Es 22.11 (ainsi que le suggère le verset 4E 9.39). Il a bien pris soin de numéroter ce verset 9.11 afin d’évoquer les versets 9 et 11. Voilà qui pourrait nous mettre dans l’embarras, et d’ailleurs le Chat va s’engouffrer dans la brèche car il est un fervent supporteur de l’évangile johannique. Fort heureusement la méthodologie de mise en tableau va nous donner un coup de pouce. En effet, les piscines vont trouver un écho favorable en 2 Rois 20. Elles sont donc considérées négativement par la suite, soit à l’époque messianique pour la plus récente.
Ce qu’il fallait démontrer!
‘Elam et Qir
Ce problème réglé, penchons-nous à présent sur le verset 6 qui semble ne rien préfigurer et parait bien anodin par rapport aux autres. Le mot d’introduction est ‘elam. Ce mot ressemble à un autre mot tiré d’Ésaïe, paix sur lui, qui fait polémique depuis des siècles: ‘almah du verset 7.14. La racine ‘LM est la même. Une brèche étant faite, engouffrons-nous dans le verset.
-
« Élam a porté le carquois » → עֵילָם נָשָׂא אַשְׁפָּה
- ‘elam symbolisant la vierge (‘almah) Marie, paix sur elle.
- nāśā’: « Porté » peut être compris comme « élevé », en lien avec la maternité du Souffle.
- ’ashpāh : « carquois » L’imagerie d’un carquois pleine de flèches est utilisée dans la Bible pour transmettre l’idée d’être bien préparé et équipé, symbolisant souvent des enfants ou des descendants comme source de force et de défense pour une famille ou une nation.
Psaume 127.4-5 : Comme les flèches dans la main d’un guerrier, ainsi sont les fils de la jeunesse. Heureux l’homme qui en a rempli son carquois! Il ne sera pas confus, quand ses fils parleront avec des ennemis à la porte.
-
« soutenu par des chars pleins de combattants et des hommes à cheval » → בְּרֶכֶב אָדָם פָּרָשִׁים
- Bereḵev évoque l’acte de s’agenouiller (RKB) (רכב).
- ’Ādām homme au sens général
- pārāshîm peut être traduit comme dispersés. pārāsh pris dans un sens de séparation/dispersion
-
« Et Kir a levé le bouclier » → וְקִיר עֵרָה, מָגֵן
- Qîr : descendance comme dans 1 Rois 16.11 il frappa toute la maison de B., il ne laissa échapper personne qui lui appartînt (qiyr)
- ‘ērāh = a mis à nu, souvent traduit par « a découvert ».
- Māgēn (bouclier) représente la défense, mais ici, il est exposé, ce qui suggère une vulnérabilité.
- Qîr : descendance comme dans 1 Rois 16.11 il frappa toute la maison de B., il ne laissa échapper personne qui lui appartînt (qiyr)
Es 22.6
La Vierge (‘Almah) a porté le carquois dans l’agenouillement des (groupes) dispersés (des fils) d’Adam et sa Descendance a mis à nu le bouclier.Lc 2.31
Salut que tu as préparé devant tous les peuples, 32 Lumière pour éclairer les nations, Et gloire d’Israël, ton peuple. (…) 34 Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère: Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, 35 et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées.
Qu 3.43.
« Ô Marie, obéis à Ton Seigneur, prosterne-toi, et agenouille-toi avec ceux qui s’agenouillent ».
Pour le verset suivant, le 7, certains mots sont réemployés. Il renforce le précédent.
- Mibḥar = l’élite, le choix, ce qui est sélectionné, les élus.
- ‘Amaqayik = « tes vallées », souvent image de creux spirituel ou de lieux d’épreuves.
- Šōt šātû (שֹׁת שָׁתוּ) est une emphase du verbe qui signifie se placer.
Le verset pourrait se traduire ainsi:
22.7 « Et l’élite de tes vallées (ceux qui s’abaissent seront élevés) sera une foule agenouillée, et les dispersés (parmi les nations) se placent fermement à la Porte. »
Ce qui fait écho à Mat 16.19/Es 22.22.
En observant le tableau, nous pouvons remarquer que la foule des croyants qui sort au verset 7, et ceux qui ont emprunté le tunnel et barbotent dans la piscine de Siloé au verset 9, ne sont séparés que par le voile du verset 8.
La Vierge et l’ ‘immanou Ël
La question qui vient alors en tête à la suite de cette partie est: que signifie la prophétie d’Ésaïe 7.14? Depuis le temps que ce verset me nargue, il fallait donc que je m’y attèle. J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle est que je pense avoir trouvé le sens de cette prophétie. La mauvaise nouvelle est que je pense avoir trouvé le sens de cette prophétie. Après avoir passé du temps sur le prénom du garçon et sur différents mots du texte, j’ai tout simplement pris du recul. La base en théologie est le contexte. Naïvement, je pensais que le contexte avait été pris en compte par les chrétiens pour avancer qu’il s’agissait là d’une prophétie messianique et ainsi accoler un prénom/surnom supplémentaire au Messie. Quand on considère l’importance du nom dans la Bible et le Coran, accomplir un tel acte a une portée énorme. Parfois on a l’impression que les gens ne réalisent pas cela. Le contexte est simple. Ésaïe, paix sur lui, rend visite au roi de Juda pour lui porter la Parole. Celui-ci est menacé par les rois de Syrie et d’Israël (Éphraïm). L’Éternel demande au roi de l’invoquer pour avoir un Signe.
7.12 Je n’en demanderai pas, répliqua A. : je ne veux pas mettre l’Éternel à l’épreuve. »
13 Alors le prophète reprit: « Ecoutez-donc, maison de David! Est-ce trop peu pour vous de lasser les hommes que vous vouliez encore lasser mon Dieu?
14 Ah certes! Le Seigneur vous donne de lui-même un signe: Voici, la jeune femme est devenue enceinte, elle va mettre au monde un fils, qu’elle appellera ‘immanou Ël.
‘almah peut signifier vierge, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agit d’une conception virginale au sens d’une absence de rapport. C’est une possibilité, pas une exclusivité. L’absence de mention de père dans le verset ne signifie pas pour autant son absence réelle. En arabe, si nous étions taquin et que nous laissions aller notre imagination, nous dirions que nous avons à faire avec une femme de ‘ilm, savoir, une érudit (‘alīm).
anou est la contraction de anahnou (en arabe nahnou), qui signifie « nous » et désigne donc bien ici le peuple de Juda. Ël est un des noms divins de la Bible. עִמָּנוּ אֵל est en deux parties. Rappelons au passage que les noms théophores sont en un seul mot: il s’agit d’avantage d’un surnom. Seulement voilà, si la menace des deux rois importe peu c’est tout simplement parce qu’elle est éclipsée par la menace de Dieu lui-même! C’est ce que révèle la forme biblique unique présente dans ce verset pour désigner Dieu: Adonay hu אֲדֹנָי הוּא (le Seigneur lui-même).
L’Éternel annonce que Juda sera dévasté avant même que l’enfant ne soit sevré, ce qui, dans la culture de l’époque, arrivait généralement vers l’âge de 2 à 3 ans. Ensuite, cette situation perdurera jusqu’à son âge de raison, soit environ 7 ans, âge auquel il pourra consommer des aliments solides comme les produits de la terre. Cela signifie que pendant plusieurs années, la population survivante ne pourra compter que sur une alimentation de subsistance, composée de produits laitiers et de miel sauvage, faute de pouvoir cultiver la terre. Cela souligne non seulement la rapidité avec laquelle la calamité va s’abattre, mais aussi la durée de la désolation. Cette prophétie ne laisse aucune place au doute : avant que l’enfant ne soit sevré, Juda sera déjà dévasté, et la reconstruction prendra encore plusieurs années. Le chapitre suivant:
8.6 Parce que ce peuple a méprisé les eaux de Siloé qui coulent doucement Et qu’il s’est réjoui au sujet de Retsin et du fils de Remalia, 7 Voici, le Seigneur va faire monter contre eux les puissantes et grandes eaux du fleuve (Le roi d’Assyrie et toute sa gloire); Il s’élèvera partout au-dessus de son lit, Et il se répandra sur toutes ses rives; 8.8 Il pénétrera dans Juda, il débordera et inondera, Il atteindra jusqu’au cou. Le déploiement de ses ailes Remplira l’étendue de ton pays, ‘immanou Ël!
8.9 Poussez des cris de guerre, peuples! et vous serez brisés; Prêtez l’oreille, vous tous qui habitez au loin! Préparez-vous au combat, et vous serez brisés; Préparez-vous au combat, et vous serez brisés. 8.10 Formez des conseils (de guerre), et ils ne mèneront à rien; Donnez des ordres, et ils seront sans effet: Car contre nous est l’Éternel (trad.corrigée de Ki ‘immanou Ël).
8.11 Ainsi m’a parlé l’Éternel, quand sa main me saisit, Et qu’il m’avertit de ne pas marcher dans la voie de ce peuple:
Le car (ki) indique ici une cause, la malédiction, dont les malheurs énumérés sont la conséquence. Ordre est donc donné au prophète de se tenir à distance de ce peuple. Nous retrouvons ‘im ailleurs, en lien avec le Créateur:
Dt 9.7 vous avez été rebelles envers/contre (‘im) le Seigneur!
En arabe, une invocation très populaire à la fin des prêches est la fin de la sourate as-Saffat:
Qu 37.180 Gloire à ton Seigneur, le Seigneur de la puissance.
Il est au-dessus de/opposé à (‘ammā عَمَّا ) ce qu’ils décrivent!
181. Et paix sur les Messagers, 182. et louange à Allah, Seigneur de l’univers!
‘Immanou Ël: Dieu (Ël) est CO̱NTRE nous
عِمَّانُو إِيل ⇒ عَمَّا + نحن + الله
→ Ce que nous sommes (ʿimmānu), Dieu s’y oppose (ʾĪl).
عِمَّانُو إِيل — فَإِنَّ اللهَ عَلَيْنَا، لا مَعَنَا
Taille de bonnet
Revenons donc à la triple emphase du verset 18. Il se trouve que la racine répétée trois fois est: TzNF.
צָנוֹף יִצְנָפְךָ צְנֵפָה
- צָנוֹף (tzanof) → Participe ou impératif : « rouler en boule », « envelopper », « entortiller ».
- יִצְנָפְךָ (yitznafeka) → Verbe à la 3e pers. masc. sing. + suff. 2e pers. masc. sing. → « Il t’enveloppera », « Il t’enroulera ».
- צְנֵפָה (tzneifah) → Nom dérivé du verbe צנף, signifiant « roulement », « enroulement », « tourbillon ».
La suite immédiate, « comme une boule« , est traduit de « Kaddor » que nous avons déjà vu précédemment traduit par « cercle » dans le verset Ps 84.11. Dor est généralement utilisé pour désigner une génération. La phrase est explicitement une métaphore. Il est donc possible de prendre Dor selon un sens imagé. « Comme une génération » signifierait que l’entité qui va subir ce traitement, le sera comme toute génération le fut. Ce serait un mouvement cyclique. Ce que pourrait signifier l’enroulement, c’est qu’à chaque cycle de chute la « boule de la génération » devient plus grosse. Le mot Tzneifah désigne un turban qui image bien l’idée d’une coiffe qui grossit à mesure de l’enroulement.
- un homme de pouvoir
- un roi
- l’élite d’un peuple de croyants
- l’élite des croyants du monde.
Cette triple répétition de la racine TzNF dans la 2ème partie du chapitre 22 cacherait donc une triple prophétie:
- La chute du roi de Juda en -609
- La chute des gens du Temple en +70
- La chute des Injustes responsables religieux de notre temps
Afin d’appuyer cela, revenons sur la partie du verset traduite par « là (iront) tes chars somptueux ». Il y a un souci: le possessif est sur le mot Kabod (gloire, ici traduit par somptueux). Ce qui en fait un nom au contraire de la traduction qui en fait un adjectif. Un verbe d’action a été introduit afin de justifier de la notion de lieu car la proposition a un sens positif si le mouvement est absent. De plus le mot char s’écrit ainsi: מֶרְכָּבָה, avec un ME. Tandis qu’ici il est écrit: מַרְכְּבוֹת. Ce MA est forcément un préfixe de lieu (Masjid, mosquée, est le lieu du soujoud, prosternation). Rekebot signifie agenouillements, du verbe RKB. https://www.stephanpain.com/2024/10/18/ayn/
Marekebot signifie le lieu des agenouillements dans le sens d’une mise à genoux de la gloire de ce personnage. Le pluriel indique un processus en plusieurs étapes. La mise à genoux indique un mouvement vers le négatif et supprime la nécessité d’ajouter un verbe dans la traduction. « vers un pays aux vastes espaces » est une interprétation de « vers un pays aux vastes mains », ce qui peut signifier d’avantage, en contexte biblique, un pays prospère économiquement, ou influent politiquement. Il ne faut donc pas nécessairement voir là un pays avec un grand territoire.
18 Il te roulera dans un tourbillon rondement comme une boule vers un pays aux vastes mains. Là, tu mourras, là sera le lieu des mises à genoux de ta gloire, ô toi, infamie (provenant) de la maison de ton maître.

Enfin, la dernière partie du verset est traduit dans le sens que le personnage serait la honte d’un groupe. Mais, si l’on postule que le maitre est l’adversaire, alors il n’y a pas de rupture par rapport à ce groupe. Au contraire son infamie en est un pur produit. Il y a donc une notion de provenance et les trois propositions traitent d’un lieu. Muni de tous ces éléments, nous allons pouvoir comprendre le dénominateur commun à ces trois chutes, le péché principal, ainsi que la confirmation que cela concerne notre temps. Nous allons d’une part créer un mot à partir de la racine en question et de la notion de lieu. D’autre part, reprendre les informations vues plus haut situées dans la même action commencée au verset précédent, le 17: la racine TWL translittérée et la notion de voilement.
Une des formes de la racine TzNF signifie opportunément: « Les pelotes de réjection ou boulettes de régurgitation sont des boules rejetées par les oiseaux rapaces ». Je vous propose par un simple assemblage de trouver le « lieu des pelotes de réjection », soit l’endroit où nichent généralement les oiseaux de proie. Après avoir fait des boules avec les oiseaux dévorés, ils vont devenir eux-mêmes des boules de régurgitation.

Vous pouvez vous aider du titre de l’article ainsi que de la lettre ג, g (paléo-hébraïque), G, Γ (Grec),qui est utilisée dans la Bible pour le 3.
Si vous ne trouvez pas, ce qui parait peu probable, la réponse, qui relie les deux racines et les indices, est en lien ci-dessous dans un article rédigé très peu de temps avant que la crise sanitaire débute et dont me voilà contraint de modifier le nom et l’image de couverture car je viens de lui donner tout son sens (c’est fascinant).
Comprendre le mécanisme spirituel perverti: https://www.stephanpain.com/2020/01/26/loutil-gama/
Un mouton dans la louverie: https://www.stephanpain.com/2023/01/24/rage-au-coeur/
Mais ne restons pas sur cette note. Les clefs étaient promises à Elyaqim. L’Église a reçu les siennes. On ne peut pas aller plus loin que le royaume des cieux. Le Messie, à sa seconde Venue, devrait dire quelque chose comme:
Aux Gilets jaunes, l’Église donne l’Esprit et la Ummah donne la Loi:
ce qu’ils lieront sur la terre sera lié dans les cieux,
et ce qu’ils délieront sur la terre sera délié dans les cieux.
Paix sur les âmes de bonne volonté.
Notes
Isaïe – Chapitre 22
https://emcitv.com/bible/esaie-22.html
https://mechon-mamre.org/f/ft/ft1022.htm
II Rois – Chapitre 25
https://mechon-mamre.org/f/ft/ft09b25.htm
II Chroniques – Chapitre 32
https://mechon-mamre.org/f/ft/ft25b32.htm
II Rois – Chapitre 20
https://mechon-mamre.org/f/ft/ft09b20.htm
Bassin de Siloé
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bassin_de_Silo%C3%A9
https://www.lueur.org/bible/strong/cheleq-h2506
Mus
https://biblehub.com/hebrew/4184.htm
https://www.lueur.org/bible/strong/tuwl-h2904
https://www.lueur.org/bible/strong/taltelah-h2925
Tamus
https://scholarsgateway.com/parse/%D7%AA%D6%BC%D6%B8%D7%9E%D7%95%D6%BC%D7%A9%D7%81
https://www.lueur.org/bible/strong/massa-h4853
Yated
https://he.wiktionary.org/wiki/%D7%99%D7%AA%D7%93
TzNF wiki
צנפ
tzneifah צנפה
https://he.wikipedia.org/wiki/%D7%A6%D7%A0%D7%A4%D7%94